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Full text of "Oeuvres Diverses"

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BIBLIOTHÈQUE 



ÉGYPTOLOGIQUE 



CONTENANT LES 



ŒUVRES DES ÉGYPTOLOGUES FRANÇAIS 

dispersées dans divers Recueils 
ei qui n'ont pas encore éié réunies jusqu'à ce jour 



PUBLIKB sous LA DIRECTION DK 

G. MASPERO 

Membre de l'Institut 

Dtrecteor d'études à l'École pratique des Hautes-Études 

Proressenr au Collège de France 



TOME QUINZIÈME 



AUGUSTE BAILLET 



iGEUVRES DIVERSES 



I 



-*— a»0* l l»M « 



PARIS 

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, BUE BONAPARTE, 28 

1905 



AUGUSTE BAILLET 



ŒUVRES DIVERSES 



TOME PREMIER 



ii AUGUSTE BAILLET 

le nommaient et n'utilisaient ses travaux \ Je ne récrimine 
pas, je constate. 

Si cette obscurité est injuste, il ne m'appartient pas de 
le dire. Je crois devoir seulement l'expliquer par quelques 
détails biographiques. 

Quand un érudit a passé sa vie loin des chaires et des 
honneurs ofliciels, écrivant principalement dans les Mé- 
moires d'une Académie de province, ses œuvres risquent 
fort de demeurer ignorées : c'est le cas de la plupart des 
études que renferme la présente publiciition. Pour plus d'un 
lecteur, elle n'offrira pas seulement l'avantage de réunir des 
articles dispersés, mais elle révélera des œuvres qui leur 
échappaient totalement. 

Auguste-Théophile Baillet naquit à Fouilloy, près Corbie, 
le 27 novembre 1834, d'une famille d'agriculteurs. 

Il descendait d'un Charles Baillet, « laboureur » à Longpré- 
les-Corps-Saints, dont le fils Noël vint, au milieu du XVIII® 
siècle, s'établir à Fouilloy. En 1789, son aïeul Anschaire 
Baillet fut choisi par sa « paroisse » comme électeur des 
députés du tiers état pour le bailliage d'Amiens; l'année 
suivante il devint maire de la « commune » et donna sa dé- 
mission en 1815. Dans cette ascendance, rien qui préparât 
un érudit ou un égyptologue. 

Après de brillantes études au lycée d'Amiens, terminées 
au Collège Sainte-Barbe de Paris, il renonçait à la pro- 
fession ancestrale. Sur les conseils d'un cousin, Achille 
Langevin, administrateur des postes et télégraphes, il se 

1. G. Lumbroso, U Eultto del Grcci n dei Romani (1882), ne souille 
mot d'Hippalos dans son chapitre sur la navigation ; dans son Appen- 
dice bibUoyrttJico de la 2* édition (181)5), il est incomplet, et me fait 
pourtant l'honneur de confondre mes essais avec les études de mon 
père. — Pétrie, Histonj of Egypt (1899, t. II, p. 225-229), cite avec soin 
les moindres monuments du règne de Khouniaton, mais passe sous 
silence tous les personnages des stèles 620, 641, 749, d'Orléans, étudiés 
dans la Notice sur la collection Dcsnot/crs (1877). 



^40TtCE BIOGRAPHIQUE tît 

préparait à l'Ecole polytecliniciue. Mais bientôt d'autres 
études attirèrent ses préférences. Il suivit les cours de 
rÊcole de droit el, le 9 septembre 1857, reçut le grade de 
licencié. 

En même temps, il se passionnait pour Tétude du moyen 
âge. Entré a l'École des Chartes en janvier 18.") 1, il en 
sortit premier do la promotion du 11 novembre 185G. Sa 
Ihêse, (jui lui valut le diplôme d'archiviste paléographe, 
avait pour sujet des Rccherclics sur les dioisions politiques 
de la Gaule au VP siècle\ 

Membre de la commission de publication de la Société de 
l'Ecole des Chartes, pendant plusieurs années, lui-même 
publia dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, en 1858, 
une Étftde sur la dicision des Gaules en 17 prorinces^. 

Ces études de géographie le préparaient à écrire son 
Histoire du royaume d'Orléans (1860), dont il sera (lues- 
tion par la suite. 

Nommé, au sortir de l'Ecole, auxiliaire surnuméraire aux 
Archives de l'Empire, sous la direction du comte Léon de 
Laborde, il fut en cette qualité attaché à la publication de 
la correspondance de Napoléon I'*'', et y prit une part tiè.s 
active. « Je crains bien (pie vous ne finissiez le volume VI 
» sans moi », lui écrivit de Nice, le 24 avril 1860, son chef 
M. Rapetti, envoyé en mission pour préparer l'annexion du 
comté. « Soyez bien persuadé (jue je regrette mon travail 
» de bureau et notre fiévreuse collaboration... Peut-être 
)) vous reviendrai-je plus en état de seconder M. de Laborde 
» pour tout le bien qu'il veut à chacun de vous, à vous en 
» particulier, w 

Ces fonctions le retenaient à Paris : c'est ainsi qu'il de- 



1. Voir École inipvrialr (les Chartes^ Thèses soutenues par les èlèccs 
de lu promotion 1855-1856^ p. 3-8. 

2. Bibl. de l'Êc. des Chartes, 4" séi-ic, t. IV. Extrait: Paris, Dldot, 
18ô8,in8\ 21 p. 



IV AUGUSTE BAILLET 

vait être amené à Tégyptologie. Le hasard le mit sur la 
voie. Un jour qu'à la Bibliothèque Nationale, il attendait 
un volume, la Lettre à M. Dacier^ de Champollion, se 
trouva sous sa main. Il la feuilleta d'abord presque machi- 
nalement, puis y prit grand intérêt. Cette lecture le mit en 
goût et Tentraina au cours d'Emmanuel de Rougé, alors 
reconnu comme le second chef de l'école française. 

Bientôt il devint un disciple fervent. Dans une lettre du 
9 septembre 1862, Théodule Devéria le signalait à Chabas 
en même temps qu'il annonçait les premières publications 
de Horrack et de W. Pleyte : « Nous avons aussi un autre 
M auditeur du cours de M. de Rougé, M. Baillet, qui pro- 
» met de produire d'excellentes choses, et ainsi peu à peu 
» notre école s'augmente et se fortifie... Dame Isis a main- 
» tenant affaire à de fameux gaillards dont le nombre s'ac- 
» croît tous les jours et qui secouent joliment son voile'. » 

Lui-même, Aug. Baillet avait débuté en juillet 1861, 
dans la Revue d'Ethnographie* ^ par un Examen du sys- 
tème de déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens de 
M. Seyffarth. 

Seyffarth s'était déclaré tout d'abord parmi les adver- 
saires de Champollion : un an après l'apparition du Précis, 
il lui avait opposé ses Rudimenta hierogfyphices (1825), où 
il développait les doctrines de Spohn. Dans la suite, plutôt 
que de se rendre devant les résultats du système de Cham- 
pollion, il avait préféré combiner ses théories avec celles 
de Goulianoff. Les égyptologues l'avaient laissé dire sans 
lui faire l'honneur d'une discussion ; et Birch, dans son 
Introduction à l'étude des hiéroglyphes^, se contentait 
d'opposer les attaques de Seyffarth aux efforts de tous ceux 



1. Bibliothèque é(jt/ptologic/ue, t. IX, p. xuii. 

2. T. VIII, iiM5. p. 101-108, 1 pi. 

3. Traduite par Chabas et publiée dans la Reçue archéologique (1857), 
t. XIV, p. 476 (BibL égypt., t. IX, p. 180-181). 



NOTICE BIOGRAPHIQUE V 

qui contribuaient « à élever l'étude des hiéroglyphes au 
» rang d'une science qui a fait ses preuves et dont les bases 
» sont désormais inébranlables ». Puisque, malgré ce dé- 
dain justifié, le système s'obstinait à réclamer l'attention 
aux dépens des bonnes méthodes, n'était-il pas utile d'en 
finir avec lui par une démonstration en règle ? 

En 1862, Aug. Baillet écrivait, dans la Reoue arcJœolo- 
gique, un article sur V Élection et la flarêe des fonctions du 
grdnd-prétre d'Ammon à Tlièbes, qui complétait l'étude 
récente de Th. Devéria sur le Monument biographique de 
Bâk-en-Khonsou\ Il y combattait, par une interprétation 
plus rigoureuse des inscriptions de Hri-hor à Karnak, 
l'hypothèse de Brugsch sur des réélections périodiques du 
grand prêtre thébain. 

Peu de temps après, il réussissait à déterminer la valeur 
des hiéroglyphes des nombres supérieurs .à 10,000. Mais 
Devéria, qui avait de son côté fait la même découverte, le 
devança dans la publication, comme il s'en explique à la 
fin de son article de la Revue archéologique sur la Notation 
des centaines de mille et des millions dans le système hié- 
roglyphique*. «En terminant cette courte étude, disait 
» Devéria, je suis heureux de pouvoir dire que ses résultats, 
1) au moins dans leur partie essentielle, c'est-à-dire pour 
» la fixation de la valeur des trois signes numériques ser- 
» vaut à noter les centaines de mille, les millions et les 
» dizaines de millions dans le système hiéroglyphique, 
» sont pleinement confirmés par un très bon travail de 
») M. Baillet, qui faisait cette petite découverte à Paris, tandis 
)) que je la faisais en Egypte. Ce jeune égyptologue a réuni 
» des exemples pour le moins aussi probants que les miens. 



1. Mémoires de VInstitut égyptien, 1862, t. I, p. 701-754 (= Bibl. 
égypt., t. IV, p. 275-324). 

2. Reçue archéoloylquc (1862), t. VI, p. 363 (= Bibl, ègypU t. IV, 
p. 268). 



VI AUGUSTE DAILLET 

» et y a joint une étude de certaines divisions du temps 
» qui rend des plus désirables la prochaine publication de 
)) ses recherches ; elles comprennent un nouvel examen 
)) d'un texte numérique important qui avait échappé à mon 
)) attention, bien qu'il eût été déjà Tobjet d'un travail de 
» M. Lepsius. » 

Ainsi deux travailleurs, d'après des recherches parallèles 
et indépendantes, s'étaient rencontrés sur les mômes résul- 
tats. Pareille aventure advint à MM. Maspero et Chabas, 
pour leur traduction du papyrus Abbott. Devrait-il, après 
de telles expériences, rester des sceptiques pour refuser leur 
foi à l'égyptologie? 

Cependant, malgré le piquant de la démonstration, en 
dépit de l'encouragement de Devéria, Aug. Baillet consi- 
déra le travail de son aîné comme définitif et suffisant sur 
la question : il condamna le sien au portefeuille à perpé- 
tuité. 

Les plus cordiales relations l'unissaient à Th. Devéria. 
lin jour, celui-ci le surprenait occupé à prendre des notes 
sur les Dcnhmdler : « Uelevez donc, lui disait-il, ce qui 
)) ne se comprend pas, de préférence à ce qui se laisse en- 
» tendre. » Bon conseil, sous son apparence paradoxale; 
cîir c'est la recherche patiente autour des énigmes qui fait 
le plus avancer la science. 

Le billet suivant, écrit par Devéria, témoigne de cette 
amitié : « Mon cher monsieur Raillet. — Avez-vous changé 
)) d'idée depuis l'autre jour? Hésitez-vous maintenant à 
)) faire une tentative pour entrer au Louvre? — S'il en est 
ainsi, renoncez-y tout de suite, et, par ce moyen, coupez 
» court à la possibilité des reproches futurs de votre famille 
» et de vos amis. Mais dites-le-moi au plus tôt. — Dans le 
») Cîis contraire, dépéchez-vous d'aller voir M. de Rougé: il 
)) est parfaitement disposé pour vous, et s'étonne presque 
)) de n'avoir pas encore reçu votre visite; c^r l'idée de vous 
)) faire entrer au Louvre, que je n'ai fait que lui souffler, a 



NOTICE BIOGRAPHIQUE VIT 

» pris dans son esprit un développement que je n'osais pas 
)) espérer. » 

Le projet, dont il est question en ce billet, n'aboutit 
point. 

Pour un temps, Aug. Baillet allait faire infidélité à 
l'égyptologie. En 1863, il s'était marié, quittait Paris et 
s'adonnait à l'industrie. 

Cependant il ne cessa pas de se tenir au courant ; et, 
sans guère produire d'études originales, il continua d'accu- 
muler dans ses notes et ses dictionnaires les éléments de 
travaux futurs. 

Durant son séjour à Pussay (Seine-et-Oise), de 1863 à 
1874, nous ne relevons qu'un seul article, De la trans- 
cription des hiéroglyphes, envoyé à la Zeitschrift fur 
agyptische Sprache en 1867. Encore ne fut il pas imprimé 
en entier. Seule parut la première partie relative aux guttu- 
rales*. Sur ce point, il critiquait à la fois la transcription 
de l'alpliabet adoptée par E. de Rougé et celle que prônait 
Lepsius dans son Mémoire sur le Standart Alphabet 
(1855-1863). Lepsius ne se rendit pas aussitôt à la démons- 
tration : à la suite de l'article, il exposa ses objections. La 
principale se résume en l'axiome : non numerantur sed 
pondérant ur ; pour conclure des exemples allégués, il ne 
suffit pas d'en savoir le nombre, il faut les apprécier en con- 
naissance de cause. La critique, exprimée par un maître, 
est de poids ; elle ne vaut point contre la conclusion, mais 
elle porte contre la discussion. Aussi avons-nous cru utile, 
dans cette édition, de fondre avec l'article le relevé 
d'exemples qui l'avait préparé. Seulement, nous remarque- 
rons ici que, le jour où en 1889, la Zeitschrift modifia son 
système de transcription, le nouveau, en adoptant trois 
signes k, ketg pour ^^zz^, zî et S. différenciait fortement le 



J. Voir p. 25 du présent volume. 



VIII AUGUSTE BAILLET 

troisième des deux premiers : c'était renoncer aux idées an- 
térieures de Lepsius et se conformer aux conclusions de 
l'article d'Aug. Baillet. 

A Pussay, Aug. Baillet partageait le meilleur de son 
temps entre son industrie et sa famille. 

L'instruction de ses fils fut pour lui l'occasion d'expé- 
riences pédagogiques. Deux principes se dégagent de ses 
idées et de ses essais : ne jamais fatiguer l'esprit de l'enfant, 
l'ouvrir de bonne heure par des notions exactes données 
sans pédantismp à propos de tout ce que l'enfant rencontre 
et observe. 

Le 29 avril 1868, il avait été nommé délégué cantonal 
pour l'inspection des écoles primaires. Plus de vingt ans, il 
exerça cette charge avec zèle, d'abord dans le canton de 
Méréville, puis à Orléans^ 

La guerre de 1870, en fermant les usines, lui donna des 
loisirs forcés. Il les utilisa en mettant en pratique certaines 
idées de V. Duruy sur l'instruction populaire qu'on a re- 
prises depuis. Cours d'adultes, extension universitaire, uni- 
versités populaires pourraient le citer comme un précurseur 
ou un bon ouvrier de la première heure. 

Il réunit donc une vingtaine de jeunes villageois, n'ayant 
fait que des études primaires, et se mit à leur enseigner 
l'allemand dont il ne possédait qu'une connaissance super- 
ficielle. Dans cette tâche paradoxale, il apprenait la veille 
ce qu'il montrerait le lendemain. D'ailleurs, lors des passages 
de Prussiens, puis de Bavarois, il eut le bonheur de rendre 
quelques services, comme interprète, aux gens de son bourg. 
Plus tard, quelques-uns de ses élèves poursuivirent leurs 
études, et, à leur tour, se rendirent utiles par la connais- 
sance de la langue dont il leur avait donné les premières 
notions. 



1, Décision préfectorale du 8 mare 1877. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE IX 

En 1874, il vint s'établir négociant à Orléans. Ce change- 
ment de séjour et le malheur qui, en 1877, le frappa dans 
ses plus chères affections, le ramenèrent peu à peu à Tégyp- 
tologie. 

Cependant il ne put y consacrer qu'une partie même de 
ses loisirs. Se retirer des affaires ne fut pas pour lui se 
reposer. De divers côtés, on faisait appel à sa compétence et 
à son dévouement pour la chose publique. A plusieurs 
reprises, en 1884 et depuis, parfois même malgré lui, les 
électeurs consulaires d'Orléans l'envoyèrent siéger au Tri- 
bunal de commerce. Il fut un des organisateurs du Syndicat 
Orléanais de l'habillement et de l'Union des syndicats. 
Président d'un comité local de défense des porteurs de titres 
de Panama, il prit part à la fondation de la nouvelle Société 
de Panama, qui tentait de relever cette grande œuvre si 
funeste aux capitaux français, et en fut administrateur de 
1894 à 1900. Enfin la politique même lui prit quelque part 
de son temps. Déjà il avait été conseiller municipal de 
Pussay. En 1873, il s'était présenté aux élections cantonales 
comme candidat républicain. Depuis, il s'était soigneuse- 
ment abstenu de toute compétition. Pourtant, en 1892, il 
opposa sa candidature à celle d'un socialiste pour le conseil 
d'arrondissement, et, lors des élections municipales de 1899, 
le comité républicain progressiste obtint qu'il se laissât 
porter sur sa liste avec laquelle il fut élu. 

Seulement, c'est à la science que le ramenaient toujours 
ses goûts personnels. 

Les deux principales Sociétés savantes d'Orléans s'em- 
pressèrent de l'attirer dans leurs rangs. 

La Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts 
d'Orléans le nommait, le 19 février 1875, membre de la 
section des belles-lettres. 

La Société archéologique et historique de l'Orléanais 
rélisait membre titulaire, le 25 février 1876, — trésorier, 
du 28 décembre 1877 au 11 février 1881, — plusieurs fois. 



X AUGUSTE BAILLET 

membre de la commission de publication. Presque chaque 
année, elle le déléguait à la réunion des Sociétés savantes 
en Sorbonne. Ses procès-verbaux relatent plusieurs com- 
munications de lui : en 1882, il signale un témoignage con- 
temporain de la Ciimpagne de 1429' ; en 1801, il annonce la 
découverte des fondements de la chapelle du couvent des 
Augustins'. 

Sa principale contribution à Tarchéologie orléanaise 
consiste dîins la lecture et la restitution d'inscriptions 
tumulaires de Snint-Benoît-sur-Loire*. Après une excursion 
à Saint-Benoît, « il appelle de nouveau l'attention de la 
» Société sur l'état de détérioration croissante des monu- 
» ments qu'il a étudiés, et termine en lisant un travail sur 
» les épitaphes dont il présente un fac-similé minutieuse- 
)) ment fait ». Il s'attachait particulièrement à la plus 
maltraitée, l'épîtaphe dite de Nes(]aa\ Il démontrait que le 
nom du prétendu moine devait se décomposer en n (non) es 

GAv[ ] ; que l'épitaphe était métrique et qu'elle pouvait 

se restituer intégralement, même avec le nom véritable du 
défunt, Gausbert, ancien abbé de Ferrières (1044-1060), 
grâce à l'histoire manuscrite de Saint-Benoît-sur-Loire, par 



1. Bulletin de la Société archèologiqtic, t. VII, p. 509. 

2. Ihid,, t. X, p. 57. 

3. M. GreUet-Balguerie avait dénoncé la ruine menaçante de la 
basilique et signalé une des épitaphes qu'il attribuait au chroniqueur 
Aimoin et que M. Ramé reportait à Girard ou à Raoul Tortaire (Con- 
grès de Sorbonne, avril 1882. Bulletin du Comité des traraux histori- 
ques, 1882, p. 133, 305, 327; 1883, p. 81-85 et 144. Bull. Soc. arch., 
10 nov. 1882. 12 janv. et 9 mars 1883 ; VU, p. 532 ; VIII, p. 14 et 21.) — 
M. Boucher de Molandon, délégué par la Société avec M. Dumuys, 
avait fait mouler trois épitaphes par le sculpteur Lanson, et lu à la 
Société, le 13 juillet 1883, un travail, amplifié par la suite {BulL Soc. 
arch., VIII, p. 21, 56-57, 86, 87-88, 109). 

4. Marchand, Souvenirs historiques de Saint-Benoît, 1838. — L*abbé 
Rocher, Pèlerinage à Saint-Benoit, 1852 ; Histoire de l'abbaye royale 
de Saint-Benoît, 1865. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE XI 

Dom Chazal, conservée à la bibliothèque de la ville d'Or- 
léans \ Cette attribution et cette restitution furent le sujet 
d'un Mémoire sur une épitaphe du XI^ siècle de Saint- 
Benoît-sur-Loire, qu'Aug. Baillet lut au congrès de Sor- 
bonne, le 17 avril 1884*. A la séance suivante M. Boucher d(* 
Molandon témoignait du « légitime succès obtenu... par 
» M. B. pour son ingénieuse restitution » qui avait « mérité 
)) les éloges du bureau et des nombreux délégués présents ' » 
Ces études dans leur ensemble demeurèrent inédites; mai.^ 
les conclusions les plus importantes sont résumées dans les 
comptes rendus du congrès, ou ont passé dans le mémoire 
de M. Boucher de Molandon*. 

En 1886, A. B. était de nouveau délégué pour lire une 
étude sur V Épitaphe de MummoleuSy abbé de Fleury''. 

La Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts 
avait compté dans ses rangs trois membres de la Commission 
scientifique de l'expédition d'Egypte, Jollois, Gérard et 
Louis Ripault, ce dernier qui s'était vainement efforcé, avant 
CliampoUion^ de pénétrer le mystère des hiéroglyphes. 
S'ouvrir à un adepte de la science nouvelle, maîtresse enfin 
du secret, c'était donc pour elle renouer une tradition. 

1. L'analyse, qu'au XVIII' siècle il donnait de l'inscription, permet 
de la rétablir ainsi : 

a IN MVNDO MVNDYM NON ES, gav [sbefte. secutus.] 

SED pivs ET SAPIENS, pfrovid]vs [atque vigil,"| 

S05RIV8 ET CASTV8 sPHEvisTi GAv[dia vana.] 

MVNDi DELiciAS : [astra pete alta Dei,] 

QVEM suspiiiASTi, QUEM vivvs s[emper amasti] 

ET cvi sERviSTi ; viTA s[it ergo tibi]. » 

2. RnlÎPtin du Comitt* des trncaux historiques {Archéologie), 1884, 
p. 174-175. 

3. Bulletin de la Société archéologique^ t. VIII, p. 175 et 185-186. 

4. Mémoires de la Société archéologique, 1884, t. XVIII, p. 527-573, 
et atlas, pi. VIII-XIII. Allusion sommaire au concours de A. B., p. 540 
et 557. n. 1. 

5. Bulletin de la Soc. arch., t. VIII, p. 414, 



XII AUGUSTE BAILLET 

D'ailleurs, en A. B. elle n'accueillait pas un inconnu ; car, 
quinze ans plus tôt, elle avait couronné de lui une Histoire 
du royaume d'Orléans*. « La Société, dit en 1899 son his- 
» torien, M. Guerrier, avait mis ce sujet au concours 
» pour 1858. Il était diflScile à traiter ; car les documents 
)) sont rares, trop souvent confus, quelquefois contradic- 
» toires. On risquait en outre de sortir du programme et de 
» se laisser entraîner à des considérations générales, ou bien 
w à quelque imitation périlleuse des Récits des temps méro- 
» vingiens. Le prix ne fut pas décerné : on prorogea le 
» concours. La Société précisa le sujet et développa sa 
)) pensée en disant qu'elle désirait qu'il fût traité au point 
)) de vue géographique. Ainsi envisagé, il était neuf et à 
» peine effleuré par nos historiens, qui, d'ailleurs, ne sont 
» pas d'accord entre eux. L'auteur d'un nouveau mémoire 
» se conforma aux indications qui lui étaient données; 
)) rejetant les faits, les détails, qui appartiennent à l'histoire 
» générale, ne conservant que ce qui était nécessaire à l'in- 
)) telligence du sujet, écartant surtout les développements 
î) biographiques, s'éloignant en un mot du point de vue 
)) politique, pour traiter des guerres, des conquêtes, des 
)) traités, des usurpations, de tout ce qui amena un agran- 
)) dissement ou un amoindrissement du royaume dont 
)) Orléans fut la capitale. Il l'a fait avec une conscience et 
» une autorité remarquables; toutes ses assertions s'ap- 
» puyent sur des textes, sur des citations exactes qui les 
)) justifient. Ce n'est pas sans doute, dit l'auteur du rapport, 
)) M. Dupuis, l'intérêt d'un récit attrayant que le lecteur 
») devra chercher dans ce mémoire ; et ce n'est pas là, en 
» effet, ce que pouvait espérer l'Académie, en mettant ce 
» sujet au concours; mais quiconque voudra, sur cette 
)) période aride, ingrate de notre histoire locale, trouver 

1. Mémoires de la Soc, d* Agriculture^ etc., 4* série, t. V, p. 241-323, 
et 1 vol. in-8% 1861, Laurent, Orléans. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE XIII 

» des notions exactes et utiles, devra les demander à ce 
)) consciencieux et remarquable travair. » 

Devenu membre de la Société, A. B. lui apporta un 
concours actif. Son nom revient souvent dans les procès- 
verbaux. La section des Lettres le nomme secrétaire, le 
30 avril 1875*. Tantôt, il lit des vers : un rondeau pour 
remercier de son élection ses nouveaux collègues % un sonnet 
pour les féliciter, sous couleur ironique, de la variété de 
leurs travaux * , une pièce de vers sur le concours régional et 
l'exposition rétrospective d'Orléans en 1876*. Tantôt, il fait 
un rapport verbal sur quelque travail à insérer dans les 
Mémoires de la Société : mémoire de M. l'abbé Desnoyers 
sur un amas d'os, rebuts d'un atelier de charnières romaines 
à Orléans", — notice biographique de M. Patay sur Arnauld 
de Nobleville, doyen du collège de médecine et administra- 
teur de l'Hô tel-Dieu d'Orléans', — mémoire de M. Des- 
novers sur Dom Fabre, bibliothécaire du monastère de 
Bonne-Nouvelle', — traduction en vers, par M. Boutet de 
Monvel, de la 3® satire, au livre II, d'Horace", — trois pièces 
de vers de M. de Vauzelles^*, — mémoire du D' Grellety sur 
le mariage au triple point de vue médical, social et litté- 
raire^S — poésie de M. Czajewski sur sainte Cécile^*. Un de 
ces rapports fut imprimé : un mémoire de M. Ch. Michau, 

1. Mémoires de la Soc. d'Agr., etc., 4' série, t. XXXVII, 1899. 
p. 143-144. 

2. Mèm. de la Soc. d*Agr., etc., 4' série, t. XVII, p. 351. 

3. 19 mars 1875, Ibid., t. XVII, p. 343. 

4. 16 avril 1875, Ibld., t. XXII, p. 350. 

5. 2 et 16 mars 1877, Ibid.. t. XIX, p. 289, 290, et p. 80-83. 

6. 6 août, 1875, Ibld., t. XVII, p. 357. 
7. 16 juin 1876, Ibid., t. XVIII, p. 358. 

8. 15 décembre 1876, Ibid., t. XVIII, p. 362. 

9. 29 décembre 1878, Ibid., t. XX, p. 303. 

10. 21 novembre 1879, Ibid., t. XXI, p. 288. 

11. 16 avril 1880, Ibid., t. XXII, p. 355. 

12. 7 janvier 1881, Ibid., t. XXIII, p. 300. 



XIV AUGUSTE BAILLEf 

s:ir le poète Orléanais Guillaume Guiard, lui avait rappelé 
ses études médiévales'. D autres fois, il expose à la Société 
les différences entre les trois sortes d'écritures égyptiennes*, 
ou bien Thistorique et les règles do la lecture des hiérogly- 
phes'. En 1879, la Société lui vote des félicitations, à 
propos des éloges de M. Renan*. En 1887, elle le désigne 
pour le représenter à la réunion des Sociétés savantes en 
Sorbonne, et y lire un mémoire en son nom\ A plusieurs 
reprises, enfin, il fait part d'études personnelles, sur les- 
quelles il convient de donner de plus amples détails. 

Une seconde fois en 1877, comme en 1861, A. B. offrait 
à cette compagnie la primeur de ses travaux d'érudition, 
(|uand il revint à Tégyptologie pour y chercher un palliatif 
il un deuil cruel. Alors donc il lui donna son étude sur la 
('oUeclion égyptienne de M, l'abbé Desno!/er\ 

Cette collection, une des plus complètes qu'on voie en 
province\ se trouve exposée aujourd'hui, avec tousses com- 
pléments, dans les salles du Musée historique d'Orléans, 
dont l'abbé Desnoyers fut longtemps le directeur et le bien- 
faiteur. L'étude que lui consacre A. B. ne se réduit pas à un 
simple catalogue. Des exposés sur la religion, les croyances, 
l'histoire et les mœurs des anciens Égyptiens, des réflexions 
personnelles et quelques traductions encadrent l'énuméra- 

1. 5 juillet 1901, Mém, de la Soc. d'Agr., etc., 5' série, 1. 1, p. 201 et 
108-111. 

2. 7 novembre 1879, Ibld., 4' série, t. XXI, p. 287. 

3. 18 décembre 1885, Ibid., t. XXVI. p. 267. 

4. Ibid., t. XXI, p. 288. 

5. 15 avril 1887, Ibid., t. XXVII, p. 214 et 215. 

6. 7 et 21 décembre 1877, Ibid., t. XIX, p. 298. 

7. Sur un point particulier, elle se trouvait la plus riche de France 
et d'Europe. Quand M. Daressy composait son mémoire sur las Cônrs 
funéraires {Mémoires de la Mission du Caire, t. VIII, 2' fasc), le 
relevé que nous lui transmîmes, sur sa demande, tenait le premier rang 
après celui du Musée de Boulaq (cf. Darmsteter, Journal Asiatique y 
1893, 9- série, t. II, p. 139, n' 4). 



i^OTICE BIOGRAPHIQUE XV 

tion et la description des objets. Cinq planches représentent 
les plus curieux ou les plus rares, sfeituettes, scarabées, 
bijoux, eic. La lecture des monuments épigraphes apporte 
son appoint aux listes de fonctions et de noms propres 
connus. Certains procédés d'art sont signalés. Uinfluence, 
par choc en retour, de la Grèce sur les idées religieuses de 
TEgypte, comme sur Tarchitecture et la sculpture ptolé- 
inaïques, est proposée à Tétude. L'examen de plusieurs 
statuettes montre l'alliance des polythéismes égyptien et 
grec : notamment un Osiris, couronné de pampres et ap- 
puyé sur un cep, provoque un commentaire sur Diodorc, 
qui parut d'abord dans la Zeitsckrijt, sous le titre d' Osiris- 
Bacrhus, A propos du Panthéon égyptien, des extraits et 
une pièce de vers, d'une sobre élégance, donnent aux non- 
initiés une idée de l'Hymne à Amon-Râ, de Boulaq, et des 
autres hymnes de l'Egypte'. Aux savants un relevé soigneux 
des textes, des figures et des noms rend un service qu'appré- 
ciait ainsi M. Maspero: « Je vous remercie de votre bro- 
» chure. La collection que vous avez décrite renferme des 
» monuments fort intéressants et vous en avez fait ressortir 
» tous les mérites. C'est un service d'autant plus grand 
» qu'une collection égyptienne placée dans une ville de pro- 
» vin'ceest ordinairement ignorée et perdue pour la science. 
» Il aurait été fâcheux que celle de M. l'abbé Desnoyers 
» restât inconnue*, w 

Renan, dans un de ses Rapports annuels sur les travaux 
delà Société asiatique, dont Max MûUer disait que « l'hon- 

1. Une nouvelle étude sur les Hfjmn"s au Soleil du Livre des Morts 
fut lue le 20 décembre 1878 (t. XX, p. 303). L'auteur y exposait ses vues 
sur la poésie des Égyptiens : l'idée qu'il se faisait de leur technique 
avait été corroborée par la découverte, dans certains papyrus, de vers 
dont il s'était démontré par avance l'existence, malgré leur omission 
dans la plupart des exemplaires conservés. Malheureusement, il atten- 
dit la publication des théories de M. Grc^baut sur le même sujet, et son 
étude ne parut jamais. 

2. Lettre du 12 juin 1879. 



XVI AUGUSTE BAILLET 

» neur d'être cité dans ces pages était un peu pour le savant 
» ce qu'était pour les cités grecques l'honneur d'avoir leur 
» nom dans le catalogue d'Homère », — Renan, le 28 juin 1879, 
signalait l'œuvre et saluait le retour de l'auteur à la science : 
« Un égyptologue qui semblait avoir abandonné entière- 
» ment la science, M. Auguste Baille t, d'Orléans, vient de 
» reparaître avec la notice d'une importante collection 
» formée à Orléans par M. Tabbé Desnoyers. C'est une bro- 
» chure assez courte, mais qui renferme nombre de faits in- 
)) téressants pour l'histoire et l'archéologie. Il faut souhaiter 
» que M. Baillet ne s'en tienne pas là; il a des qualités 
» de pénétration et d'exactitude qui lui assureront, s'il le 
» veut bien, une place éminente parmi les égyptologues 
» contemporains*. » 

A la même collection se rattachent : deux brèves notes 
parues, en 1877, dans les Mélanges d'archéologie égyptienne 
de M. de Rougé, sur Deux Canopes et sur Un manuscrit 
portant le prénom de Thoutmès III, — le court article de la 
ZeitschriJÎ sur Osiris-Bacchus, fondu ensuite dans la Notice, 
— plus tard la lecture faite au congrès des Sociétés savantes, 
en 1887, sur des Momies du Musée d'Orléans. Certains 
personnages, nommés sur plusieurs de ses stèles, inspirèrent 
la première idée de l'article sur Les Fonctionnaires du 
règne de Khounaton. Enfin, ses vitrines fournirent, en 1901 
et les années suivantes, le sujet d'une communication à la 
Société des Sciences sur plusieurs Vases égyptiens de la 
collection Des noyers au Musée d'Orléans, et le prétexte 
de recherches connexes d'archéologie ou de lexicographie 
sur le Nom de quelques vases égyptiens et le Nom des 
diverses parties d'un Vase en égyptien. 

D'autres études suivirent, qui ne présentaient pas à la 
Société d'Orléans l'intérêt direct d'un sujet local. On aurait 

1. Journal Asiatique, T série, t. XIV, p. 36; ou Reçue politique et 
littéraire, 1879, II, n* 17. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE XVIl 

pu les juger trop hérissées de discussions techniques, de 
rapprochements et de citations, nécessaires pour établir le 
sens d'une phrase ou d'un mot, mais bien arides pour les 
profanes. La Société s'honora en les accueillant, comme la 
Société de Chalon-sur-Saône en imprimant les premières 
œuvres de Chabas. 

Souvent des diflScultés matérielles entravaient l'impres- 
sion de ces articles dans une imprimerie de province mal 
outillée pour ce genre de travail. On connaît les plaintes de 
Chabas, réduit à autographier ses Mélanges, sa lutte contre 
le règlement de l'Imprimerie Nationale de Paris, sa joie 
quand il put obtenir une casse de types de Berlin. Lui 
aussi, A. B. se procura une collection de ces types; mais 
plus d'une fois, il dut ou se contenter malgré lui d'à peu 
près, ou combler les lacunes en faisant fondre ou gilloter 
des signes d'après ses dessins, et toujours subvenir au prote 
en assemblant lui-même les caractères. Passe pour quelques 
pages! Mais, s'il s'agit d'un mémoire comme le Décret de 
Afemphis, on se lasse de ne pas obtenir tout ce qu'on désire, 
et alors. . . quandoque bonus do/'niitftt Homeras\ Plus que 
jamais, l'érudition « n est qu'une longue patience ». 

C'est dans ces conditions que parurent, dans les Mé- 
moires delà Société d'Orléans, une série d'études sur l'époque 
ptolémaïque. 

M. Revillout, avec sa Chrestomathie (1875-1880)*, sa Nou- 
velle Chrestomathie (1879), son Procès d'Hermias (1882), 
venait de produire une large trouée de lumière parmi les 
documents recelés par les papyrus démotiques. Mais, quoi 
qu'il ait découvert, il n'avait pas du premier coup épuisé ce 
champ d'études : après lui, il restait à glaner abondam- 
ment. 



1. Nous nous sommes efforcés, sans modifier au fond ces mémoires, 
de les présenter, celui-là en particulier, sous une forme plus satisfai- 
sante que dans la 1'* édition. 

BlUL. ÉGYPT., T. XV.* ** 



XVtlî AUGUSTE BAÎLLËT 

Ainsi, M. Revillout avait signalé la petite dynastie qui 
régna sur Thèbes pendant les 19 premières années de Ptolémée 
Épiphane. A. B. porta ses recherches sur Le roi Horemhou\ 
"ApiioL/iç ou "ApfxaY^. Il rectifia et expliqua la lecture du nom 
royal ; il y réduisit les deux cartouches lus par MM. Brugsch 
et Revillout : Horhotep, Horsat, Hormekh ; enfin il déter- 
mina Tordre successif des deux rois Harmaïs et Aônkhis, 
(Vaprès les souscriptions du notaire Petisis. M. Revillout 
cita cet « ingénieux travail ' » et cette a belle étude * », mais 
ne se rendit pas de suite à la démonstration : il attendit 
(ju'il la pût refaire à son tour par une voie nouvelle au moyen 
du papyrus n^ 106 de Berlin *. A. B. prit acte de cette rési- 
piscence dans le petit article de 1882 s\ir\Horemhouet AnlJt- 
loif, rois de Thèbes ^ réponse discrète aux diatribes acerbes 
de M. Revillout*. 

L'étude sur L'Egypte pendant les premières années du 
roi Épiphane traite du même temps •. L'auteur cherche à y 
déterminer Tétendue de la rébellion contre la dynastie 
grecque et la preuve de la fidélité de certiiines villes. 

Le mémoire sur Hippalos'' identifie en une même person- 
nalité le ministre d'Épiphane, l'inventeur des vents étésiens, 
le fils deGlaucias, le frère du Ptolémée reclus au Sérapéum. 

1. Lecture du 7 novembre 1879, t. XXÏ, p. 287. Renan le cite (Journal 
Asiatique, V série, t. XVIII, 1881, p. 32). 

2. « Anchtu (qui, selon un ingénieux travail de M. Baillet sur les 
données recueillies par moi, succéda à Thèbes à Harmakhis)*.. » Reçue 
è(/i/piologique, 1880, I, p. 149. 

3. Reçue èf/i/ptologif/ue^ II, 1881, p. 110. (Voir la citation, i/i/ra, 
p. 204). 

4. Le roi Anchniachis et le roi Harmachis. — Reciu* èf/t/plolo(/iquc^ 
II, 1881, p. 145-147. 

5. Reçue èf/t/plolof/ique, II, 1881, p. 282-287. 

6. Lecture des 3 et 17 décembre 1880, Mont, de la Soc, d*Afjr,^ etc., 
t. XXII. p. 363, 

7. Lecture du 21 novembre 1879, Menu de la Soc. d'Af/r,^ t. XXI, 
p. 288. 



^ÏOTICE BlOGRAPtttCiUË 3ClX 

Cette hypothèse, sans être définitivement confirmée, a été 
corroborée depuis par la découverte, à Menschiéh, d'une 
inscription, que signala M. Maspero, et où les qualités de 
prêtre et d'épistratège sont unies*. Ainsi se dégage un peu 
de Tombre et de Toubli un grand homme méconnu. 

Obscure et piquante est Thistoire de Cléopàtre, fille d* Épi- 
phane, la seconde du nom, qui épousa alternativement ses 
deux frères Philométor et Evergète II. En 1880*, A. B. 
démêlia, d'après les datations des actes grecs et démotiques 
de ce temps, les dates des quatre mariages successifs de 
cette Cléopâtre II, de sa répudiation et de sa mort. Dénon- 
çant Tinvraisemblance d'une femme mère à 60 ans et assez 
verte à 100 ans pour disputer le trône à ses fils, il lui déniait 
la maternité et la tutelle des fils et successeurs d'Éver- 
gète II, au profit de sa fille Cléopâtre III. Des rapproche- 
ments sûrs rectifiaient plusieurs erreurs de Letronne et de 
Brunet de Presles. 

Un article sur Le roi Eupator, fils de Philométor et de 
Cléopâtre II \ devait terminer ce cycle relatif à la dynastie 
des Ptolémées. L'auteur n'y mit jamais la dernière main. 

Le recueil de ses Études ptolémaïques resta donc inachevé. 
Celles qui n'ont paru que dans les Mémoires de la Société 
d'Orléans ont échappé à J. Darmsteter qui, dans ses rapports 
à la Société asiatique, cite ou analyse les articles sur La par- 
ticule -xm, sur les Dialectes, sur les Sceaux hétéens, parus 
dans les publications parisiennes, Revue êgyptoloyique. 
Recueil de Traoaux^ Reçue archéologique, puis le Décret 



1. Voir infra^ p. 210, n. 3, et Miller, Bulletin de Correspondance 
hellénique, 1885, t. IX, p. 141-144 : l'auteur ne cite que Revillout 
(Chrestomatkie^ p. 135) et ne fait aucune allusion à l'identité possible 
de l'épistratège, prêtre des Ptolémées, invoqué par Hermîas, avec le fils 
de Glaucias et le navigateur qui donna son nom aux vents hippaliens. 

2. Lecture du 5 novembre 1880, Mèin. de la Soc., t. XXII, p. 361. 

3. Lecture du 17 décembre 1880, Ibid., t. XXII, p. 363. Cf. infra, 
p. 235, n" 2. 



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t'jtUï\/4.rM'itu de d'rjx t'T.vte-'î. Pa^ nViait 'r^^-.»:n d'invectives, 
d'; j/fét-» ^fatiiits d'afi'-ijrdltés* et d'accusations de plagiat, 
\th\\v Of/j/O'îor a ces i:ofjclu.sion> des objections tirées d'une 
jfi ventigation plu.s /^tendue. N'insistons pas sur cette querelle, 
de peur de c^mtriîîter outre mesure un homme de \'aleur 
qui a rendu de grands services à la science. 

N'ayant aucun goût pour le métier de « gladiateur de 



1. Jniirtuit AHinthfUf', 8" M/;rR% t. II, 1883, p. 99 (-ain); t. IV, 1884, 
I». W.S {\)U\.WU'v\ t. Xïl, 1888, p. 156, n. 3 (Sceaux hétéens); t. XVI, 
\WM), |,, HH n'fMî vilk»), et 150151 (Décret;; t. XX, 1892, p. 128 
(Vni- X'ilyri.;. 

2. livi uv f''i/t/f,inlnf/lf/ar, II, p. 282-287. 

îl. (^iin, |»Mi' <»xiunpl«. a Jufnais en hiéroglyphes Harmaxïhis ne s'est 
H'i'lt lloriiihoii ()ii lIoniKth o, A. I). no l'a jamais nié, ni avant ni après 
l«M rilll»nioH (In M. It. Il a niAme eu loccasion d'opposer expressément 
lii l/ifif/iin f»///r//'//(', iM-rltt» dans les hiéroglyphes, à la langue parlée 
ilu'iiM l'nlnmvn dann lo déiuotiquo (Décret de Mcmphis, p. 19, infra 
|i. MIL' :)(i:i). 



NOTICE BIOGRAPHIQUE XXI 

lettres », A. B,, offensé, ne riposta point. Il se contenta, 
quand M. Revillout se rectifia lui-même sur un point, de 
le noter dans son second article sur Horemhou et de n'en- 
voyer plus rien à la Revue égyptologique. Mais il trahit ses 
sentiments dans son mémoire sur le Décret de Memphis, 
lorsque, discutant les restitutions de Boudant qu'il avait 
loué tout d'abord, il s'arrête et prie de ne point se mépren- 
dre sur ses critiques : « M. Bouriant me pardonnera si, 
» pour la facilité de ma démonstration, j'ai quelquefois eu 
» l'air de le prendre à partie. Je pense ne l'avoir fait qu'en 
» termes qui marquent mon estime. Je ne suis pas de ceux 
» qui aiment à injurier les auteurs avec qui ils ne sont pas 
j) d'accord \ » Son caractère courtois et conciliant se peint 
en ces lignes. 

La pierre de Rosette fut la pierre angulaire de l'égypto- 
logie. A plusieurs reprises, avant de la prendre pour sujet 
du plus long de ses opuscules Le Décret de Memphis et les 
Jnscriptions de Rosette et de Damanhour*, A. B. se préoc- 
cupa de ce texte fameux. Ses études sur Horemhou et sur 
les premières années du roi Épiphane l'auraient, à elles 
seules, imposé à son attention. Son article sur La particule 
copte Tun ou ^m roulait sur une expression qui s'y trouve. 
Son second article sur les Dialectes le prenait pour point de 
comparaison. La découverte de la stèle de Damanhour (1884) 
et la publication d'U. Bouriant (1885) l'incitèrent à tenter 
un travail d'ensemble. 

« M. Aug. Baillet, dit J. Darmsteter, après avoir établi 
)) l'identité fondamentale des deux textes, malgré les 
») variantes dues aux erreurs du graveur et malgré la diSé- 
» rence de date, cet exemplaire étant daté de la 24® année de 
» Ptolémée Épiphane, tandis que le texte de Rosette a été 

1. Le Décret de Memphis, p. 75, infra p. 312. 

2. Lu à la Société, le 20 novembre 1885 : Menu, t. XXVI, p. 264. — 
1 vol. in-8% xxxi-135 p., 1888, Orléans, Michau, et Paris, Vieweg. 



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iU^'XV' : r;^:tix-<ri i^tm^llrcA de corriavr ie? nombreuses 
^/''•ii/r<i #:t (fUïU*\hïi'* du graveijr de Daman r.our; mais, à leur 
t/;ijr, l*î<4 UiAfffUh [Ai^-y^ autorî>^nt queî«jiiefi »îs à préciser le 
«•^îfm du Jfr^'^: et a rectifier r-ertaines traductions*. Les inscrip- 
tiori«< de Tanîî* et de Pliilîc fournissent des lambeaux de 
|4initt''.4 et dej< expressions nécessaires pour suppléer à la 
tif\n, en IVKîcurrenryj, celles de Rosette et de Damanhour. De 
n*n analyMCM minutieuses ressort enfin un texte qui a les 
phm grandes cliîinrtes de combler exactement les lacunes de 
la pierre de Rosette et d'en restaurer l'aspect primitif. 

îiii reMtitution des iJrrrets (V Alexandrie, fragmentaire- 
rn^'ul roiiHfîrvéH {i Phihe, devait faire pendant à celle du 
h^'cret de Memphîs. Mais, soit par lassitude des difficultés 
d'lifi|ireMHJon, soit par suite de préoccupations d'un tout 
nuire onire, rauUîur laissa en suspens Tœuvre annoncée' et 
|iri'<|Mir<MS et n'y revint pas. 

V\\\ 1HS7, M. ral)bé Desnoyers avait acquis pour le Musée 
lil«|.url(|iie d'Orléans plusieurs momies avee leurs sarco- 

I JuHViuil ÀHtatiifno, 1890, t. XVI, p. 159-151. 

V, PlU» t^XOniplo, p, 25 (= infra, p. 270), ire?i).av8pwinrjxs xxXç Suvi|j.eaiv 

i4utMU ft*«t«n, lUMi pftH : « il aima les hommes de toates ses forces » 
(I.olhtniu0, innln : « il (It don largosses à toutes ses troupes o. 

II / ♦♦ ih^'tvl i/i» A/(*/M/i/iiN, p. 19 (« in/rci, p, 262). 



NOTICE BIOGRAPHIQUE XXIÏI 

phages de bois. Tout aussitôt il pria son collègue aux deux 
sociétés orléariaises de rédiger un complément à la Notice 
sur sa collection. A. B. lut, en séance ordinaire et en séance 
publique de la Société des sciences, un mémoire sur Les 
quatre caisses de momies du Musée d'Orléans, leur prove- 
nance et leur date. Il montrait que c'étaient les cercueils et 
les corps de prêtres de la ville de Panopolis, vivant sous les 
Ptolémées. La Société demanda avec instances do relire en 
son nom ce travail à la réunion des Sociétés savantes en 
Sorbonne\ Là, M. Maspero le compléta par des renseigne- 
ments sur la nécropole de Panopolis, qu'il rédigea ensuite 
pour la Société, à la demande de A. B. Sur l'initiative de 
celui-ci, la Société décerna, à cette occasion, le titre de 
membre honoraire à M. Maspero. Cependant, quoique l'im- 
pression en eût été votée, ni la notice d'A. B., ni la note de 
M. Maspero ne furent publiées". Il en existe seulement un 
résumé, dans les Comptes rendus du Congrès au Bulletin du 
ministère', et un extrait, dans le Rapport de M. Desnoyers 
à ia Société archéologique*. « Je dépose ici, disait ce dernier, 
*^ 'e témoigfiiag'e de ma reconnaissance pour notre collègue, 
'> Af. Baillet, qui a bien voulu consacrer de longues heures 
*^ '* l*étude et à l'explication des inscriptions; il est, vous 
'^ ^^ Savez avec joie. Messieurs, un des maîtres de la science 
^^ ^^J'ptoJog'îque, et je lui dois les éléments de ce rapport, w 
^^P^ndant l'époque ptolémaïque n'absorbait pas seule son 
^ ^^^Uqh Toute question obscure l'attirait, et il était heu- 

je, .* -^ônioîres de Ut Soc. d'Agr., Sciences, etc., 15 avril, 6 mai, 

^^^^let 1887 • t. XXVII, p. 215, 220, 224. — Bulletin de la Société 

^''"'^^^o/ . ^ f>5 mars, 22 avril, 10 juin 1887; 22 février 1888 : t. IX, 
p. 3j Oijtquf^9 ^ ^^ 

9 * Sa 85 et 17^- 

Af • V/ la Soc. d'Agr., ctc, 1" juillet, 7 et 21 octobre 1887 : 

^'^^\nv^224. 227,228. 
^* j:> ., \. ^.^ /^rt/nité des travaux historiques. Archéologie, 1887, 

^•^^ '^ 

** ^n • de l<^ Société archéologique, 1887-1888, t. IX, p. 45-47. 



XXIV AUGUSTE BAILLET 

reux d*y jeter quelque lumière par des rapprochements 
patiemment préparés. 

Ainsi, sous le titre Division et administration d'une 
ville égyptienne^ recueille-t-il preuves et exemples de la 
division d'une ville, Abydos entre autres, en divers quar- 
tiers désignés par leur position géographique ou le métier 
des artisans qui s'y groupent, et énumère-t-il les fonction- 
naires préposés à ces circonscriptions. M. Maspero, qui» 
dans son Histoire, adoptera ses conclusions ^ lui écrivait : 
(( Votre note me parait fort juste. Les villages actuels et les 
» villes de TÉgypte sont divisés comme vous le pensez des 

)) villages et des villes de TEgypte ancienne. Les ^^^ 

» sont dans Tinscription d'Hapi-zefa à Siout : je préférerais 
)) peut-être y voir les corps de métiers, ce qui du reste 
» n'est qu'une variante de votre sens. Je me promets de 
» relire soigneusement votre mémoire que je n'ai fait qu'en- 
» trevoirà 1 épreuve*. » 

Quelle période l'histoire d'Kgypte reste moins connue que 
celle qui sépare l'Empire memphite du premier Empire thé- 
bain? Là, dans ce qu'on a nommé a le vide monumental », 
ont beau jeu les partisans du règne collatéral des dynasties 
égyptiennes; ils auraient pour complice le silence des 
pierres. Mais ce silence est-il complet, ou bien n'existe-t-il 
pas déjà, mais méconnus, des vestiges de ces temps? 
A cette question répond l'article sur les Monuments des 
VIIP-X^ dynasties, « Dans les périodes anciennes, dit 
» J. Darmsteter, nous avons encore à signaler les recherches 
» ingénieuses de M. Baillet pour déterminer dans la masse 
» des monuments non datés ceux qui peuvent se rapporter 
)) aux dynasties encore vides de la VIII® à la XII® ^ » Et 
M. Lieblein, indiquant la méthode suivie : « M. Baillet a 

1. Histoire de V Orient y t. I, p. 311. 

2. Lettre du 1" juin 1889. 

3. Journal Asiatique^ 1892, t. XX, p. 123. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE XXV 

» recueilli les noms des fonclioiinaires et des particuliers, 
» et, en les mettant auprès des noms royaux, il a, par ses re- 
» cherches utiles, jeté la lumière sur cette époque obscure ' . » 
Enfin, M. Maspero, écrivant à l'auteur*, abondait dans son 
sens: « Il y a au Louvre deux stèles au moins que j'ai tou- 
» jours attribuées aux VIIP-X® dynasties ; il en est do 
» même à Boulaq, où d'autres stèles que celles que vous 
» avez signalées m'ont paru appartenir aux temps antérieurs 
» à la XI® dynastie, ce qui vient d'être confirmé par une 
» découverte de M. GrifRth'. » 

Bien trouble encore est l'histoire des dynasties qui so 
succédèrent après la chute des Riimessides. La chronologie, 
en dehors des belles époques pour lesquelles abondent les 
documents, ne saurait négliger aucun indice. Jadis elle s'é- 
gara dans les spéculations sur les zodiaques. Depuis, l'état 
civil des Apis, ou la double date de règne do rois associés à 
la couronne par leurs pères, ont fourni des données solides 
pour certaines périodes. Hors de là, un élément sérieux 
d'appréciation approximative peut être fourni par le calcul 
d® générations successives dûment rattachées les unes aux 
autres. C'est un service de ce genre que l'on peut tirer de 
^histoire à.' Une famille sacerdotale contemporaine des 
^ ^^^^^XXVI^ dynasties. Rapprocher les indications d'une 
^rie (Jq sarcophages thébains, identifier les personnages et 
^^^ Parents, les grouper et reconstruire une généalogie de 
f^^^^ générations, la rattacher par quelque point de repaire 
fh ^^ ^^rsonnag'© historique : voilà le but proposé et la mé- 
fi , ^' Sur ce travail pourrait ensuite se greffer une étude 
r>^^'^toire do l'art décoratif pendant plus de deux siècles. 
^^t^^. j ^^j^ Ji,a statue A 93 du Louore avait pour but 
^ ^^Ctifier ©t de compléter sur quelques points la lecture 



\' ^^.n^'£ ile Tf^CLvaux, t. XXI, 1899, p. 216. 

Wt du !•' i^^^ ^^^ 

^' ^Kfflfh Tho Inscriptions of Siûi and Der-Rifeh, 1889. 



XXVI AUGUSTE BAILLEt 

d'un texte dont M. Pielil avait bien fait ressortir Tintérêt 
en le publiant. A. B. avait encouragé, comme il conve- 
nait, les débuts de M. Piehl; et c'est k son instigation que 
celui-ci avait rédigé en 1882 son Dictionnaire du Papyrus 
Harris I. 

Le temple d'Apet à Karnak ramène à l'époque ptolé- 
maïque et au règne de Cléopâtre II. L'article publié sous 
ce titre n'élucide pas un point d'histoire. Il est seulemeitt 
destiné à servir de complément à la publicîition de 
Maxence de Rochemonteix, à guider le lecteur, en lui 
indicjuant où il trouvera les dates de construction du temple, 
ses noms, la série des fêtes et offrandes, les noms divins 
et les noms géographique^. Ayant fait ces indices pour 
lui-même, comme il en avait déjà dressé pour d autres pu- 
blicîitions, Denhmdier, Mastabas, etc., il jugea rendre 
service en publiant ceux-ci. 

Une note sur le nom hiéroglyphique du gouverneur ro- 
main qui fit élever et sculpter les obélisques de Bénévent, 
nom que A. B. lit « Labienus », conduit jusqu'à l'époque 
romaine. 

Les fonctionnaires du règne de Khouniaton transportent 
à nouveau en pleine histoire pharaonique. Multiples sont 
les questions que soulèvent les tentatives de ce roi, que l'on 
a nommé « le plus grand idéaliste de l'antiquité », que je 
soupçonne avoir voulu, au contraire, barrer la route à l'idéa- 
lisme thébain par un culte manifestement naturiste, chez 
qui, tout au moins, M. Maspero a dénoncé avec la plus 
grande vraisemblance des visées plus politiques que reli- 
gieuses. Quoi qu'il en soit, les réformes du « roi hérétique » 
ne provoquèrent aucun bouleversement dans l'administration 
civile ni dans la notitia dignitatum, à part le transfert de 
la capitale et la substitution d'Aton à Amon. Comment les 
sujets accueillirent-ils les innovations^? Les monuments 

1. La 2* partie du mémoire fut lue au congrès de Munich : Akien de9 



NOTICE BIOGRAPHIQUE XXVTI 

témoignent d'apostasies qui durent être nombreuses et dont 
quelques ambitieux tirèrent parti pour se pousser dans les 
faveurs royales ; d autres permettent d'entrevoir de rares 
fidélités, dont on se para surtout après les jours de réaction. 

La curiosité d'A. B. ne se cantonnait pas dans la seule 
égyptologie. Ainsi, pour ne parler que d'études voisines, 
fut-il un temps captivé par le problème des hiéroglyphes 
hittites. Concurremment à d'autres chercheurs, il s'efforça 
de pénétrer les mystères de cette nouvelle écriture^ et, 
comme M. Sayce, tenta de trouver quelque survivance de 
la langue du peuple disparu, parmi les idiomes de la pé- 
ninsule asiatique et de la région caucasienne. Sur ce sujet, 
les Sceaux hétéens de la collection de M. G, Schlumherger 
lui inspirèrent un premier article, donné à la Revue archéo- 
logique en 1886; et il écrivit encore, en 1893, une Étude 
sur les inscriptions hétéennes pour le Recueil de Travaux. 

En même temps que, par ses articles ou mémoires, il 
dégageait quelques connaissances nouvelles, dans le domaine 
de l'histoire et de la philologie, A. B. ne dédaignait pas la 
simple vulgarisation. Déjà, en plusieurs circonstances, 
comme nous l'avons vu, il avait montré du goût pour l'en- 
seignement familial ou populaire. Plus tard, on le retrouvera 
enseignant les principes de l'anglais à des jeunes gens de 
son quartier, ou faisant des conférences dans les écoles pu- 
bliques. Dans l'hiver de 1879-1880, il poussa une pointe 
plus hardie dans l'enseignement supérieur. Il ouvrit, en 
effet, chez lui un cours privé d' égyptologie, devant une 
dizaine d auditeurs. 

Dans son rapport sur un des mémoires d'A. B., son col- 
lègue, M. l'abbé Desnoyers faisait un appel en faveur de 
cette petite université en chambre : « Nous remercions 
» M.Bailletde la vaillance avec laquelle il exploite les 

Vten Internationa len Kong r esses katolischer Gelehrten su Mûnc/icn 
in 1900, p. 357-358, 



XXVIII AUGUSTE BAILLET 

» champs de régyptologie... Saluons souvent cet Orient, 
» le père de toutes nos civilisations... Ne soyons pas des 
» fils ingrats, et plaisons-nous à entendre M. Baillet dans 
)) ses savantes recherches, ses précieuses communications. 
)) Deux fois, chaque semaine, rue des Grands-Ciseaux, 3, il 
» a eu Theureuse pensée de donner à quelques élèves des 
» leçons d'égyptologie ; formez -lui un auditoire plus nom- 
)) breux et ne craignez pas de lasser son inépuisable obli- 
» geance. Quand une Société a la bonne fortune de rencon- 
» trer un collègue aussi studieux, sa jouissance est de 
» Técouter, son honneur de le conserver longtemps*. « 

Malgré ces chaudes exhortations, chez la plupart d'entre 
les auditeurs le beau zèle du début, comme il arrive trop 
souvent, se refroidit peu à peu. Au bout d'un an, l'auditoire 
s'était réduit à un seul disciple, mais un disciple sérieux, 
M. l'abbé Lévesque, professeur d'Écriture sainte et collabo- 
rateur du Dictionnaire de la Bible. Ce cours dura ainsi jus- 
qu'au départ d'Orléans de M. Lévesque en 1890. 

Nous n'avons compris dans ce volume que les opuscules 
qui touchent à l'orientalisme. 

Dans quel ordre devions-nous les placer ? Le plus simple 
eût été, sans conteste, de suivre les dates de publication. Il 
nous a paru préférable de corriger un peu le hasard des 
dates et de grouper les articles ou mémoires d'après leur 
contenu. Nons avons ainsi réuni respectivement les études 
philologiques, historiques et archéologiques. Dans la section 
d'histoire, les divers sujets ont repris l'ordre chronologique. 
Les deux essais sur la lecture des monuments hétéens cons- 
tituent une section détachée. 

Cette classification n'a rien de très rigoureux. Dans l'état 

1. Bulletin de la Soc* arch., 1879, t. XXI, p. 172, 



KOTlCE BIOGRAPHIQUE XJCIÎt 

dé la science égyptologique, on ne peut guère «e dis- 
penser de digressions, soit au cours d'une étude histori- 
que, pour préciser le sens d'un mot, soit au cours d'une 
dissertation philologique, pour noter un fait historique ou 
un détail de mœurs. 
Par exemple, c'est une note de l'article sur Y Élection du 

grand prêtre thébain qui fixe la lecture du mot /^ ut'B 

ou ouab, et non simplement âb\ Dans l'article sur les Di- 
visions d'une ville égyptienne se précise, entre autres objets, 
le sens des mots Q « circonscription » et ^ ^ « quartier », dont 
de nouveaux exemples se sont retrouvés depuis dans les 
papyrus du Fayoum '. La dissertation sur Le roi Horemhou 

discute en passant le sens de r^^ lia orfèvre » et non 

« changeur » ', compare l'emploi des préfixes w^ J| peu. 

et vgi * et risque pour <^ Y la traduction « primat », adoptée 

depuis par plusieurs égyptologues '. En revanche, dans l'é- 
tude philologique sur La particule -atin, se lisent sur les fêtes 
appelées xixeXXtat* des explications qui ont trouvé grâce 
devant M. Revillout\ Presque autant que d'archéologie, la 

1. Voir infrciy p. 111. 

2. Le a quartier du nord » ^ ^ ^^ ^^P' ^^ Kalioun I, 2 (Griffith, 
Kahan, pi. XIII, 1. 12); le a quartier des carriers ou haleurs de pierre » 

\ \\[ ^ M Pap. de Kahoun, III B, v« (op, cit., pi. XXII, 

3S /www I I 2-1' III ^ -fv 

1. 49). Pour le « quartenier j^^ \^ de la montagne de Siout», dans 
rinscription de Hapi-Zaoufi, voir Maspero, Bibl. vijijpt., I, p. 73, n. 1. 

Pour les I^^®. le« I^ Î^T "'' I^^V^ 

Wi I, etc., voir Maspero (Reçue critique, 1902, t. II, p. 284) et R.Weill 

(Recueil de Travaux, 1905, t. XXVII, p. 41). 

3. Voir infra, p. 178-179. 

4. Voir infra, p. 195. 

5. Voir infra, p. 183-188. 

6. Voir infra, p. 49. 

7. Reçue égyptologique, t. II, p. 356. 



XXX AUGUSTE ËAÎLLEf 

Notice sur la collection Desnoyers traite d'histoire et de 
littérature. Peut-être la section philologicjue aurdit-elle dû 
englober le mémoire sur le Décret de Mempins, puisqu'il a 
pour objet principal une reconstitution du texte hiérogly- 
phique en son entier; cependant, à côté de discussions de 
pure critique littérale, il s'en rencontre d autre nature : en 
tout Ciis, il a paru bon de rapprocher des études sur la môme 
êpo(iue ce texte historique fameux. 

Voici d'ailleurs la série de ces œuvres rangées par ordre 
de dates et groupées sous le titre des revues ou collections 
où elles ont paru : 

Bibliothèque de V Ecole des Chartes: 

m 

1858 : * Etude sur la division des Gaules en 17 provinces (4^ série, 
t. IV). 

Bévue d'ethnographie orientale et américaine : 

1861 : Examen du système de déchiffrement de M. Seyflarth 

(t.VlïI.nMS, p. 101-108). 

Revue archèolorjique : 

1862 : L'élection et la durée des fonctions du grand prêtre d'Am- 

mon à Thèbes [2^ s., t. VII, p. 44-51). 
1886: * Sceaux hétéens de la coUection de M. Schlumberger 
(3* s., t. VIII, p. 301-305). 
* {in-8'', 5 p., 1886, Paris, Leroux). 

Zeitschrift filr àgr/ptische Sprache und Altertuijis- 
kunde : 

1867 : De la transcription des hiéroglyphes (p. 66-70). 
1878 : Osiris-Bacchus (p 106-108 et pi. VI). 
1896 : La statue A 93 du Louvre (t. XXXIII, p. 127-129). 
1903 : Les obélisques de Bénévent érigés par Labiénus (t. XL, 
p. 147-148). 

♦ L'astérisque marque qu'il y a eu un tirage à part. 



Ï^OTÎCE ËÎOGkAPHIQUÉ XXxl 

Mélanges d'archéologie égyptienne : 

1877 : Note sur deux canopes (n® III, p. 100). 
1877 : Note sur un manuscrit portant le prénom de Thotmès III 
(p. lOO-lOl). 

Revue égyptologique : 
1882 : La particule copte -auit ou ^m (t. II, p. 349-355). 

Bulletin du Comité des travaux historiques : Archéo- 
logie : 

1884 : Mémoire sur une épitaphe du XI^ siècle de Saint-Benoit- 
sur- Loire (p. 174-175). 
1887 : Les momies du Musée d'Orléans (p. 330-331). 

Mémoires de la Société d'Agriculture^ Sciences y Belles- 
Lettres et Arts d* Orléans : 

1860 : * Histoire du royaume d'Orléans (4'' série, t. V, p. 211-323). 

* (1861, in-8*, 82 pages, Orléans, Laurent). 
1875 : Rondeau et sonnet (4« s., t. XVII, p. 343 et 350)- 
1877 : Concours de 1876 (4« s., t. XiX, p. 80). 

1877: * Collection égyptienne de M. 1 abbé Desnoyers (4*^ s., 
t. XIX, p. 213-277). 

* (1878, in-8«, 66 p. et 4 pi., Orléans, Puget). 

1879 : * Le roi Horemhou et la dynastie thébaine au III® siècle 
av. J.-C. (t. XXI, p. 133-168). 

* (1881, in 8°, 36 p., Paris, Maisonneuve). 

1879 : ♦ Hippalos, fonctionnaire égyptien (t. XXI, p. 232-246). 
1882 : * Cléopâtre, fille de Ptolémée Épiphane (t. XXIII, p. 361- 

384). 
1882 : * L'Egypte pendant les premières années du roi Ëpiphane 

(t. XXIII, p. 385-390). 

* Etudes Ptolémaïques : Le roi Horemhou, Hippalos, Cléo- 
pâtre, Épiphane, Horemhou et Ankhtou (1883, in-8'', 
87 p., Orléans, Puget). 

1887 : * Le Décret de Memphis et les inscriptions de Memphis et 
de Damanhour (t. XXVIl, p. 1-135 et i-xxxi). 

* (1888, in-8^ 135-xxxi p. et 1 pi., Paris, Bouillon). 



XXXÎl AUGUSTE BAILLET 

1901 : * Rapport sur le mémoire de M. Ch. Michau : Guill. Guiard, 

poète Orléanais du XIV*» siècle, et la Branche des royaux 

lignages (5® s., t. 1, p. 108-111). 
1901 : * Vases égyptiens de la collection Desnoyers au Musée 

d'Orléans (5« s., t. 1, p. 112-121). 
1902-1905 : *Le nom de quelques vases égyptiens (5'* s., t. II, 

p. 91-117; t. III, p. 337-344; t. iV, p. 287-293). 

Recueil de Travaux relatifs à la philologie et à V archéo- 
logie éfii/ptiennes et assi/riennes : 

1882 : Dialectes égyptiens : I. Deux contrats ptolémaïques (t. III, 

p. 32-42). 

1883 : — II. Décrets de Canope et de Memphis (t. IV, p. 12-20). 
1889 : Division et administration d'une ville égyptienne (t. XI, 

p. 31-36). 

1892 : Monuments des VIII«-X^- dynasties (t. XII, p. 48-53). 

1893 : Étude sur les inscriptions hétéennes (t. XIV, p. 161-164). 
1896 : Une famille sacerdotale contemporaine des XXII"-XXVI^ 

dynasties (t. XVIII, p. 187-196). 
1898 : Le temple d'Apet, à Karnak (t. XX, p. 100-111). 
1901 : Les fonctionnaires du règne de Khounaton (t. XXIII, 

p. 140 145). 

A cette liste manquent un certain nombre d'études dont 
nous avons, chemin faisant, rencontré les titres et l'annonce : 
la notation des nombres supérieurs (1862), les règles de la 
poésie égyptienne (1878), le roi Eupator (1880), les épi- 
taphes de Saint-Benoît-sur-Loire (1884), l'épi biplie de 
Mummoleus (1886), les décrets d'Alexandrie (1886), les 
momies du Musée d'Orléans (1887). J'en connais d'autres 
encore, anciennes ou récentes, qui n'ont jamais vu le jour. 

Il ne m'appartient pas, pour beaucoup de bonnes raisons, 
de juger cette œuvre. Telle qu'elle est, nous la livrons au 
public savant. Il en prendra connaissance et verra en quelle 
estime il la doit tenir. 

Jules Baillet. 



I 



PHILOLOGIE 



BiBL. ÉGYPT., T. XV. 1 



EXAMEN DU SYSTÈME 



DE 



DÉCHIFFREMENT DES HIÉROGLYPHES ÉGYPTIENS 



DE M. SEYFFARTH 



Lorsque M. Seyffarth' est venu annoncer de nouvelles 
théories, contradictoires de celles de Champollion, sur le 
déchiffrement des hiéroglyphes, son livre a laissé les égypto- 
logues dans une profonde indifférence. La méthode de dé- 
chiffrement de ChampoUion'était tellement bien vérifiée, et 
même perfectionnée, qu'un doute sur sa valeur n'était plus 
possible, ni sur celle de toute méthode contradictoire. Pas 
un égyptologue ne répondit, tant il semblait que ce fût 
perdre son temps. 

Cependant se taire n'est pas réfuter; affirmer en passant 
qu'on regarde une théorie comme non avenue, n'est pas 
convaincre de sa fausseté. On laisse dans le doute des esprits 
même fort sérieux. D'autres pourront croire qu'au moins, 
parmi beaucoup d'erreurs, peuvent se trouver des vérités 
dont j] ^Q f^^^ pas faire fi. D'ailleurs, comment ne pas 

1- Extrsiji. j j^ Jlecuc d'Ethnographie orientale et américaine, 
t. Vlîl û- 45 .^j^t tseih p. 101-108. 

2. [Rudi, ^^ ffleroglyp^^^^^^ 1825; Brctis defcnsio Hierofjlf/phices 
^f^pcr inoe»,.^ c^r^/m et Sciffarth, 1827; Grammatica ^gyptiaca, 
1855.] ^^^^ ^P , 



4 EXAMEN DU SYSTEME DE DECHIFFREMENT 

être ébloui par un auteurquî vous dit : « Jugez-nous par 
nos œuvres! Champollion connaissait la prononciation de 
130 signes environ ; nous en avons rectifié beaucoup et ajouté 
plus de 600; il n'y en a plus de douteux. Dans le camp 
adverse, on confesse que les hiéroglyphes sont encore lettres 
closes : ici au contraire nous vous offrons la clef qui va vous 
ouvrir des voies ignorées et vous permettre de déchiffrer et 
de comprendre les textes mystérieux de la philosophie, de 
Thistoire et de la civilisation égyptienne, aussi facilement 
que vous le feriez d'une page d'arabe. » 

Il faut donc répondre, la réponse fût-elle des plus brèves, 
pour sauver quelques esprits de bonne foi des préjugés de 
cet étalage de science. 

C'est ce que je tente en publiant cet examen rapide du 
système de M. Seyffarth, dont on pourrait bien dire, comme 
un Allemand l'a fait de celui de Salvolini, que par ce moyen 
on pourrait retrouver les psaumes de David dans une page 
d'hiéroglyphes. 

Le livre de M. Seyffarth est une perpétuelle chicane de 
mots contre Champollion, le résumé de ce qu'il a de bon, 
mais aussi l'adoption de certaines erreurs qui arrivent chez 
M. Seyffarth à tout leur épanouissement. 

Examinons ces deux principaux sujets de critique. 



I 



Champollion avait remarqué que la valeur de certains 
signes correspondait à la première articulation de leur nom 
en langue copte. Ainsi, voulait-on écrire le nom de Vaigle, 

on traçait un bras, un crible et une chouette. 




dont les noms antiques correspondaient aux racines coptes ^ 



1. Comme les égyptologues n'ont pas encore adopté une manière 
uniforme de transcrire les textes hiéroglyphiques, je dois énoncer le 



DES HIÉROGL^^-I^UES ÉG^V^J^TIENS DE M. SEYFFARTH 5 

9^2^^, j6«^* et Aio-rX.^*aK. D'autros fois on prenait des mots en- 
tiers, quelle que fût d'ailleurs le\ir signification, pour former 
un autre nom; comm« pour ôorire le nom d'Osiris, UàSIRI, 

un sceptre j' UÀS et un cz-H -^=^ IRV : 1-<2>-J, d'après la 
méthode qui nous s^rt ù faire des rébus. 

De ce qui n'eût dû être iidinis alors, et ne peut, selon 
moi', rêtre aujour*d'hui même que sous toutes réserves, 
M. Seyffarth fait la, règle et le principe de tout déchiffre- 
ment : «Chaque sîg-ne exprline les articulations contenues 
dans le nom de l'objet qu'il r^eprésente. » ChampoUion me 
parait déjà faire ^n. ce g'erxre de très fausses applications*, 
mais M. Seyffarth francliit toutes les bornes en fait de 
conjectures. C'est iiînsi que, pour justifier des valeurs déjà 
reconnues par ses prédécesseurs ou proposées par lui, cet 
auteur a recours a.ux assimîlsttions les plus hasardées. Le 
collier rssr\ devient un c/icîl^ «.^^Ai*; le signe J, une vis; 



système que j'ai suivi. Je transorî» lab/eaiV/c (j par a, 1 V^/e ^^ par 

«, le bras ji par d, le cùrustc *o= — par^^e ijcaou A par 7, la coupe 

.^ir;* par K \^ crible ® par x, le s<^rpcni ^ par z, et le bassin czZD 

par s*. 

1. Ne se tiH>uve en copte qLue dans les mots composés, comme 

2. Toài.^ c^xxv, 49et 51. 

Le copte ûOï^^^^,,^ ^7^^^ ^^ ^ „^^ et, ôpàc. zidere. 

4. Je coïv^ vv I 4^4- rtirelques observations. 

5. Par ^ï»'"^ r \ ^'-i^^A^nS^ ^n>me équivalent de K, à cause 
de RCTU ^^^^«'P^»' ^«"^« ^^ ^*" "valent de Z, à cause de «..A hirundo; 

le lapèP^St^' "^ T°*^ ^^^i al A, à cluse de «.q et *A r«/-o; le 
le iiuH'-G X:;;;^ comme équivalent «e ■"' ^ 

5car«bée Ç^ équivale<xt. ac T, à cause de ^e; le llécre ^ 

cotoiae é^^ j^^t ae OU. à o^^«« de c.p.^uK.TC. etc. (Voir Prc-c^ et 

R M !^ "^-J .,. - ^ ««/• yl /««lès, p. 66) a bien montré par les 

Lm.' ^^ R°"«^ (Mcmov,-a ^«/ ^^^ souverains égyptiens 

mon\imfeti^ jte figure était un 4 



6 EXAMEN DU SYSTÈME DE DÉCHIFFREMENT 

m jtj, une matrice jul*.c^ ; le premier signe de ''^ Oi seule- 
ment une griffe 'x.hax et non toute la partie antérieure du 
lion; Y échiquier t^;::^* y un vêtement tujLoni; I2L peau de bête 

W, un fuseau goc; Y enroulement (â o., une pelote ^om. Que 

M. Seyffarth ait la prétention, sans jamais citer un monu- 
ment, de faire ainsi accepter les plus bizarres attributions 
d'objets dont on ne saura probablement jamais l'usage, 
aucun esprit sérieux ne se laissera prendre à un système de 
déchiffrement fondé sur des bases aussi peu solides. 

Notons d'ailleurs l'arbitraire qui préside au choix des 
mots coptes applicables aux objets ainsi déterminés; par 
exemple, le petit coin \> ou triangle, ou tout ce qu'on 
voudra, M. Seyffarth y voit une dent; je trouve dans le 
copte le mot dent rendu par oà^e, et dans les hiéroglyphes 

par J § y * M. Seyffarth choisit TN. Le premier signe 
de-^O, dans lequel tout le monde reconnaîtra la partie 

4a \\ 

antérieure du lion (cf. le copte ^«. anterior pars, ^h mi- 
tium, etc.), qui est syllabique pour la valeur HÂ (voyez, par 

exemple, les variantes du mot "-^O, "^ O, § "&, ^kt 

Ci W fl^\ x\\ 

cor, animus), devient pour M. Seyffarth seulement une 
griffe «shjul, 'Xd.juLe, ^ib>juLe, d'où il tire les valeurs ZM, HM, 
syllabes avec lesquelles on ne les trouvera jamais en va- 
riante. 



donnaient à leurs sujets pour prix de leurs services. Sa valeur NB était 
bien connue de Champollion. Jamais (sauf, bien entendu, à l'époque de 
la décadence; c'est toujours ce que j'entends en disant «jamais») ce 
signe n*a valu NHB ou N. 

1. M. de Rougé {Mémoire sur Ahmès, p. 28) y voit un nœxid de 
fleurs; cf. ajlotc vinculum. M. Devéria pense que c'est une racine. La 
singulière variante ^^^5^» prîse sur un sarcophage du Louvre, montre 
combien peu d'im- pf*^^ portance on doit attacher à ces assimilations. 

2. Voyez, par exemple, celui d'Amenmès au Louvre et le tableau de 
Ramsès et de ses filles (Lepsius, Denkmâler, III, 208 a). 



DES HIÉROGL^iri^HBS ÊG^^:RTIENS DE M. SEYFFARTH 7 

H y a plus, c'est quelquefois un mot grec qui donne à 
M. Seyfifarth la ^.leur des signes hiéroglyphiques. Par 
exemple, le mot ^^^ reçoit <ie Is/l. Seyffarth la valeur KR, 
tirée de Ko^po, xipto^ ; le ictuT-ectic U^, T et TR de T«>-s-po, 
tïipoc II me semblo qu'il ne faut qu'une erreur de ce genre 
pour tenir tout un système en grande suspicion. 

Enfin, notez quo ]Vf. Seyffarth tient pour bonnes et au- 
thentiques toutes l«s transcriptions de noms grecs et 
romains, des quelq-ues mots sémitiques que ChampoUion 
avait fait connaîti-e^ c'est-à,-d.ire tout ce qu'il y a de plus 
fautif des inventions de scribes de l'époque de décadence de 
l'écriture hiérogly -pjjj-gye^ et ^-ous aurez tout le fondement 
de la méthode de son déchiffrement des hiéroglyphes., 

La première conséquence évidente est qu'avec des trans- 
criptions fondées sur des attributions aussi incertaines, la 
moindre erreur rend absurde la. traduction d'un texte qui 
auparavant devait sembler p»a.rf aite à son auteur. 

Remarquons encore que, dîins la méthode de M. Seyfîarth, 

un signe hiéroglyp Inique ç»exat se traduire par tous les noms 

correspondants de l'objet coj^tc. Ainsi \' échiquier i^) e=i, 

dont il fait vin vêtement «wJULorcs, a pour valeur non seulement 

AMN, MK et M, mais aussi GH et ZLH, à cause de rfoA et 

«wAg^ oé^eoient, et sans doute acrophoniquemenV G, Z, A. 

L'oiseau "'^^^ dont la valevir XJR a été des mieux prouvées 

dès Ci}*ïtv-Çio\\\on , espèce ^' /htr^ondelle, comme le marque 

fort bietx -j^ {orme de sa queue, devient colombe avec les 

valeurs :^^ K,BL, KL, à. cause de A*.A et de 7.po. 

C est i^^ ^^ ^^g^ ^^ faire remarquer que, pour arriver à 
ces assii^-^^^^^Q^g hasardées, M. Seyffarth donne aux mots 

^' ^^ ^:W:^TnoTend que M- Soy «arth appelle acrophones les signes qui 

tirent l^^t^ Zlenv de leur place, en tête de l'objet représenté, mais il 

VappUqvt^ i • !• à des sigrxes finaux ; 2« à des signes médiaux. L'in- 

ventiou ^^^^'^t' acrologlQU^G appartient à un savant russe, M. Gou- 

Uatiot, V^^^^. ^^^les Hiéf-€>cf^uph^^> ^827]. 



8 EXAMEN DU SYSTÈME DE DÉCHIFFREMENT 

coptes des significations qu'on ne leur trouve pas dans les 
bons dictionnaires. Ainsi «juloiu prend la signification de 
vêtement, quoiqu'il ne se traduise dans sa signification la plus 
voisine que par cacher; ^o6\ involcere, ^coAe circumdare, 
rotAwA involvere, implicarey sont également traduits par 
vêtement; le bras- o devient «^jut^^^e (inusité), Ai^^g^e cubitus. 

De ce qu'un mot signifie envelopper dans la langue copte, 
il ne s'ensuit pas qu'il ait pu représenter le nom des 
substantifs vêtement, etc. En français on dit manger, et il 
n'y a pas de mot de même racine pour désigner V action de 
munger, ce que l'on mange, etc. ; ces exemples montrent 
combien on doit se défier du copte cité par M. Seyffarth. 

Bien plus, un signe peut prendre la valeur non seulement 
de la première lettre de son nom copte ou grec, mais en 
même temps de la deuxième ou de la troisième, et de toutes 
en même temps ; exemple : la pelote, ^om, ^, serait l'équi- 
valent de H, 0, P, PH. De cette façon, personne ne s'éton- 
nera que le même signe puisse avoir une douzaine de va- 
leurs; il sufiit qu'il réponde à peu près à trois ou quatre 
mots coptes. C'est une polyphonie sans aucun fondement. 

En résumé, il est impossible de ne pas voir, dans le sys- 
tème de M. Seyffarth, une méthode fondée : 

1° Sur un principe qui attend encore sa démonstration^ 
savoir que « chaque signe hiéroglyphique exprime une ou 
plusieurs des articulations contenues dans son nom de la 
langue copte » ; 

2** Sur des déterminations arbitraires du nom des objets 
servant de signes hiéroglyphiques ; 

3^ Sur des valeurs tirées de mots empruntés à la langue 
grecque ; 

4P Sur des transcriptions en signes hiéroglyphiques de 
noms grecs et romains, et vice versa, faites à une époque 
de décadence; 

5° Sur une polyphonie sans aucun fondement ; 

6^ De plus^ le parti pris de trouver dans le copte le nom 



^OGL ypHES ÉGYPTIENS DE M. SEYFFARTH 9 

des ^^^^ ^e ^S'^-yphîques force l'auteur à dénaturer le sens 

^r^^câssa a^ ^^^*^ langue. Il a même, au besoin, recours 

Ou conçoit: ^^'*^*^^«iiaîre des langues sémitiques. 

' élastia '^^^^^^"^^^ * qu'avec un système.de transcription 

'^^^^^ Ivohi ^ ^^ puisse arriver à traduire toute inscription 

hiéfOgjP 9ue ^ . Il semble que toutes ces permutations de 

^gjeurûe lignes ïiîéroglyphiques, les entorses données à 

/aJâD^^^ ^^t>te, sa,ns compter la faculté de recourir aux dic- 

jjonoair^? ^es lang-uies sémitiques, devraient donner une 

^jj(Je facilité de voir-, dans un texte, tout ce qu'on Veut y 

Pûïitrer* IMaîs tox-ijovirs on recule devant les explications 

^^ des dotit on a oependant posé les principes. C'est sans 

a^^^^ \i06® bien difïioile que de donner d'un texte une tra- 

doU^^ *^l^clée sur xxne transcription déduite d'ailleurs 

ducti^^ ^^ent dl' \xn mélange de principes faux et vrais, qui 

Y\g0^t^^ ^ -pa^s de gêner le traducteur, quelle que puisse être 

Tie\i'^^^^ des langues . 

II 



çaiB' 



V 



^s laaintexxant à un autre ordre de remarques. 
?®f^ ^»^st enrienx comme de voir ce que devient Cbam- 
^^^^ pntre les mains de M. Seyffarth : c'est un Champol- 

cependa-nt on ne compte dans cette méthode que les traduc- 

^* uîv&titea -. par Seyfifarth. le Rituel funéraire de Turin (1846) déjà 

^^?^**^t)\opè, mais assurément l'un des derniers livres à traduire, à 

^^^^ ^àes obscnrités du sujet môme; l'Inscription d'Ahmès et V Hymne 

^^ Ic'd déià. traduits par de Rougé; V Obélisque de la Porta del 

^^ lo ^ îtotï^®^ traduit par Hermapion (1844); et par Uhlemann, Vins- 

^^Mtoft de Koseite (1853), qui porte avec elle sa traduction grecque et 

a?k donnée par Salvolini (1836), Brugsch (1850). On ne voit point que 

étbode, annoncée comme devant produire de si beaux résultats, ait 

doit à. ces traductions nombreuses de textes importants pour la reli- 

^^ les mœurs et l'histoire que publient les successeurs et disciples 

^^^nectueux de Tunique inventeur du déchiffrement des hiéroglyphes, 

ChampoUion le Jeune. 



10 EXAMEN DU SYSTÈME DE DÉCHIFFREMENT 

lion qui nous est fort souvent inconnu, dont les ouvrages 
connus de M. Seyflarth ne sont pas venus jusqu'à nous. 

Ainsi il parait que dans ces ouvrages, qui ne sont pas passés 
à la postérité, Champollion voyait, comme M. Seyffarth, 
une griffe dans la partie antérieure du lion, et qu'il tradui- 
sait cette griffe symboliquement par commencement, Egypte, 
visage, hauteur, force, livre, Psammus! Il faut savoir gré 
à M, Seyflarth des recherches qu'il a faites sur les ouvrages 
du maître ; mais, comme toutes les vues de celui-ci ne se sont 
pas confirmées, notamment sur les significations de la 
griffe, et qu'il nous reste de lui des ouvrages capitaux^ où 
nous voyons se développer sa méthode, nous regretterons 
moins l'ouvrage que M. Seyflarth a consulté. 

Champollion, avec tous les auteurs anciens et du moyen 
âge, remarque que tous les signes n'ont pas une valeur pho- 
nétique. Par exemple, si l'on écrit la figure du bœuf on du 
taureau '^^j c'est simplement l'image de l'animal, dont le 

nom s'écrit phonétiquement ÛSÛ^^' copte ege bos, et 

U ^)^ ^^ r=îî! ^^ taureau, mâle, mari; cf. le copte (S'ih et 
^0.1. Ainsi encore le crocodile "sssbs^ est souvent employé seul 
pour désigner l'animal qu'il représente ; je demande lequel 
de ses quatre ou cinq noms coptes, de ses' dix ou douze 
noms hiéroglyphiques, M. Seyflarth lui aurait attribué 
comme valeur phonétique. Le crocodile et le taureau sont, 
dans le premier cas (employés seuls), ce que Champollion 
appelle des signes idéographiques, auxquels les auteurs 
anciens donnent les sous-dénominations defiguratifs, tro- 
piques, symboliques, etc. De même le bras a s'écrit pour 

bras, la main <:^> s'écrit pour main. 



1 . Malheureusement, ouvrages aussi (il ne faut pas le perdre de vue) 
où Ton voit quelquefois la première idée de Champollion à côté de la 
vérité contraire que l'étude lui a révélée postérieurement; ce n'est 
souvent qu'une collection de notes publiées pêle-mêle par un éditeur 
mal instruit de son système. 



DES HlÈROGl.^^^^ ^^OtYPTIENS DE M. SEYFFARTH 11 

Au contraire, ^- ^^Y^arth : « A rexceptton des signes 
astronomiques et my^'^^^ogiques, il n'est aucun signe hiéro- 
glyphique, hiératiq^ô ou domotique^ qui ait un sens sym- 
bolique*. » Il admet donc que certains mots peuvent s'écrire 
idéographiquement, les noms de divinités ou de constella- 
tions, comme les noms de la déesse AS, 4, ^ (quelquefois 
ASI) "i^^f écrit aussi n J); comme celui de la planète 
Vénus, par le groupe entieroennoa J ^^ ou par l'oi- 

seau seul ^^, dans les énumérations des planètes (SeB Z A\ 

î "^ i'^^âOSs sidus perlustrans)*, où il ne' peut y avoir 
d'erreur sur le nom d'un même astre. Mais il ne veut pas 
que la même chose arrive dans l'écriture du langage ordi- 
naire. Ainsi, dit-il, le taureau ^^ n'est pas le signe figuratif 
du taureau, mais le signe alphabétique T et K, et le sylla- 
bique TR et KL, qui peut écrire les noms du taureau Tè^vp© 
et Rs^Ao-v^Ri*. Il faudrait, pour que ce raisonnement fût juste, 
qu'il fût vrai que le ^^ eut réellement ces valeurs, ce qui 

1 . M. SeyfFarth aime à répéter ces trois mots ; on en induirait facile- 
ment que ChampoUion n*a pas regardé les trois écritures comme sou- 
mises aux mômes règles : ce qui n*est pas. Môme avant que personne 
eût lu une lettre d'hiéroglyphes, il avait démontré que les trois écritures 
procédaient Tune de Tautre exactement. 

2. M. Seyffarth désigne toujours par ce mot impropre la classe des 
idéographes. Cela sert à la discussion. Il est clair qu'on fait dire à 
ChampoUion une sottise, si Ton prétend qu'il voyait un signe d'écriture 

symbolique dans le lion d*Aménophis j I5r5kivf» i® ^^^^ ^^^f i® 

lion royal; évidemment le lion est mis ici sans le secours d'aucun 

symbole pour sa valeur MAU, a&oti, j^ (I ^^ 5r7k ^<^o^ 

3. Tombeau de Séti I" — • Ramesséum — Biban-el-Molouk. Voyez 
M. de Rougé, Notes sur les noms égyptiens des planètes^ dans le Bul- 
letin archéologique^ avril 1850. 

4. Ajoutez A, AH et KA, que l'on pourrait tirer des deux noms hié- 
roglyphiques du taureau que j*ai cités ci-dessus, vous aurez un nouvel 
exemple de la multiplicité des valeurs qu'on pourrait donner à un hié- 
roglyphe dans le système de M. Seyffarth. 



12 EXAMEN DU SYSTÈME DE DÉCHIFFREMENT 

n'est nullement démontré. Mais je veux prendre quelque 
exemple où le doute ne soit pas possible. Rien de mieux 
établi, pour M. Seyffarth comme pour moi, que la tige de 

roseau (?) 1 a la valeur SU ; cependant, dans ^^ ( J et 

dans 1 A ~: , est-il possible de trouver un sens en donnant 

au 1 la valeur SU? Non ; il faut convenir que le roseau est 

écrit idéographiquement pour l'idée roi de la Haute- 
Egypte, et choisi évidemment pour ce rôle, parce qu'il rap- 

Îelle par sa forme à la fois les deux mots ^ rasu, pHc, et 
4^ souten, roi (copte ciocvren, regere)\ Enfin, je de- 
•manderai quelle différence il y a entre l'emploi du dieu à 
la haute coiffure  seul, au lieu du groupe fl J), le dieu 

Ammon, et de l'homme aux bras enveloppés Jj seul, au 
lieu du groupe (1 SI amen, cacher (cf. «julotui, abscon- 
dttus). 

En résumé, on ne peut disconvenir sérieusement qu'il n'y 
a qu'une seule manière d'écrire tous les mots de la langue : 
mots usuels, noms propres de dieux, d'hommes, etc., natio- 
naux et étrangers, et qu'il n'y avait aucune raison pour qu'il 
en fût autrement*. 



m 



M. Seyffarth, s'emparant d'une idée de Spohn, croit avoir 
découvert que l'écriture hiéroglyphique est en partie sylla- 
bique. L'abbé Barthélémy émit l'opinion que les ovales des 
monuments égyptiens pourraient bien contenir des noms de 
dieux ou de rois. De Guignes père, dans un mémoire sur 

1. Sur la deuxième formule, voyez Devéria, Notice sur le hasUico- 
grammate Thouth, p. 24. 

2. Cela touche à l'origine du système hiéroglyphique, à propos de 
laquelle je compte encore publier prochainement quelques observations. 



DES HIÉROGLYPHES ÉGYPTIENS DE M. SEYFFARTH 13 

les écritures chinoise et égyptienne, écrivit que ces écri- 
tures « tout hiéroglyphiques étaient en même temps alpha- 
bétiques et syllabiques^^ » Où est la priorité de Spohn et de 
M. Seyffarth? Mais quoi, Champollion n'a-t-il pas connu le 
syllabisme? 

Young lisait les cartouches de Ptolémée et de Bérénice 
Ad ^^n/foN , r è rr .^ "^^ P-T-OLO-MA-I-OS 

et il en concluait que l'écriture hiéroglyphique avait des 
signes alphabétiques, comme le carré D P, le demi-cercle 

Ci T, le triangle <z> R et Y aigle 1^ A, et des syllabiques 

comme le lion couché j&a OLO, le méandre c=z MA, et 

la ligne recourbée y OS. Champollion, avec grande raison, 

ne reconnut pas ce genre de syllabiques, et il formula tout 
d'abord la règle qui se trouve au paragraphe 53 de sa Gram- 
maire. 

Et cependant la remarque a priori de De Guignes était 
vraie, et Champollion ne put se soustraire que par un biais 
à l'affirmation de l'existence des syllabiques : il les appela 
initiaux ou abrégés. Ainsi il lui fallait bien lire HeTeP' 
le quatrième signe dâa du nom du roi Aménophis III 

/TT^^ySN et HIQ le cinquième ?. Champollion, en ce 
yi eAa I M cas, disait que l'emploi de ces signes était si 
fréquent et leur valeur tellement connue, que les Égyptiens 

avaient jugé inutile d'écrire toutes les lettres. Dans •¥• , 

que les variantes les mieux constatées démontraient être 
Téquivalent de ianss vivere, vita, Champollion disait que le 

1. Mènxoii'cs de r Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, 
t. XXXIV (1770). — L'idée de De Guignes n'est pas une idée jetée au 
hasard : le mémoire donne à ce sujet de longs développements. 

2. Champoliioi} voyait dans le premier signe du mot un O, parce que, 
sachant sa signification offrir, il le comparait à (oth offerre; il a été 
depuis reconnu qq^ ja table (?) était un syllabique pour HTP, copte 



14 ËXAMEK t)ll SYSTEME DE DÉCHIt^FREMENt 

premier signe avait la valeur A, mais qu'on pouvait écrire 

le mot par la seule voyelle initiale •¥-, le mot ne pouvant 

prêter à amphibologie, et il posait alors le principe de son 
paragraphe 82, ChampoUion savait donc fort bien distin- 
guer les syllabiques des alphabétiques et des idéographes\ 
S'il n'avait pas eu dans l'esprit l'idée bien formée du sylla- 

bisme, aurait-il lu '^T^rS le nom de la déesse SATE, ^"fR 
SeT, coDiT lucere, tllustris, "^X" SeT c«.^, c«.t€ telum, dans 

lesquels le même signe prend des significations très diffé- 
rentes? Et de fait encore ChampoUion, à la fin du grand 
tableau de sa Grammaire, place quelques signes qu'il désigne 
par ligatures et groupes, et dont la plupart (n°* 233 à 235, 
239 à 243) sont de véritables syllabiques. Enfin, dans toutes 
ses transcriptions, on ne voit pas qu'il se soit trompé sur la 
valeur d'aucun syllabique. 

Posera-t-on encore la question : ChampoUion a-t-il connu 
le syllabisme? 

Mais encore sur ce point M. Seyffarth emprunte-t-il à 
ChampoUion. Pour lui, Véchiquier r"^ est un syllabique 
ayant la valeur MN («juloki vêtement) et KL (de (^o\ xodXp 
vêtement) ; or, si l'on écrit le groupe entier ' — ^ , alors, en 
vertu de Vax:rophonie, Véchiquier ^"^ devient un simple M ; 

K JHIIIIIHI. 

ainsi le groupe (| pourrait se traduire par le copte «julot 

venire : c'est justement en ce sens que ChampoUion dit 
initial. Question de mots'. 



1 . Il paraît y avoir contradiction entre les paragraphes 57 et 82 ; 
mais réditeur prend soin de prévenir que toute cette Grammaire était 
sur fiches et feuilles volantes, et qu*il n*a fait aucun choix. ChampoUion, 
éditeur, eût-il fait comme lui ? 

2. Faut-il rappeler qu'en réalité la table c=^, la croix ansèc^ 

et Véchiquier i*""^ sont syllabiques et jamais alphabétiques; j'entends 
avant l'infime décadence? M. Seyffarth ne connaissait pas plus que 
ChampoUion la théorie du syllabisme égyptien^ 



DES HIÉROGLYPHES ÉGYPTIENS t)E M. SEYÎ^FAllTH l5 



IV 



ChampoUion et Seyffarth lisent les deux premiers signes 

du groupe ^^^^^ , RN, copte p«.it nomen. Si ce mot est écrit 

avec le troisième signe, ChampoUion dit que ce troisième 
signe est un signe déterminatif ; que ce signe est mis après 
les deux, autres uniquement pour fixer l'idée que Ton doit 
voir sur ces deux lettres et qu'il ne doit — ni se prononcer 
— ni se transcrire. M. Seyffarth veut que dans ce cas le 
troisième signe soit un syllabique ajouté à la fin du mot, 
« pour indiquer que ce signe forme un mot entier et exprime 
syllabiquement les deux consonnes précédentes ». Rensei- 
gnement fort utile ! J'ai un mot RN que je lis facilement, 
puisqu'il est composé de deux lettres de l'alphabet; ai-je 
besoin qu'on vienne m'apprendre que ce mot eût pu s'écrire 
par un syllabique, le cartouche autrement dit, c'est (qu'on 
me passe l'expression) mettre la charrue avant les bœufs. Je 
comprends qu'on aille du connu à l'inconnu, mais qu'on ait 
imaginé de se servir d'un signe inconnu, CZDI le cartouche\ 
pour expliquer les signes alphabétiques bien connus R et N, 
cela serait fait pour inspirer une médiocre admiration pour 
la logique de l'esprit des inventeurs de l'écriture hiérogly- 
phique, et je m'en tiens à la définition si simple et si claire 
de ChampoUion*. 

« D'autres fois on répétait acrophoniquement les lettres 
que le signe précédent exprimait syllabiquement. » Voilà 
au moins qui est logique. Vous m'écrivez un groupe de deux 

signes I ffi) • je vois bien qu'il s'agit d'une opération de la 

1. Je parle toujours d'après les idées de M. Seyffarth. 

2. D'où vient cette théorie de M. Seyffarth, sinon du désir de faire 
du nouveau et de soustraire son système, contre l'évidence, au rôle de 
cette partie des signes idéographiques, qu'on désigne par le nom de 
dèterminaUfs. 



16 EXAMEN DU SYSTEME DE DÉCHlFFREMENt 

bouche, bien plus, je vois par le sens de la phrase qu'il s'tigit 
de voix, parole; comment prononcerai-je? xeRU, ^piooT 

vox? ZeT, «OT verbum? etc. Je trouve le mot écrit ï qa 

avec les deux lettres x, R, ou avec trois I v:^ qa, /., R, U ; 

me voilà tiré d'embarras, et quand j'aurai rencontré plu- 
sieurs fois l'épithète qui se place toujours à la suite du nom 
des morts ^^ avec ses variantes, je saurai qu'il faut lire 
MA xeRU et non MA ZoT. Il n'y a plus de gênant que le 
nom à!acrophones donné aux lettres x, R, U, pour indiquer 
qu'on les met au milieu du mot. On serait vraiment excu- 
sable de ne pas bien comprendre l'acrophonie. 



M. Seyffarth établit en principe que les signes ne repré- 
sentent aucune idée, mais rappellent seulement les sons. Si 
cela était vrai, tout mot pourrait s'écrire par tous les signes 
présentant les mêmes articulations, ce qui n'est pas. Aussi 
voit-on M. Seyfïarth se contredire plus d'une fois. Ainsi il 
accorde : « 1* que chaque mot est généralement rendu par 
le même signe ; 2° qu'entre plusieurs signes de même valeur 
phonétique ou syllabique * on choisirait de préférence celui 
qui par Vidée ou par la forme* aurait le plus d'analogie 
avec l'objet' qu'on voulait exprimer. » Ainsi le fouet A 
ÀiRi et le caractère o que M. Seyfïarth nomme A«^ri plan de 
ville, univers^, « qui expriment tous deux la syllabe Ar, 

1 . Distinction fautive, car les syllabiqaes sont une des variétés de 
phonétiques. 

2. Idée et forme se tiennent aussi intimement que la pensée et la 
parole. 

3. Le mot quel qu*il soit. 

4. Qu*on me dise qu un homme qui porte la main à la bouche dé^ 
signe tous les mots qui ont rapport à la nourriture^ comme boire, 
manger, etc.> à la parole, comme dire, commander, etc., cela paraît 



DES HIEROGLYPHES ÉGYPTIENS DE M. SEYFFARTH 1? 

sont usités \ Tun pour Aok roi, l'autre quand il s'agit de dési- 
gner une ville ». Peut-on indiquer plus nettement l'origine 
tout idéographique du système de l'écriture hiérogly- 
phique? Oui, le fouet désigne l'idée prince (mais non le 
mot Aor) non en vertu de son nom âiRi, mais en vertu de son 
nom yiou*, et parce que alors jiou se prend syllabiquement 
pour le mot xom, conduire, gouverner, qui exprime une idée 
en rapport avec le fouet; c'est comme si, au lieu de dire : 
« O roi des deux régions », je disais : « O toi qui gouvernes 
les deux régions. » Cette explication est la vraie; mais 
quand elle ne le serait pas, il me suffit de constater ici la 
place que donne à l'idéographie M. Seyffarth, qui fait à 
Champollion un si grand reproche de l'avoir admise. On ne 
peut pas toujours se soustraire à l'évidence. 



VI 



Passons maintenant à une des erreurs principales de 

Champollion et de M. Seyffarth, qui ne fait que la 

pousser à l'extrême. 

Après avoir réellement déterminé les noms de Ptolémée 
et de Bérénice, Young, s'embarrassant dans ses faux sylla- 
biques, ne tira aucun profit de son essai de déchiffrement. 
Champollion, au contraire, posant en règle a priori que, 

admissible; mais que l'image d'un mot qui signifierait l'a/itc^^rs désigne 
ridée mile, ceci se comprend moins aisément. Et puis les Égyptiens 
savaient donc que la terre était ronde ? 

1» Pour le coup, je croîs que M. Seyffarth eût été embarrassé de 
montrer des exemples de mots où ces deux signes fussent employés 
acrophoniquenicnt, ce qui eût assuré leur valeur phonétique. 

2, I T II « son fouet est sur son bras gauche » (des- 

cription d'Ammon ithyphallique dans la panégyrie de Médinet-Habou). 
La valeur de la tête d*oiseau, qui écrit xoUy est des mieux établies par les 
variantes. (Voy. M. de Rougé, Stèle de la princesse de Bachtan, p. 96.) 

BiBL. éOYPT., T. XV. 2 



18 EXAMEN DU SYSTÈME DE DÉCHIFFREMENT 

dans récriture égyptienne comme dans toutes les écritures 
orientales, si les voyelles longues étaient écrites, les brèves 
au moins avaient dû s'écrire ou se supprimer à volonté, 
ChampoUion lut aussitôt une foule de cartouches, et se 
trouvait, au moment de sa mort prématurée, capable de 
donner le sens, sinon la traduction littérale des inscriptions 
hiéroglyphiques. Le système des voyelles vagues ne pouvait 
étonner ; mais ChampoUion ne s'en tint pas là. Pour mettre 
la langue hiéroglyphique en rapport intime avec le copte, 
il inventa les consonnes vagues, phénomène monstrueux 
qui ne se retrouve dans aucune langue. Ainsi, selon lui, un 

signe qui écrivait le son 2. (S K n) pouvait aussi écrire ceux 

du R (^iz:^ kj s), du r {a g, p], du j6 (• kh, n), du x grec, du 

g (rrci sch, r) ou de la tl {j^ dj, d:s, z, t, 3c)\ M. Seyf- 

farth a-t-il relevé cette erreur? — Au contraire. 

M. Seyflarth dit : « Pour indiquer que \àfajce humaine, 
suivie de la bouche ^^ , ne doit pas être prise dans le sens 
(notez toujours qu'il n'y a pas d'idéographes) de HL ou 
HTR (pourquoi pas H et HT en vertu de l'acrophonie?), 
mais bien dans celui de KR employé pour écrire Rovpo (le 
grec xuptoc, seigneur), on lui ajoute comme diacritigue* le 

plafond ou ciel <~> TLjpOyJîrmamentum. » Est-ce dit sérieu- 

1. Encore comprend-on Terreur de ChampoUion. N'ayant pu dès les 
premiers pas observer qu'imparfaitement les variations apportées par 
le temps au système orthographique antique, et forcé d'étudier les ins- 
criptions bilingues des basses époques, recevant une fausse direction de 
Tassimilation du copte à la langue antique, il n'a pu savoir la profonde 
dégénérescence où était tombée l'orthographe sous les Ptolémées et les 
Romains. On ne peut dire la même chose de M. Seyffarth, vivant vingt* 
cinq ans après ChampoUion et connaissant l'étude déjà faite de Tarti- 
culation gutturale, par M. de Rougé, dans son Mémoire sur l'inscription 
d'Ahmès, 

2. En langue vulgaire, dètcrminaiifs de son. Les Allemands aiment 
à parler grec dans leurs livres, comme les médecins du siècle de Molière 
parlaient latin à leurs patients. 



t>ES HlÈROGL^ï'^^ ^OYPTIENS DE Nf. SEYFFARTH 19 

sèment? Quoil po^r ^ï^diquer qu'un signe dont la valeur 
normale est H devra s^ prononcer K, vous lui accolerez un 
signe qui représente Z \ Je le répète, est-il permis de pré- 
senter de pareilles théories pour remplacer la théorie si 
rationnelle, si simple et si juste des déterminatifs reconnus 
par ChampoUion ? Et qu'on ne croie pas que je prenne un 
exemple isolé : non point.* Voici le demi-cercle o, Tun des 
signes les plus usités. M. Seyffarth y voit une montagne\ 
Ttoov, d'où : 1^ la valeur T"; 2« « pour distinguer les hiéro- 
glyphes syllabiques de ceux qu'il faut interpréter acropho- 
niquement (lisez alphabétiquement), on les faisait assez 
généralement précéder du demi-cercle tuwt, montagne^ 
qu'il faut traduire ^o, autrement ou pleinement* ». 3° Le 
même signe, en certiiins cas, est un syllabique pour TOOUE, 
oriri, progenitor, irpo^ovcov (Inscr. de Rosette); toutefois, 
comme ce n'est pas l'emploi ordinaire, on a recours à l'ar- 
tifice suivant : « On lui donne pour déterminative* le signe 
de momie debout tl toA, statue. » C'est-à-dire que, pour 
indiquer le son TOU ou TOUOU, j'ajouterai le son TOB. 

Je suis entré en quelques détails sur certains points de 
cet examen, je ne le regrette pas : ces exposés font mieux 
voir l'inanité de la nouvelle théorie. 

1 . Dans les descriptions du Rituel, on trouvera tant qu'on voudra le» 

groupes ^ ^\l\l\^ imîDi°flfl ^^ ^^^ ""^^^ montagne», pour dé- 
signer les montagnes figurées dans les vignettes, c'est-à-dire qu'au lieu 
de supposer, comme nos géographes, le spectateur devant une chaîne de 
hauteurs inégales qui passent devant lui, les Égyptiens, habitués à la 
vallée du Nil, représentaient ridée mo/i^ar/zic en figurant les deux ver- 
sants enfermant une vallée. On ne saurait donc voir une montagne dans 
ce petit demi-cercle. 

2. Cette valeur a été d'ailleurs bien prouvée par ChampoUion. 

3. Comment un signe qu'il faut traduire pleinement peut-il indiquer 
qu'on ne doit prendre qu'une partie d'un autre signe? 

4 . Je comprends un déterminatif écrit par abréviation de signe dater- 
minatif, hiéroglyphe^ caractère déterminatif; à quoi correspond une 
déterminaticef 



20 EXAMEN Du SYSTÈME DE DECHIFFREMENT 



VII 



M. Seyffarth pense que l'absence de voyelles est une 
cause d'amphibologie et que les Égyptiens ont voulu y 
remédier. Mais voyez par quel singulier moyen : « Pour 
éviter les amphibologies, qu'amène nécessairement l'absence 
de voyelles, on ajoutait certains signes dont le but était 
uniquement de déterminer le sens ^ ; par exemple, on répé- 
tait acrophoniquement les lettres que le signe précédent 
exprimait syllabiquement. » Ainsi, je suppose, si j'écris seul 

le sceptre dit à tête de coucoupha | , vous ne savez quelle 

voyelle entre da ns c e mot, ni de quoi je veux parler, mais 

ajoutons S, R | et le mot n'en est pas plus clair 

pour cela : les signes acrophoniques (c'est-à-dire, ici, les 
signes alphabétiques employés comme compléments pho- 
nétiques), ne pouvant en effet avoir cette vertu d'indiquer le 
sens, ne peuvent que renseigner sur la prononciation. Disons 
d'ailleurs que l'absence de voyelles n'est pas un sujet d'am- 
phibologie, pas plus que ne l'est en français la similitude 
de plusieurs mots écrits par les mêmes lettres. Le sens de 
la phrase laisse rarement un mot douteux pour cette raison. 
De plus, l'écriture hiéroglyphique a encore le secours des 
déterminât if s. 

VIII 

Autre grief contre Champollion. Ce dénicheur de singu- 
larités a vu que, dans l'écriture égyptienne, il y avait des 
signes dont il ne fallait pas tenir compte dans la pronon- 
ciation. Je ne parle pas des déterminatifs (car M. Seyffarth, 
pas plus que Champollion, n'eût prononcé RaNRaN le 

1. Encore de ridéographle dans Seyffarth. 



<C^ "^OGZ. VI>HKS ÉGYPTIENS DE M. SEYFFARTH 21 

souvent expjSy*)^ Jf^î du demi-cercle o, ni de la barre i, si 

0Bisdecert^^ ^*^^\ ^* que M. Seyflfarth appelle diacritiques; 

à Cb^top^ili ^^ ®^Sr^es que Texpérience avait déjà démontré 

h'naes» iopi^ -n'être que de « simples signes orthogra- 

P ^ r)ronor\ ^^^^ probablement sur la prononciation, mais 

^^^^' a aV ^^^* pas. IVI. Seyffarth, par exemple, ne veut 

p35qU0n it px-is comme explétifs lejoe^r^ oose rond o suivi 

^^WOUlerrt^rht <^ ou du demi-cercle £^ : g et ^. Ainsi 

flliaflip^^^^^^ -'^^^^^t Ft-A^N le groupe ^^a^cidi, ce mot qui 

'rhang^ pei^pétiaelloment avec ^^CZDI RN, copte p*.n, 

nt Q^® ^^ troisième et le quatrième signe o (^ n'indi- 

^ • . 1.^ qu'uno prononciation particulière de /wswx, comme 

quai^^* ^ eX.omx>lo la nasalité; d'après M. SeyflEarth, à ce 

seti^^ V ft^, co sera^it là une fausse appréciation. Donc, 

n\3L^W^.A>|, ipï'évonxjis que dans les récits des campagnes de 

^oviè^^^-v^ Grranci, quiand on racontera le siège de Qadesch 

ïto^^ te ''^ M — ,_^ fvXy> » ^^ Syrie, si vous rencontrez une ligne 

.^^Va variante ^o^cA^, vous penserez qu'il s'agit 

V^^^ ^^p d'une antre ville que vous nommerez Qadnou- 

to>x^*^ aï\s çetLser que les signes ajoutés dans la variante n'y 

tcsc^' vi'AiTi accident orthographique dont il faudra chercher 

^^^ \oB, tuais fort bien constaté. 

^^^t\si sont attaquées les lectures les mieux faites par 






le n'ai entrepris ni l'éloge ni le blâme du système de 

rhampoVlion ; mais on a vu comment M. Seyffarth sait le 

ritiauer; son habileté à lui prêter des théories qu'il a 

T^andonnées ; comment il profite des tâtonnements ou des 

contradictions apparentes du savant français; la fragilité du 

système qu'il veut substituer à sa méthode; la nouveauté 



22 EXAMEN DU SYSTÈME DE DÉCHIFFRE^fENT, ETC. 

de ce qui se cache sous les noms de système syllabique, 
acrophonie, etc. 

M. Seyifarth et ses disciples se sont plaints qu'on n'ait 
pas au moins discuté leurs opinions. J'ai été fort bref dans 
l'aperçu qui précède, mais je pense avoir touché à tous les 
points essentiels du dissentiment. MM. de Rougé, Birch, etc., 
ont jugé à propos de considérer comme non avenues ces 
nouvelles théories : je pense qu'ils n'ont pas mal fait. Que, 
si l'auteur de cet article vient en parler un peu tard, je prie 
de considérer que, livré d'abord à l'étude du moyen âge, il 
n'a pu parler d'égyptologie avant que d'être né... à la 
science des hiéroglyphes. Le système de M. Seyffarth a 
trouvé en Allemagne, pour le continuer et le défendre, 
quelques adeptes que je ne me flatte pas de convertir à la 
vérité; mais je serais satisfait de mettre en garde contre de 
vaines théories des esprits ardents et studieux, qui pour- 
raient utilement employer leurs efforts à faire progresser la 
science. 

Juillet 1861. 



DE LA 



TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES* 



La question de la transcription des écritures anciennes, 
surtout des écritures un peu compliquées, a de tout temps 
occupé les savants. Elle vient d'être soulevée de nouveau, 
dans l'un des derniers numéros de la Zeitschrift (octo- 
bre 1866), en ce qui touche l'écriture égyptienne. Ce genre 
do communication a le grand avantage de venir constater 
de temps en temps les progrès de la science dans les travaux 
de grammaire et de dictionnaire, de mettre en commun le 
fruit des efforts d'un seul, de faire rencontrer quelquefois 
par d'autres des vérités cachées, le plus souvent d'amener 
à des résultats plus précis les connaissances acquises. Deux 
de nos maîtres dans la science ont pris part à la nouvelle 
discussion; mais, sur plus d'un point, ils sont arrivés à des 
conclusions diamétralement opposées. Personne après eux 
n'a pris la parole, et cependant il serait regrettable que la 
question soit abandonnée en cet état, et, puisque M. de 
Rougé lui-même nous convie à la discussion, je serais heu- 
reux de contribuer à fixer quelques principes incontestables. 

Au commencement de sa note, M. de Rougé a rappelé 

1. Extrait c?e]a Zeitschrift fur dgyptischo Sprache und AUerthums- 
kundû, deBepjij^ 1867, vol. II, p. 66-70. 



24 DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 

clairement les points qu'il considère comme acquis au débat : 

1° L'inutilité de chercher à représenter la prononciation 
de la langue égyptienne; 

2" L'utilité d'une entente sur la transcription de l'écriture 
hiéroglyphique ; 

3** Les avantages d'une transcription en lettres ordinaires. 

Les questions à déterminer seraient : 1° le nombre des 
articulations à représenter et 2° l'appropriation des signes 
conventionnels à chaque articulation. 

En comparant les alphabets donnés par M. de Rougé, de 
concert avec M. Brugsch {Zeitschrift, 1866, p. 70), et par 
M. Lepsius {ibid., p. 81), on remarque d'abord une ressem- 
blance, l'adoption de signes conventionnels conçus dans 
le système proposé par M. Lepçius dans son Standard- 
Alphabet, et dont se servent généralement avec quelques 
variantes les écrivains de la Zeitschrift, Bien que ce système 
présente encore une certaine complication à cause de toutes 
les lettres notées, j'y donne mon entier assentiment, et je 
pense que ce point ne peut faire difficulté du moment que 
l'on admet la transcription en lettres modernes. 

Ce ne sera donc qu'à défaut de signes ainsi ornés de points 
et d'accents que je proposerai de remplacer à, d, k, t, f , &*, x* 
h par à, â,k'\ d, z, s\ x^ h'\ souvent beaucoup plus com- 

1. Je pense qu'il ne faut pas perdre de vue que, pour faciliter Tim- 
pression, il s'agit de transcrire en lettres d'un usage commun^ comme 
le sont les lettres latines ; qu'il faudrait alors éviter de créer des signes 
particuliers en dehors des caractères d'imprimerie usités partout. Ainsi 
je croirais préférable, aux propositions de M. de Rougé, de transcrire 
21) ^=^ par k, et Q par g (ou, si Ton adopte trois articulations : ^ par 
7, ^;3::« par k, et Q par g) pour obtenir des signes compliqués de moins. 
Les trois lettres latines q, k et g ont entre elles assez de rapports pour 
indiquer l'afiSnité des lettres antiques sans qu'on soit obligé d'aller jus- 
qu'à transcrire A » v>^ft et 5S par ^\ ^' et k. La même observation s'ap- 
pliquerait k tfd et j pour la transcription de o, c:^=> et ^^. 

2. k\ s* et h'' dans ce système ne sont point des lettres particulières, 
mais simplement k, s, h suivis d'une virgule (,) renversée (*). Je réser- 



DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 25 

modes à employer, dans les imprimeries françaises notam- 
ment. 

Mais les points les plus importants à constater dans les 
tableaux de MM. Lepsius et de Rougé, ce sont les dissem- 
blances que Ton peut résumer comme il suit : 

1° M. Lepsius range autrement que M. de Rougé les 
signes hiéroglyphiques que tous les deux rangent sous les 
articulations k et k; 

2® Il compte trois lettres (f , o, /) de plus que M. de Rougé. 

3® Il ajoute quelques signes hiéroglyphiques à ceux que 
M. de Rougé place sous les articulations x, A, t\ s,/, m, n, 

et remplace ^J^ de l'articulation 6 par ^. 

Je me propose d'examiner successivement ces trois points^ , 



I. Articulations k et k. /i, ^^=:^f U, ffi 

M. de Rougé {Zeitschrijt, 1866, p. 71) résume, comme il 
suit, le dépouillement de ses notes : 

^ = R sahidique (x memphitique), ^, rx = k; 
^=^, U = R sahidique (x memphitique), ^, un peu moins 
souvent 'a.zzzk; 
J^ = ^ sahidique (« memphitique), k, « z= Ar. 

On pourrait résumer de même la note de M. Lepsius de 
la manière suivante : 

^ = R, moins souvent ^ = k; 

^=^, U = ^1 moins souvent r = le; 

Q = ^=« = ^ =k. 

verais, comme M. Devéria, Tapostrophe a pour indiqpier, au moyen de 
sa fonction habituelle, les cas d'élision o, que ce savant a a souvent 
» entrevus et qui pourront être un jour bien constatés ». (Devéria, Le 
Papyrus judiciaire de Turin, dans le Journal asiatique, 1865, p. 238.) 
1. [La discussion du premier point a seule été imprimée, et la suite 
a été probablement perdue.] 



26 DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 

En un mot, les deux systèmes diffèrent essentiellement par 
la place à donner à ^^z:>«, U . J'admets avec MM. Lepsius et 
de Rougé que ces deux signes doivent être rangés sous la 
même articulation, et dorénavant je ne citerai plus que 
le 



Il est facile de voir que la divergence devient ainsi une 
question de fait. Dès lors, elle doit se résoudre sans ré- 
plique par la statistique. Montrer combien de fois a devient 
en copte k, combien de fois <^\ faire de même pour ^:z::5a et 
ffi ; la balance entre les nombres trouvés dira si Ton doit 
transcrire A y '^zz^ et ffi par k ou par k. C'est à ce critérium 
que j'entends soumettre la question en litige. 

Mais auparavant je dois faire quelques observations pré- 
liminaires. 

La philologie, comme toutes les sciences, a des règles sé- 
vères dont on ne peut omettre de tenir compte sans infirmer 
les résultats auxquels on prétendrait être parvenu. Lors- 
qu'on examine les dérivations d'une langue en une autre, il 
est certain que, si celle-ci a plusieurs dialectes, on ne sau- 
rait légitimement choisir des exemples tantôt dans l'un et 
tantôt dans l'autre, car alors le lecteur ne serait pas sûr que 
des exemples tirés des dialectes négligés ne prouveraient 
pas les propositions contraires à celles qu'on aurait voulu 
établir. Si l'on voulait, par exemple, poser les règles de dé- 
rivation entre le latin et les langues romanes, il n'arriverait, 
je suppose, à personne de s'autoriser d'exemples pris indiffé- 
remment dans les langues d'oil, d'oc, d'Espagne ou d'Italie. 
Mais il serait de bonne critique de mettre toutes ces langues 
en tableaux synoptiques, et d'en faire ressortir en résumé 
les ressemblances et les différences. Le résultat serait alors 
inattaquable. Or, procéder autrement pour le copte par rap- 
port à l'égyptien antique est, selon moi, une erreur capitale. 
J'insiste sur cette méthode qui devrait être élémentaire et 
qui n'est à peu près jamais appliquée. On cite fort souvent 
des mots coptes sans dire s'ils appartiennent au dialecte 



de; la transcription des hiéroglyphes 27 

memphitique ou au sahîdique, etc. En prenant l'habitude 
de contrôler ces citations par le Lexique de Peyron, on re- 
lèvera nombre d'inexactitudes. C'est ainsi encore que le 
précieux Dictionnaire de M. Brugsch, dont nous avons tous 
reçu un prospectus, sera inutile sur ce point très important 
ù mes veux. 

Donc il faut de toute nécessité rechercher ce que devien- 
nent nos trois signes ^, ^sz:::* et S dans les deux dialectes 
memphitique et sahidique à la fois. M. de Rougé s'est sou- 
mis à cette règle dès son mémoire sur l'inscription d'Ahmès, 
dans lequel il étudie précisément les gutturales égyptiennes. 
M. Lepsius, au contraire {Zeitschrift, p. 77), n'observe pas 
cette distinction fondamentale. Il cite indifféremment des 
mots sahidiques et memphitiques à la fois (ro^, rcdc, ne, etc.), 
ou seulement sahidiques (RA.Re, ô'cDitT, ^epe, etc.), ou mem- 
phitiques (rcAi), ou baschmouriques («'r), ou même le mot 
korté qui n'est point au Dictionnaire copte, sans remarquer 
que souvent on pourrait citer en regard des mots comme 
^)çjbMi, rxtoiiT, 'Kepe, etc., qui amèneraient à des conclusions 
opposées aux siennes. Ce n'est point ainsi que procèdent 
les philologues dont le nom fait autorité dans la savante 
Allemagne. Une telle façon de citer ne peut rien prouver. 
Personne plus que moi ne rend hommage à la science du 
D' Lepsius, l'un de nos maîtres vénérés; mais je pense qu'il 
sera le premier à reconnaître qu'on ne saurait trop exhorter 
nos plus jeunes confrères en égyptologie à suivre les mé- 
thodes sévères que la critique approuve seules. 

Je serai plus bref sur les autres points. 

En second lieu, on doit encore remarquer qu'on ne peut 
appuyer des déductions philologiques sur des mots comme 

Re S. M. en face de n n alius^ comme la particule Re S. M. B. 

en face de ^^r:^», 'r g7V ou S^^, parce que n n a donné rc, 

^e S., R€ M., Re, d'H B., parce que les particules s'écrivent 
ne, <^e, rxe S., Rc, «se M. Dès Iprs, ces exemples, prouvant 



28 DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 

pour les deux ou trois articulations en question, ne prou- 
vent en réalité pour aucune. C'est encore là un vice de cri- 
tique qu'il faut écarter de la discussion. 

Troisièmement, il faut encore éliminer les mots parfaite- 
ment identifiés, il est vrai, comme <55j^ LJ ® ville, àa^ki M., 
urbs, ^'^^ ûl^ champ, K«je S., roi M., ager, ^^^ bœuf 
à l'engrats, Kenne S., pinguedo, Rem M., pinguescere. En 
effet, ces mots ne se trouvent que dans des textes ptolé- 
maïques, et à cette époque on ne fait plus de différence 
entre zd, ^^z::^ ou S et entre leurs homophones. 

Enfin (je bornerai ici mes remarques), je vois des auteurs 
rapprocher tel mot copte de plusieurs racines égyptiennes. 
Il me semble, sauf meilleur avis, que, dès qu'un mot copte 
a été parfaitement identifié avec son équivalent égyptien, il 
n'y a plus lieu de le citer à propos d'un nouveau mot égyp- 
tien de signification à peu près semblable au moins à pre- 
mière vue. Ainsi on connaît depuis longtemps, par divers 

textes, l'équivalent de ^coajl S. M. hortus, c'est U^^ ^^ 
^An. M. Jacques de Rougé me paraît, dès lors, le rap- 
procher à tort de 7 ^^ domaine, dont le correspondant 

réel est «'wajl prœdium. De ce que ces deux mots se trouvent 
au même article dans le Lexique de Peyron, il n'en faut pas 
conclure qu'on ne doive pas les séparer. Il serait facile de 
démontrer, à l'aide de nos connaissances de l'égyptien anti- 
que, que le Dictionnaire de Peyron, d'un mérite incontes- 
table même aujourd'hui, est à remanier sur bien des points'. 
Il n'y a pas de doute, nous devons adopter pour l'Egypte 

1. Par exemple, ^coai, xTr^fjia, possessioyprœdium, égyptien 

X^m, et ^(OAJL, arx, devraient être rapprochés, non de ^coai, hortus 
(GgioAJL que M. J. de Rongé cite de préférence à ^ioa& n*est que dans 

Kircher, tandis que ^iùmx est très usité), égypt. \J\ 

kamu, mais de ^oâx S., «soai. M., rt^, potestas^ possidere. 





DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 



29 



et ses deux dialectes les règles de saine critique appliquées 
par les savants de tous pays à la France et à ses langues du 
Nord et du Midi. 

C'est parce que j'ai suivi ces principes que je crois pouvoir 
donner avec toute confiance le résumé suivant. On pourrait 
peut-être ajouter quelques mots consignés dans des diction- 
naires plus complets que le mien, ou que révéleront les 
inscriptions inédites, mais je suis persuadé que cela ne mo- 
difierait pas les résultats auxquels je suis arrivé. 

Voici le relevé de ces mots * : 



1« A 



2î = R thébain = k memphitique, 28 fois : 







réfrigérais 


T. 


, rAc id. 


M. 


RÀoÀ id. 


Jlc-"-=a 




duplicare 




Kiak 




RU>À 


V\^ 




arundo 




K^àx id. 




RèJUL id. 


^0 




sinus 




ROTIt id. 




RCit id. 


A^^/v^A anvsaa 


X 


mooere 




RIAJt 




RIJUl 



1^7, 



sera 



» 



ReAAi B. rhAi 



os 



R«iC 



R«iC 



o 
oo 



w 

A =1 



\i 



nucleus 



sepelire 



R«^C 



RiOC 



R«kC 



R(OC 



1. [Pour satisfaire à une juste critique de Lepsius, nous donnons, au 
lieu des chiffres seuls, le relevé qui les justifiait et que nous avons re- 
trouvé. — Note des éditeurs.] 



30 DE LA 



thanSCription Dés hiéroglyphes 









I I I 







\ 



J] 



f 



A 
A 



V 



A 
r"^ X 



A 



K't 



/^~-^ 
A 



8J^ 



si o 



angulua 



KO^, ROO^ KOg, KOO^ 



partis 



(libri) Rog^, Roo^ ro^, roo^, ra^^i 



oeiR 



(OIR B. «kIR 



electus (Brogscb) «^leR dedicare «jr 



s aser 



se perdre 



jurare 



famés 



, «kRO), «kô'c*> //erc/fc- 
Te.RO ;)erdere ,,o,t1ru> /).rrferc 



/rf. 



te?. 



(OpR 



^RO 



lOpR 



^RO, ^ORe^ 



Ugare,prœdari gu)R c ingère jôcor 



tonsor 



scintilla 



^(oRe radere i6(0R 



• • 



immmuere 

eripere 

sugere 

constiiuere 

rebellis 

convertere 

Copios 



TIR 



COl^R 



•aiR 



co£lr 



ccR irahere, 
deducere 

CCRR, Cd^Ifty, 



AIOTIIR 



AJLOTifR ybr- 
mare, etc. 

Air culpa Ai ri 

A«k^ impudens A«i«i 



piRC 



RcnTio 



Apollinopolis ^ 
parva 



peR 
ReqT 

RCDC. 



DE LA TKANSCRIPTION DES HIEROGLYt'HES 



31 



^ = R thébain = x memphitique, 3 fois : 



A O X 



\\o 



juncus 

alii 

foramen 



«^Ke 



)) 



ogKoA 



Rep^cooTni 



z3 :;= R thébain = :6 memphitique, 1 fois : 



i^ff 



juncus 



«^KC 



«^;6i, «kKc. 



A=^K thébain = (manque) en memphitique, 3 fois 



-JJS 



/V/WV\A 



libare 

iardari 

abire 



R«»^i Ubatio 
(Champ.) 



(OCR 



A(A)R /re, a6«re. 



)) 



» 



» 



A (manque) en thébain = r memphitique, 8 fois : 



A 



JfWs 






D A 



AA/VN/NA A/V\AA/\ 








/aottô mellis 
vasculum 
aspis 
oleum 

sesamum 

cohibere (san- 
guinem) 

scala 
horreum. 



» 



» 



» 



)) 



)) 



)) 



» 



» 



Rciil 
R«^I 

«.Ropi, etc., 

ÀTRRi fructus 
mat unis 

C^«^RI 
CÇCIIR 
AlOTRS 
AlORI. AlOTRI 



I 

I 

! 

î 
I 



32 DE LA TRANSCRIPTION DES HIEROGLYPHES 

2j = R sahidîque = g memphitique, 1 fois. 

A tS^ ^îjrôf? 4 . rAooAc rapor, .. .. 

S ^11 ^^'»P^«'«« nubes ^^''^' 



^ = R sahidique = <^ meinphitique, fois. 

(^ — R — — 

^ z= 5* sahidique = ^ meinphitique, 1 fois : 



(j 



holocaustum ^\i\ d^i'A. 



/i = ^ sahidique = (manque) en meinphitique, 5 fois 

mora ^^ moravi m 




zj 



)) 



» 



» 



Ci U p ^ «erpM« (InigKh) ^«^-r^iii 
X -, olla ^«iA^i^.i'* 

^ (manque) en sahidique = ^ memphitique, 4 fois : 

^ ^^^ ira I) ^"Tf /'''•'*^«^^'^' 



^ 



^ = tf' sahidique = « memphitique, 5 fois : 

(j ^ ^ - conditio ^iit tuh 

r - irasci aomT iLtoitT 



t>E LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 33 

8 M nox d'uip^ «iopg 

D 

z = « sahidique = ^ memphitique, 3 fois : 



Q /f-^ tangere «cd^ ^u>j B. 'xod^ 



(J ^4 victrix «po cincere d^po 

2J = « sahidique = « memphitique, 2 fois : 
a 



extremus ^^wx. «^TpHi^. 

^ = « sahidique = (manque) en memphitique, 1 fois : 

A (manque) en sahidique = q& memphitique, 1 fois : 

lutum » Q&iitipi sordes, 

I I I I 1 

zj = ^ sahidique = j memphitique, 1 fois : 
<p> 1 I fornax tpo> tp<«>. 

z] = 09 sahidique = ig memphitique \ 1 fois : 

''^''^^^ sugere cMtm, cchk og^iiiGg, ceniu 




â« qui donne régulièrement cenn, cu>nR S. et ceitK M., su- 

y^r<», donne anssi c«Jtm T., og&itm M. — ChampoUion a cité I 

TC5n 






8IBL. ÉGYPT., T. XV. 



34 



DE LA TRANSCRIPTION DES HIEROGLYPHES 



Et en résumé : 

/d = R sabidique, 36 fois 
* — 12 — 
« — 5 — 

Z - 1 - 

jg - 1 - 

ou 3 K contre 1 «■ 
et 6 K contre 2 s* et 1 'k 

et ^ = K memphitique, 35 fois 

— 3 — 

— 8 — 

— 7 — 

— 2 — 

— 1 — 

— 1 — 



X. — 

«s" — 

« — 

z — 

j6 — 

S — 

ou 5 H contre 1 «' et 1 «. 



38 



2» 



=: R sabidique = r memphitique, 23 fois : 



H 



11 




« » 



1 



igitur 

alius 

alius 

drachmcL 

œdificare 

dormire 



ne etiam, igi- 
tur 



Re 



RCT, «'CT 



RITC 



KiOT 



ItKOT 



convertere, re- 
verti "*" 



ne 



Ke, KCOTèJ 



RCT 



RI'^' 



RiOT 



RROT 



ROT 



DE LA TRAKSCRIPTtON DES HIÉROGLYPHES 



83 






parcus 



triatis.esse 



ROTI 



ROTXI 



OKAl, tOKJUL OReU. 






n 

SI 



A^A/^A^ 



1 



o 




AWV>A 






operare, con- - 



magia 



yR magia, 
magus 

omamenta [œdi- g^a)R cingere, 
flcii; iHsUizzarma) artnare 



Antœopolis 
scintilla 

progredi 

curare 
adulter 
ego 

ta 

inclinare 



TROOT 



TIR 



ccoR ire 



A&ORAJieR COfjV- 

ta re,r.onsUlerare 



itoeiR 



«^itR, «^nc« 



ItTOR 



piRC 

urere, calor P*»>r^ 
Alexandria p^^roti 

JicUS RCRTH 



^IR 

j6(ji>r 

TRIOOT 

I 
I 

^IR 
CCt>R 
JULORAJLCR 

nu>iR 

«JIOR 
If-»OR 

pcR, etc. 

pCORg 

p«iRO^ 

RCItTC. 



= R thébain = X memphi tique, 6 fois : 

' M ' obscuritas R«Jie ^«lri 

^ niger rhjul ^«^AJie 

é^^ _ tributum àvRc merces Ae^^c 




36 D£ LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 

IlLi Vjs^^Vi' arare cr*j «x*^ 

^^ res negotium iui«k >^X^ 

yEgyptus luuic x"^^* 

= R thébain = (manque) en memphitique, 5 fois : 



X Roope abcifi" 

Z Ji *^ dere 



B '17, ROT » 



J cs> ,^ ... . , RTOT qermen 

1 w i 1 1 *** ""'^''"^ Pl^<^ 

<^^ mensura itine^ 

^KS. ^ cogère vi rumo&c, Rceqe 



» 



ROTTon granum 
'' cannahU 



I) 



D 



(manque) en thébain = r memphitique, 5 fois : 
fermenium » Rioâ 

I A I A ^ ^ molesiare » ^ic^^r 

molestari » ^ic«^r 



PU 



IJ\\^ prudentia » r«^^. 

= (^ sahidique = ^ memphitique, 3 fois : 




, ^on planta ^ 

manus vola neais "» ^ 

dT saltare ^oc^c ^ocvec. 



DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 37 

= (^ sahidique = (manque) en memphitique, 7 fois : 
LJl persona informa » 

Dm \> ^^'^'''^ ^'^'^ " 

)) 

» 
)) 



Ll . masculus ^le hœduB 



Lil partis ^^^€ 

^^^^'O'ï^ .. gux^e damno 




31 



afficere 

*88US. 

arx Aftc^oA* » 



incessus 



(manque) en thébain = <^ memphitique, 2 fois : 



AA^^A £jf 


» 


» 


^non petere 




pi^er cfi8C 


» 


^n«^T morari, 
pigritia. 


'^I^ZS^ — (S' 


sahidique — « 


memphitique, 


5 fois : 


'^s 


inoenire 


^%x 


fxiAu, neui 


^^^ 


sakare 


^oc^c 


^ocxec 


ll'^'^ 


êuffocare 


COtf'T 


iOlL^ 


J'^ 


accipiier 


Ah(^ 


Am« 



= « sahidique = ^ memphitique, 1 fois : 



\\ 



^SSL reptile oK^iTqe ^«^t^i. 



38 DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 

"^zz^ = «L âahidique = « memphîtique, 2 fois : 

*^^ 8u dicere «<o, olc «co, rate 

X ,„ «^^ô'ï. dolor ge^t^ a^^e/^c &^*£**>»- 




Enfin^ le nom à transcription tout à fait irrégulière : 



* 7 

|(y\£) jEihiopia e^ooog, c^toog T. c^uwg M. 



En résumé : 



= R sahidique, 34 fois 
^ — 16 — 

^2L — 3 — 

OU plus de 2 R contre 1 ^ 

ou plus de 10 R contre 5 (S' et 1 « 

et ^^3:;* = R memphitique, 28 fois 

X — 6 — 

^ — 6 — 

« — 7 — 

ou 4| R contre 1 <^ et l| i& 
ou 5f R-x — 1 ^ 
et 5 R-x — 1 *• ^^ 



30 S 

S z= é' sahîdique = (S' memphîtique, 2 fois : 



Q^^rDM dorccw (J'ogcc <^è.jc€. 



Z3 ^ 

w 



DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 



39 



J^z=^ sahidîque = (manque) en memphîtîque, 10 fois : 






confracti 




naos 






a I I 



SS 




o o o 



ss 



ss 



/^ 




i ja 






ara? 

farina 

conjiingere 

inirare 
calmer 
orbare 



^lÀ^iÂ. frag- 
mentum 

^cer manere 

^eo9(^Eg asper- 
gère 

trinum 



)) 



» 



» 



» 



» 



» 



TiO^OU 

(Champ.) 

(Rougé) 

T«^^ce gressus, 
incessus 



M» 



)) 



» 



^(ooT coarciare. » 



S (manque) en thébaîn = (S' memphîtîque, 2 foîs : 






coing 
unguentum 



)> 



» 



ô'h malum ci- 
donium 

^loc coagularL 



S = (S' sahîdîque = « memphîtîque, 7 foîs : 









» 

debilis 
brachium 



<^HT angusius 



esse 



^iiik 



d'ikoi 



limen posiis oTP€<^po 



%HOT 



Q&coA 



QL^OI 



oveoipo 



40 DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 

n wfe^ t Ji JUiura nto^e rumpere ^i»nu scissura 

M/wwv^ unguentum co^n cooui 

I A^^VW Ml 

nS'SÎÏ? f '2 -«_ QnfiûnLJidesiruere 

IdW caUimitaê otu>^ m çm^n subcersio 

SS = R sahidique = r memphitique, 1 fois : 



o^p^^ 



fminaUa 

vel €L9Cia, 



H = R sahidique = « memphitique, 2 fois : 

^^. Z3 ll'^'^'^'^ frigere corA awtq 

S^ (manque) en thébain = r memphitique, 1 fois : 

carere, vaciius » Rfin cessare. 



H = « sahidique = » memphitique, 2 fois : 

n S ^n^ t '^ OTùn&n destrue- 

U rT «88 calamiias OTumq . 

S = « sahidique = (manque) en memphitique, 1 fois : 



s^ 



crocodilus ai«o. 



3 = 2 sahidique = ^ memphitique, 1 fois : 



n = ^ sahidique = (manque) en memphitique, 1 fois : 



DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHfiS 41 

Q = og sahidique = ^ memphitique, 1 fois : 



En résumé : 

S = ^ sahidique, 19 fois 

n — 3 — 

« — 3 — 

t - 2- 

«g - 1 - 

ou 6 ^ contre 1 r ou 1 « 

et 2S = ^ memphitique, 4 ou 5 fois 
» — 11 — 

R — 2 ou 3 — 

e - 1 - 

ou 1 ^ contre 2 « 

et 2 ^ — 1 R 

et 4 ou 5 « — 1 R. 

Il est facile maintenant de résumer en un tableau général 
les notions acquises sur nos trois lettres : 

23 = R sahidique, 3 fois contre 1 fois ^ 

= R — 2— — 1— i^ 



H = ^ — 6 — — 1 — ROu« 

et ^ = R-x memphitique, 5 fois contre 1 fois ^ 

^^3^ z= R-5^ — 5 — — 1 — ^ou« 

ffi = « — 2— — 1 — (^et|R 

ou encore : 

^ = R sahidique, 36 fois sur 55 ou 3 sur 5 
R-X memphitique, 38 — 57 — 3 — 5 

1. On peut aussi rapprocher ce mot du mot Rp^ju M., carthamus. 



42 DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 

^sz::;?^ = k sahidique, 34 fois sur 52 ou 3 sur 5 

R-X memphitique, 34 — 47 — 3 — 4 

S = (^ sahidique, 19 — 28—2 — 3 

^ memphitique, 5 — 18 — 1 — 4 

QL — 11 _ 18— 2 — 3 

Donc, Z3 ne se comporte évidemment pas comme A ou 
A et ^^3^ en sahidique et memphitique donnent r, et 



S donne en sahidique (^, en memphitique ot. 

Donc enfin, en ne tenant compte que des dérivations de 
l'égyptien antique aux dialectes coptes, il y a lieu de distin- 
guer ^^3::* et id de S , et Ton devra transcrire en signes con- 
ventionnels : A et ^3:5« par /c et S par /c. 

Ainsi les faits établissent : 

1° Contre M. Lepsius que ^^z::^ ne doit pas être rapproché 
de H, mais de A\ 

2^ Que A et ^3:^5 doivent être distingués de S; 

3° Contre M. de Rougé que le correspondant memphitique 
de A et de -^zz:^ est r et non pas x, puisque : 

^ = R memphitique, 35 fois, et = x , seulement 3 fois. 
= R — 28— X — 6 — 



Maintenant doit-on aller plus loin et distinguer entre le A 
et le ^::3^? Voici ce que répondent les tableaux statistiques 
dressés plus haut : 

id = 36 R sahidiques contre 12 «* et 5 « 

38 R-5C. memphitiques — 8 «* et 7 fx 

et ^r:* = 34 r sahidiques — 16 (^ et 3 « 

34 R-x memphitiques -=— 6 (^ et 7 « 

ce qui donne (un peu moins exactement pour le ^^r::* par 
rapport au sahidique) les mêmes proportions pour les deux 
signes comparés aux lettres coptes. Il n'y aurait donc pas 
lieu de distinguer entre le A et le 



DE LA TRANSCRIPTION DES HIÉROGLYPHES 43 

Tels sont les résultats positifs que je crois devoir ressortir 
de cette étude minutieuse. Dans cet examen des dérivations 
des lettres antiques, quand les mots égyptiens ont été con- 
servés dans l'un des dialectes coptes, je pense avoir donné à 
ma démonstration la forme la plus claire et la plus précise 
que j'ai pu trouver. Et si mes savants confrères trouvent bon 
d'adopter mes conclusions, je me féliciterai d'avoir ainsi 
contribué pour ma part à l'accord très désirable qiie nous 
proposent MM. Lepsius, Brugsch et de Rougé. 



LA 



PARTICULE COPTE xm, «'m 



Selon Amédée Peyron', «m (sahidique ^m) est une par- 
ticule qui se met en préfixe aux racines pour en faire un 
nom indiquant l'action exprimée par la racine, comme 
QuitA^pc^ « garde, action de garder )), atmep^(o& « opération, 
travail », ounep^urr « navigation », etc. 

Cette particule s'emploie, en composition, de trois ma- 
nières : 

1^ Seule, avant la racine, comme dans <Kin«.pe2; 

29 Avec intercalation de cp entre la particule et la racine, 
comme dans «mep^coÀ; 

3® Devant un infinitif, avec emploi de Tarticle masculin 
et addition d'un régime direct, comme dans n'xmcpeiu<»TAuit 

cpoc*. 

Il est naturel de rechercher l'origine de cette formation 
et de se demander si on la trouve dans les écrits en démo- 
tique^ si même on peut en rencontrer des exemples dans les 
textes hiéroglyphiques. 

n n'y a dans la langue copte aucun mot formé du thème 
^ut ou ^n, dont le sens puisse convenir à la formation et à 



1 • Extrait de la Reçue égi/ptologiquc^ deuxième année, p. 349-355. 

2. Lcxicon linguœ copticœ, p. 386 et 412* 

3. On verra plus loin comment il convient de modifier cette règle< 



46 LA PARTICULE COPTE Ttiit, ^m 

la signification de la série des mots ici étudiés. On est donc 
conduit à décomposer le préfixe «m en -ati et n. Dans n on 
reconnaît facilement la particule k liant deux mots ensemble 
et donnant au second le rôle du génitif latin, de sorte que 
«xin&peg^ pourrait être « Taction de garder, la garde ». 

Qu'est-ce alors quç tu ? 

Sans sortir du copte, il semble à première vue que la 
racine «i, <^i « prendre » soit appropriée à la signification 
des mots composés. •:&m«ipe^ pourrait à la rigueur être « la 
prise en garde, la garde ». Peyron, par exemple, explique 
enT&m'&K (( en vain » par «i k -xh « capere festucam, rem 
nihili' ». Mais cette explication me paraît de tout point 
inadmissible. En effet, ouït. . . est memphitique, ^m. . . est 
sahidique. Au contraire, «i a prendre » est sahidique, et «on 
correspondant memphitique est ^i. Si -atm. . -, ^m. . . ve- 
naient de «I, ^i « prendre », on aurait «m. . . sahidique et 
d'ire . . . memphitique ; or, c'est, tout à l'inverse, «ire qui est 
memphitique et ^m sahidique. Il faut donc chercher l'expli- 
cation de cette particule en dehors de la racine ^i, «i 
«prendre»'. D'ailleurs, le primitif de «i, ^i, l'égyptien 

L— fl , ^^ ( û r ^ , ne se rencontre jamais que dans 

des noms (et ils sont nombreux) désignant Yagent d'une 

action, jamais l'action elle-même. 
Le mot demandé doit remplir deux conditions : 
1° Commencer par «i memphitique, ^i thébain, ou bien 

dans les deux dialectes à la fois par «, <^ ou r, en supposant 

dans ce dernier cas une altération (peu probable, il est vrai) 

produite par l'usage d'un côté ou de l'autre; 
2? Quant au sens, avoir une signification assez large pour 

s'adapter à une grande quantité de racines ; telle serait la 

signification action indiquée par Peyron. 

1. Lexlcon^ p. 378. 

2. «xe T., ^e, ^o M. ; t&o T., ^o M. sereret se trouvent dans le même 
cas. 





LA PARTICULE COPTE «m, (^m 47 

Le Dictionnaire copte fournit ^«^ T., m, species^ forma 
externa, sans correspondant memphitique ; xe T. M., dicere, 
^ia M., R(o T,, ponere^ 

Ce dernier vocable a bien formé en copte quelques com- 
posés : RcoBA^^H-r, nuditas; K(onc«^, derelinquere ; Kuinpio, 
silere, silentium ; K(oncu.oT, benedicere; r*. tôt eÀoA, cessare; 
Kà^^KT, sperare; Aft.nTpeqR«^2HT, Jiducia; r«^^i^, impositio 
manuum. Mais c'est un mot qui n'existe pas dans Tancien 
égyptien, et la modification de riou en «m et «'m, sans être 
absolument impossible, paraîtra peu probable. 

De même les racines hiéroglyphiques ^^ « créer, pro- 
créer, génération, essence, nature, manière d être » (Brugsch, 
Dict.), h1 A «s'avancer (?))), A^^-/^ «amener, conduire» 
(?«c«)OT T., mitteré) et i'^^x « repousser », sont des mots 

plus ou moins rares et qui n'ont fourni aucun composé. 
C'est ailleurs que je crois rencontrer l'origine de la particule 

ouït, ^IK. 

Première forme. — 1° Un article du décret de Canope 
prescrit « aux prêtres de tous les temples de l'Egypte de 
se dire »^ prêtres du dieu Évergète « en outre de leur autre 
titre {ran) sacerdotal ». Le texte continue : 



A^AA/W 



NTI-U SXA P N P QI N BRA yRU NBT 

qu'ils écrivent- le^ (ce nom) dans le libellé (de) toute parole 

[înscript, de Tanis^ p. 139, édition Revillout.) 

Le décret de Memphîs {Inscription de Rosette) contient 

!• Le mot QA RAN, nom, est du genre masculin; exemple : 

D ^"^^^^ ^ C^"^^ ^ "^^1 ^^ ^^^ BERENIKA « le nom de 
Bérénice ». {Décret de Canope^ édition Revillout, pi 139.) 



48 LA PARTICULE COPTE *tn, d'ut 

la même prescription, avec quelques variantes d'ortho 
graphe : 



/WNAAA I 
I 



Pài^ullIf-^J'^il 




(Revillout, CItrcBt, dé m., p. 54.) 



Je lis le mot, qui a pour déterminatif q, autrement que 
M. Revillout. Il le transcrit 7i«.Ao, qui serait en hiéroglyphes 

il QA. Les deux transcriptions sont également pos- 
sibles, parce que J et A , en démotique, s'écrivent identi- 
quement. Or, le mot Jl qa pourrait correspondre au 

copte Aip ou À«.ipi, cophinus, corbis, et Texpression entière 
rappellerait « la mise en corbeille », c'est-à-dire Tusage de 
conserver les écrits dans des seaux ou corbeilles. Il est 

vrai que le déterminatif gA serait assez mal approprié à la 

signification du mot, mais il ne convient pas mieux au mot 
iLà.\o « dépôt ». Je suis tout disposé à abandonner les deux 
mots Aip « corbeille » et 'x.^'Ko « dépôt », car le mot 

J I gA I m'a rappelé aussitôt le mot égyptien «^^ c>^ , 

bien usité à l'époque ptolémaîque pour signifier « livre" ». 

Alors i4 (|ll y I A/wvvvJ I aft Kl N BURA, qui donnerait en 

copte QKiit&«^pi ou Tuit&epi serait a la mise en livre » et répon- 
drait exactement à l'expression française le libellé, à 

laquelle le déterminatif ^ convient parfaitement. Enfin la 

prescription : « Qu'ils l'inscrivent dans le libellé de toute 
parole », rapprochée de la prescription précédente, fait allu- 
sion au libellé du protocole de tous les contrats démotiques 
où le nom du roi devait venir à la suite de celui de ses 

1 . Ici le texte a un signe particulier, qui n'est ni le ^, ni le U ordi- 
naires. 

2. M. Brugsch, Zeitschrifl, 187!. 



LA I>ARTICULÊ COPTÊ -auit, ^iti 4Ô 

prédécesseurs, en tête de la rédaction de tous les actes confiée 
aux notaires institués par le décret de Canope. 

Une deuxième fois le texte de Tanis emploie un mot de 
cette même forme (p. 171) : 



i\\^ ijoj w^-^'^i ^^^ijîH 



Quand on juge de faire les jours des Isiaques 



un 



M 1 °3(1Tj^ 



en khoiakh avant le périple d'Osiris, etc. 
iv Tût X^^^X (^^^^ ^P^ '^^^ TreptTcXoO *0<Ttlpioç, x.t.X. 

Ici le mot xistéXXta, qui est traduit "^ -^ û( tl '^'^'^^ jl , ne 

nous apprend rien sur la signification de l'égyptien. Mais 
on voit qu'il s'agit d'une cérémonie en l'honneur d'Isis, aux 
environs de l'époque d'un périple d'Osiris. Or, au Netâ n 
srjji Osiri (édition Pierrot, 1. 6), il s'agit d'invocations faites 
par Isis avec sa sœur Nephthys, en faveur de son fils Horus 
et aussi d'Osiris, qu'on répétait pour le défunt. « Ces invo- 
» cations, on les fait à l'Osiris N. en khoiakh de six jours en 
» six joinrs, en disant, etc. » Il y est p arlé d e l'arrivée d'Osiris 

( y I] , 1. 22), de sa montée au ciel ( "l F=q, 1. 48), 

de son entrée ( J^, 1. 49) à l'Ouza, de son abord 

( @ , p. II, 1. 19) à Hat-soutenit, puis de faits qui 

ont lieu à Thèbes, à Memphis, à An, à Abydos, à Resta, etc. 
Probablement imitait -on le voyage d'Osiris, dans un 

M TOpwcXoOç, précédé d'invocations imitées de celles 
d'Isîs^ contenues au Netâ n se^u Ostri, Alors on peut voir 
dans -^ûû U ^^'^^^^n les attitudes d'Isis, les rôles qu'elle rem- 
plissait tous les six jours. Le mot, en partie effacé, du texte 
hiéroglyphique S^^U^j^tj, qui lui-môme pourrait 

BlBL. ÉOYPT., T. XT. 4 



yyy/WNA 



50 La particule coî»te ^n, ^ta 

à la rigueur constituer une variante du mot ^ÛOtl (le dé- 
terminatif étant rejeté au bout de l'expression entière), 
n'apporte ici aucune lumière certaine. ^J ®ô signifie 
« peau, parchemin », et ^J®m «briller»; cf. otioA^ 
« blanc, brillant » . 

Enfin, le texte de Canope fournit un troisième mot com- 
posé (p. 145) : 

û w^ w m-B^n i ii m lt!Jl^w^/wolle^l 

1k ^ QQ I ^ () ' « Qu^ part soit à ceux qui (sont) dans la 

cinquième tribu des dieux Évergètes dans les offrandes de 
purification et autres choses dans les temples. » Mz-zi/^^.^ xal 

xai touc Ix iréfiTijc «poX^ç twv Eùep^ltcov Oetôv à^ysCcov xat twv àXXiuv 

Tcavxtôv Twv Êv ToTç lepoTc. Ici Ics /ulR t -^O' rappellent la fête 

d'Hathor à Dendérah, au 20 thot, / et doit signifier 

« célébration de la fête des te/pu ». 

Mais l'emploi de la racine ^ ûl tj n'est pas borné aux 

époques ptolémaïque et romaine. 

Dans l'un des textes historiques publiés dernièrement par 
M. Revillout", on lit : « Pour le grain des trois temples ci- 
dessus, le conseil ordonna », à savoir : 

Qu'on donne à eux leur subsistance' d'abord. 

Bien plus, en voici, en dehors des textes démotiques, un 
exemple tiré d'un texte de l'époque des Ramessides. On lit 



1. Dûmichen, Zcllschrift fur àfjuptisclio. Sprachc^ etc., 1870. 

2. Reçue èguptoloylque^ n* II, pi. 1. 

3. (( Subsistance » n'est qu'une hypothèse; on pourrait traduire « assi 
gnation, revenu, » etc. 





LA PARTICULE COPTE lUii, d^m 51 

dans une lettre de l'archiviste en chef Ameneman au gram- 
mate Pentaour^ : 

Ne t'es-tu pas peint la condition de laboureur? 

Deuxième forme. — Le décret de Canope prescrit de 
placer la statue de la jeune princesse Bérénice dans le sanc- 
tuaire. Le texte ajoute : 

f\\âi ! — rîW-*'"™ 



(Que le prophète) ou Tun des prêtres choisi dans 



le lieu pur pour V habillement des dieux. 



Ailleurs Canope (p. 126) et Memphis (p. 7), pour rendre 

xov aToXtcrjjL(5v, se servent seulement de et \|; il est 

clair que DaHV QTy'a pas une signification plus 

étendue; c'est ainsi qu'en copte on dit à la fois 'xonc et 
^in^onc, vis, vlolentia, injuria. Mais nous n'avons plus 

affaire à la forme déjà reconnue D ^4 ( ( U ^^^^^j^ i qa p ki n 

DURA, le « LIBELLÉ )) ,' de même qu'en copte on dit aun«.pe^, 
custodia; TLsnigiiu, interrogatio ; *x.m^i, mensuratio, etc. ; et 
^unepoTU), responsioj Qunepg^ioà^ opevatio; «mep^coT^ navi- 

1 . Papyrus Anastasi y, 15, 7. 

2. Le Papyrus Anastasi n*a que SxA-K, le duplicata dans le Papyrus 
Sallier /, 6, 2, porte SxA-N-K. Il semble que les deux pronoms sont 
nécessaires. 

3. Le Papyrus Sallier portQ (1^ , dont Goodwin {Pa^ 

pyrus hiératiques^ II, p. 11, ou Reçue archéologique, 1861) [Biblio^ 
thèque égyptologique, X, p. 91] ne connaissait pas d*autre exemple, et 
qni n*a pas été, que je sache, retrouvé ailleurs. 



AMVS/W 



52 LA t> ARTICULE GOPtE 'luit, ^vX 

gatio, etc. ; de même en démotîque, à côté du premier type 
^((j |aw>/naJi ^, on a un second type -^ ûû U 

Je crois rencontrer un second exemple de cette combi- 
naison dans une des formules du Papyrus magique de 
Leyde, A 65, p. xx et suiv. Elle est intitulée : 

Formule d*ôyocation par la lampée 

Le mot Onnâo rJ (j^^Oest formé tout comme 
le copte n-%jn-epeiu«TJuun, concupiscentia, et signiBe 
simplement « évocation » ou « conjuration ». 

Troisième forme, — Enfin, comme les mots coptes com- 
posés avec a^m, les mots égyptiens composés avec -^ul U 

peuvent être suivis d'un pronom régime : on dit en copte 
enTunepeiU'^TAiin epoc, ad coTtcupiscendum eam, de même en 
égyptien : 



On n'est pas à songer à un moyen de lier elle. 

[Pap, Anaatasi /, p. 24, 6; traduction de M. Chabas.) 

Les derniers mots pourraient être traduits exactement 
par de Uganda ea, et en français par « sa ligature ». Nous 
rencontrons ici un fait très ordinaire dans l'égyptien an- 
tique, signalé depuis fort longtemps par notre illustre 
maître, M. de Rougé. La racine verbale, en devenant un 
nom substantif, n'en conserve pas moins la faculté de rece- 

1. Maspero» Recueil de Travaux relatifs à la philologie et à V ar- 
chéologie égyptiennes ci assyriennes, t. I, p. 20; cf. p. 36. 



LA PARTICULE COPTE «««, «'m 



53 



/WVVNA 



voir des compléments comme le verbe; de sorte qu'il con- 
viendrait de modifier la troisième formule que j'ai tirée de 
Peyron, en disant que le nom formé de ratm et d'une racine 
verbale, peut recevoir, comme dans la langue antique, le 
régime qui conviendrait au verbe. 

On peut encore noter, pour l'assimilation de /d ( ( tl 

avec ^m, «xin, que les mots commençant par ^ ( ( W '^'^'^^ sont, 

comme on l'a pu remarquer, du genre masculin, ainsi que 
les composés de <^m, «jii\ 

Enfin, pour terminer, je chercherai quelle est la valeur 

des préfixes -^ ûlj tj '^'^'^^ et <^m. 

Le texte de Tanis n'a employé nulle part séparément le 
mot ^ûi|t|; au texte de Rosette, au contraire, le mot repa- 
raît plusieurs fois seul. M. Revillout traduit : « ordre » 
(Rosette, p. 19, 20, 35, 36, 37). Dans la rédaction grecque, 

(j^<=>«^Dlj(( t[ « toute chose en dehors de 



^^37 



leur ordre » répond à xa tê èxXeXeiixjieva ndtvca « toutes les choses 
négligées » (p. 19); i i ûû U « selon l'ordre » répond à xa^à 

n^^^n^l^DUÛÛi^ «il les fit 



To -ïcpfJtnixov (p. 20); 

établir dans leur ordre » répond à StaxETvîpr/.tsv « il maintint » 

°u(j(j| «il fit faire 




(p. 35; grec, 1.33)"; 
autre leur ordre » répond à îrpoaôiwpOjjcxaTo « il restaura » 
(p. 36; grec, L 34); enfin, DUÛl « en leur ordre » répond à 
w<x4eT)xei (p. 37; grec, 1. 35). En composition H uaaw>a 



' r? §û ^^^ 1' ^ ^^^^^ ^' Revillout) «rédaction, 
libellé » selon moi, « dépôt » selon M. Revillout (p. 54 et 



1 . Un certain nombre d'entre ces mots sont da féminin ou des deux 
genres dans le dialecte sahidique. Le féminin est fort rare en mem phi- 
tique. 

2. Lacune dans le texte hiéroglyphique. 



54 LA PARTICULE COPTE ^n, ^m 

197), « ordonnance ou protocole des contrats {ibid., p. 139), 
correspond au grec tU -^ou; j^pTjfiaTKi^jiojç « dans les arrêts ou 
décisions » selon le Dictionnaire grec d'Alexandre, « dans 
les actes publics » selon moi. 

Il est fâcheux, pour l'intelligence de la signification intime 
de cette racine, que précisément les passages correspon- 
dants manquent au texte hiéroglyphique \ Pour le seul pas- 
sage de la page 37 du texte démotique, le texte hiérogly- 
phique a conservé au commencement de la ligne 5, un signe 

lu ^ par M. Brugsch*, ^ par Lepsius', corrigé en y3 par 
Chabas*; M. Revillout, guidé par le démotique, a rétabli 
(Iq ni*. Pour moi cette restitution ne me paraît pas satis- 
faisante, car on ne trouve cette expression nulle part ailleurs 
dans la langue sacrée, et je préférerais ^^5^^ Q^^ se 
trouve à la ligne précédente du texte, et qui rendrait bien 
compte du signe ^, conservé sur la pierre, d'après les véri- 
fications de MM. Brugsch et Revillout. De sorte que le 
texte de Rosette, fût-il complet, ne nous apprendrait rien. 
Peyron croit que «m indique une action. Cependant il 
faut remarquer que le mot des écritures hiéroglyphiques ne 

prend jamais les déterminatifs des actions ^ J\ ou ^, mais 
que l'on écrit ^(û y six fois sur Rosette, quatre fois sur 

Tanis, ou bien n n Q/j, comme au Papyrus de Leyde. Si 
l'on n'avait la variante ^^^U ^tr^ du Papyrus Anastasi. on . 



pourrait affirmer que les Egyptiens n'attachaient pas à cette 

1 . [Voir : Le Décret de Memphis et les Inscriptions de Rosette et de 
Damanhour, infra, p. 245 et suiv.; sur xin, p. 324 et 364; et, p. 329, 
pour la ligne 5 [20], une tout autre restitution.] 

2. Inscriptio Rosettana. 

3. Ausmahl, pi. XVIII. 

4. L'Inscription hiéroglyphique de Rosette^ p. 37. 

5. Ckrestomathie dèmotique^ p. 184. ^ 



LA PARTICULE COPTE «xiit, ^m 55 

particule l'idée de force et d'action. C'est qu'en effet on 
peut la rapporter à une autre signification, car : 

^in«^^epa.T, statio, permanentia; 
(^inAiÀe^ insania; 
^mÂxoTïi, mansio; etc. 

marquent bien plutôt I'état, la manière d'être, que l'ac- 
tion. 

Bien plus, Pey ron donne, selon moi, la véritable valeur 
de -xin, d'in, quand il traduit : 

^innROTK par ratio, modus dormiendi, requies; 
<^infa>it«.^ par vitœ institutum, ratio. 

Cette puissance de -xm n'est pas moins incontestable dans : 

^mcoîTetJL, audituSj sensus audit us; 
^mTÎSo, puritaSj mundities. 

Or, l'orthographe ^4 ( ( U rappelle le mot antique ^'^^Q 
> -^û U3 , etc., pour la signification exacte duquel j'in- 
voquerai l'autorité de M. Chabas. Il résume ainsi l'étude 
qu'il a faite de ce mot : « La signification de ^4^. ( u 

nous a été révélée de la manière la plus manifeste. Aux 
valeurs ybrme, ressemblance, portrait^ il convient d'ad- 
joindre celle de mode, manière, état d'être, et sous toutes 
ces acceptions le mot se dit des hommes, comme des ani- 
maux et des choses inanimées*. » 

Les déterminatifs employés u, ^ et — *-^ concordent 

parfaitement avec toutes les significations du mot. 

La signification « ordre », donnée à ce mot par M. Revil- 
lout, convient aux passages du texte de Rosette, où il est 

1. C'est le copte thébain ^^, forma. 

2. Chabas, Voyage d'un Égyptien, p. 240. 




56 LA PARTICULB COPTE «in, *m 

employé seul; maïs il ne peut plus s'appliquer aux mots 
composés, et là M. Revillout hésite ou traduit par le grec. 
Je pense que dans les passages cités on peut fort bien tra- 

duire (1^<=> »^ D^(|0 » par « toute chose en 

dehors de sa nature, de son état naturel », t f Q( \{ ^^ 

§DUÛÛ Uet LlûOtl par : «en état, en bon état, ou dans 

l'état naturer ». Dans les mots composés, nous avons 
l'emploi justifié et de plus en plus développé de la racine 
antique. 
En résumé, je crois que ^m, otin viennent de l'antique 

Z^^ûu 1=^:^=1, dans sa signification mode, manière d'être, 

état, — qu'on la trouve déjà en composition dans les textes 
classiques (XIX® dynastie), — que l'usage en devint plus 
fréquent à l'époque ptolémaïque, dans les textes démotiques 
surtout, — qu'enfin elle passa en copte dans une acception 
plus étendue. Après avoir signifié l'état, la manière d'être 
d'une chose ou de la personne qui fait l'action (acception 
souvent conservée en copte), elle vint à exprimer, dans 
d'autres mots, Y action elle-même, et les mots composés avec 
^m, «in se multiplièrent'. 

1 . Ce qui conduit facilement au sens du copte ou cpo, coneenirc 
alicui (cf. Peyron, Lcxicon, p. 378, col. 2). 

2. M. Revillout me signale que M. Brugsch, dans son Dictionnaire 
que je n*ai pu consulter, a déjà donné des exemples de rapprochement 
de la forme démotique et du ^iit copte (p. 1438). 



DIALECTES ÉGYPTIENS' 



I 

DEUX CONTRATS PTOLÉMAÏQUES 

Que les Egyptiens aient parlé différents dialectes, c'est 
un fait qui paraît hors de doute. D'abord dai^s les temps les 
plus rapprochés de nous, on ne peut contester l'existence 
des trois dialectes sahidique, memphitique et baschmou- 
rique, propres à la Haute-Egypte, à l'Egypte moyenne et 
au Delta. Mais les textes hiéroglyphiques eux-mêmes nous 
attestent l'existence antique de plusieurs dialectes. Tous les 
égyptologues connaissent ce reproche d'un scribe à son 
maître : « Ses ordres s'accumulent sur ma langue, demeurent 
» sur ma lèvre; ils sont diflBciles à comprendre; un homme 
» inhabile ne les traduirait pas ; ce sont comme les paroles 
» d'un homme d'Athou avec un homme d'Abou. » De 

(1^8 ^jl^ "^ ' ^^"^ ^®® égyptologues font le Delta du Nil; 
pour tout le monde, y j ^q, au contraire, est Éléphantine. 

De sorte qu'un scribe de l'époque des Ramessides constate 
que, de son temps, existaient, aux deux extrémités de 
rÉgypte, deux dialectes fort différents. 
M. de Rougé, mon illustre maître, a de tout temps pro- 

1. Extrait du Recueil de Travaux relatifs à l'archéologie égyptienne 
et assyrienne, 1882, t. III, p. 32-42; 1883, t. IV, p. 12-20. 



58 DIALECTES ÉGYPTIENS 

fessé dans ses écrits, comme dans son cours au Collège de 
France, que le système d'écriture des Égyptiens était tel 
qu'il y avait impossibilité de saisir les différences de dia- 
lectes qui pouvaient avoir existé. Ses disciples et toute l'école 
égyptologique paraissent avoir pris à la lettre la parole du 
maître, car personne, à ma connaissance, n'a essayé d'aborder 
cette question. Toutes les modifications qu'on a pu observer 
ont été mises sur le compte des transformations que le temps 
doit amener. J'accorderai qu'il n'y aurait rien d'étonnant 
à ce que l'a langue se soit modifiée avec le cours des siècles. 
Je ne veux pas entreprendre de rechercher aujourd'hui dans 
les inscriptions les traces de ces modifications. Il me suffira 
de rappeler que pour trois époques de la langue MM. Mas- 
pero, Revillout, Erman ont constaté, dans la conjugaison 
du verbe, par exemple, de grandes différences entre l'égyp- 
tien antique, les textes démotiques et le copte : des formes 
se conservent d'un âge à l'autre, d'autres disparaissent, et 
quelquefois de nouvelles les remplacent. M. Chabas pense 
que dans ses trois mille ans d'existence la langue hiérogly- 
phique est restée sensiblement la même. Cependant on a pu 
signaler quelques idiotismes propres à certains textes. 
M . Maspero a retrouvé dans les hiéroglyphes des termes de 
transition entre les formes données par les textes des trois 
grandes époques de la littérature égyptienne. On a cité cer- 
tains mots comme de véritables archaïsmes, et au contraire 
la XIX® dynastie est l'époque où fleurissent les néologismes 
empruntés aux langues sémitiques. 

On peut même dire que les exemples de variations dans 
les vocables ne sont pas rares ; mais je me demande s'il ne 
faut pas en attribuer quelques-unes à l'influence du langage 
spécial à la localité où le document a été rédigé plutôt qu'a 
celle de sa date. Ainsi je me persuaderais volontiers que 
c'est à une différence de dialecte qu'on doit la variante 

1 J ^î^iz::* ^ (Lieblein, Dict, des noms, 354). Je me 



DIALECTES ÉGYPTIENS 59 

figure assez facilement que ceux qui écrivaient ■¥• . x af > 

n J "^^ (Lieblein, Dict., 515; cf. 539 et 643) pronon- 
çaient (*)nj6qi au lieu de ton^eq, lorsque cette orthographe est 
adoptée pour plusieurs mots sur le même monument, et que 
d'ailleurs on est sûr (comme ici pour Senbtfi) que V\\ n'est 
pas mis pour cadrer le groupe. 

Pourquoi les uns écrivent-ils J ^^/wvv J ^ (Lieblein, Dict., 
664), d'autres J ^ J \'^ {ibid,, 547, 549, 1170)? les uns 

nome, d'autres « Ij ? 
L'auteur du Voyage en Palestine et le poète Enna écrivent 

m ah ^^^P' ^^^s^' I^ 28, 7) ou p^ ^^ {Pap. 

Sali. II, 4, 7) ^itcg, tandis qu'Amenemapt, à la même 
époque, orthographie T^îiï ^è\ 1k J»T»T o 5g*^ité.ig (Pop. 

Ana^t. III, 5, 11). Ne pourrait-on soupçonner qu'ils ne sont 
pas nés dans la même province ? 

Le scribe du manuscrit des Maximes d'Ani a une ten- 
dance remarquable à remplacer <rz> par r^^^^. Il écrit 

û ^^^ î3ï^«^o'»', au lieu de fl yj^*^^ gep^^oT « petit », 

/www ncit, au lieu de <:=^ ncp, etc. C'est là une permutation 

fréquente dans bien des textes. On peut y voir des doublets 
d'un même mot; mais il pourrait bien se faire que cette 
orthographe indiquât une prononciation locale. Qu'un 
Romain lût sur un mur de Pompéi : Aima vilumque cano 
Tlojae qui plimus ab olis ... il reconnaissait la main d'un 
gamin de Campanie, descendant des Osques, comme nous 
reconnaissons à cette même substitution de lettres le ma- 
nuscrit d'un habitant du Delta (dialecte baschmourique). 

La même cause n'a-t-elle pas produit l'allongement en 
Al, H, R, etc., de bien des racines, et vice versai 

îîe pourrait-elle pas aussi expliquer l'introduction acci- 



60 DIALECTES ÉGYPTIENS 

dentelle du f^^^^ dans la série des mots réunis par M. Chabas 
( Voyage d'un Égyptien, p. 349)? 
Une table d'offrande à Éléphantine {Denkmâler, III, 43 e) 



écrit ^=> ...'Ci TR, tandis que partout ailleurs on écrit A .•••^ 

TRp. N'est-ce pas une trace de ce dialecte d'Abou que l'ha- 
bitant d'Athou avait peine à comprendre? 

Quand on rencontre am^^ S) tinxi pour • ^ iu6r, n'est- 

ce pas parce que le scriTe.V habitud^Te prononciation 
locale, déplaçait l'accent tonique de la première à la seconde 

syllabe? Ij p ^ «^tk a fait om, puis enwo. 

Enfin il faut considérer que le copte thébain n'emploie 
pas toujours les mêmes mots que le copte memphitique 
pour rendre les mêmes idées. Ainsi on trouve : 



MBMPHITIQUB 


THÉBAIN 




KIOÀ 


^hJk 


fermentum ; 


C«^T 


ne% 


jacere, projicere ; 


TOTie 


COAIS 


ablactare ; 


KOTp 


«.A 


surdus, etc.. 



De même on trouve dans les Rituels des mots remplacés 
dans d'autres exemplaires par leurs synonymes. Ne serait- 
ce pas encore une fois que le scribe, rencontrant dans le 
manuscrit qu'il copiait un mot peu usité dans sa localité, le 
remplaçait par l'expression adoptée chez lui par l'usage? 

Eh bien ! je crois qu'en étudiant tout ces faits avec pru- 
dence, il ne sera pas impossible de saisir en quoi différaient 
entre eux dans l'antiquité les principaux dialectes de 
l'Egypte. 

M. Chabas, tout en reconnaissant « qu'il est extrêmement 
vraisemblable que, dès les temps pharaoniques, la langue 
égyptienne se divisait en dialectes plus ou moins tranchés » , 
pensait que « jusqu'à présent, et assurément pour bien long- 
temps encore, nous manquerons des moyens de constater la 



DIALECTES ÉGYPTIENS 61 

véritable nature de ces dififérences ». Cependant, avec la 
pénétration qui le distingue dans tous ses travaux, il pose 
nettement les conditions indispensables à ce genre de re- 
cherches : 

1° La possession d'un certain nombre de papyrus contem- 
porains, — traitant des mêmes sujets ou au moins de sujets 
analogues ; 

2** La certitude que, parmi ces papyrus, il en est qui ont 
été composés dans la Basse-Egypte et d'autres dans la 
Haute-Egypte. 

Or, c'est précisément dans ces conditions que je veux 
entreprendre une courte étude sur les dialectes de Memphis 
et de Thèbes, à une époque antérieure à notre ère. 

Dans les premiers textes en écriture démotique, publiés 
par M. Revillout, dans sa Nouoelle Chrestomathie, il s'en 
trouve : 1** dont les dates sont contemporaines ; 2*^ la prove- 
nance certaine. 

L'un de ces actes est daté : « L'an 21, Phaménoth, des rois 
Ptolémée et Cléopâtre, les enfants de Ptolémée et de Cleo- 
pâtre les dieux Epiphanes, étant prêtre d'Alexandre, etc. », 
c'est-à-dire de Phaménoth de l'an 21 de Ptolémée Philo- 
métor, ce qui correspond à avril 160 avant J.-C. C'est un 
contrat par lequel un sâhou neter (en grec àpxevraçiajxTÎç) 
abandonne à sa sœur la propriété d'une maison sise « au 
temple d'Anubis, sur le côté sud du dromos du temple 
d'Anubis, le dieu grand ». Elle avait pour confins « à l'occi- 
dent l'enceinte du sanctuaire d'Anubis, étant le boulevard 
entre eux' ». 



IT^'^l^n h^^fK-l 

(Revillout, Noucelle Chrcstoniathie dènxotique^ p. 115 à 116). 



CTZD 
I 



62 DIALECTES ÉGYPTIENS 

Voilà donc un acte fait, en 160, à Memphis. Il ne peut y 
avoir de doute sur ce point. 

Voici maintenant deux autres actes datés : a L'an 23, 
Choiach 29, du roi Ptolémée, fils de Ptolémée et d'Arsinoé, 
les dieux Philopators, et sous le prctre d'Alexandre, etc. », 
c'est-à-dire du 29 Choiach de l'an 23 d'Épiphane, ce qui 
correspond au 2 février 182 avant notre ère. C'est un contrat 
par lequel deux sœurs cèdent à un étranger « le tiers de 
leur maison en ruine et le tiers de ce qui en dépend », le 
tout situé « dans la région sud de Tlièbes, au lieu nord de 
l'avenue de Maut qui va au fleuve, en face du fleuve' ». 

Il ne peut y avoir aucun doute que cet acte ait été dressé 
à Thèbes. 

Nous avons donc, comme le demande avec beaucoup de 
raison M. Chabas, deux actes : 1® contemporains : l'un de 
l'année 160, l'autre de l'année 182 ; 2^ d'une provenance on 
ne peut plus certaine, l'un de Memphis, l'autre de Thèbes ; 
3® traitant absolument du même sujet, une vente de maison. 

Si donc, dans ces actes, nous trouvons ou des mots écrits 
sous des formes nettement différentes, ou l'emploi de mots 
différents pour désigner une même chose, ou enfin des tour- 
nures de phrases différentes, on ne pourra nier que même 
dans les textes hiéroglyphiques on ne puisse saisir des dif- 
férences de dialectes. 

I. Différences d'orthographe. — On trouve les mots sui- 
vants écrits : 

DANS l'acte MBMPHITIQUB DANS L'ACTB THÂBAIN 

^^"^ en^re, p. 116. ^^^T"' P" ^^' 



1 1] ^^C£^ A qII i^i^ (ReviUout, loco cUaio, p. 71). 






DIALECTES . ÉGYPTIENS 



63 




DANS L ACTE MEMPHITIQUB 

^=**=^'|'| cowrfée, p. 114,118. 



DANS l'acte THÉBAIN 



» 






^ 



O nord, p. 114, 115, 118, 
119. 

^ ~=^ co/n/)/e<,p.ll4. 



(?) 






p. 114. 



ciz: 



4^1X0^ Toiroç , 



, p. 71. 



5 compléter, p. 70, 71, 
76; complet, p. 74. 
>C) <=:> 8 rarement, 

^<=>« (dans d'autres 

actes, passim) . 



II. Différences de terminaisons. — Dialecte mempiii- 
TiQUE. — Les exemples précédents, toutefois, sont du res- 
sort de la paléographie plus que de la grammaire. Il faut 
les considérer comme des habitudes graphiques qui diffé- 
rencient récriture de Memphis de celle de Thèbes, mais 
sans rien changer à la langue. Ils constituent, si l'on veut, un 
dialecte d'écriture, sans être un dialecte de langage. Il n'en 
est pas de même pour les mots suivants : 



î 



MEMPHITIQUES 

rue, p. 116. 



P ^ (j(jrs^cîm6'Amr?(0'70), 
"p^^l?, 119. 

j_^^ l\^l^ P^''^> partager 
(divers contrats). 



THÉBAINS 

„,etî(]|j^,p.l2,39. 
40,49,56,61,72,83,92,96. 

PJ^r^etp^,p.72 



D 

CEO 



U-/1, p. 70. 



On peut voir là, à son origine, la tendance memphitiquc 
à terminer en i les mots que le thébain termine en e : npiojmi, 

homo, npcojuLc. On doit surtout comparer à jf<=^(]l 



64 DIALECTES ÉGYPTIENS 

memphitique e* î(|(|<=>^ thébain, les mots comme : 

AiHiiu signum Ai&ein 

Àoiii malus À(i>(i>n 

RepjLu cinis, fuligo Ru>pjuL fumus 

Ki3i2} vagina Roeig, 

A«.7u latrina navis A«^^ 

et autres mots où le thébain ne prend aucune voyelle finale. 
Dans le contrat memphitique se rencontrent encore quatre 

autres mots en m, qui n'ont pas leurs correspondants dans 

l'acte thébain : 



/VNV\A/V 



A m lieu de repos\ p. 115, 118; 

^( û "^^ et cn( û renversement, démx^lition d'une 
maison, p. 116, 117; 

i'^fl^Q '^''^' p- ^^^' ^^^• 

Dans le contrat thébain, au contraire, ne se trouve aucun 
mot en (Im, si ce n'est \\M^=^ éloigner, abandonner, qui 
est commun aux deux textes. 

m. Différence dans V emploi des consonnes. — Dialecte 
THÉBAIN. — Il n'est pas impossible de montrer dans les 
contrats certains caractères propres au dialecte copte thé- 
bain. Ils ne sont pas encore tranchés, mais ont en voit les 
traces. 

L'un des caractères les plus marqués du dialecte thébain 
est l'adoucissement en g^ du ô ou T antique, qui reste ss en 
memphitique. 

1. Cf. fl^^î h Çs.^ ^ mapo/i/ier, et /i^=^=^ reposer, som - 

meiller, être étendu (Pierret, Vocab., p. 266), d'où vient (j M , 

qui ainsi peut signifier une chambre à coucher ou un lieu de repos en 
général. 



DIALECTES ÉGYPTIENS 65 

Dans les contrats ptolémaïques thébains, il est facile de 
démontrer que la langue n'a pas encore subi complètement 
cette transformation; grand nombre de mots sont encore 
écrits par ^ = # ou par ^ = î . 

\*\jÈï ^^''"^^^ (®"^ ^^' P- ^32; en 182. p. 77; en 



150, p. 58; en 142, p. 85 ; en 127, p. 107; en 122, p. 101 ; 
en 120, p. 159; en 119 (?), p. 154; en 113, p. 125). 

^•y»_ 1^ Anch-chensou, nom d'homme (en 497, 



p. 142, note). 

y — «•^••'^ Sânch, la prophétesse de Djême (en 150, 
p. 52, 58). 

\(iP^'^^ XowtoxpitYK, nom" d'homme (en 117, p. 11). 

connaître, savoir, pouvoir, g même sens (en 199, 

p. 130; en 182, p. 75; en 176, p. 144; en 150, p. 50; en 
122, p. 99; en 120, p. 62; en 117, p. 9 et 16; en 115 (?), 
p. 153; en 113, p. 124). 

»>~yAA rechercher une femme* (en 235, p. 1 ; en 201, p. 110) ; 
cf. Mw^ ^^ et AAwvv /'^ poursuivre à la chasse. 

*^'^, etc., le xet, la 100« partie del'lj ^ ®=*^ (en 
'^ 150, p. 48 et 55; en 142, p. 84; en 127, p.^S; en 119, 
p. 60 et 62); cf. i^^ même sens. 

K.^ j I le dromos du temple (en 142, p. 82 ; en 122, p. 91 ; 
%n 117, p. 12). 

Mil — "<->flfl^ 2ix^pu;, nom de femme (p. 23, 113, etc.). 

^^îl^l^ «^S* (M.), carpentarius, lignarius faber (en 
113, p. 142). 

1 . Prendre pour femme (M. Revillout). 

BlBL. âOYPT., T. XY. 5 



66 DIALECTES ÉGYPTIENS 

IT R j| Ta-cheleh, nom de femme (en 122, p. 92). 

T 01] <=> ^we (dans presque tous les actes) ; cf. *ip (M.), 

2}? (T.). 
T<=>a7\ dédommagement (en 113, p. 124); cf. p|g«^«^p (T.), 

œstimore. 

►T<=>(j(j^^^^ e/i bas (en 96, p. 23). 




I 



Jardin (en 122, p. 89, 93, 94, 96 et 99). 

'wv^^ <a ravin, canal, SiwpoÇ (en 182, p. 73; en 122, 
p. 98). 
Jljlj wr'.sKm-' (en 113, p. 123); cf. J ^ {]^ ' J "^ ••■"'^ - 
•^TL-A. etc. 

P S l|lj l-fl ,.«>- p l|(| ^ , -Œ^ P ^ Arorfer (en 199, p. 131 ; 

en 182, p. 75; en 141, p. 42; en 119, p. 62; en 176, 

p. 144). 

Os"^ opposition (en 199, p. 132; en 182, p. 77; en 150, 

p. 58; en 152, p. 85; en 127, p. 107; en 122, p. 101; en 
120, p. 159; en 119 (?), p. 154; en 113, p. 125). 

S -^ ^^ petit (en 182, p. 68, 69) ; cf. t '^^^ 
^Offii large (en 141, p. 37); cf. ^p * oruigc (T. et M.). 



SS 



A^VSAAA 



I 



f^^^^^^ foulon (en 141, p. 40; en 96, p. 26); cf. 



AA/VVNA 



ptogc (T.), péj6i (M.). 

^&* règlement (en 117, p. 18). 



1. Ke/'sc'/' (M. Revillout). 

2. Je ne sais pas le correspondant hiéroglyphique du signe démo* 
tique, que je lis p à cause du copte. 

3 . Même observation . 



bïALECTES EGYPTIENS 67 

Les textes thébains d'ailleurs emploient le 2. dans certains 
mots, comme : 

Hcn so/i (en 113, p. 122), cf. ce^cio^. 
n_-3 tnouture (en 113, p. 133), etc.. 

Par tous ces exemples, il est donc bien démontré qu'à 
cette date, du milieu du III® siècle jusqu'au milieu du premier 
avant notre ère, le dialecte thébàin n'est pas encore constitué 
comme le dialecte thébain dans le copte. Mais il convient 
d'ajouter qu'à côté de tous ces mots, on en trouve quelques 
autres où l'on saisit manifestement la tendance du passage 

de la lettre forte #1 (copte i6) à la lettre plus douce Rra 

(copte ^). 

Le contrat memphitique dit (p. 116) que l'acheteur 
pourra : 

bâtir, démolir, faire tout renversement de ta maison. 

Le mot ,ç^>^;^^— ^ se retrouve dans nos actes thébains. 

La maison dont il y est question est aussi désignée comme 
une maison en ruines^ : 







^r^TVii-i 



cn3 
I 

la maison en démolition. 

Ainsi, en 182 et 160, c'est-à-dire tout à fait à la même 
époque, on prononçait : à Memphis, ;6cp*(op ou ;6a)p;6€p, et 
à Thèbes, £cp^u>p ou ^wpg^ep, qui devinrent à l'époque 
romaine dans les hiéroglyphes monumentaux et plus tard 
dans le copte cgepigiop T. et M., et igci>pigp T., igepigaip M. 

1. Revilloat, \ottecllc Chrc.stonuiihir dèmoivitir* p. 09, 73, 74, 



68 DIALECTES ÉGYPTIENS 

evertere, eoersio. Mais on retrouve la différence antique 
dans les deux dérivés ^wpA T.frangere, et ^ôpeA M. dirutus, 
désertas locus. 

Un second exemple n'est pas moins concluant. Dans mon 
étude sur la petite dynastie thébaine', découverte par 
M. Revillout dans les papyrus démo tiques, j'ai démontré 

que le véritable nom du roi y | f «j )j^J ^^ pouvait être 

^^® ( ^' %tlji HORMEH, les signes y ^ étant ceux qui écrivent 
les mots MEH compléter, complet; meh payer, solder; mehtu 
le Nord. Le roi national avait adopté pour la prononciation 
de son nom la prononciation qui commençaità s'introduire 
à Thèbes. Toutefois, j'ai remarqué qu'elle n'était pas encore 
générale, puisque dans les actes de vente de février 182 le 
nom d'un voisin de l'immeuble est écrit * : 

Les Grecs de l'époque ont toujours écrit "Apfiatç, suivant l'or- 
thographe thébaine, et jamais "Apfiaj^tç (voir les tables des 
publications de papyrus grecs). 

Enfin, je crois pouvoir citer encore un troisième exemple 
de l'influence de la prononciation sur l'écriture des mots de 
la langue antique. Parlant de la maison de Memphis, le 
papyrus de Leyde dit qu'elle est située' : 



à Fouest du mur du sanctuaire de l'Anubeion. 

1 , Le roi Horeinhou et la dynastie thébcUne, extrait des Mémoires 
de la Société des sciences d'Orléans, p. 7 et 31. [Voir plus loin.] 

2, Revillout, Nouvelle Chresfomnthir déinotiqno. p. 72. 

3, Revillout, Xoucelle Chresioinatliie déniotique, p. 116. 



DIALECTES ÉGYPTIENS 69 

Mais un autre papyrus ' cite une autre maison située : 



h ^p4,T™in>Tir.i 



à Fouest du sebek du sanctuaire de l'Anoubeion. 

Il me semble que psebek n ha-nuter n'est pas autre 

chose que Tan cienne dénomination égyptienne >^ [l J | 

^/vvww I que tous les égyptologues ont traduite 

jusqu'ici par « le pylône du temple ». Or, ce mot paraît 
s'être conservé en copte dans l'expression memphitique 
"^coTg^i tfT«i^e ou n«io, ou nq(x>i et 'J-codot^ithc qui ont embar- 
rassé les traductions et que je crois signifier : pars anterior 
(quasi ^cotAcr), capitis, capillorum, oculi. Le mot est du 
genre féminin dans l'égyptien antique et masculin dans 
notre texte démotique, mais Peyron fait remarquer que 
coT^i est des deux genres. En résumé, n'avons-nous pas là 
un mot intéressant pour l'étude des dialectes, qui se pré- 
sente avec les trois formes de la gutturale? 

IV. Différence de genres. — Il n'y a rien d'étonnant à 

ce changement de genre du mot fl ^ féminin et 

n n I 1 I ^ Ci td i — I 

I U -'^z::^ masculin ; car, indépendamment d'un grand 

nombre de cas analogues que peuvent fournir les textes 
hiéroglyphiques de diverses époques, le contexte même des 
contrats que j'examine m'en offre un exemple. Il est dit que 
la maison en question est séparée du Sérapéum par un 
boulevard (p. 116) : 



Dl^.-i.l^^'y'Sb.^ 



étant le boulevard entre eux. 

1. Papyrus du Louvre, n* 3268. — îhid,^ p. 115, note. 



70 DIALECTES ÉGYPTIENS 

Ce même boulevard est également cité dans l'acte rap- 
porté en note, p. 115, pour Tautre maison : 



DMM— ^^0^^'SçA^I 



I 

Cl I 

est le boolevard entre eux. 



Au contraire, on voit qu'à Thèbes on désignait par le 
même mot « l'esplanade, la terrasse », qui se trouvait sur 
un bâtiment. Mais alors le mot changeait de genre. Un acte 
de l'an 2 de Darius concerne des « maisons, oureh, et autres 
biens appartenant au pastophore d'Am on-a pi du li eu occi- 

dental de Tkébes^ „ ^Z|^°TlTf « D *• ^*°« 
le corps de l'acte, on cite" : 




le jardin (?) et son pavillon qui (est) derrière lui et la 

mm^r', 7 *ii»tii ° pililî'T' 

terrasse qui (est) au-dessus du pavillon. 

Il est vrai qu'ici la modification du genre peut provenir 
de la nuance de signification entre D îîM i ^U « la pro- 

menade, le boulevard » qui passe devant l'Anoubeion et 
^^ T^T^T T»T»T « le promenoir, la terrasse » d'une maison. 
C'est ainsi qu'on dit Djlj()j_| ,^^'^^"^'^^®* J^ÎS^n in l 

« la ruelle'' »; è\ ^"^^ « \^ famille* » et '=^^'^^ « ton 
ar/ent* ». La démonstration ne sera complète que si l'on 

1 . Revillout, Chrestoniathie dèmotiquc^ p. 295. 

2. Ibld., p. 297. 

3. Ihid,, p. 12, 25, 39, 40, etc. 

4. Ibid., p. 61,72, 83, 92, 96. 

5. Ibid., 271. 

6. Ibid., p. 277, 302. etc. 



DIALECTES ÉGYPTIENS 71 

trouve à Thèbes une véritable promenade, avenue ou bou- 
levard désigné par le mot àdèâ * . 

V. Mots différents pour rendre les mêmes idées. — V La 
filiation de la femme qui achète à Memphis est introduite 
de la manière suivante : 




¥ 1^ )^mÉ 



Djimou FILLE (SATI) du divin ministre Pas! (p. 114); 

celle des venderesses de Thèbes est énoncée comme il suit : 

Tse^Thot rainée fille (SA) de Hermias (p. 68)>. 

2** Le sexe des deux femmes est indiqué de la manière 
suivante : 



Ky 



m n^j ^ ^ I c^iAïc «lAiooT (p. 114). 



^^^^^^â &I«e TCCT^KOT (p. 68)'. 

1 . La démonsti*ation serait faite si, danà Tacte de Thèbes (texte cité 
plus haut), au lieu de ^^. ^J^^^ i ^^^ h^ ^ ^* l'avenue de Maut » 

(Revillout), on devait transcrire >^ T»T»T Q | A o og«.;6«^, et y voi 



voir 



l'équivalent de D T»T»T ^ T»T»T niga^^è^; mais cela rae paraît 

douteux. 

2. Môme différence dans renonciation de la filiation des prêtresses 
(p. 113, 114, et p. 68). Le memphite a conservé la différence entre 

^^^ Jils et \^^ fille; le thébain a supprimé le ^. Jusqu'à nouvelle 

démonstration, je vois dans la sigle thébaine une variante de la sigle 
memphitique. 

3. Je suppose la lecture hime, comme dans l'ancien égyptien, parce 
qae le copte thébain a gardé le pluriel ^lOAie. 




PtLUMS NT 





72 DIALECTES ÉGYPTIENS 

3** Le surnom SwTiSp, du premier des Ptolémées, est tra- 
duit : 

1k 'Y^ Pn ' S J « NA NETERU NT RK GABU, « leS 

dieux qui écartent la défaillance » (Memphis, p. 113), et 

p SuTR, « Ptolémée Sôter », mot à mot : « qui le Sôter » 
(Thèbes, p. 67)\ 

4** Pour marquer Torientation, on dit : 

y ^^ (?) (1^ maison et dépendances) 
« DU CÔTÉ Nord de l'Avenue de Maut » (Thèbes, p. 71). 

§aK ctidIô (la maison, etc.) «du côté Sud du 
dromos » (Memphis, p. 114). 

VI. Idtotismes, — Enfin, si nous prenons toutes les for- 
mules des deux actes, nous y reconnaîtrons l'emploi de 
mots et de tournures de phrases toutes différentes. 

Première remarque. — Le memphitique se sert du verbe 

où le thébain emploie le verbe \\ ^ : 

p no9«.o9«^ «.tttot" — « ÉTANT le boulevard entre eux » 
(Memphis, p. 116). 

*.T T«^i6ip imep (?) *.0TTTOT — « Étant la ruelle de maison 
entre eux » (Thèbes, p. 72). 

*.» loSip coTTcn «.o-mroT — (( ÉTANT la rue du roi entre 
eux » (T., p. 72). 

1 . M. RevlUont a de son côté signalé cette différence. 

2. En me servant des caractères coptes, je n'ai pas l'intention de 
créer aucune assimilation entre Tégyptien ptolémalque et le copte. Je 
m*en sers, comme les assyriologues se servent de l'alphabet hébraïque, 
uniquement pour la rapidité de Timpression. J'ai soin seulement de 
mettre eqtre parenthèses les mots en discussion. 



DIALECTES ÉGYPTIENS 73 

Deuxième remarque, — Mais ce qui différencie surtout 
les deux actes^ c'est remploi des pronoms régimes. 

Les deux dialectes construisent encore, comme dans l'an- 
cien égyptien, le pronom avec la seule préposition '^^^^ après 
les verbes û a et -c2>- : 

j c6«.i o-ri — « Tu as fait A moi (tu m'as 
fait) un écrit de cession» (M., p. 115). 

«.pue itR f -<s£>- j c6«.i aitcA ^«.t — (( Nous T'avons 

fait im écrit pour argent » (T., p. 73). 

nc6«j AiTcà ^*.T àJO't' a^pne hr ( .<2>- j — <( L'écrit 

pour argent que nous T'avons fait » (T., p. 76 et 77). 

nci6«j oTi p«.pT lu ( j — « L'écrit de cession que 

tu M'as fait » (M., p. 120). 

iiTne ^oTcAq itR ( j — « Que nous te le fassions ga- 

rantir » (T., p. 76). 

«.oTi ^nT ( û %(lû û— il "^^^ ) ^i^T 5000 — « Je TE donnerai 
5000 pièces d'argent » (M.? p. 117). 

^Tnec HCR ( û 'vwvaa 1 j — « Nous TE l'avons don- 
née » (T., p. 73, acte pour argent). 

Mais les deux dialectes emploient surtout les supports 
pronominaux; seulement, ils ne paraissent pas user des 
mêmes locutions. Le thébain emploie des supports variés : 

^^^^^ * ^~^ ' fef ' ^k.^' '^ memphi tique ne se sert que 

^OTIIC OTippOR ( A. /l /vvwv\ <=> I j HR ^ nnif «.«i.^ « NoUS 

T'avons donné cession de ton 1/3 de maison » (T., p. 69). 



1. Je lis le démotique 1k (1 drmeure, en général, conime sur 

la stèle Metternich, etc. 



1 



74 DIALECTES ÉGYPTIENS 

'J-oTM pgpT ( o ' l] â ^ ) ""^"*^*^ — « J© TE donne cession 
de ta maison » (M., p. 114). 

De môme, pour exprimer la direction : 

lutT «^orqi ppoR ( (1 n <=> I j AiTcÀq p«.ni — (( Celui qui 
viendra a toi à cause d'elle en mon nom » (T., p. 75). 

lutT «.oTqi p^jnr ( (1 )] e ^ ) *^*'^^®''' P*^* — ^^ Celui qui 
viendra a toi à cause d'eux en mon nom » (M., p. 116). 

n«ju6 itTccp4c Aic«i.K ( —H— ^\ ) 



£1:^ I I I 

— « Le serment qu'ils te feront (qu'ils feront après 

toi)» (T., p. 77). 

De même aussi pour marquer l'éloignement : 

«kOme ^Tiq rxipoK ( (I ^ a ^ y W ^*^ ^Sf ^ ) 

— « Nous l'éloignerons de toi » (T., p. 75). 

«kOTT JULca^i p^OTi pg^pr ( ^^ (I (I î=ç3 ^ ^ ) juiot — 

« Tu m'as forcé de les écarter de toi » (M., p. 118). 

irri ^Tï ne c«^ot p«witoT p£^pT [ ^ ^) ^^^^ — <^ Qu© j© 

fasse éloigner les hommes susnommés de toi pour ces 
lieux » (M., p. 117). 

«kOrne aiot«^tot «^paj6 jutq iioXcK ( £5:$ j — a C'est nous 

seuls qui l'écarterons de toi » (T., p. 75). 

Enfin, je signalerai quelques idiotismes propres au thé- 
bain, sans correspondants dans le memphitique : 

AipoR coT ( ^i^^^ r [pour I^] j nn V nitè^a^ >^*^P^P *^^ 

HK V tvrnk Qurpq iiT^p nor ( j — «À toi CELA, ton tiers de 

la maison en ruines et ton tiers de tout ce qui en dépend, 
comme il est dit plus haut, celui-là » (T., p. 74). 



DIALECTES ÉGYPTIENS 75 

Le memphitique, dans la même formule, dit simple- 
ment : 

JULTT ( ^v I nit«k.«k, TdiOTpe^, T«jui«^j6p HT^p — « A toi la 
maison, la cour, le grenier ci-dessus » (M., p. 116)'. 

Le nom de l'objet, à propos duquel l'acte est fait, se 
construit en memphitique avec la préposition u ^ avec; en 

thébain, avec Tune des prépositions 'www ou ^"^ : 

.... p«>>pT m c6«j[ oTi ft^oTO'T ( (I ^ il — (( Les biens que 

tu as fait à moi écrit de cession avec eux », c'est-à-dire « les 
biens pour lesquels tu m'as fait écrit de cession » (M., 
p. 115). 

«kOTft^p ne iteR ci6«^i JuiTcâ ^^r ne V ( awvsa I | j — 

a La maison que nous avons fait à toi écrit pour argent sur 
elle Vs », c'est-à-dire « la maison pour le tiers de laquelle 
nous t'avons fait écrit pour argent » (T.* P- 73). 

ncJÔà^ AiTCÀ ^«^T «k.OT«wpnenR pc«^q ( •&> I ) — « L'écrit pour 

argent que nous t'avons fait sur elle »(T., p. 76). 

Troisième remarque, — Les deux actes ont une manière 
différente d'exprimer la liaison des phrases, tous deux se 
servent du relatif , mais le memphitique emploie plus 

ordinairement <=> et le thébain (j^ (cf. Première re- 
marque). 

p^^pr ( .<sz>- j m ci6«ki on «^otot — (( Les biens QUE tu m'as 
fait écrit de cession sur eux », c'est-à-dire « les biens sur 

1. Je lia simplement ^^W après ^ derrière, le mot dont M. Revil- 

lout fait un verbe dont ir?a du reste jamais donné la transcription, et 
je comprends : a Tu es (ou : tu seras) derrière moi, tu me poursuivras 
(sens tf&s usité en égyptien), tu as contre moi une action juridique. » 



76 DIALECTES ÉGYPTIENS 

LESQUELS tu lïi'as fait écrit de cession » (M., p. 115). 

ékOTT jjLc^s p ^oTi ( <^^/\ ^ 01] ^^ ) P2.pT JutoT — (( Tu as 

action contre moi pour que je les éloigne de toi » (M., p. 118 ; 
cf. sans liaison deux phrases, p. 120). 

nc6ft^i oTi p«^pT ( <s>- ] ^onpoT lu it pitn r& — « L'écrit de 

cession que tu m'as fait faire en Tan 21 » (M., p. 120). 

«kOT^pneiiK ( (j ^-cz>- ) c6àj aitcIi ^«^t — « Les 

biens dont nous t'avons fait écrit pour argent » (T., p. 73). 

cj6«ki ifcA p^^poT ( I j poq «^^ Ci6&.i iteà p^^poTne poq 

( I J — « Tout écrit qu'on a fait sur lui et tout 

écrit qu'on nous a fait sur lui » (T., p. 76, c. 1). 

( ) n€q^«.n — (( L'écrit pour argent que nous t'avons 

fait sur elle, dont nous avons fait le droit » (T., p. 76, c. 2). 

nc6«j itTg^p «^oT«k.pneneR ( (J ^ -<e>- j — « L'écrit 

ci-dessus que nous t'avons fait » (T., p. 77). 

En résumé, soit dans les habitudes orthographiques des 
scribes de Memphis et de Thèbes, soit dans leur phonétique 
(finales en i et changement de ;6 en ^), soit peut-être dans 
la variation du genre de certains mots, soit dans les parti- 
cularités d'emploi de quelques mots et de certains idio- 
tismes (lexicologie et syntaxe), il est manifeste qu'il y a, 
dans la langue des deux contrats, des différences appré- 
ciables et nombreuses. Je n'ai pas la prétention de croire 
toutes mes observations absolument inattaquables. On ne 
fonde pas des règles sur les particularités de deux textes 
seulement. Pour dire mon dernier mot sur la question que 
je soulève, j'attendrai que M. Revillout ait publié la fin de 
sa Nouvelle Ckrestomathie déniotique. Alors, étudiant un 
ensemble respectable de documents, je pourrai en tirer des 



DIALECTES ÉGYPTIENS 77 

conclusions non moins assurées que celles que M. Natalis de 
Wailly et G. Raynaud ont établies pour les dialectes de 
Lorraine et d'Artois, d'après les chartes de Joinville, de la 
ville d'Aire ou du Ponthieu. Mais je pense, dès à présent, 
que j'ai rencontré dans ces deux seuls textes une quantité 
de faits philologiques et grammaticaux qui ne permettent 
pas de nier l'existence de deux dialectes, à Thèbes et à 
Memphis, dès le temps des Ptolémées. 



II 

DÉCHETS DE CANOPE ET DE MEMPHIS * 

_ ^ 

L'an IX de son règne, Evergète P' réunissait les prêtres 
de tous les temples de l'Egypte en un concile tenu à 
Pekouta (xàvcDitoç). 

L'an IX de son règne, Épiphane réunissait de même un 
concile à Mennofer (Méfiçu). 

Evergète P' était maître de toute l'Egypte; Epiphane, 
devenu roi à l'âge de cinq ans, à peu près dépouillé de ses 
états par l'invasion de son oncle Antiochus, roi de Syrie, 
par la révolte du reste de l'Egypte et l'intronisation de rois 
dans les principales villes d'Egypte, Épiphane venait de 
reconquérir une partie de son royaume. La prise de Lyco- 
polis et la soumission de plusieurs dynastes l'avaient rendu 
maître de toute la Basse-Egypte, mais la Haute-Egypte et 
Thèbes, notamment, avec son roi Aonchis (Anchtou), échap- 
paient encore à son autorité. 

Les deux décrets ont donc été rendus dans la Basse- 
Egypte; et, si pour celui de Canope on réunit des prêtres 

1 . Le décret d'Évergëte I" a été rendu à Canope et trouvé à San ou 
Tanis ; le décret d'Épiphane a été rendu à Memphis et découvert à 
Rosette. Il faut donc dire : <x Décrets de Canope et de Memphis », et : 
« Pierres ou Inscriptions de San et de Rosette i>. 



78 DIALECTES EGYPTIENS 

de tous les temples de l'EgypteS il n© peut évidemment en 
être de même pour le décret de Memphis, bien que la for- 
mule du texte n'ait subi aucun changement". Les temples 
de rÉgypte supérieure, soumis aux rois indigènes, ne purent 
envoyer à Memphis des députés rendre un décret en l'hon- 
neur du roi grec. 

Or, rÉgypte, au moyen âge, parlait trois dialectes, le 
sahidique, le memphitique et le bachmourique à Thèbes, 
à Memphis et dans le Delta. De plus, j'ai montré par les 
contrats démotiques qu'on peut, dès Tépoque des Ptolémées, 
distinguer au moins deux de ces dialectes, selon que les 
actes sont passés à Thèbes ou à Memphis. Ne peut-on se 
demander en quel dialecte ont été rédigés les deux décrets 
de Canope et de Memphis? Puisque tous deux ont été rendus 
dans des assemblées tenues dans l'Egypte inférieure, puisque 
les prêtres de la Thébaïde ne purent même participer à la 
rédaction du second, il parait a priori bien présumable 
qu'on ne dut pas adopter le dialecte thébain, mais celui de 
Memphis. 

Je vais essayer de voir si l'étude du texte ne confirmerait 
pas la théorie nouvelle que je viens de développer à propos 
des deux contrats ptolémaïques, et ne nous fournirait pas 
quelques autres renseignements sur l'existence du dialecte 
memphitique déjà signalée dans les contrats. 

1. a Les grands prêtres, les prophètes et les prêtres qui entrent {aq^ 
^C^) dans le sanctuaire pour faire la vestiture des dieux, et les hiéro- 
grammates et les autres prêtres qui étaient venus des (la n) temples 
d'Egypte, le 5 dios^ où Ton célèbre la naissance du roi, et le 25 du 
môme mois, anniversaire de son intronisation, etc. » (Décret de Canope, 
édition Revillout, Chrestoniathie dèniotlque, p. 126.) 

2. « Les grands prêtres, les prophètes et les prêtres qui entrent C'^-^) 
dans le sanctuaire pour faire la vestiture des dieux, et les ptérophores. 
et les hiérogram mates et les autres prêtres qui sont venus (iu n) des 
temples de TÉgypte à Memphis pour faire la panégyrie de la prise de 
la puissance suprême, etc. » (Décret de Memphis, édition Revillout, 
Chrestoniathie démotique, p. 7.) 



DIALECTES ÉGYPTIENS 79 

I. — La paléographie du texte des décrets, ou au moins 
celle du décret de Canope, les rapprocherait de celle du 
contrat memphitique. Ainsi, sur seize mots contenant un n, 

quatorze l'écrivent par / » au lieu du tracé thébain de 
cette époque ^ . 

II. — On ne peut lire le décret de Canope sans être frappé 
de la quantité de mots terminés en i qu'on y rencontre, ce 
qui est un des caractères du dialecte memphitique. Ce 
sont : 

«.pni temple\ p. 127, 129, 131, 134, 138 (3 fois), 140, 146 

(2 fois), 148, 159, 160 (2 fois), 161 (2 fois), 163, 164 
(2 fois), 165, 166 (3 fois), 175, 176; 

*a grande p. 128, 138, 147 (3 fois) ; 

*.p*.i diadème, p. 163, 169, 179; 

Rcjuu V Egypte, p. 127, 129, 130, 132, 133, 135, 137, 138, 

140, 147, 148, 153, 158, 159, 163, 165 ; 

RI autre, p. 132, 134, 137, 139, 140, 147, 168, 172, 174; 

est écrit n (j par deux grands (|(J et non par W; 

Hi forme et manière, raison d^être^ p. 139, 145, 171 ; 

«^orqRpA&pi enroulé,^. 170 ; 

n«.Rejuuki les -ifl \ p. 172, 173 ; 

ic voici que (Il ' as), p- 175 ; 

juLOTi pensée, p. 134; 

juu l/e, p.l35; 

•taiti rétablir^, p. 156; 

1 . Je répète qu^en me servant de l'alphabet copte, je n'entends pas 
assimiler Tégyptien au copte. 

2. '^^^ *k*^, au singulier masculin, 149. 

3. Dans plusieurs de ces mots, j'ai considéré 1 1 = 1 1 1. M. Maspero 
a fait de même dans son essai de transcription du texte du roman de 
Setni. Ici môme j'en trouverais la justification. Le m ot qui signifie 

temple est le plus ordinairement écrit (J r-, Hn ' ' ^*°* *^ singu- 

lier qu'au pluriel, mais aussi quelquefois (I p, Il fP- ^^^i ^'^" 



80 



DIALECTES ÉGYPTIENS 



JULCTI 
It«i.l 

*nic 



peiu 

*coim 

ce;6eiu 

*CAJieTI 

TeAetu 

(?) Têtu 
Teci 

OTI 



milieu, p. 169; 

qu'on donne, p. 175 ; 

ces, p. 161, 172 ; 

ce, p. 140; 

sa, p. 161, 164, 165; il semble difficile qu'ici II soit 

image (statue), p. 169, 171 ; 

préparatifs, p. 130; 

V événement, ce qui arrive, arriver, p. J33, 141, 150, 

152,154,156, 157,158; 
forme, p. 150; 
barque, p. 160 ; 
ce(f.), p. 158,170; 
les caractères, p. 170; 
périple, p. 164, 165 (2 fois), 171; 
suppliant, p. 158; 
transporter, p. 150; 

élévation, p. 136; à côté de «^orqTec élevé; 
éloigner, p. 131, 134; 
porter, p. 139, 173 ; 



/www 



A/NA/VNA 




a il arriverait, s'il arrivait », éàv Se xal 




A/WW\ 



/N/<i/WW 




près la correction de M. Brugsch et de M. Revillout; cf. Chrestomaihie 
dé/notique, note). Il en est de même pour le verbe cc^ciu. 

m 

<7V|jL€a{vT) (p. 150) ; 

^ V ^ 'J^'JÎJ " P^^' ^^'^^ n'arrive pas », xal (lyj 
<rv(i6a^Y) (p. 152); 

xaOàirep icpdrepdv te o\>|t6tôy]xev (p. 154); 

I H^ Q ¥ " ^^ arriva », rMôri (p. 157) ; 

OO 00 V '^^'^^ \ HH ' Q "'^'^^ n Su ^* ^"'' ^ ^^^ arrivait tout 

à coup », èid Tû <rj\t£E^y\x6xi eùOia>c (p. 158). 

J*ai marqué d'un astérisque les mots écrits par M i ces deux traits 
pouvant aussi être interprétés (1 ^. 



W 



Dialectes égyptiens 



81 



♦ir«6i(?) 
*n«j6oTi 

foka 



ils exaltent y p. 160; 

à cause de, pour, p. 133, 134, le troisième (1 en liga- 
ture avec la finale (?) ; 
les malheurs, p. 133; 
consacrés, p. 129; 
les autels, p. 161 ; 
en quantité, p. 129, 130, 134, 136, 140, 164; 

dépenses, p. 130; n](( (|cdbî=a, le troisième (1 formant 

ligature avec r-»*^ ; 
e{euz7, p. 158; 

femme, p. 159, 170, 172, 173 ; 
habillement, p. 167. 



Ce même caractère n'est pas moins frappant dans le texte 
de Rosette ; on y trouve : 



«kl 

«JU 

khMï 
àipi 

AJLReTI 



Rcn^i 



urœus, p. 1, 46 (2 fois) ; 

temple, p. 8, 11, 12, 17, 18, 23, 31 (2 fois), 34, 35, 37, 
38, 39, 40 (5 fois), 50, 51, 52 (2 fois), 57 (3 fois)^ 

puissance, TMUj!!, p. 12, 30, 55, et T(|(| 

p. 14 et 38, avec ligature des trois derniers signes ; 
grandy p. 27; 
vigne, p. 15 et 32; 
pierre, p. 57 ; 
r Egypte, p. 41 ; 
vaisseau, p. 22 ; 
V Egypte, p. 1, 2, 8, 10, 12, 21, 22, 23, 25, 38, 52, 56; 

comme ^V ^ ' Q ( » P- 3 (2 fois), écrit aussi ^^^01 ^» 

p. 26, antique ^^^ 

victoire, p. 6, 37, 42; 
naos, p. 36; 



1. Dans rinscription de Rosette, je lis ce nom 





(p. 1 et 2) et ^ — ' ^)^0( (P- ^» ®^-)' ^® dernier (1 formant avec 
la sigle finale arrondie. 

BiBL. àoYPT., T. xy. 6 



62 



blALECTES EGYPTIENS 



RI 
RI 
JULCTI 

*At.eiu 

JULàJ 

JULCTI 

n«ki 

OTI 

•OTTCni 

lUC 

COÀTI 

cej6i 
ceâeiu 
cenÀi 
•conti 

TCRI 

gcTi 

V 
j6Ai 

s6ort 

•gi 

t€TI 

«epi 



au^re, p. 8, 13, 33, 35, 38, 41, 52, 54 ; 

manière d'être, etc., p^ 19, 20, 35, 36, 37, 54; 

occuper, p. 28 ; 

bâtisse, p. 36 (2 fois) ; 

à neuf, p. 36 (2 fois), 37 ; 

milieu, p. 47, 48 (2 fois), 49 ; 

ces choses, p. 23, 37, 51 ; 

beau, p. 2, 4, 5, 53, 54, 55, 56 (2 fois) ; 

laisser, céder, exempter, p. 13, 14 (2 fois), 17, 18, 

31,33; 
libation, p. 53 ; 

son, p. 24 (2 fois), 28, 31, 32, 50; 
préparatifs, p. 24 ; 
abattre, p. 28, 30 ; 
survenu, p. dlA; fortune, p. 39; 
vigueur, p. 37 ; 
connu, p. 56 ; 
jardin, p. 16 ; 
exiger, p. 32 ; 
porter, p. 6 (2 fois) ; 
inférieur, p. 3, 49 ; 
sacré, p. 33 ; 

dépenser, p. 11, 22, 26; écrit rD 

formant ligature avec ^ ; cf. ci-dessus ; 



1 



, le deuxième 



en quantité, p. 10, 11 (3 fois), 14, 19, 22, 24, 25, 26, 

27, 31, 33, 35; 
impôt, p. 12 ; 
dur, p. 57 ; 
ennemi, p. 2. 

Il est à remarquer que nombre de ces mots ont un (](] 
qu'ils n'avaient pas dans Tancienne langue. 

III. — Si le texte des décrets est memphitique, tous les 
mots antiques doivent conserver le •, sans tendance à 

l'adoucir en 8 ou ra. C'est ce qui arrive en effet. Dans le 

décret de Canope, je rencontre les mots suivants, qui sont 



blALECTES ÉGYPTIENS 



83 



absolument semblables à ceux de la langue des monuments 
des siècles précédents : 



DÉCRET DE CANOPB ÉCRITURES ANCIENNES 



AWVVA 






P 



I 



/S/VVV>A ^ 




bienfait, employé douze 
fois; 

accomplir, og«^n, p. 128; 






AAA/SA^ \\ 






honneurs^ consécration^ 
p. 129; 

statue, image, p. 130, 
166, 168, 173 ; 

combat , combattre , 
p. 131; 

arriver^ fortune^ événe- 
ment, p. 123, etc. V. 
«ttpra; 

9''Sv '^'^'^'^ <^^^> X misérable^ ^one, i/i/!r- 
8 ^^ III I ^ ^ miïa8, p. 133 ; 



m 



•Kl»' 



Q A/VW/W 

T 



ï I 1^ 




Si 



AWA^A 



D 







ÎW 



W 



ETZD 



chaleur, p. 134, 162 ; 

cie, u)i«5, «jig, p. 135; 
Phénicie, p. 135 ; 
xà ^yveia, p. 145; 
savoir, p. 156; 
^ou^ â coup, p. 157, 158; 
lorsque, p. 160 ; 
au/e/, p. 161 ; 
SpofjLoç, p. 161 ; 



84 



DIALECTES ÉGYPTIENS 



DÉCRET DB CANOPB ÉCRITURES ANCIENNES 



îkPf 



D 




î 



I I I 



épi, p. 169, 173 ; 
premier, gopn, p. 173; 



nourriture, p. 175, 2 fois. 



De même, au décret de Memphis : 



P. 

y-Tm 

l 

OffiûlJLJ 



et 




p:â 



P^^ 



jeune homme, p- 1 ; 
ot>, p. 2 et 4 ; 
savoir, p. 26; 
consacrer^ p. 33 ; 



suroenir, événement, 
p. 34 et 39 ; 



au^e/> p. 36; 
statue, p. 43 ; 
fe schent, p. 49 ; 
inférieur, p. 49 ; 



renverser, p. 28. 



IV. — Ainsi, d'une part, les deux textes conservent, 
comme le dialecte memphitique, Tusage de ^T ^; et, 
d'autre part, aucun des mots en Srn'AR^ z employés ne pro- 
vient d'un mot antique en •, comme le démontre le relevé 
suivant : 



DIALECTES ÉGYPTIENS 85 



éCRITURB ORTHOGRAPHE 

DÉMOTIQUB HIÉROOLYPHIQUE 



I Mv P'^^^^w pMmr (Memphis, p. 30). 

nf 8 ^ / A appro- jusque (M., 30 et 32; 
""^•XJ^J^ cher danope, 142). 



ra 




remplir (M., 42; C.,150 
et 156). 




ru A ra 

D 




^ J'irai ^l\i^ 6œu/8 (M.. 33). 

<^ V # plus que (M.. 33). 

^V==^ droit (M., 35). 
-Zri I I 

I J I (|(j ^ ra J ^^ deuil (C, 158). 

Jfi° èî^'T^m "^'^^ (M.. 43. 52). 

n c^> J "^ I °iéme racine 6''«>^wv 7rap«£ee<ji(; (M. , 23). 

^^ 8 Q oc=»< 8 occuper,«Juu^^i(C.,160). 

liai IL r^icm. 

ÎWW° tl A'»™ (C, m). 

J«= (jij L-fl l ^i\ l ff]' '■'«ixî' (M.. 12). 

5*"^' 5 "^ f^' chevaux (M., 2i et 26). 

^-^ A «^ ^-^ fi t^ ^ détenir, empriaonMr 

rt^^ ^îl^L-fl (M., 14). 

^^"^^ ^iC^I coin, an^te (M., 48). 



cœur (M., 2, II, etc. ; 
G., 133, 137, 162). 



86 DIALECTES ÉGYPTIENS 

V. — Quant aux particularités de syntaxe, remarquées 
dans les contrats démotiques, elles ne se présentent plus 
dans les deux décrets de la même manière : 

1" Le nom de Sôter n'est ni traduit^ comme dans le 

contrat de Memphis, par "^ | | |(û\' B Ji « les 

dieux qui écartent la défaillance », ni transcrit, comme dans 

le contrat de Thèbes, par /^^P v a^JInI' ™*^^ P*^ 
1k \\\\ Vs — '■^ « les dieux qui sauvent » (M., 

p. 40), expressions qu'on rencontre aussi dans les textes 
thébains. 

2*^ L'usage des supports pronominaux n'y est pas réglé 
absolument comme dans les contrats que nous avons exa- 
minés, et Ton ne saurait rattacher sur ce point les décrets à 
l'un des contrats plutôt qu'à l'autre. 

a) L'inscription de Tanis unit presque toujours le pronom 
au verbe par la préposition awvsa : 

ij^ à lui : « qu'un phylarque soit à elle » (à la 5' classe 
de prêtres, p. 146); « qu'on fasse être à lui » (p. 169); a qu'on 
lui dise » (p. 169). 

"7^ à elle : « il lui dit » (p. 163) ; « qu'on lui fait » (p. 164); 
<( qu'on produise à elle » (p. 166). * 

j à eux : « leur ont donné » (p. 136) ; « qu'ils leur fas- 
sent» (p. 137 et 171); «qu'on leur dise» (p. 139 et 140); 
« qu'ils leur fassent être » (p. 140), « leur ont fait » (p. 147). 
6) On emploie quelquefois s^g «jui : « lui rendant hon- 
neur» (p. 168). 

c) II est plus curieux de trouver l'emploi de §^. ^fu. 

(mot à mot : sur leur échine) dans les phrases : « qu'ilsgra- 
vent le nom du roi sur eux (sur leurs bagues), qu'ils y gra- 
vent le nom du roi » (p. 140); « établi sur elles » (p. 152; il 
s'agit de saisons ou de la manière de régler l'année). 

De même, au texte de Rosette, on trouve : 

a) i^ à lui : « lui donna » (p. 3 et 37); « qu'ils lut 



DIALECTES ÉGYPTIENS 87 

disent » (p. 41); « fur faisant » (p. 41); « on lui fit » (p. 47 
et 50). 

^) ZZZk ^ ^^^^ -■ <^ qu'ils lui fassent » (p. 43) ; a qu'ils lui 
disent » (p. 54). 

c) <=>- 1 <4 eit^\ sur eux, etc. : « il leur céda, il les exempta » 

tk (](j ^^^ <=> ! (p. 13. 14, 33) ; « veiller sur eux » (p. 27) ; 

« ceux qui firent impiété contre eux ». 

Le rédacteur du décret de Memphis paraît avoir plus de 
tendance à varier les prépositions que celui des actes no- 
tariés : 

h\ \ €trt eux, leur : « il leur supprima » (p. 12). 

' \ \ i 



c) â^^ î : « qui leur appartiennent » (p. 16). 

d) IL^» • « l^s faire rester />0Mr eux » (p. 16); « en sorte que 
leurs bie as so ient pour eux » (p. 21). 

^) ft^^""^^ ^-^^ ' • ^^ ®^ bienveillance envers eux » (p. 45). 
Mais, de plus, le rédacteur place divers supports avant 
les pronoms : 
/) fl\ : « la puissance royale établie pour lui » (p. 38). 

g) ^^T^i : « établir />0M/' (ou devant) elles l'ornement » 

(p. 43). l 

h) ^^^^^\ : «les anneaux qu'ils portent sur eux)) 

(p. 55, à leurs doigts et non sur leur dos). 

i) ^^ ! employé même devant un nom : ^^û^-û ^ H Q 



A/VWVA 



I 



2 ■='^=' ^^ ^" ^ î : « que cela soit accordé aux hommes » 
(en la main des nommes, p. oo). 

1 . Peut-être iajit-il lire 'wvw i (comme dans le texte de Tanis), il y 

a bien / , mais /et — paraissent s^échanger dans les mômes formules. 
Si / doit se lire <z> p et non aww n, cela établirait une différence 
entre Tanis et Rosette, 



88 DIALECTES ÉGYPTIENS 

Conclusion. — Les deux décrets de Canope et de Mena- 
phis ayant été rendus dans la Basse-Egypte, il y avait lieu 
de penser a priori que, si le dialecte memphitique existait 
alors, c'était en ce dialecte que les décrets devaient être 
écrits. L'étude du texte confirme en effet cette présomption : 
sans parler de la syntaxe, qui n'offre peut-être pas de règles 
concluantes, la paléographie, la présence du ^6, celle du 2. 
sans dérivation d'un • antique, la fréquence de la finale i, 
rattachent la langue de ces deux précieux documents, d'une 
part au dialecte du contrat de Memphis que nous avons 
trouvé différent de celui du contrat thébain, et d'autre 
part au dialecte memphitique usité dans les textes coptes. 

Différences entre les deux décrets. — On peut main- 
tenant se demander si les deux rédacteurs ont bien exacte- 
ment employé le même dialecte. Or, l'identité, comme on 
va le voir, est loin d'être absolue. 

1^ Ainsi, les scribes n'ont pas tout à fait la même méthode 
d'écriture. Chacun d'eux a ses habitudes particulières dans 
l'emploi de certains signes homophones. Par exemple, le 

scribe de Tanis emploie la lettre ^ , D, n, qui est inconnue 

au scribe de Rosette. On la trouve dans quatorze mots, 
dont quelques-uns sont répétés plusieurs fois. Le scribe de 
Rosette, en ces cas, ne se sert jamais que de Q^ , dont le 
scribe de Ta nis n'use que dans la ligature qui écrit le mot 

(IM lep<5v, employé 25 fois sans variante d'ortho- 

graphe, et le mot p ûû J) statue (C, p. 169 et 171); le 

nom de l'Egypte est écrit ^j^?^, M dans Tanis, et 

® dans Rosette, sans la barre supérieure; /vv^^^ll 

« en tout temps » (p. 129) de Tanis (^v ou ^^q des 

textes hiéroglyphiques) est écrit ^ dans Rosette : D fl 




\ 






D vùv Te xaî elç xôv eiueixa j^p<Jvov (p. 45); ^w kÛ 



^y 



* 

DIALECTES ÉGYPTIENS 89 

Ki \a c\i08e établie, la coutume » eietiuévov (Tanis, p. 162) 
devient "^ /vw^ ^^^ gTv xà eietafxiva (Rosette, p. 19), etc. 

Cela ne touche pas au dialecte. 

2*^ Mais ce qui commence à être plus remarquable, sans 
être encore décisif, il est vrai, c'est que le rédacteur du 
décret de Memphis emploie des mots que celui du décret 
de Canope ignore pour rendre la même idée. L'idée de « se 
préoccuper de » est rendue dans l'inscription de Tanis par 

û— 0% V î^^ Sià iravtôç irotoùvxat (p. 129), -<=>"^^ \ 
irpo<rcavTfiç XTjSefxovJxox; (p. 133), -^S£>- ^^ ^ {1(1 

(p. 134) Tcpovo7î6évxe<:, tandis que l'inscription de Rosette la 
traduit par le mot ^""^^^^ ^""^^^^^^^ '^P^'J <puXaxt (p. 29) ou 





A/V>A/W 



par l'expression <2>- J V Qi) <=^ « faire tout soin pour » 
(p. 19 et 22). 

3* Bien plus, une même racine peut prendre une forme 
différente dans les deux textes : Canope écrit M m 

coim, préparatifs, x'^ç^v^ (p. 130), et Memphis H J c=3||( ^ 

co£lti, x^PIT^» (p« 214). 

4? Ensuite, il y a deux points plus importants à signaler : 

'Y"****'*'l 4^ g I 

a) Dans le texte de Canope, on écrit |i EuepY^xat 
eco( (p. 128, etc.), bienfait, euepYEToùvTeç (p. 128), 
eôep-feafa (p. 136); — daus Momphis on écrit /vw^ Q (p. 2, 6, 

11, etc.). 

b) Dans Canope, on écrit ' or^Xtfffxoç (p. 126); — 



/vw^A^ 



dans Memphis, on écrit y^ tl | (p. 7). 



/WWW 



c) De même, Memphis écrit •■— fl s=» , l'égyptien antique 
^ « fort, force » (p. 37). 

d) De môme D U-fl (p. 39 et 41) pour r\\ji'- 

1. Stèle de Bachtan, etc., etc. 



90 DIALECTES ÉGYPTIENS 

e) Et ^J(||):=» éPentail (p. 9) PO"»" î^(j(| J^^f" '• 
On voit par ces cinq exemples que le rédacteur du texte 
de Rosette a une tendance à changer • ^6 en nm ^ dans 
certains mots. Or, on sait que le dialecte memphitique 
introduit volontiers la chuintante où le sahidique garde 
les gutturales, les aspirées ou la sifflante. 

Il ne faut pas non plus négliger une autre permutation : 
dans les deux décrets, le verbe qui signifie prendre est 

ordinairement écrit V |/ (M., p. 8, 30, 47, 50, 51) = CSSS- 

= f I , ffln*; mais dans le texte de Rosette on trouve la 
variante g *^^ dans la phrase : « Il ordonna de ne point 
prendre dTaomme par force » (p. 18). 

5° Enfin le même mot n'a pas toujours le même genre 
dans les deux textes; celui de Tanis dit : 



««I c^ 



'^^j-V-e « la vie », (iwnripfa (p. 135); 

le texte de Rosette, au contraire, fait ce mot du genre 
masculin : 

D X7 y • « la vie », xôv pt(5v (p. 2). 

hà formule "A^a^ xu^$ est traduite dans le décret de 
Canope : 



et dans celui de Mempbis : 

L'un des rédacteurs semble faire les noms abstraits du 
genre féminin, l'autre du genre masculin*. 

1. Ch&mpoUion, Monuments, t. III, p. 219, etc. 

2. Voir Bmgsch, Zeitschrift^ t. II, p. 43. 

3. On trouve ces mêmes différences, pour plusieurs mots, dans des 
textes hiéroglyphiques anciens. 



DIALECTES ÉGYPTIENS 91 

Ainsi, bien que les deux textes appartiennent au dialecte 
memphitique, il y aurait entre eux des différences remar- 
quables, notamment des différences dans le genre des mots, 
et surtout le changement du • en czio dans le texte de 
Rosette. Peut-être en conclurait-on légitimement que le 
rédacteur du décret de Canope appartenait par son langage 
à rÉgypte inférieure, et que celui du décret de Memphis 
écrivait la langue parlée à Memphis même. 

Je répète, en terminant, que je n'ai pas l'intention d'éta- 
blir du premier abord des règles absolues sur quelques 
points de détail. Mais, en face de la théorie généralement 
admise que toutes les variantes que Ton rencontre sont le 
produit de la modification de la langue par le temps, j'ai 
cru nécessaire de faire des réserves et de poser la thèse, nou- 
velle en égyptologie (en dehors du copte), que certaines va- 
riantes tiennent à l'influence locale, ou, en d'autres termes, 
constituent des dialectes. Dans toutes les langues qui ont 
une histoire^ ces deux causes, le temps et le lieu, agissent 
concurremment, pourquoi n'en serait-il pas de même en 
égyptien ? Je reviendrai probablement sur cette question ; 
mais je n'en invite pas moins mes savants confrères à l'exa- 
miner et à relever soigneusement les faits qu'on doit rap- 
porter à l'une ou à l'autre cause. 

Orléans, décembre 1880. 



LES MOTS JlÇ, ET f J^ 

« DROITE » ET « GAUCHE » ' 



Ce mémoire sur Ammon* me donne Toccasion de fournir 
un renseignement sur ime question débattue dernière ment , 

je veux parler de la revision de la valeur du groupe v w , 

V wv ^^^*^ P^^ ^' Chabas " et que les lecteurs de la Revue 
connaissent par la lettre de M. de Horrack*. 

Une des formes d'Ammon est celle d'Ammon ithyphal- 

lique 4^. On sait que d'après les habitudes du dessin hiéra- 
tique les personnages se présentent la tête de profil et le 
buste de face, mais on reconnaît, par les colliers, etc., que 
la poitrine, et non le dos, est mise du côté du spectateur. Il 
en résulte que, dans la représentation d'Ammbn ithyphal- 
lique, c'est certainement le bras gauche qui soutient le 



1. Note inédite, destinée à la Reeue archéologiqae. 

2. Le mémoire sur le grand-prétre d*Ammon (voir ci-après). 

3. Chabas, Les Inscriptions des mines d'or^ 1862, dans les Mémoires 
de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône, t. IV, 
p. 470-472 (= Bibliothèque égyptologique, t. X, p. 226-230); Lettre à 
M. le Z)' R. Lepsius sur les mots égyptiens désignant la droite et la 
gauche, dans la Zeitschrift Jur àggptische Sprache, 1865, p. 9. 

4. De Horrack, Lettre à propos d'un moi égyptien signifiant la 
gauche, dans la Revue archéologique, 1862, t. Il, p. 368-369. 



Ô4 LES MOTS ^^ ET fj^ 

fouet. Or, dans la paaégyrie de Médinet-Habou, cette re- 
présentation est accompagnée de la légende : 



XU-F HOR QÂHU-P ABT 



y 



que M. de Rougé {Stèle égyptienne) a traduit : a Son fouet 
est sur son bras droit. » 

La disposition de la figure indique qu'il faut traduire : 
« Son fouet est sur son bras gauche. » 

Ce qui me parait une preuve sans réplique de l'équiva- 
lence chez les Égyptiens de Yorient et de la gauche. 



II 



HISTOIRE 



MONUMENTS DES VIIP-X"^ DYNASTIES* 



En lisant le catalogue des fouilles d'Abydos, un fait frappe 
immédiatement : trois dynasties seulement de TAncien- 
Empire paraissent avoir régné sur cette ville, et leurs con- 
temporains seuls y ont été enterrés, savoir : la VP, la XIP 
et la XIIP que Mariette ne peut distinguer de la XIV®, à 

laquelle il attribue cependant les monuments de jô « et 

ceux qui en rappellent le style. 

De là ressortirait une conséquence importante, la contem- 
poranéité des VIP et VHP dynasties memphites, ainsi que 
des IX^' et X® dynasties héracléopolitaines, soit avec la 
VP dynastie memphite, soit avec la XII® dynastie thébaine. 

Mais cette conclusion serait fausse, car il est établi que 
les rois de la VP dynastie, comme ceux de la XIP, ont régné 
sur toute TÉgypte. Leurs monuments sont répandus depuis 
Assouan jusqu'au Sinaî. 

Alors la VHP dynastie memphite (je ne compte pas la 
Vn® qui ne règne que 70 jours) n'est que la continuation de 
la VP, également memphite. 

Comment donc cette VHP dynastie n'est-elle pas repré- 
sentée à Abydos? Je pense qu'il est impossible qu'il en soit 
ainsi. Une dynastie qui a duré 146 ans a dû laisser des traces 
& Abydos. Si Mariette n'en fait pas mention, c'est que cette 
considération lui a échappé, et dès lors il a mêlé les monu- 

1. Extrait dn Recueil de Travaux, 1892, t. XII, p. 48-53. 

BiBL. iOYPT., T. XV. 7 



98 MONUMENTS DES VIII«-X® DYNASTIES 

mehts de la VIIP à ceux de la VP, de la XII® et même des 
XIII«-XIV«. 

Le malheur est que nous ne connaissons pas la VIII® dy- 
nastie, les extraits de Manéthon n'ayant pas donné le nom 
de ses rois, ni ceux non plus de la IX®, de la X®, de la XI®, 
de sorte que, si l'on rencontre des noms étrangers à la VI® 
et à la XIP, on ne sait dans quelle dynastie intermédiaire 
les placer. Aussi a-t-on essayé plus d'un système pour 
ranger dans les dynasties le nombre assez grand de ces rois. 
Au milieu de ces hypothèses, il n'y a peut-être que deux 
points certains : c'est que le roi Ouah-ân/^ AN TEF pré- 
cède de deux ou trois règnes Amenemhât P', roi de 
la XII® dynastie, d'après la stèle de Leyde, mise en lumière 
par M. de Rougé; secondement, la table de Séti I®' et celle 
de Ramsès II nous donnent indubitablement l'une de ces 
dynasties intermédiaires. Sans vouloir ici débrouiller cette 
chronologie, il me suffira de rechercher si, dans la masse 
des monuments recueillis par Mariette, il ne s'en trouverait 
pas quelques-uns qu'on puisse rapporter à cette époque. On 
ne doit pas s'attendre à en trouver beaucoup. Des dynasties 
memphites ou héracléopolitaines (surtout si elles n'ont 
régné que sur une partie de l'Egypte, ce qui est fort pos- 
sible) ne doivent avoir laissé que peu de traces à Abydos. 
Mais ces rois portent des noms si rares sur les monuments, 
que la réunion de plusieurs d'entre eux sur une stèle peut 
engager à l'attribuer à leur temps. 

M. Lieblein, de Christiania, qui est un esprit observateur 
et qui se plaît aux questions difficiles de la chronologie, a 
essayé ce genre de recherches \ mais je ne suis pas sûr qu'il 
ait réussi, et il me sera permis de faire une objection à l'une 
de ses attributions. Je veux parler de la présence du nom de 

1 — û jUO sur la stèle de Londres'. Ce nom, à lui seul, ne 

1 . Recherches sur la Chronologie égyptienne, p. 48. 

2. Lieblein, Dictionnaire des noms, p. 79. 



MoisrxjiviEiisrTs des vm»-x® dynasties 99 

semble-t-il pas repousser cette stèle jusqu'à la dynastie que 
Mariette appelait Ui XIV? Quant aux deux autres, l'attri- 
bution n'en puraî t pas certaine à M. Lieblein; de sorte que, 
de son propre aveu, la découverte des monuments de la 
VHP dynastie o u des suivantes reste hypothétique. 
l — S'^'' ^* stèle, on trouve la généalogie suivante : 

On sait qu'il était d'habitude chez les Égyptiens de donner 
à un en f^^*- *^ MOin de son grand-père Au contraire, il est 
excessiv^^^^^^^^* rare qu'un fils porte le nom de son père. On 
oeut si ^^^^ veut, au moyen du Dictionnaire des noms de 
M Liebl^^^* vérifier le fait sur les cent généalogies n««301 
! .^ c\}^^ correspondent à Tépoque que nous étudions, on 
*, Lçyxx^^^^^^ que deux exemples (n«3S4deux xVIentouhotep, 
"^fLo ^e>^^ Sebek— sa); mais, au contraire, on aime à rap- 
^ ^ syovix dans celui de ses enfants. Ainsi, une femme 




,-fils "" "^ 





o-==^lÂv. Ain^^^"^^ ^ _^^ ] O a pour fils (I / — vv^Vl^^et 

^ TA . rx-n eti pourrait citer des exemples dans de très nom- 
\)teuses ^ penser que, au moins dans un certain nombre 



^^ au*a^^ ^® P^^^ ^' '^ ^'^ portent le mémo nom, il y 
^® ^^' e toison, celle-ci par exemple : le père et le fils sont 

^ des rois portant le même no m. Ain si ® î, le chef 



nés SOM^ . , . f . .,,.^^ >i I Ô' 

y^atice^iers, sera né sous un roi (e^^J , et aura eu, 
« roi du même liom, un fils auquel, en sa qualité de 

80U6 uo 



100 MONUMENTS DES VIII®-X® DYNASTIES 

chef des chanceliers et de 1 □ « suivant du roi », il aura 

encore donné le nom de 1 ; de sorte que, par excep- 
tion, le père et le fils ont porté le même nom. 
Or, cette circonstance s'est présentée deu x fois, savoir : 

pour les deux premiers rois de la X« (?), Tun To J U J» l'autre 
(oiU^37jHH"] ; et pour le X« et le XP Qu|jîp7]| et 

r®î'-JX333^^^X et elle ne se retrouve nulle autre part. 
Malheureusement, les quelques noms qui accompagnent 
ceux des deux Rânefer ne permettent pas de préciser à quel 
règne ils appartiennent; mais il reste probable que cette 
stèle est un nvonument des VIIP-X® dynasties. 

Elle a pour caractères : 1° 0*^44 de hauteur sur 30 de large ; 
2® le sommet cintré; S"" le personnage principal peint en 
rouge; 4** les deux chacals dans le cintre; 5^ le défunt (assis?) 
reçoit l'offrande de son fils ; de même au second tableau un 
« chef du palais du pharaon {lier pir n Perâa) » reçoit Thom- 
mage de deux autres fonctionnaires ; 6"* aux noms des rois 
des VIIP-X° dynasties, nous ajouterons comme usités alors 

(je ne dis pas exclusivement) ceux de 11 vft J J , "^zz^ v>^ 

Notons encore cette circonstance historique que l'un des 
personnages figurés au second tableau est « grand prêtre de 

Sebek Sedl ( /^ ^'^ H 11 ^zpft"*^ ) », ce qui tend à prouver 

les relations du Fayoum avec la Haute-Egypte (puisqu un 
de ses habitants vint se faire enterrer à Abydos) et par suite 
peut-être la domination d'une de nos dynasties sur toute 
l'Egypte. En tout cas, cela confirmerait Vattribution de la 
stèle à une famille de la Basse-Egypte. 

II. — Une autre stèle que Mariette -3. p^^tcée au premier 
règne de la XIP dynastie (n^ 588) tioU^ ^^^^ connaître un 
autre oT qui est ^^^^5^^ et ^xx 0^^^^^ H ^ ^* 



MON-XJîwlElSrxS DES VIII«-X« DYNASTIES 101 

1 o^ /vwNA/v cÊ^T^l ' ^^ô la stèle nous présente en deux pros- 



cynèrnes affrontés. 

(( La stèle est rectangulaire^ entourée d'un linteau et de 
deux montants on relief. » 

Les autres noms appartiennent bien à la durée de l'Ancien 
et du Moyen-Empire. 

^près les remarques qui précèdent sur la précédente 
^[^\e, on peut provisoirement placer celle-ci dans les dynas- 
ties int^^™^^i2tires, 
lll- rri-JLl?^ nom de iS^ qui rappelle celui du roi 




of O ^5^ TS \ ' ' ""^^ ^^ ^^^* ^^® ^^^® ^"^^ ^*^^^ d'Abydos 
'"rT^^st diffîcilo de classer. Mariette l'a placée au règne 
V. ^^eïnhât I®^ et d'Ousertsen I*', parmi « une trentaine 
tpl^^ qu'on reconnaît au premier coup d'œil comme le 
• 1^ du même art, de la même époque et de la même 
P . T^^ grain cle la pierre est dans toutes identique, les 
^-^ ^^-phes ont la même finesse, les personnages y sont 
hiérog^ élancés et maigres.» 

tou]ou pent adnaettre que ces stèles ayant été confection- 

^^' >Vl)y<ios, on. a pu y employer la même pierre, même 

^^^ A «ll®^ n'appartiendraient pas absolument au même 

^^ . f^ui'appar tenant à la même époque ou au moins à des 

Yègï^ô» ^^Qxsines, elles doivent offrir les caractères du même 

épo^^®^ par exemple, la VHP dynastie et la XIP avaient été 

art. ^ ' ^^a,ines quelque temps. Tune à Memphis, l'autre à 

(»outeuip ^^ stfeles érigées par des personnages memphites à 

'j;\xèws, <iev raient pas différer de celles consacrées par 

^^^^^Iv^tS de Thèbes ou d'Abydos. 

^^, ^\us> m'emparant de l'observation de Mariette, je 

^^^A" e q^'^^® ^*^^^ ^^^ porte des noms de la VHP (?) et 

^^^ txiô ^^ ^^ ^^^^ prouve la contemporanéité des deux 

des ^^ La XIP dynastie a régné à un certain moment 

^t. 44 de la table de Séti I". 



.02 



MONUMENTS r>ES 



-s;riU«-X 




;ur toute TÉgypte : je le eo 
'ègnes pendant lesquels elle s 
D'est précisément ce que teri 
le la stèle d'Abydos ri** 567^^ 

loms I I ^ et ^=^ 

3n est d'autres qui novxs rep^^ 

La mère du défunt est 

son nom rappelle l'un des pr- 

3t nous fait présumer une 

lui-même est ( (] 
ie la VP dynastie. Quatre 
Qom* d'une reine de 
h^\ rappellent le 
roi Pepi-Râmeri, mère des 
[n^ 523). Enfin, les deixx ^ " 

appartiennent soit ài la, "Vfît 

le Turin et Table d' 

Le nom de (1J| 

caractéristique des dy 
ivec trois Antouf, 
Meri-hor, sur la stèle 

De même pour la. s tel 

De sorte que, si la. ^ 
:*aines, comme le vovit Tvl 
Vf. de Rougé* que la. 
i la XI®, il n'en est pa,s 



. M V aura aussi des 
<^^^'^'^'l'aÏedelaVni^- 

^ait ^ P^^^^^^ '^ voit plusieurs 

- ^1 r. époques antérieures, 
î^ent^ux^^ c est-à-dire que 
^' Ao W® dynastie' 

^nastie. Les a ^^ ^^ 
^"^' ^'" fe ïl-ooier-k* 








et surtout j| 
^oit à. 



;rA~ '" *'^°° 




dyr^^ 






1 . Cf. une stèle (n* 76^^ q ^ 
st au nom du mer ptV* «*<>x' 

'Isde^^-^^^^. 

2. Usité sous la XH*, xio. ^^ 

3. Lieblein, Chronolo^^^^ ^*^ (A. 

4. De Rongé, Reçue CLr^^/i. 



^e uous che-^ t Sp.ab et 
^eû, deux ï<» s a 

1 vie sont contempo- 
-^^*'f.^'l est prouvé par 
l)lein , S" „,médiatement 

«« '""faTooStai trou- 

^ai aussi que u" 

, M\v dynastie, q^^ 



y^l 



Mt U), "J^O. li»- 



s 



Î^O^ÏtJÏ^ENTS DES VIII«-X® DYNASTIES 103 

vons une connoxiité marquée avec les dynasties précédentes. 
Je ne prétonds pas résoudre les difficultés du classement 
^0 ces dynastîos : il faudrait pour cela des documents plus 
clairs que la stèle 567. Mais je l'ai discutée et signalée ici 
(^0ime un dos éléments importants de la solution de la 
question. 

XV. — S'il ost lan nom qui semble dépaysé au milieu des 
lèl^s de la. XIIII® dynastie, c'est assurément celui de (( 
au'oti est habit oé à rencontrer sous la VI« dynastie et sous 
la %^^^ seulement. Aussi M. Lieblein, à la recherche des 

jjuiiients do la, VHP dynastie, en a-t-il fait un des noms 

. j^u^s de ootte dynastie, l'une des plus inconnues de 

l'h stoi^® d'Ég-ypte. Ce nom seul, bien entendu, ne suffit 

^vir attribuor un monument à cette VIII® dynastie; il 

I X s'^PP^y^i* sur quelque autre preuve; c'est ce que nous 

Tnû^ essayer. 

^" , ^ m stèlo funéraire de dix lignes horizontales mal gra- 

/Mariotto, Abydos, n** 987) est au nom de 

"^>^ ^^. Or, ces deux noms qu'est-ce autre 

fils âL^ 2^^ , ^ ^ a . W^ -. ^ ^ v| 

Uose ^^^ ^^^ cartouches ( M^J ^^ ( Sliyj ^e 

^ ^pixs par la table de Séti P^ et de Ramsès et par le 

ro^^ ^ nt '*'7 ^^ Papyrus royal? — Notons que cette stèle 

trag^ ^^ rougeàtre, ce qui est une anomalie parmi les 



es^ ^^ -^ la. ^X-IIP dynastie, qui sont toutes en calcaire. Elle 
stè\es a ^^ eentimètres sur 18. 

taesute ^ stèle n« 1000 est au nom de ^ûû, né de 

^f^oU^^^. Elle offre plusieurs particularités remar- 




k^èle en cette forme \7, rien au sommet. » C'est la 

tfeV^ ^^ catalogue de cette forme. 
^^^ (Quatre lignes horizontales de texte suivies de deux 

u% superposés. » On y rencontre des signes hiératiques 
^\ aux hiéroglyphes (comme sur bien d'autres stèles). 



104 MONUMENTS DES VIII«-X® DYNASTIES 

Les lignes horizontales débutent par un 1 A fi 4ln ^^ 

c) « Au premier tableau, le défunt et la femme -^z^ n n 
(pour ^^ n n ) reçoivent les offrandes qu'apportent le père 

(du défunt) ^ (1 et sa femme 1 1 '^^^ Le tableau du re- 
gistre inférieur montre un (|.<s>-( et sa femme (( 



de- 



îUepj^p, deleur fille 



bout, recevant Thommage de leur 

'I V^^^ et d'une autre femme dont le nom est illisible. » 

On remarquera cette circonstance fort rare d'un père et 
d'une mère rendant hommage à leur fils. 

VI. — Le n** 1011 est une a Stèle funéraire. Style très 
grossier. Les hiéroglyphes sont à peine grattés et semblent 
avoir été tracés avec une pointe aigué. Le défunt s'appelle 

( ( , les autres noms ne peuvent être lus avec certitude. » 
^ Il 

— Calcaire. 

VIL — Je ne veux pas détailler toutes les stèles où se 
rencontre le nom de m (comme le u? 733) ; il ne me 
reste à signaler comme la plus intéressante que la stèle 749, 

r~j r\ /v\/ww 

sur laquelle figure un M J , nom fort rare, et qui est 

celui d'un des rois de cette époque sur la liste d'Abydos. 

Je ne puis aussi que renvoyer aux recherches de M. Mas- 
pero dans les nécropoles memphites% où il a rencontré des 
tombeaux d'une construction particulière, qu'il n'est pas 
invraisemblable d'attribuer aux dynasties intermédiaires 
entre l'Ancien et le Moyen-Empire. 

M. Schiaparelli, de son côté, dans son beau Catalogue du 
Musée de Florence, a décrit certains monuments qu'il 
attribue aussi à cette époque. Il s'appuie sur des considéra- 
tions de style dont on ne peut juger qu'en face des stèles 

1 . Trois Années de bouilles, dans les Mémoires de la Mission au 
Caire^ t. I. 



NfOîq^xj:NiE:Nxs des vin«-x* dynasties 105 



elles-mêmes. JVlais je ne puis m'empêcher de dire qu'il ren- 
voie à la XI® dynastie le monument qu'on peut donner avec 
le plus de probabilité aux temps antérieurs. 
c'est une statiaotte d'un caractère tout à fait spécial : 

^^ g]Ie représente le défunt ^j ^ ^ assis sur un siège très 

gJQg-uH^r, à liaiit dossier. Les bras sont adhérents aux flancs 

et les lï^ains stzr le bord de sa shenti, blanc et plissé à plis 

fins ^' régulières ; sa taille est serrée dans une ceinture de 

j^ur jaune ; los olieveux un peu courts et réunis en petites 

^ ç|e5 : au coii, il porte un collier qui parait formé de 

..g d^ verre- Le reste du corps est nu et coloré en rouge 

f &. t^l qu'on représente la carnation des hommes de TAn- 

. prppire. Los yeux sont gros et paraissent sortir de leur 

^omme oeuix d'un homme en fureur. Les muscles 

^^ ' j^f^t^in^ sorit très développés, les pieds proportionnés : 

1 ^ traits on général très anguleux, mais pleins de 

*^^^ Cette statue n'a de conventionnel que la pose et 

vigueu • celui q\zi Va sculptée un artiste peu habile, mais 

révèle goignoiax: de la nature. L'inscription, horriblement 

imito^^ . peinte en rouge, couvre le côté postérieur du 

Cet «« PO"--"» -•'« ■="* "-'^fSAl^^îJ 




^ rTo!'^''*^ /w>->^>/N^ <( Don de royale offrande à Osiris, seigneur 

^\ *^ ® Q.n'il accorde le per-khr^ou au double de Thoti, 
à'Ab'ï^^^' ï^ar son frère' Snibef qui fait vivre son nom. » 
ft\sA'K^oU^^^ii^t, h.O-22. 

, — C^vcA^ -UQ^^® frappent dans ce petit monument : son ca- 
^^^^ ^^^tique et les noms des personnages. 
Y^ctfeY^ ^AftSS© du travail, unie à sa liberté dans l'oubli des 
1^ ^^ ^v^ventionnelles, le placerait bien à une époque 

Vpfit tracé en écriture hiératique. M. Schiaparelli Ta lu, 
ion ^'^^^ ^^ ®^ traduit « Per parte del suo nipote Senbef ». 



^toTt, 



106 MONUMENTS DES VIII«-X® DYNASTIES 

telle que nous nous figurons rintervalle qui sépare la VI® dy- 
nastie de la XII®, période de division de l'Egypte partagée 
probablement entre plusieurs dynasties rivales (la VIII® à 
Memphis, la IX® et la X® à Héracléopolis), sans compter 
les princes féodaux, plus ou moins indépendants, comme les 

— =^ de Thèbes du nom d'Antouf et de Mentouhotep, ori- 
gine de la XI® dynastie : tous les égyptologues ont constaté 
à cette époque une éclipse de Tart des premières dynasties, 
suivie de tentatives qui préparent la renaissance sous la 
XIP dynastie. Aussi, M. Schiaparelli attribue-t-il la sta- 
tuette du Musée à la XI®-XII® dynastie. Je la regarde 
comme un monument des dynasties intermédiaires entre la 
VP et la XI®. 
Un deuxième indice de cette attribution se lire du nom 

^k^' ^^ ^^^ ^^ ®^ trouve ni au Catalogue d'A bydos 



/vs/vy^^ 



de Mariette, ni au Dictionnaire des noms de M. Lieblein. 
Je ne le connais que par un seul monument, et c'est préci- 
sément le nom du roi (oÎLJ^;;;;^ o\ J, l'un des derniers de 

la X® (?) dynastie sur la table de béti I®'. 
A cette statue, il conviendra probablement de joindre 

celle de U ' ] ra. a II est debout, dans une attitude 

conventionnelle, appuyé à un pilastre, la jambe gauche en 
avant, les bras collés le long du côté. Non moins conven- 
tionnelle est la manière dont le corps est traité, excepté le 
visage qui se distingue par les lèvres grosses enflées, par 
le menton rond et les joues charnues et proéminentes. Il est 
vêtu d'une shenti blanche et plissée, serrée aux côtés par 
une petite ceinture. Par l'arrangement des cheveux et la 
couleur de la carnation, cette statue se rapproche de celle 
deThoti* ». 
Peut-être même, faut-il encore ajouter à ce groupe une 

1. Schiaparelli, Ca^a/o(^o, p. 191. 






MONXJKIBIISÏTS DliS VIII«-X* DYNASTIES 107 

^^^jgiètne st^tviette, celle de ^^^^ (Florence, 1787, 

H^l^i^P^^^^^^' ^^^<^fc>go, no 1500) 'quoique d'un meilleur style. 

^ ^e sorte qu on peut dire que si nous ne voyons pas en- 

^C \es V ilI**-X.® dynasties d'une manière certaine, nous les 

-frf ^^^^P^^ AéjàL dans d'assez nombreux monuments. Les 

^^ ^fvaUoïxs de plusieurs savants et mes propres remarques, 

^ e )€! soumets à. leur critique, les ont multipliés. Une dé- 

^ ^v^rte \xeure\ise viendra lever tous les doutes et changer 

^ ^\qu^s liypotlièses en réalités. 



E>K L'ÉLECTION ET DE LA DURÉE 



DES 



FONCTIONS DU GRAND PRÊTRE DMMON 

A THÈBES* 



La traduction des inscriptions de la statue funéraire de 
^^^^^^KhonsGUL conservée dans le Glyptothèque de Mu- 
nich ci^^^' E>€jvéria a donnée dans un des derniers numéros 
d la /^^^^^*' nous a révélé de la manière la plus certaine 
y tiî^^*^^^ ^^ liaut sacerdoce dans le temple d'Ammon 
•nll^^^' ^^ s^nt facilement Timportance de cette décou- 
^ y^e^ temple d'Ammon était Tun des centres les plus 
^rbe^ delà religion égyptienne. Thèbes, comme Aby dos 
VVlîoP^^^^' étuît le siège d'une école théologique et phi- 
^* ^\ ia^^ dont les doctrines ont laissé partout des traces 
^^^^V tï^oïiuïn^i^ts et dans les papyrus. Il n'est donc pas 
^^A'ftèret^* de connaître le corps chargé de conserver la 
. et ^^ diriger l'administration dans un temple 

^^^^^e P^^ ^^^ enseignement, puissant par ses richesses, 
cé\eDt ^,^^ personnel nombreux de prêtres et de fonction- 
P^^^^ A© tovite espèce, dont, à certaine époque, les souve- 
^^^^^^ rxf^titit^ïs purent renverser la dynastie régnante et 

\t, ^® ^* Becue archéologique, 1863, nouvelle série, t. VII, 

p. 44-^^-^^^ archéologique, 1862, nouvelle série, t. VI, p. 101-104, et 
•^- ^ . "es à^ l'Institut èguptlen, 1862, t. I, p. 701-754. Voir Biblio- 
Mémoi' Illogique, t. IV, p. 269-273 et 275-324.1 



10 



DE L*ÉLECTION 



DE ^^ 



î)\3B.iÉ 



Toutefois, je n'essayerai i> 
ibleau de cette vaste organisa 
ne question qui pourrait 
eux parler de la natnro o\x 
onctions du grand p rétro 



moï^ 



ou ew.^^ ^„^ \es 



onctions du grand p rétro <* -^^ viag^^® ^^ nts ciue 
n à cette charge? Était-eXl^^ .^ les ^^^^^'''^T^oaues^ 
iiMa limitiie? Paraît-il ^^ ^^iP^ _a ^ cWverses epv^M 



lurée limitée? Paraît-il d 
onditions d'obtention aient 

A ne consulter que la stat 
1 semble bien que Ton arri 
e temple d'Ammon 
[ui pouvaient ainsi 
)ontificale. Je résume iei lor 
îak-en-Khensou. 

Bak-en-Khensou était a 

luroi))|jnj[p^^^, lorscj. 




A l'âge de 16 ans u p\xri 

A rage de 20 ans a divin. 

ut 12 ans ; 
A Tàge de 32 ans ci 30 p,:- 

ut 15 ans ; 

A Tàge de 47 ans « s© T>rop 
B fut 12 ans ; 

A Tâge de 59 ans « 1 

B fut 27 ans. 
Ce dernier titre, q\aî 



.de donner en ce^,^;5,irar 
donner Ueu a ^^ ^^,^ des 



or» ( 



J:iète 



4 



U>^<er-ften3;in« 



o 



rai te 



»1i 






il 



il 



pror 




est ce^^ 



3 temple d'Ammon à Thièb 




e Bak-en-Khensou : 



12 



, écrit en entier su 



Amen 







Pri 



irixx 



DES FO^îOTlONS DU GRAND PRÊTRE D*AMMON 111 

^l sur les murailles du temple de Khôns bâti par les grands 
prêtres d'Aramon : . 

Ai □ Ho I + llti 

Neter-Hen, cLjyi n Amen-Râ sàton neteru 

Ppoplieta primus Ammonis-Solis, régis deorum. 

£^5 formules omployées dans cette inscription ne me 

j • ^xit aucunemont douter que les fonctions du sacerdoce 

^Q^mencGTTkGirït de la XIX® dynastie (Bak-en-Khensou 

■ ^ait sOUS Séti I*-"*" et Rarasès II) étaient perpétuelles dans le 

temple d'Aoïnion à Thèbes. 

M ^c^cpnd lieia , il faut remarquer de quelle manière Bak- 

^. i-iSOU parvînt àr chacun de ces emplois. Pour le pre- 

.| ^it : « J'étais préposé à Tadministration du roi. » 

^^^^^'i rj^ ^^'^ ^^^C ^'J ^ S'xeper n sûten (3« colonne). Pour 

^ . ^^x3.ts, il se sert de la formule : « Je suis devenu. . . » 

les sui^^ ^^ 1 ^ ^ rrh^n. (ibid,). Ce qui n'indique pas par quelle 

an-A i^^ ^e faisait l'avancement. Mais, pour la charge de 

autorité -^j.^^ Balc-en-Khensou dit positivement : a // (le 

grand p récompensa, // me connut pour mon mérite, il 

» ^^^' ^ rDremiex- prophète d'Ammon. Hesi-f û-A; sàû-f 

)) n^ P' bdét-^A ; tà-f iVA er neter-hen api n Amen. » 

^^ ^ • A t\0 le roi qui, sous la XIX° dynastie tout au moins, 

Q' était Cl errand prêtre d'Ammon, et je ne vois pas de 

, ^ textes hiéroglyphiques, ce mot s'écrit presque toujours 

^' gyUatoique j^ seul ou accompagné du complément phoné- 

p*^^^\y pevéria (v. Reçue archéologique, t. VI, p. JOl) transcrit 

tVq^^c j^ variante d'un texte démotique. Cependant, j'ai trouvé 

)Jft à'«*Ç^ . ^e la dame Tà-bak-en-Khensou, au Musée de Turin, la 

fturv». ^>t^ dans la phrase dnx ba-A, UeB xà-A, « mon âme est 

vatia^^ c:^38t mon corps »). De plus, le copte transcrit le mot égyp- 
^V^aJi^"» ^ j^ papy ovtiSx prêtre. Ces deux motifs me portent à adopter 
t\ea P*^ "Ition UeB. 



112 DE l'Élection et de la durée ' 

raisons de penser qu'il ne nommait pas aux autres grades. 

Maintenant, ces deux conditions de perpétuité du sacer- 
doce et d'élection royale ont- elles été changées postérieure- 
ment à la mort de Bak-en-Khensou ? Oui, s'il faut en croire 
l'appréciation que M. Brugsch, conservateur au Musée 
égyptien de Berlin, a faite d'un monument qu'ils reproduit 
et analysé dans un ouvrage récemment publié'. Il s'agit 
d'une inscription malheureusement fort incomplète de la 
muraille de la grande salle du temple de Khensou, à Thèbes. 
Tous les commencements des lignes manquent et fort sou- 
vent aussi leur fin, de sorte qu'il est impossible d'en donner 
une traduction suivie. Ce texte, dit M. Brugsch, « se rap- 
porte à l'histoire d'un des rois de la XX® dynastie et à celle 
du grand prêtre d'Ammon, Herhor (Phrihor), premier 
régent de la XXP dynastie. Ce qu'on trouve se rapporte 
aux élections renouvelées de Herhor, comme grand prêtre 
d'Ammon, à Thèbes, avec l'assentiment de l'oracle du dieu 
Khensou, et à l'exploitation des carrières de Khennou (Sil- 
silis) pour la construction de quelque édifice ». De sorte 
que, s'il est vrai que Bak-en-Khensou fut appelé par les rois 
puissants de la XIX® dynastie à remplir des fonctions per- 
pétuelles, il faudrait bien croire que, à la faveur des cir- 
constances politiques, ces mêmes fonctions seraient, à une 
certaine époque, devenues électives, de viagères qu'elles 
étaient. Ce serait là un fait bien digne de remarque. 

Assurément, si l'on doit s'attendre à rencontrer un sacer- 
doce perpétuel, c'est à Thèbes dans le temple d'Ammon, 
sous la XX® dynastie. Les membres d'une même famille 
occupent de père en fils^ pendant plusieurs générations, le 
sacerdoce suprême de « premier prophète d'Ammon-Râ, 
roi des dieux ». A la fin môme, l'un d'eux, Herhor, paraît 
s'être emparé du pouvoir royal, qu'il put transmettre à ses 
descendants avec le grand pontificat. Eh bien, c'est de ce 

1 . Recueil de monuments égyptiens^ 1862^ in-4'. 



DES KOï>IOTIONS DU GRAND PRÊTRE d'aMMON 113 

Herhor si puissant que les monuments nous révéleraient les 
aéle^*^^^® réitérées », selon M. Brugsch. Une notion aussi 
importante, si ello était bien établie, ne saurait être admise 
(ja0S I21 scienco <jTae sur preuves bien formelles. Aussi veux- 
je m'^^^^*^^ ^ oommenter la même inscription, car je crois 
Douvoîrnier le résialtat auquel est arrivé M. Brugsch. 

T'accorde bîeni que l'idée d'un sacerdoce de durée limitée 

dans i^ temple <i'-A.iiiinon n'a rien en soi d'inadmissible. On 

^^0tre en effet plusieurs fois chez les Égyptiens des 

i ctio^^ sacerdotales électives. Ainsi, je trouve^ un per- 

^^0 qui se dit an neter-ha-t, neter-hen nem (| f )» 

, uj^n. HcLT-oe-yU^edi n j^ , neter-henlll Anhûr, c'est- 

^ grammate du temple, second prophète, prophète 

» ^ ^^^te dans la ville de , troisième prophète 

dnarp ^ ^ etc. » Il faut bien imaginer que ce personnage, 

d'Anbo ^^^ ^%^ j>lvasîeurs fois élu dans le temple d'Harpo- 

après * avoir* achevé le temps de ses fonctions, se fit 

crate' ^ ^^ élire dans le temple d'Anhour, car il me paraît 

xiomine^ -^^jj^^-jjtj-^ qu'il pût servir à la fois dans plusieurs 

difficile rj'ou.tef ois, si l'annuité ou durée limitée des fonc- 

tetnp^^' *-6SSort pas d'une manière évidente de l'exemple 

tiens n© ^ n'en est plus de même des suivants. Cham- 

pj.écéàô^/ 3^ a, prouvé surabondamment, d'après Tinscrip- 

pollion'^^ ^^tt^ comparée avec les protocoles de deux 

tioB 4® écritiire démotique des ans IV et VII du règne de 

(^txtt^^® ^^ - pYxane ', que le sacerdoce du prêtre d'Alexandre 

ptoVèTX^^^ I>tolémées ses successeurs était annuel, ainsi 

et Aes ôx^^ plusieurs prêtresses de princesses de leur 

que ^^^^ ^e puis mieux faire que de renvoyer aux déve- 

^ I^uvre, C 112. 
\^ ^xifié» . ^marquer ici, dans le temple d'Harpocrate, une organi- 
2. Ot^ ^^jrtie ^ celle du temple d'Ammon à Thèbes. 
Q^%ioii »^* jii/. deux papyrus ègiipiiens en écriture démotique (extrait 
a. ^"^^ asiatique, 1823). 

du JoW'^ toïw-. T. XV. 8 



114 DE L*ÉLECTION ET DE LA DURÉE 

loppements que ce savant a donnés. Mais j'ajouterai que les 
Ptolémées en cela ne faisaient que suivre Tusage consacré 
par les Pharaons, car je trouve^ qu'un grand personnage de 
la XVIIP dynastie, Amenhetep, surnommé Hepû, de la 
famille des sûten-sa api héréditaires de Souvan, fut, sui- 
vant les inscriptions de son tombeau, « prêtre tjj du roi 

» /îa-.ser-Arà* justifié, prêtre de la divine épouse Aâhmès- 
» nefer-ari* justifiée, prêtre de la royale épouse Aâhmès^ 
» prêtre du roi Râ-âà-xcperu*, prêtre du roi Râ-ser-kà 
» justifié, pour la seconde fois* ^ prêtre de la royale épouse 
» Aahmès, pour [la seconde foisY)}. Le retour des deux 
sacerdoces du roi Aménophis P' et de la reine Aâhmès 
serait une preuve irrécusable de leur annuité, même en 
l'absence de la mention expresse nem « pour la seconde 
fois ». 

Mais, si ces exemples rendent vraisemblable Topinion de 
M. Brugsch sur l'élection des grands prêtres d'Ammon à 
Thèbes, ils ne démontrent pas que telle fût en réalité l'or- 
ganisation sacerdotale du temple d'Ammon. Il me paraît au 
contraire que l'opinion de M. Brugsch est fondée sur une 
appréciation incomplète du texte et sur deux petites erreurs 
grammaticales faciles à démontrer. 

Dès la troisième ligne, on lit : Hâ nem-n-f neter-hen ape 
en Amen-Râ sûten neteru, ce qui se traduit littéralement : 
Ecce iteraoit propheta primus Ammonis-Solis régis deo- 
rum; en français, et mot à mot : Voici qu'il fut de nouveau 

1. LepsiuB, Denkmàler^ III, 436. 

2. Aménophis T', deuxième roi de la XVIH' dynastie. 

3. Femme du roi Aâhmès ("AjiftxTi; des Grecs), premier roi de la 
XVIII- dynastie. 

4. Femme de Thothmès I*', troisième roi de laXVIII' dynastie. 

5. Aménophis II, septième roi de la XVIIP dynastie. 

6. Hen n sûten Râ-ser-kà, m& xerû, nem. 

7. Urb n suten hem-t Aâhmcs^ m [nein]^ an neter... La cassure de 
la pierre ue permet plus de saisir le titre qui suit. 



DES KOTMOTIONS DU GRAND PRÊTRE d'aMMON 115 

le V pfophét^ et"" .A mmon-Râ, roi des dieux, — phrase qui 
se retrouve aia x lignes 17 et 19, de sorte que rinscription 
mentionnerait trois réélections du grand prêtre Her-hor'. 
Et de même so répètent aux lignes 15, 18 et 20 les mots* : 
pà /^^^^ hâtrt ^/- ûer* der, c'est-à-dire : Deus annuit multum 
if^iilttif^f — ^"^ français : Le dieu donna un plein assenti- 
ment- Ce qui a fait dîreà M. Brugsch : « Ce qu'on trouve se 
pporte aux élections renouvelées de Herhor, comme grand 
^j.ç0 d'Àminon à Thèbes, avec l'assentiment du dieu 

Tl sotf^^^^ bien étonnant que les grands prêtres d Ammon, 

. X à l'union d© la puissance religieuse et du pouvoir 

1 5e soient souimis à des élections qui eussent certaine- 

^ '^^i-iné lieu, aixx rois d'intervenir. Il serait difficile que, 

^^^ 4 une longTJie période, les pharaons n'eussent pas 

P^ . . introduire quelques-uns de leurs candidats, ce qui 

réussi ^ ^ i^g projets de la famille de Hefhor. Mais je crois 

eût ^^^ ^te ne se prête pas à l'hypothèse des réélections de 
que le ^^ 

Herhor- ^^^ la, formule de la troisième ligne : hâ nem-n-f 

E^ ^ ^ ape en- ^men-Râ, peut fort bien se traduire : 

nei^T'^ y^^ ^^ nouveau le P'' prophète d'Ammon-Râ. . ., 

Voi^^ ^ ^^xx^^ attendu la lacune qui suit, que le verbe expri- 

ens^PÇ, ^\cyx\ de Herhor venait ensuite. Mais ceci n'est 

tQan*» g ixne conjecture, car à la ligne 17 la phrase se 

0xèïï^^ P ^^ Yg^ xnanière suivante : Hâ nem-n-f neter-hen 

eotap^^® ^^en—JFtcL sâten neteru, Herhor ma /erû, er sod : 

ope ^^ . fte/^^% ®t^-' c'est-à-dire : « Voici que fut de nou- 

pà-A ^ ^j^n^d. prêtre d'Ammon-Râ, roi des dieux, Herhor, 

» >'^^ gisant : mon bon maître, etc. » D'ailleurs, si 

^> dè^^ ' ij^ douter de la vérité de la traduction que je 



* possible qu'entre les lignes 3 et 17 la formule ait été em- 
\. ^^ ® t^ \at cassure en a fait disparaître toute trace. 
p\oT^' \^ \igne 15» il 11 '^n reste que er licr ùcr* 



116 DE l'Élection et de la durée 

donne, je renverrais à la planche XXII du même ouvrage de 
M. Brugsch. Là, le grand prêtre d'Ammon, Râ-men-Kheper, 
fils du roi et grand prêtre Pânezem, tous deux descendants 
de Herhor, s'adressent de même à Khôns, et le texte moins 
mutilé permet de mieux apprécier la suite du récit, dont 
Tauteur emploie les mêmes formules que celui de l'inscrip- 
tion de Herhor. Ainsi, à la ligne 10, il dit : « Voici que fut 
» de nouveau le premier prophète d'Ammon, Râ-men- 
» Kheper, décédé, disant : O mon bon maître, etc., » et à la 
ligne 11, avec une variante : « Voici que le dieu grand 
>) donna son plein consentement. Et voici qu'il (Râ-men- 
» Kheper) fut de nouveau se rendant^ vers le dieu grand, 
» disant : O mon bon maître, etc. ». On trouve ainsi : l'al- 
locution du grand prêtre aux lignes 10, 11, ...\ 16, 16, 
18, 18, 23, et l'assentiment du dieu aux lignes 11, 11, 16, 
16, 18, 18, . . .", 23. En sus, de temps en temps, le verbe 
qui suit l'auxiliaire nem change, ce qui offre des points 
de comparaison. De ce premier examen, il résulte donc 
qu'une traduction autre que celle de M. Brugsch est pos- 
sible. 

J'ajoute que c'est la seule possible, à cause des considé- 
rations grammaticales suivantes : 

1** La présence des prépositions er et em dans les phrases 

nem-n-f er jsod* ou em zod^ fait de nem une sorte 

d'auxiliaire du verbe 2od*, forme tout à fait analogue aux 
formes du temps passé ûn-n-A her qen « je combattis », 



1 . Spcr, avec les jambes pour déterminatif . 

2. La matilation du monument ne permet pas de retrouver ici la 
formule qui commence ailleurs l'allocution. 

3. Inscription de Herhor, ligne 17. 

4. Inscription de R&men-Kheper, ligne 10, etc. 

5. Le verbe netn se trouve employé comme auxiliaire dans la stèle 
de la princesse de Bakhtan, où M. de Rougé a traduit (ligne 8) nem-f 
jod par itornrii dicens, et (ligne 13) nern-n-Hen-f m sod par o le roi 
répartit ». C*est une tournure des plus fréquemment employées. 



DES FONCTIONS DU GRAND PRÊTRE d'aMMON 117 

hâ-n-A her s*es « je suivis », a-n-A her 2od « je dis ». Nem 
n'est pas le seul verbe dans ce cas : on emploie de même 
àîû, aller, jer, prendre, et quelques autres. 

2® D'ailleurs, pour donner à nem le sens absolu de « de- 
venir de nouveau », il faut prendre em 3od, er jsod pour un 
mode personnel, et traduire : « Il dit. » Il est vrai que 
quelquefois on trouve des phrases commençant par la pré- 
position em; mais 1^ on ne trouve pas cette tournure, fort 
rare, avec er; 2^ lorsqu'on l'emploie, le verbe est suivi de 
son sujet pronom ou substantif, ce qui n'a pas lieu dans 
notre inscription. 

3® Si nem-n-f B,y^it le sens de a il fut élu de nouveau », 
il faut remarquer que la syntaxe égyptienne, surtout à 
l'époque littéraire, eût voulu que l'on écrivît nem-n-/ 
EM (ou ER) neter-hen comme dans la stèle du basilico- 
grammate Mentousa (XII® dynastie) Tà-A Hen-f EM an 
« Sa Majesté me fit grammate* », sur la statue de Bak-en- 
Khensou Tà-f û-A ER neter-hen api en Amen : « Le 
roi me fit grand prêtre d'Ammon, » et dans cent autres 
exemples pareils. 

4<* Enfin nem est un verbe essentiellement actif : dans le 
sens de « devenir de nouveau », il devrait être accompagné 
des marques du passif, de sorte que pour signifier que 
« Herhor fut réélu grand prêtre d'Ammon » les Égyptiens 
eussent dit : hâ nem-TU-n-f EM neter-hen ape en 
Amen-Râ. 

Tout ceci revient donc à dire que les données de la statue 
funéraire de Bak-en-Khensou ne sont pas contredites par 
rinscription de la muraille de la grande salle du temple de 
Chôns, et que jusqu'à présent nous ne connaissons que des 
grands prêtres d'Ammon chargés d'un sacerdoce perpétuel, 
et choisis ou au moins confirmés par les rois d'Egypte, 
même au temps de la XX® et de la XXI* dynastie, car il 

1. Sharpe, Eg. Inscr., pi. LXXXIII. 



118 DE l'Élection et de la durée, etc. 

faudrait un document positif pour affirmer qu'il en était 
autrement, alors, qu'au temps où Ramsès le Grand confiait 
ces fonctions importantes à Bak-en-Khensou, a en récom- 
pense de son mérite ». 

Le 22 octobre 1862. 



NOTE 



SUR UN 



MANUSCRIT PORTANT LE PRÉNOM DE THOUTMÉS III 



Dans les collections que possède M. Tabbé Desnoyers, à 
Orléans, j'ai rencontré un feuillet de papyrus portant le 
prénom de Thoutmès III. Nous avons donc là un exemplaire 
de la Shatper em hrû de la plus ancienne époque et portant 
une date certaine. 

C'est un exemplaire luxueux, car les représentations sont 
peintes en sept couleurs : rouge, vert, noir, bleu, blanc 
bleuté et deux nuances de jaune. 

Je suis disposé à croire que cet exemplaire est le manus- 
crit funéraire du roi Thoutmès III; le luxe de l'exécution 
rend la chose vraisemblable. Tout au moins ce manuscrit 
appartiendrait-il à quelque grand fonctionnaire de son 
temps. 

En ce cas, s'il arrivait, comme je l'espère, que l'on retrouve 
le manuscrit dont ce fragment a fait partie, on posséderait 
un manuscrit dont l'âge serait exactement constaté, ce qui 
serait d'une grande importance pour la paléographie hiéro- 
glyphique. 

1. Extrait des Mélanges d'archéologie, 1877, t. III, p. 100-101. 







120 NOTE SUR UN MANUSCRIT 

Pour aider à cette recherche, je donne ci-dessous le signa- 
lement du manuscrit. 

C'est un fragment du chapitre cxxv de la Shcû per em 
hrû, en cinq colonnes, présentant une rédaction différente 
de celle de l'édition de M. Lepsius, correspondant aux 
lignes 7 et 8, mais dont il n'est pas nécessaire, pour la re- 
cherche qui nous occupe, que je donne le texte. 

Au-dessous des cinq colonnes se trouve la portion de 
tableau qui, dans l'édition de M. Lepsius, surmonte les 
lignes 30 à 36 du chapitre xv. — La principale différence de 
dessin consiste en ce qu'une table à offrandes, supportant 

un vase ^, im pain Q, etc., est substituée aux deux objets 

ço de l'exemplaire de Turin. 

Or, tout l'intérêt du manuscrit réside dans le cartouche 
dessiné sur le vase de la table, et qui me fait croire 
que nous sommes en présence d'un manuscrit du tom- 
gj beau de Thoutmès III (contre lequel il y eut une ten- 
tative de violation au temps même des Pharaons), ou certai- 
nement d'un fonctionnaire de son règne, qui, probablement, 
en plaçant ce vase sur la table d'offrande de la procession 
funéraire de son manuscrit funéraire, a eu pour but de 
conserver le souvenir d'un cadeau royal. En raison même 
de la beauté du manuscrit, les Arabes qui l'ont trouvé l'ont 
morcelé, dans l'espoir d'en tirer un plus grand profit, et je 
présume que l'on doit retrouver nécessairement dans quelque 
musée les fragments d'un si beau papyrus. 

C'est pourquoi je demande à tous mes savants confrères 
s'ils ont connaissance d'im manuscrit de la Shai per em 
hrouj en écriture hiéroglyphique, présumé de la XVIII® dy- 
nastie * ; à figures de sept couleurs ; portant, comme le ma- 
nuscrit Desnoyers, le nom ou prénom de Thoutmès III, ou. 



1 . [Pour n'induire personne en erreur, je dois dire ici que ce manu^ 
sent est de l'époqae salte (1904).] 



PORTANT LE PRÉNOM DE THOUTMÈS III 121 

dans le texte, le nom d'un personnage qu'on puisse attri- 
buer à ce règne, et auquel manquerait le texte correspon- 
dant aux colonnes 7 et 8 du Todtenbuch. Le tableau du 
manuscrit a 0'"25 environ de hauteur (il n'est pas limité par 
le haut), et les colonnes ont exactement 0"*107; elles sont 
inscrites entre une double ligne supérieure et inférieure; 
elles ont O'^OS de large. 



LES 



FONCTIONNAIRES DU RÈGNE DE KHOUNATON 



(1383-1365 av. J.-C.)' 



mm 



On s'est demandé ce que devinrent les fonctionnaires civils 
et religieux de l'Egypte* quand Aménophis IV proscrivit le 
culte d'Ammon et quitta Thèbes, sa capitale, pour en créer 
une autre à Khoutaton (aujourd'hui Tell el-Amarna et Hadgi- 
Qandil). A cette question il n'a pas été donné de réponse. 

On peut bien imaginer que cette persécution fut restreinte 
au culte d'Ammon et au changement de capitale, mais ne 
changea rien au gouvernement de l'Egypte. Comme dans 
toutes les révolutions, le plus grand nombre des fonction- 
naires accepta les ordres du roi, et fort peu d'entre eux 
durent se rebeller contre ses volontés'. Les monuments de 
ce règne ne sont pas très nombreux et donnent peu de détails 
sur la biographie des contemporains. A Tell el-Amarna, 
par exemple, les inscriptions sont exclusivement consacrées 
à exalter le dieu Aton et ne nous renseignent que sur le 

1. Extrait du Recueil de Travaux reUUifa à la philologie et à l'ar- 
chéologie égyptiennes et assyriennes, 1901, t. XXIII, p. 140-445. 

2. Cf. Maspero, Histûit*e ancienne des peuples de l'Orient^ t. II, 
p. 324. 

3. M. Maspero pense le contraire (Histoire ancienne des peuplés de 
VOrient, t. II, p. 317), 



124 LES FONCTIONNAIRES DU RÈGNE DE KHOUNATON 

mouvement religieux. Cependant j'ai relevé quelques docu- 
ments sur la conduite des fonctionnaires de cette époque 
troublée. On peut en conclure que la persécution du culte 
d'Ammon n'eut pas lieu sans amener quelques résistances. 
Plusieurs textes, en effet, semblent y faire allusion. 

Auprès du roi, nous voyons les mêmes courtisans. Kâmos, 
qui vécut sous Aménophis III et mourut sous Khounaton, 

se qualifie fl<orfc^; Nofer-xoper-her-sxoper rappelle qu'ail 

a été appelé à la tête des grands », n p H^ ^^ ""^ TO • » 

ce qui lui donne le droit « de se présenter devant l'être sacré 

du palais (le roi) " », " ^^ ^ ^ s V De même, 

Al dit : « Je fus à la tête des grands », l| y ^ "^^^ ^ ' 



*, ou encore : « Je fus à la tète des grands, 



des amis, primat royal des deux régions, sur tous les suivants 

y * ; en cette qualité, « il accompagne le roi dans les cé- 
rémonies solennelles », à ^ \ a^isH''!^!' ' ' 
-— ^^ fi n '. Ahmès dit également : « Je fus suivant du 

maître de la double terre'. » 
Ces ffti ainsi mentionnés, ce sont les princes*, les amis 

1. Bouriant, Mémoires de Ut Mission du Caire, t. I, p. 9. 

2. Ou a d'entrer en présence (du roi), dans le lieu saint du palais ». 

— Cf. difàq per m I (Recueil de Travaux, t. XV, p. 41). 

3. Recueil de Trataux, t. XV, p. 38. 

4. Lepsius, Denkmâler, III, 107 c?. — Même titre du personnage dont 
le nom a été effacé avec soin dans son tombeau de Tell el-Âmarna (Re- 
cueil de Travaux, t. XV, p. 41, 1. 10). 

5. Recueil de Travaux, t. XV, p. 47, 1. 11. 

6. Recueil de Travaux, t. XV, p. 47, 1. 11. 

7. Lepsins, Denkmàler, III, 98. 

8. Recueil de Travaux, t. XV, p. 38, 39. 



LES FONCTIONNAIRES DU RÈGNE DE KHOUNATON 125 

« 

(semer u)\ les rekhîtou*, les suivants*, les am-khent\ 

Puis, viennent une foule de fonctionnaires attachés au 

roi : le majordome du palais •; les porteurs du flabellum à 

la droite du roi*, et le porte-flabellum derrière le roi^; le 

1 y /^ ou Y — û AA/vwv • ; l'intendant du gynécée royal 

[mr Suten-apy, et deux ahemes n kep^^; enfin, la foule des 
grammates^\ grammates de la table ^', basilicogrammates ^ ' ; 
avec un sodem âè n Suten-ân, un page du basilicogram- 
mate^*. 

Aï est « père du dieu », c'est-à-dire du roi**. Sa femme 
est menât àedt neter^*, y^aker Souten^'', «nourrice gouver- 

1. Lepsius, Denkniàler, III, 107 d; Recueil de Travaux, t. XV, 
p. :^, 47. 

2. Lepsius, Denkniàler, III, 107 d. 

3. Recueil de Travaux, t. XV, p. 41 : a suivant royal dans sa 
barque auguste »; cf. p. H9, 1. 1 3; p. 47, 1. 11, etc. — Cet anonyme se 

vante d'être ^37 {Recueil de Travaux, p. 41). 

4. Lepsius, Denkmàler, III, 106 b; cf. s-xentû A nh A, dans le Re- 
cueil de Travaux, t. XV, p. 39, 1. 11 : « mon maître me mit au premier 
rang ». 

5. Mémoires de la Mission du Caire, t. I, p. 10, 15; Recueil des 
Travaux, t. XV, p. 44; Lepsius, Denkmàler, III, 98. 

6. Lepsius, Denkmàler, III, 105; Recueil de Travaux, t. XV, p. 41, 
42, 45, 48. 

7. Recueil de Travaux, t. XV, p. 42. 

8. Recueil de Travaux, t. XV, p. 38; Lieblein, Dictionnaire des 
noms, n*' 585 et 854. 

9. Lepsius, Denkmàler, III, 100-102. 

10. Mémoires de la Mission du Caire, t. V, p. 587. 

11. Recueil de Travaux, t. XV, p. 44; Lieblein, Dictionnaire des 
noms, n* 620. 

12. Recueil de Travaux, t. XV, p. 44. 

13. Recueil de Travaux, t. XV, p. 44, 45; Aug. Baillet, Notice sur 
la collection Desnoyers, p. 38 ; Lepsius, Denkmàler, III, 105. 

14. Recueil de Travaux, t. XV, p. 45. 

15. Lepsius, Denkmàler, III, 103 et suiv. 

16. Recueil de Travaux, t. XV, p. 49. 

17. Recueil de Travaux, t. XV, p. 45, 49. 



126 LES FONCTIONNAIRES DU REGNE DE KHOUNATON 

nante du dieu » (du roi) et « femme de chambre du roi ». 

Tous ces grands personnages se donnent tous les titres 
laudatifs habituels (voir, par exemple, les inscriptions des 
tombeaux d'Aï ou de l'anonyme du tombeau n' 14). 

Les grandes administrations ont toujours les mêmes di- 
recteurs et employés : 

Au trésor : « l'intendant du double trésor du maitre 
des deux régions' », ou « intendant du trésor du maitre des 
deux régions*», ou simplement «intendant du trésor'»; 
puis, les « scribes du trésor du dieu bon* » (Houi), ou sim- 
plement « scribes du trésor* » (Khâa) ; 

A ux approvisionnements : « l'intendant des greniers de 

la Haute et de la Basse-Egypte », ^^ ^ 1# {Si-lsit) \ 

ou simplement « intendant des greniers' », ainsi que son ?iU 
Ap-ouatou-mos * ; puis, les « grammates des greniers du 
maitre des deux régions* », ou « grammates des greniers du 
Pharaon'*», ou «grammates du double grenier''»; les 
« chefs de Vahou » {Paî et Houmos) "; enfin, un « intendant 
du magasin» (mer ârtt)'\ et encore le «chef des haras» 
(mer sesemu n Nb tout) ^ * ; 
Aux travaux publics : «l'intendant de tous les travaux 

1. Lieblein, Dictionnaire des noms, n* 641. 

2. Recueil de Travaux^ t. XV, p. 50. 

3. Lepsius, Denkmâler, III, 100, 102. 

4. Lieblein, Dictionnaire des noms, n* 620. 

5. Lieblein, Dictionnaire des nom^, n* 620. 

6. Lieblein, Dictionnaire des noms, n* 641. 

7. Lieblein, Dictionnaire des noms, n" 620. 

8. Lieblein, Dictionnaire des noms, n* 749. 

9. Lieblein, Dictionnaire des noms, n' 641. 

10. Lieblein, Dictionnaire des noms, n" 620. 

11. Lieblein, Dictionnaire des noms, n' 641. 

12. Lieblein, Dictionnaire des noms, n* 620. 

13. Lepsius, Denkmâler, III, 98. 

14. Lepsius, Denkmâler, III, 105; Recueil de Travaux, t. XV, 
p. 45. 






Les l'ONCTlONNAlRÉS DU RÈGNE DE KHOUNATON 127 

du roi^», (d'intendant des travaux'»; Bok, a l'intendant 
des travaux dans la montagne rouge pour les pylônes, chef 
des artistes pour les très grands monuments du roi dans le 
temple d'Aton à Khoutaton* »; «l'intendant des travaux à 
Khoutaton* »; et les artistes qu'ils emploient : « le chef des 
artistes, » Men, père de l'intendant Bok, originaire d'Hé- 
liopolis*; un « chef des orfèvres du temple d'Aton à Mem- 
phis* » ; un tt sculpteur (jga hotep, za basant ^*c=û-,) d'Am- 
mon au lieu de vérité à l'occident de Thèbes' » ; un « peintre » 
nil "; un -^?^^, (PenthouY; 

Auœ armées : des « généraux », j |^i ^2* » ^° ^^ ^^®^ 
de gendarmerie à Khoutaton » {fier Mâzou)'' ; un « officier 
des gardes du roi » {haut n mnftu ntt m-bah Honf)**; 

A V administration des provinces ou des villes : les mer 
nut sa, «comtes nomarques», {Nekht-p-aten)**; le hâ n 
Khut-aton, « préfet de Khoutaton », { Nef er-yoper- fier- 
slîfiopery. 

L'administration religieuse est aussi représentée par plu- 
sieurs de ces personnages. La persécution du culte d' Ammon 
ne commença qu'au milieu du règne d'Aménophis IV, de 
sorte qu'on trouve sur les monuments de son temps le nom 

1. Recueil de Travaux, t. XV, p. 41. 

2. Recueil de Travaux, t. XV, p. 45. 

3. De Morgan, Monuments^ 1. 1, p. 40. 

4. Recueil de Travaux, t. XV, p. 45. 

5. De Morgan, Monuments, t. I, p. 40. 

6. Mariette, Guide, p. 304. 

7. Mémoires de la Mission du Caire^ t. V, p. 604, 610. 

8. Lepsios, Denkmâler, III, 100. 

9. Lepsios, Dcnkmàler, III, 91. 

10. Bouriant, Mémoires de la MUsion du Caire, p. 10, 15; Recueil 
de Travaux, t. XV, p. 39-41, 45. 

11. Mémoires de la Mission du Caire, t. I, p. 17. 

12. Mémoires de la Mission du Caire^ t. I, p. 18» 

13. Recueil de Travaux, t. XV, p. 38. 

14. Recueil de T ruraux, t. XV, p. 38. 



128 LES FONCTIONNAIRES DU RÈGNE DE fCHOUNATON 

de dignitaires du temple d'Ammon : un «purificateur, 
grammate du temple d'Ammon^ » ; un « purificateur d'Am- 
mon"»; un «intendant des troupeaux d'Ammon'»; un 
« prophète d'Hathor à Thèbes' » ; deux « musiciennes d'Ap- 
ouatou* », et un « prophète de Ptah* ». 

Les temples d'Aton à Khoutaton, à Memphis et même à 
Thèbes, devaient naturellement fournir des exemples de leur 
hiérarchie. Le roi prenait le titre de « premier prophète 
d'Har-akhuti hâî m khut m ranf m ^â m aten'' »; mais 

il y avait dans la nouvelle capitale un « '^é=ï — ^ ^ p ^^^'^ » 

{Meri-rây, comme à Héliopolis ; et un ^^ a^w j 1 (j ^^^ , 

un « intendant de la demeure où se repose Aton * » : une 
«administration du trésor», ayant un «intendant» et des 

«scribes**»; un « intendant des troupeaux*' »; un cJh mB Q 

On trouve au temple de Memphis un « intendant de la 
demeure d'Aton** », un « chef des orfèvres*' », un « chef des 

1. Mémoires de la Mission du Caire, t. V, p. 585. 

2. Liebiein, Dictionnaire des noms, n* 585; Mémoires de la Mission 
du Caire, t. V, p. 587. 

3. Liebiein» Dictionnaire des noms, n* 620. 

4. Mémoires de la Mission du Caire, t. V, p. 589. 

5. Liebiein, Dictionnaire des noms, n* 620. 

6. Mémoires de la Mission du Caire, t. V, p. 589. 

7. Lepsius, Denkmàler, III, 110 t. 

8. Lepsius, Denkmàler^ III, 92-97. 

9. Recueil de Traeaux, t. XV, p. 39. 

10. Liebiein, Dictionnaire des noms^ n* 641. 

11. Liebiein, Dictionnaire des noms, n*' 620 et 641. 

12. Recueil de Traoaux, t. XV, p. 44. 

13. Liebiein, Dictionnaire des nom^, n* 543. 

14. Proccedings of the Society of biblical Archœoloyf/, 1895, p. 153. 

15. Maspero, Guide, p. 304. 



LES FONCTIONNAIRES DU RÈGNE DE KHOUNATON 129 



Cl 




marc hands du temple d'Aton' », et R ^ (1(1 '^'^'^^^^ 

La ville était administrée par un haut fonctionnaire, le 
MR NUT ZA qui avait rang de prince héréditaire, etc.', et 
par un « préfet de Khoutaton » (hû n Khutaton)\ Il y avait 
un «intendant des travaux (mr kntn) de Khoutaton*». Là 

aussi, probablement, 1© ÛS et V (1( dont j'ai signalé 

plus haut les intendants. 

Enfin, je citerai un « intendant de la demeure de Râ à 
Héliopolis • » . 

Ces séries ne donnent pas la hiérarchie complète de cha- 
cune des administrations auxquelles ces fonctionnaires ap- 
partiennent ; mais elles ofïrent assez de renseignements pour 
qu'on puisse conclure que l'administration de l'Egypte ne 
subit aucun bouleversement. Il n'y eut qu'une ville de plus 
en Egypte, dont l'administration civile et religieuse fut mo- 
delée sur celle de toutes les grandes villes. 



* 



Ce point une fois acquis, voyons s'il est possible de savoir 
comment fut accueillie la politique du roi et la création de 
la nouvelle capitale. 

Voici que Nofer-hât', dont le tombeau est à Hadgi-Qandil 

1. Mariette, Monuments dicers, p. 562. 

2. De Rougé, Inscriptions, pi. LIV; Lieblein, Dictionnaire des noms, 

n* 622. — Pour les époques postérieures, je n'ai plus noté qu'un 0|S/û 
X^. ^^^-^î^ï 1^ (Mariette, Monuments divers, 107 c). 

3. Recueil de Tracaux, t. XV, p. 38. 

4. Recueil de Travaux, t. XV, p. 38. 
5- Recueil de Travaux, t. XV, p. 45. 

6. Recueil de Travaux, t. XV, p. 41. 

7. Dans son tombeau (Rec. de Trav., t. XV, p. 37), on ne lit plus 

que 1 T / I ffK ^JÊÊkk^mk' ^*^® i® pense qu'on peut Tidenti- 
BiJBL. iaypT., t. xv. 9 




130 LES FONCTIONNAIRES DU RÈGNE DE KHOUNATON 

(n** 7), demande « une longue vie pour voir le maître des 
deux régions, de ne point cesser [de voir] ses beautés», 

Un général, propriétaire du tombeau n" 14, dont le nom a 

fier avec un T — ^ d'une stèle' de Leyde (Lieblein, Dict, des noms, 

585), parce que celui-ci est ^^^-^ ( ^ 8 ' 1 f I '^'^^^ ^^^''^ U ®^ 

que son fils est 1 T /| \\ • On pourrait ainsi établir leur généa- 
lo.&;ie de la manière suivante : 



î 



-^ 



I 
Uab n Amen 

et ler-heb aux funérailles d'Aménophis II 
\\ sous Tboutmès IV 



un 



sous Amônophis III 



mômes titres, probablement 




WfZ 



sous Aménophis IV. 



Houï a pour frère un v^^-^ (I qui pourrait aussi bien être le 

a A^ (1 '^'^'^'^ , erpd hd^ sàhùti if)\nir nut, sa, dont le tombeau est 
aussi à Hadgi-Qandil (Rec. de Trac, t. XV, p. 38). Il aurait changé la 
finale de son nom, comme le fit la princesse •¥• 1 '^'^'^'^/J^ (1 '^'^'^'^ ^ rW 
qui épousa le roi Tout-ânkh-Amon et fut reine sous le nom de 
HH I A/^^'>/v< (1 . Ce serait un autre exemple d'une famille aban- 

donnant le culte d*Ammon pour s'attacher au régime inauguré par 
Kliounaton. (Voir, plus loin, ce qui est dit de la famille de Kh&a.) 
1. Recueil de Tracaux, t. XV, p. 37. 



. 



LES FONCTIONNAIRES DU REGNE DE KHOUNATON l3l 

été soigneusement ejffacé, dit de même : tII'AiI / 

n^ = ^ J^ ^^ JJJ»^-^^' (( Qu'il (le roiTme donne vïeï 

santé, force, contentement devant le maître des deux ré- 
gions pour voir ses beautés chaque jour^ ». Le basilico- 
grammate Anuï*, Aï, qui sera roi\ le basilicogrammate 
Ahmès* ne cesseront de contempler les beautés du roi ou 
d'écouter ses instructions'. Un autre dignitaire rappelle 
que, « dès sa jeunesse, il a rendu au roi un hommage dé- 
voué », û^'^''^ ® r^'u ^oî*. Le gouverneur de 
Thèbes sous Aménophis III, Râmos, y avait commencé son 
tombeau et décoré tout un côté de scènes et d'inscriptions 
en l'honneur d'Ammon et y avait représenté Aménophis IV 
jeune; puis, il le continua d'après le nouveau style, avec le 
portrait de Khounaton. 

Une famille thébaine trouva dans l'apostasie du culte 
d'Ammon l'avancement de sa fortune. Par la comparaison 
des deux stèles' de Leyde, V 26, et de Vienne, 53, on 
voit Khàa, d'abord «intendant des taureaux d'Ammon», 

1. Recueil de Travaux, t. XV, p. 41. 

2. Recueil de Travaux, t. XV, p. 45. 

3. Recueil de Travaux, t. XV, p. 45; Lepsius, Denkmâler, III, 107 rf, 
col. 3. 

4. Lepsius, Denkmàler, III, 107 a, col. 6. 

5. S'Xntû A nb A; ar sebUf, au A hr Sdem nitû* f au ben ab* ar A 

hr maa ÎTT A- (Rec de Trac, t. XV, p. 39, 1. 11), etdùkSl^^ 

m Ses* h au ben ab p' mes Aten (ibid., 1. 13-14), au ben ab* '^^ f n 
^^ p' aten* il-fl (ibid,, p. 47, 1. 15-16). 

6. Recueil de Travaux, t. XV, p. 41. 

7. J'ai, le premier, signalé, dès 1877 {Notice sur la collection égyp- 
tienne de l'abbé Desnotjcrs, p. 40), les concordances et la date de ces 
deux stèles, que Bergmann a depuis étudiées [Rcc. de Trac, t. IX 
(1887), p. 41-43). Ni Bergmann ni Lieblein {Dict^ des nonis, II, 1891) 
n'ont connu cet opuscule. M. Pétrie, qui cite avec soin les moindres 
monuments du règne de Khounaton, a passé sous silence tous les per- 
sonnages des stèles 620, 641, 749 (Histoire, t. II, p. 225-229). 



I 



CTD 



132 LES FONCTIONNAIRES DU RÈGNE DE KHOUNATON 

I ^5^ ' '"'''^ M ' ®^ ^^'^ petit- tils Houî, d'abord « scribe 
du trésor du dieu bon », Uà 9 aw^ | r, devenir, l'un « in- 
tendant des troupeaux d'Aton », ^^^^ » "^""^ û "^""^ » l'autre 
« basilicogrammate et intendant du trésor du roi », I Ha 

|nYn^2*. Un deuxième Khàa, de la même famille, de 

plà ? « grammate du trésor (royal?) », devint Si | 

nyvs/>^ «grammate du trésor d'Aton*». Enfin, Ap-ouatou- 
mos, fils du premier Khàa, de uk «grammate* », devint 
PD rûQn « grammate des greniers du roi * », et même 

fut promu 1 pU S{Ù «= « basilicogrammate et inten- 

dant du grenier du roi* ». 

Tous ceux-ci sont courtisans, adhérents zélés du nouveau 
règne ; mais leur insistance ne marque-t-elle pas qu'ils pro- 
testent contre une opposition plus ou moins avouée? En effet, 
d'autres, au contraire, se vantent de leur résistance aux idées 
nouvelles. Nofirhotpou, qui mourut l'an III de Haremhabi, 
glorifie de la manière suivante son dévouement à Ammon : 
« Celui qui multiplie les biens, qui sait donner, c'est le dieu 

1. Lieblein, Dictionnaire des noms, n* 620 = 2044. 

2. Lieblein, Dictionnaire des noms^ n* 641 = 2045. 

3. Lieblein, Dictionnaire des noms, n*' 620 et 641. 

4. Lieblein, Dictionnaire des noms^ n* 620. 

5. Lieblein, Dictionnaire des noms, n* 641. — La stèle le qualifie 

, ce qui est une faute du graveur pour 1 nln ^ basilicogrammate », 
ou plutôt pour Uà, car on ne connaît pas le titre de « basilicogrammate 
des greniers ». Il était seulement a grammate du grenier du roi » et de- 
vint « basilicogrammate » quand il fut promu Sfu\ Cl « intendant du 

grenier royal » (Lieblein, Dict. des noms, n* 749). 

6. Lieblein, Dictionnaire des nom^, n* 749. — Cette promotion n*a 
pas encore été signalée. 




LES FONCTIONNAIRES DU REGNE DE K: 

roi des dieux : il connaît qui le connaît; il 
le sert; il protège son partisan*. » 

Un personnage d'époque un peu postéi 
plus loin dans la voie de la réaction. Dan 
Mes, scribe du trésor de Ptah, « Tune des s 
d'une longue inscription contenant le récit 
commencé sous le règne d'Ahmès I«' et rep 
sous Horemheb, ne se termina que sous Ra 
fait mention d'Aménophis IV sous la dés 
vaincu de Khoutaton » (Tell el-Amarna) * » 

Ainsi ce fonctionnaire memphite se sert^ 
ancien roi, de l'expression de mépris dont 1 
qualifiaient leurs ennemis vaincus. Il ne 
que ce roi est apparenté au souverain régna 

En fin de compte, il reste prouvé que, 
après le règne d'Aménophis IV, il se pas 
dans toutes les révolutions. Rien ne fut chi 
tration civile, militaire, religieuse, etc., de 
trouva des flatteurs pour sa réforme : quek 
fitèrent pour gagner des grades dans la hiéi 
nombre bouda le nouveau règne et s'en v£ 
tombé. 



1. Mariette, Monuments divers , pi. 28 a. 

2. Fouilles dans la nécropole de Memphis (1897- 
tion faite par M. Loret à Tlnstitut égyptien, séance 



DIVISIONS ET ADMINISTRATION 



DUNE 



VILLE ÉGYPTIENNE* 



Les grandes villes de l'Egypte, c'est-à-dire les chefs- 
lieux de provinces, étaient la résidence d'un J?^ w^ S^ 
O <z=> « comte nomarque du pays d'Egypte », haut 

personnage réunissant dans sa main tous les pouvoirs, admi- 
nistratif, militaire, financier, judiciaire, etc., aidé de plu- 
sieurs dignitaires importants ayant encore sous leurs ordres 
quantité d'employés subalternes. Mais tout ce personnel 
appartenait à l'administration générale de l'Egypte, et n'est 
pas l'objet du présent travail. Je voudrais rechercher si les 
villes égyptiennes n'avaient pas une administration parti- 
culière analogue, par exemple, à celle de nos municipalités. 
Le curieux manuel de hiérarchie égyptienne connu sous 
le nom de Papyrus Wilbour, si bien édité, traduit et com- 
menté par M. Maspero*, nous fournit un renseignement 
positif. Après avoir donné la liste des fonctionnaires dépen- 



1 . Extrait du Recueil de Travaux relatifs à la philolorjio ot à Var- 
chèologie égyptienne et assyrienne, 1889, t. XI, p. 31-36. 

2. Papyrus Wilbour, 1.16 à 19. 




136 DIVISIONS ET ADMINISTRATION 

dant du comte nomarque, dont je viens de parler, le ma- 
nuscrit mentionne 

HA na dirrUt ouhoui 
les chefs des villes et bourgs ^ 

Les monuments épigrapbiques et les textes manuscrits 
nous avaient fait connaître bon nombre d'individus revêtus 
de ce titre de hâ; mais leur rôle dans l'administration res- 
tait assez mal défini à côté de celui du sa, mour août. Dé- 
sormais nous savons qu'ils agissent pour ainsi dire dans une 
sphère différente. Le sa est le chef de la province; le kâ, 
le chef d'une ville. En tout cas, hiérarchiquement, le hâ est 
au-dessous du sa : il en dépend, comme un maire ou bourg- 
mestre moderne dépend du préfet ou gouverneur de pro- 
vince. 

Nous voyons encore que non seulement de grandes villes 
avaient à leur tête des hâ : ce que les monuments nous 
avaient fait connaître déjà; mais qu'un fonctionnaire de ce 
grade administrait les bourgs ou villages, ouhoui. 

Là se bornent actuellement nos connaissances sur l'admi- 
nistration des villes. 

Or, de nos jours, une ville, à cause de son importance, de 
son étendue, peut nécessiter des divisions, avec de nouveaux 
administrateurs. Paris est divisé en vingt arrondissements, 
ayant à leur tête un maire et des adjoints; d'autres villes 
moins importantes, comme Orléans, sont divisées en plu- 
sieurs cantons distincts au point de vue électoral, finan- 
cier, etc. ; dans certaines communes rurales dont le territoire 
est très étendu, on donne aux hameaux trop éloignés du 
centre de la commune un adjoint spécial ou un « commis- 

1 . Maspero, Un manuel de hiérarchie égyptienne, dans le Journal 
asiatique, 1888, et dans les Études égyptiennes, t. II, p. 8 et 43-44. 



d'une ville égyptienne 137 

saire local ». On peut se demander si les villes égyptiennes 
formaient toujours une unité compacte, si des nécessités de 
topographie, d'intérêts, etc., n'avaient jamais amené des 
divisions administratives et la création de fonctionnaires 
subalternes. 

On comprend qu'il sera difficile de vérifier cette question 
pour beaucoup de villes. Il faudrait avoir sur une localité 
des monuments nombreux, pour y rencontrer cette sorte de 
renseignements. Il n'y a guère que Memphis, Thèbes et 
Abydos qui soient dans cette condition, et c'est en efiEet aux 
monuments de cette dernière localité que je vais faire appel. 
Je vais utiliser la grande publication de Mariette \ sans 
oublier quelques monuments conservés dans les Musées. 

Indépendamment du nom des nécropoles d' Abydos, de 
celui des temples, de leurs diverses parties et de leurs an- 
nexes, les monuments mentionnent quelquefois une divi- 
sion géographique que je ne puis traduire autrement que 
par « quartier ». 

Ainsi, deux stèles paraissent parler d'un quartier sud 

ÎQ n 
^ , Nofer-hotep, qui vivait sous la 

XIII® dynastie, était |ft q 5 ® i ^^ scribe en chef de la 
circonscription du quartier sud* ». Au bas de la stèle il n'est 
plus désigné que par [g ^ « scribe en chef de cir- 

conscription de quartier », et sur une autre stèle*, le titre 
est encore plus abrégé ; Nofer-hotep finit par être dit seule- 
ment ôR Q « scribe en chef de circonscription ». Je ne pense 

pas qu'on puisse objecter que l'attribution de ce monument 
à Abydos ne soit pas certaine et mérite d'être confirmée, 

parce que Nofer-hotep était fils d'un èg ^ (j .j. y T] 

1. Catalogue général des Monuments d' Abydos, 1880. 

2. Mariette, Catalogue général^ n* 803. 

3. Mariette, Catalogue général, n* 808. 



138 DIVISIONS ET ADMINISTRATION 

I ï , titre et nom qu'on peut lire de deux manières : 

sxa fi aena Amen, Doudou-res-snib, « le scribe du dena 
d'Ammon, Didou-res-snib » — ou : sxa n dena, Amen-didou 
res-snib, «le scribe du dena [à Abydos], Amen-didou-res- 
snib ». Dans le premier cas, malgré l'absence suspecte du 'wwa, 

marque du génitif, "jg l\ désignerait un ofl5ce du 

la ii- H I Aww\ ^ , , 

temple d Ammon à Thèbes, et le fonctionnaire aurait porté 
les deux noms Didou Res-snib. Au besoin, cette opinion 
peut être corroborée par ce fait que cette famille parait être 
d'origine thébaine. En efifet, la mère de Nofer-hotep était 

de Khonsou en Thébaïde, Snibt-si-Sment ». Mais, dans le 
second cas, après IjA on sous-en tendrait ¥ J « d' Aby- 
dos », qui n avait pas besoin d'être exprimé dans cette ville, 
ou bien ® jL , qui vient d'être nommé dans le titre de son 

fils. Alors le nom du fonctionnaire est Amen-didou Res-snib, 
nom compliqué tout à fait comparable à celui du roi Amenî 
Antef Amenemhât, sous qui, comme le démontre l'étude 
des monuments, il fut de mode de prendre ainsi des doubles 
et triples noms. C'est ainsi encore que la mère du défunt 

s'appelait fi c^nWM/vwyAA J) Snibt-si Sment. D'ordinaire, 
on abrécreait ces longs noms. Ainsi jr (J \> 

Tl .<2>- I 11 (( le scribe du dena, Amen-didou Res-snib » de 
la première stèle (n° 803) devient sur la seconde (n^ 808) 
pB rv n "^^^^^ J ^^ ^® scribe du dena, Res-snib » , sa femme 

tresse de Khons en Thébaïde Snibt-si Sment » devient / | =^ 

i l/vs/vwN « la prêtresse de Khons, Sment ». De sorte 

que la réunion du nom d' Amen-didou à celui de Res-snib 
se trouve parfaitement justifiée par les habitudes contem- 
poraines. Et d'ailleurs, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'un 



d'une ville égyptienne 139 

homme d'origine thébaine soit venu occuper un emploi dans 
le nome thinite. J'aurai l'occasion d'en citer également des 
exemples pour des gens de la Basse-Egypte et du Fayoum. 

On pourra donc, au moins provisoirement, inscrire ^ ® 

et O dans la topographie d'Abydos ou de son territoire. 

Sur cette même stèle 808 figure encore un Si (1 




A/Wy/NA 



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\\ 



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Mais cette fonction se retrouve trop souvent pour 
qu'elle n'appartienne pas à Abydos. 
Sur la stèle 749 de la XIP dynastie (?) figure le ^ "^ 

Sur la stèle 792, le ^ )Bi w | « \i l\ 

Et sur la stèle- 868 reparait (1 avec le même titre ' . 

On peut se demander si ce n'est pas le même quartier qui 
est désigné dans le titre d'un Amensi tti /vwvw ^ ". 

Nojtons que, sous Amenemhât P', un Amenemhât s'inti- 
tule |[^9B 

Mais le 5 ®âî n'était pas le seul qui fût à Abydos. Une 
statuette accroupie nous en fait connaître un second : elle 
nous livre le nom d'un 7^ '^^^^ pQ ' ^ ^ ' -^fc^- ^^ ^^ ^hef du 

district (quartier) des peintres et sculpteurs, Sobek-ouer», 
sous la XJII® dynastie*. 

Je suppose, d'après cela, que, dans les villes d'Egypte, les 
gens de même métier se groupaient par quartiers comme 



1. Notons que Mariette, cette fois-ci, le place & la XIII* dynastie. 

2. Mariette, Abydos^ III, p. 911. 

3. Mariette, Abydos, III, p. 561. 

4. (( Personnage accroupi sur ses talons, vêtu de la longue robe qui 
laisse la poitrine et les bras à découvert. Les hiéroglyphes sont re- 
haussés de vert et rappellent par le ton général des légendes les stèles 
de la XIIP dynastie » (Mariette, Abydos, III, p. 366). 



140 DIVISIONS ET ADMINISTRATION 

dans nos villes du moyen âge. Il y avait à Abydos un 
J^/wwNApJ^jl^ !» ^°*™e à Amiens, par exemple, il y 
avait une rue des Lombards, une nie des Orfèvres, une rue 
des Corroyeurs, une rue des Chaudronniers, etc. 
Vers le même temps, un certain 1 ^ va <=> | , Aouf- 

^-r-son était aussi ^ PJiiTi <'*^*® ^)' 1^ 

PJ.|,,, (stèle 801). 

Je trouve un troisième f ^ à Abydos. Sous la XHI" dy- 
nastie encore ^"c"^ et K"^ sont qualifiés, l'un 



'^. « chef du district des ouvriers en cuivre (ou foi^è^ 
ns) », l'autre tsj , sur la stèle 856. Le père d'Ountou, 



Tour, était ^^^^. H est probable que BB^' était 
comme Ountou, ^ ^ ^ '.. Mais rien n'indique de quel 

district f ^^^ était chef, sous Amenemhât II : il ne 
prend que le titre de $^ ^ « chef de quartier » (stèle 640). 
Nous verrons tout k l'heure un ^ 1/**^; ce qui donne 
un quatrième ^^, le ^ '**^. "^ "^^ ^ 

Enfin, une stèle du Louvre (C 170) en fait connaître un 
cinquième : 3 ^ ^:37 ^ y , fî « le quartier du seigneur des 
offrandes à l'horizon occidental », et la stèle ajoute un ren- 
seignement important : c'était en ce quartier qu'était situé 
l'escalier du dieu grand » : _ ^/vww'1 1 ^^^'l'I'l ' . 



a C'est ici le tombeau que je me suis fait dans le nome Thinite, à Aby- 
dos, près de l'escalier du dieu grand, seigneur des dieux, au Quartier du 
Maître du repos à l'horizon occidental, afin que mon khou soit puis- 
sant à la suite du dieu grand. » 



d'une ville égyptienne 141 

Il me semble diflScile de rejeter le sens nouveau de cir- 
conscription que j'ai donné à Q. Il dérive très naturellement 
de ceux qu'on a reconnus à ce mot. Q est originairement un 

anneau ; il désigne ensuite tout ce qui est circulaire : T Q 
signifie en rond, tout autour, et a pour synonymes 



et ^^-^^. J ==r> < ; « les soldats vaillants du roi forment le 

cercle* »; c'est le cercle, le circuit que semble parcourir le 

soleil " ; la lune * ; la circonférence qui semble limiter le ciel * ; i 

ou les eaux du Nil au moment de l'inondation*, ou la mer \ 

entourant la terre et la terre elle-même'; le mot s'applique 

aussi aux divisions de l'Egypte, d'un nome, par exemple, 

kQj « dans V étendue de la Thébalde », comme traduit 
Chabas \ et aux dimensions d'un temple, r >B l \\\ 

ra Q (2(3^ <3> @@(â@ « construisant un mur dont le pourtour 

est de 300 sur 400* ». 

Après ces deux dernières acceptions, on peut très légiti- 
mement placer celle de circonscription que j'ai attribuée au 
mot Q sen, 

La signification de ^ ^ <l^^^tier, région ne se justifie pas 
moins bien. D'abord, par les titres cités plus haut, dans les- 
quels la traduction quartier, district convient parfaitement; 
et, en second lieu, par le texte du Papyrus Wilbour. 

1. Bragsch, Dict.^ SuppL, p. 1189, 765. 

2. Maspero, Recueil, 1880, p. 143. 

3. De Rougé, Inscr, hier,, pi. 141, 19; Greene, Fouilles, 112; Brugsch, 
Dict.j SuppL, p. 813; Bergmann, Recueil, 1883, p. 35, etc. 

4. Brugsch, Dict, SuppL, p. 1187-1188. 

5. Stèle triomphale de Thotmës III, 1. 10. 

6. Brugsch et Pierret, Dict-, s. eoce laud. 

7. Brugsch, DicL, SuppL, p. 1189; de Rougé, Mon. de Thoutmès III, 
p. 201, 221; Dûmichen, Zeitschrift, 1871, p. 90; Chabas, Nations, 
p. 186, etc. 

8. Papyrus magique Harris, III, 1. 1 . 

9. Brugsch, Dict., SuppL, p. 1189. 



142 DIVISIONS ET ADMINISTRATION 

Ce mot 5^» ^S parait sur beaucoup de monuments \ 
On Ta traduit d'abord psiv champ \ tertre, gradin*. Enfin, 

M. Lefébure et M. Naville, rencontrant les variantes \\ <zz> 

^ /wwsA et % ;ïïïïïi aux textes du Livre des Morts, ont pro- 

A/VS/VNA /S/VS/WV 

posé, l'un la traduction cours d'eau, l'autre celle deau, 
étang, lac, mer\ Enfin, M. Brugsch* Ta traduit par bifurca- 
tion, en parlant du Nil se séparant pour former le Delta. 

Mais les énumérations du Papyrus Wilbour : — a Fleuve. 
» Ruisseau. Source. Torrent. L'immensité des eaux. La crue. 
» Bras du Nil. Mer (iouma). Flots. Lac (hounnou). Pièce 
)) d'eau (5ao a). Puits. Citerne. Réservoir. L'eau étale. Etang 
» (barkaba). Les hauts cantons. Les bas cantons. Les bas 
» fonds. Les marigots. Rigoles. Caniveaux. Mares. Flaques. 
» Terres en bordures. Berges. Chaussées [dennou). Digues* 
» {nohem). Iles. Plaines. Terrains hauts (tenaou). Tertres 
» (qai). Argile. Plantes annuelles. Bois. Sables. Boue. Ter- 
» rains incultes. Terrains cultivés. » — ces minutieuses énu- 
mérations, qui n'oublient ni les « flaques d'eau » ni « la boue », 

et qui ne parlent pas d' f ou Ç^/s/na^, prouvent que cette 

désignation n'appartient pas à la géographie physique, mais 



1. Louvre C 3, 1. 15; Louvre C 170; Leyde V 3; texte d'Edfou, E. et 
J. de Rougé, pi. 61 ; Liore des Morts, chap. cvi, 1. 3 ; cxlix, 1. 30 et 62. 

2. Maspero, dans les Actes du premier Congrès provincial des Orien- 
talistes tenu à Lyon, en 1878, t. I, p. 246. 

3. Piehl, Zeitschrift, 1881, p. 19; 1883, p. 119; Recueil, t. I, p. 138; 
Maspero, Journal asiatique, 1880, p. 159, et Études égr/ptiennes, t. I, 
p. 128. 

4. Lefébure, Papyrus de Soutimès, XX et XXI = Todtenhuch, cxux, 
1. 30; cf. 13, note. — Dans ce passage, uart-an-zbr-s ne signifie pas 
le Lac sans fin (Naville, Zeitschrift, 1882, p. 188), mais le district 
d'AnzereSy dieu nommé plusieurs fois dans les textes des pyramides 
traduits par M. Maspero. 

5. Zeitschrift, 1882, p. 79-80. 

6. On remarquera que ces mots, qjo|g^e désignant des terrains, pren- 
nent, comme nùrt^ le détorminatif aawa^ de Tean. 



D^UNE VILLE ÉGYPTIENNE 143 

à la géographie politique ou administrative. Ce n'est pas 
une chose que Ton voit comme de Teau, un étang, un lac, 
une mer; mais, au contraire, une chose invisible comme les 
créations administratives, telles que région, nome, district, 
quartier. 

Chacune de ces circonscriptions de quartier ^^ avait à 
sa tête un _f ^ ^ quartenier. Ainsi un certain Mema, à 
Tépoque de la XIIP dynastie, est qualifié dans une inscrip- 
tion malheureusement détériorée "1%^ S^^XT^ ' 
que je crois pouvoir traduire : a quartenier de la ville, quar- 
tenier du Midi et du Nord », soit que Mema veuille dire 
qu'après avoir été « quartenier du quartier du Midi et du 
quartier du Nord », il est devenu « quartenier (en chef) de 
la ville », soit qu'il veuille dire : a quartenier de ville pour 
les quartiers du Midi et du Nord » (stèle 847) ; car, ainsi que 
nous l'apprennent d'autres documents, il y avait à cette 
même époque des chefs de district en chef, — chefs des 

quarteniers ^^^^ et ^%^^^. Tels sont ^^^^û 
Nebatef et (||[) ^ ^^ J^ Xonti-hotep (stèle 854), [j^ %en 

(stèle 891), \\\\ Aoui (stèle 960). 

Il semble donc qu'Abydos (et probablement les grandes 
villes d'Egypte, comme nous le verrons tout à l'heure), 
était divisé en^^, |^, 17 ^^I^' ^y^^* ^ ^^^^ *^*® • 

10 Le I %^ ^ ou i ^^*^ ® , quartenier en chef de 
ville ; 

2^ Et, au-dessous de lui, le 73 chef de quartier ou 
1 ^ ^ quartenier ; 

3° Ceux-ci se faisaient aider dans leur emploi par leur 
^ scribe (stèles 803, 808), et peut-être encore par des j^; 



A/V^AAA 



144 DIVISIONS ET ADMINISTRATION, ETC. 

car le ^^'^'^'^^ q est assis en face du Q^û J')f7?Q 
(stèle 854). "^^ 

Et ils prenaient alors le titre de ^^ )Î5Ï w ^ ^^^ ™® 



parait signifier « chef de la direction du bureau de quar- 
tier ». 

Ceci vient encore à l'appui de Topinion que j'émets sur 
la signification de ^ ^. Il me semble difficile d'admettre un 
tel luxe de hiérarchie pour un « tertre » ou pour un « lac », 
c'est-à-dire quelque étang naturel ou factice, comme on en 
voit quelquefois nommés dans les descriptions de temples. 

Enfin, j'ajouterai que cette division n'est pas particulière 
à Abydos; car un monument d'Abydos est dédié par un 

;v$k1^ A^AAA^^ V 'wwvs lA® «lieutenant des quarteniers 
ae Memphis » ' . 

Une inscription, découverte à Menchiéh par M. Maspero, 
et publiée par M. Miller", nous montre que la ville de Ptolé- 
maïs était composée de sept bourgs ou quartiers, kuTaxtDfzta, 
entourés de murs. Ainsi la ville fondée par Ptolémée avait 
été probablement formée de la réunion de plusieurs villages 
{jctofiai), qui en devinrent les quartiers ^^. On en connaît 
au moins deux : Psoî, souvent cité dans les papyrus démo- 



/VWSAA 



tiques, et Nièht, oo». 

1. Mariette, Abydos, III, p. 1215. 

2. Reçue archéologique, 1883, II, p. 175 : 

èv rvji i'Kxa%fa\L(cu xh {epbv xal 

vEc xal xh «po(rbv 'Iv^eiov xal xoxiç itpoerévTac ^^iXovç t^icouç 

xal TOV èxTOÇ TC^XOVC TVJC TZéXtfùQ Pû(JLOV, CtC. 

3. Daressy, Recueil, 1888, p. 139. 



UNE FAMILLE SACERDOTALE 

CONTEMPORAINE DES XXII«-XXVI« DYNASTIES 

(d50'600 avant Jésus-Christ) ^ 



La lecture du mémoire si bien documenté de M. Fritz 
de Bissing m'a fait penser qu'il y aurait grand intérêt à 
étudier les monuments d'une époque déterminée et ayant 
appartenu à une même famille. On pourrait ainsi suivre 
sûrement les modifications que le temps aurait apportées 
dans la manière de faire des artistes ou des industriels de 
cette période. Trouver cette famille, n'était-ce pas donner 
aux recherches archéologiques une base de quelque consis- 
tance? On classe assez facilement les monuments de l'époque 
des Ramessides et des Saîtes ; mais, entre ces deux dates, 
il y a un vide de deux cent cinquante ans où les faits 
flottent dans le vague. Des noms nouveaux apparaissent, 
Sheshonq, Takelot, Osorkon, Petisis, etc. ; mais en général 
ils aident fort peu au classement, car on les retrouve sous 
toutes les dernières dynasties, quelquefois jusqu'aux Ptolé- 
mées. En dehors des listes manéthoniennes, à peine quelques 
dates émergent-elles à la surface de ce chaos. 

1. Extrait du Recueil de traeaux relatifs à la philologie et à Var- 
chéologie égyptiennes et a^syriennesy 1896, t. XVIII, p. 187-196. 

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UNE FAMILLE SACERDOTALE 



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148 UNE FAMILLE SACERDOTALE 

Ce n'est pas que les longues généalogies soient absolument 
rares sur les stèles égyptiennes ; mais ce qui est moins ordi- 
naire, c'est de trouver plusieurs monuments ayant appar- 
tenu aux descendants d'un même personnage. Cela ne se 
rencontre que dans les familles royales. Si je me rappelle 
bien, je n'ai reconnu dans le catalogue d'Abydos que deux 
stèles concernant les membres d'une même famille. Quoique 
Ton puisse citer ailleurs des exemples de plus longues gé- 
néalogies, je maintiens que la chose est rare. Cependant, en 
cherchant dans la publication de M. Liebleîn, j'ai pu re- 
constituer une famille dans les conditions désirables. Il y 
a, en effet, au Musée de Gizéh une collection de sarcophages 
tirés d'un même tombeau, ayant, on peut le présumer tout 
d'abord, appartenu aux membres d'une même famille, ce 
qui est vraiment une bonne fortune ; car une suite de docu- 
ments de ce genre ne laisse prise à aucun doute sur la date 
de chacun d'eux et sur les déductions qu'on en peut faire. 
Voici donc cette généalogie précieuse : [voir p. 146-147]. 

Cette longue généalogie comprend neuf générations, toutes 
exactement reliées l'une à l'autre. Pas une seule interrup- 
tion, ni de doute sur le lien qui les unit, comme le prouve 
sur le tableau l'enchaînement des numéros donnés par 
M. Lieblein. 

Si on donne à chaque génération trente ans de survie, on 
aura, depuis la mort de Bok-en-Ptah jusqu'à la mort de 
Ta-ari, huit fois trente, ou deux cent quarante ans, c'est- 
à-dire un espace de temps suffisant pour qu'il se produise 
dans l'art des progrès ou des reculs, en tous cas des chan- 
gements appréciables. C'est ce qui fait le grand mérite de 
cette généalogie au point de vue des investigations pour 
l'histoire des arts. 

Cette famille nous a laissé les monuments de douze de 
ses membres et de sept générations : 

10 .^3 T*^—^ OuN-NOFiR, fils de Bok-[ni]-Ptah. Son 



UNE FAMILLE SACERDOTALE 149 

cercueil . . . — L., 1095; Piehl, /. H., 61 c. Stèle de bois 

— L., 1104. 

2" "^ * ' \\ Bis-n-Maout, son fils. Cercueil 438 — 
L., 1092. 

1 Onkh-ef-ni-Khonsou, son fils. Cer- 
cueil 750 — L., 1123. 

4» a) ^û^ Iriou, son fils. Stèle de bois — L., 1107. 

6j -^(1 ^ïj Nsi-r-Amon. Cercueil . . . — L., 1096; 
Piehl, /. H., 61 c. 

o^ I 1 Nsi-[r]-Khonsou, sa femme. Cercueil . . . 

— L., 1133. 

d) '^^ ^ \ yn Bis-ni-Maout, frère de Nsiramon. Cer- 
cueil 801. — L., 1117. 

i Vl Onkh-ef-ni-Khonsou, fils de 

Nsiramon. Cercueil 453 — L., 1109; Piehl, /. /f., 60 B. 
Stèle de bois — L., 1129. 

b) ^^^^^J^ . (var. ^ iK^ "^j Ta-khent-Min, fille 

de Nsiramon. Cercueil ... — L., 1089. 

c) ^^^^J] Har-si-Isit, son fils. Cercueil 456 — L., 
1090. 



6« --^ Hâ-hAt (ou Hâti?), fils de Har-si-Isit. Cercueil 



731 (?) — L., 1093. 
7** ^^^û ^ Ta-ari, arrière-petite-fille de Zod-Khons- 

ef-ônkh, fils de Nsiramon. Cercueil ... — L., 1100. (Brugsch, 
Dict., SuppL, p. 810, dit : Sarcophage.) 

Ce qui se résumera clairement dans le tableau suivant : 



150 UNE FAMILLE SACERDOTALE 

1" génération. [Bok-ni-Ptah] 

I 
2' — Un-nfr 

I 
3« — Bis-n-Mut 

I 
4* — Anx-f-n-Xons 

I 



I I I 

Iriu Nbr-Amn = Ns-XoNs Bis-Mut 

I 



I III 

6* — Onkh-p-n-Khons [Zod-Xons-f-ânx] Ta-Min-khont Hai-si-Isit 

I I 

7* - [Bis-n-Mut] Hâhât 

I . (Hâti) 

8« - [Xâûs-Isit] 

I 
9* — Ta-api. 

Le problème le plus important sera maintenant de déter- 
miner ^ quelle époque vivait cette famille. 

C'est une famille d'un rang assez obscur : elle n'a rempli 
aucune charge dans l'État \ Tous ses membres sont de 

Thèbes. Les hommes sont tous [ P aaaw. ^^37 j * ; Nsiramon, 

qui porte de nombreux titres, n'a que des fonctions se rat- 

tachant au temple d'Amon, (I ^^/^v . La seule femme qui porte 

ICI I ^_Q ^ Afe^ 

un titre, Nsi-Khons, mère de Nsiramon, est ^ U^C"^- 
Seul aussi, son père est à la fois « prophète de Month, sei- 
gneur de Thèbes, et prophète d'Ap-ouatou, seigneur de 
Siout, et chef du trésor du Pharaon » (L., 1096). 

Il est à remarquer que, dans cette longue généalogie qui 
dure deux siècles et qui comprend plus de trente noms", 

1. Hor, chef du trésor du Pharaon, beau-père de Nsiramon, n'est pas 
de la famiUe. 

2. Quoique tous prêtres de Montou, pas un de ces hommes n*a donné 
le nom de son dieu à ses Ûls. Peut-être ainsi le voulait le respect pour 
la divinité dont on exerçait le culte. 

3. Dans le tableau il en manque quelques-uns : ce sont ceux des as- 
cendants des femmes épousées par les hommes de cette famille. 



UNE FAMILLE SACERDOTALE 151 

pas un ne fait allusion à la XXVI® dynastie, ni à Bocchoris, 
ni à Psammétique, ni à Ahmès, etc, ni à leurs prénoms 
royaux, ni au nom de leurs femmes. Il faut en conclure 
qu'ils n'ont pas vécu sous la XXVP dynastie. 

M. Lieblein, en présence de tous ces monuments, les a 
appréciés, comme je le fais; car il les a placés (sauf un, 
1189) avant les monuments incontestablement datés du règne 
de Psammétique I" (n«* 1137 et suiv.). 

Il y a tout lieu de croire qu'ils appartiennent à la 
XXV" dynastie ou à celles qui l'ont précédée. La XXV® dy- 
nastie se compose comme il suit : 

(ôTïï] 



I 



(wkù}' -7°'- (jŒ]*""(°iïi 



roi, 714, t 702 

I 



Son frère la fait régente de Thèses 

I 



(mfe>~] (WWi mEl 



roi, 702, 1 690 épouse épouse, vers 650, 

i*"***^ A n rrTM 1g roi 

PSAMETIK. 



roi, 690, t 664 

Son successeur 



{ ..j^^ I Q ^ A \\ 1 éP^"se y" /www AwwN Q^^ OJ épouse [ ^^ CD ^ 1 

T û Ci A^/wv^ c:^ O T S Ck /vs^^/w o O 



Pas un de ces noms ne figure dans la généalogie de la 
famille de Bok-ni-Ptah. 

1. Pour les dates, voir Haigh, ZcUschrift, 1868, p. 82, et 1871, p. 102. 



152 UNE FAMILLE SACERDOTALE 

Mais, à côté de la famille royale éthiopienne, on peut 
trouver quelques familles, dont quelque membre ait vécu à 
date certaine. Par exemple : 

1"* L'un des généraux du roi Piônkhi en Egypte se nom- 
mait D ^ifl ^ ^ Pou ARM A (1. 8 et 140). Ce nom se retrouve 
«ur une stèle du Sérapéum^ de Tan 37 de Sheshonq IV 
(vers 810), par conséquent antérieure à la stèle de Barkal, 
où sont nommés : 

Ard 

I 

Hep-â-n-qep-RS-Mht 

Nfr-isit 

épouse le général Pu arma 

I 
Ta-p-mr 

hp-â-n-qep-R8-Mht. 

2** P-oun et sa femme Tâ-ree'-n-Bast, et leur fille, la 
« nourrice du roi, seigneur des deux terres Toe'^loq (Ta- 

harqou), vivant toujours, ees-RÂ-POR' » ^ - — oM 

30 """ ' j^ <:3> !1 , Ts-mht-pr', mère du « basilico- 

M A O O O O iJL 

» grammate ©[^O^^ décoré du collier et de l'abeille (?), 

» ami, chef des deux terres, yeux du roi du Midi, oreilles 
» du roi du Nord, intendant du trésor du maître des deux 
» terres To-hal-q (Taharqou) », dont les cônes funéraires 
sont à Lyon, à Londres, à Gizéh*. 

Ces trois documents sont datés exactement. On pourrait 
en rapprocher quelques autres. 

Les noms analogues à ceux de Tes-Râ-pirou et de Tes- 



1. Mariette, Sèrapèum, pi. 32; Lieblein, Dictionnaire des noms, 
n* 1018; cf. encore Recueil de Travaux^ 1887, p. 58, et Louvre, A 96. 

2. Lieblein, Dictionnaire des nomSy n' 1136 — cercueil à Florence. 

3. Daressy, Cônes, 






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UNE FAMIUl-^ ^^^tK)TAL^ <^ ^ 

Mehit-pirou se rencontre!)* ^^^nt et apr^ ^^^ ^^ 

Taharqou : ^ x^^ 

de ce nom), Ts-bastit-pr, est fille du roi OS^^^ ^JT ^ . 

laXXne^dynastie'; y'/ ^ 

^^Zr^^W.^ Ts-MUT-PR' « , mie de Ta-s6f^ j^ ^ y 

petit^Ie d^Har-si-Isit, peut-être Ae la X.XV» ^i^ , ; / /^ f 
^^ -^-Jq?*^^' Ts-isit-i»iC , Tiière d'un*|o<^* * |/^ // 
^^ HT^^St^, Ts-MxjT-ï»ïi.' , femme d'un 1^^ > y 

naire près de la 1* et mère <i'xxxx "^^® nommé PE.t''^ 

^_ ^ ||<=:>'^, Ts— xsïXT— i>ï^T, femme de oj[^ 
mère du kazana Psamétiic * . . ^t^ 

Ces trois femmes appartîor^ixexx-t sans contestation pos^ 
à la XXVP dynastie. 
Citons encore : 

^^ ^-^^^^ > Ts-MXJT-PR', femme de Zan^, 
mère de Qeres*; 
^^ ^* ^io J.Ti^' Ts-isix-BR'% qui me V^rzi\^ 



APT 




variante dialectàirdu nom cité p>lus haut; ^^ 

A; Notons encore que Oviza^rans, fille du prince KAa^v ^ v 
gouverneur de Thèbes, aïeul dxa prince Montoumii*. ^«^^J^ 

1. Lepsiua, Denkmàler, III, 2SS ; X^îebleîn, n* 1085 

2. Gizéh, cercueil 632; Liel>leîja, n* 1118. 

3. Schiaparelli, Catalogo, 3T9 ; X^ioblein, d» 1^55 

4. Lieblein, n* 1329. 

5. Canope inédit du Musée <iô Sons- 

6. Recueil de Travaux, 1803, *- :X.IV, p. 57. 

7. RecueU de Travaux, 18^4, e. XlVI, p. ^75^17^ 




154 UNE FAMILLE SACERDOTALE 

en 671, épousa un Ounnofir, et qu'un cercueil de Boulaq 
donne la généalogie : 

Unnopir = /sg 

H o o o 

Nbt-pir UzARANS*. 

4° Puis, nous arrivons à la famille d'un personnage dont 
le nom nous fournit un point de repaire assuré, je veux 
parler de Montoumhît, nomarque de Thèbes, que le conqué- 
rant assyrien fît l'un des vingt princes divisionnaires de 
l'Egypte en 671. Sa fille Bibiout se maria dans une famille 
de prophètes d'Amon*, qui s'allia elle-même à la famille de 
notre Bok-ni-Ptah*. 

Montoumhît nous donne la date des personnages de la 
grande famille de Bok-ni-Ptah. Car sa sœur* devint la 
femme de son oncle*, et leur fille Tabazat épousa un Bibi, 
prophète de Montou-m-Ouas, fils d'Onkh-ef-ni-Khonsou, 
qui n'est autre qu'un des fils de Nesir-Amon, quatrième 
descendant de Bok-ni-Ptah. 

Je crois donc, par là, établir une concordance solide entre 
les XXIP, XXIIP, XXIV«, XXV« et XXVI« dynasties ^ 

Cet arrangement repose sur des considérations sérieuses : 
1*^ Padoubastit, succédant à Sheshonq IV (qui règne 37 ans 
au moins), doit être plus jeune que lui. 2"* Piônkhi P' a pour 
contemporains Pifaâbast, Osorkon et Tafnakhti, selon la stèle 

1. Lieblein, Dictionnaire des noms, n* 1269, cercueil. 

2. Maspero, Les Momies de Déir el-BaharU p. 763. 

3. [Voir les généalogies parallèles des trois familles, p. 155.] 

4. Cf. Lieblein, Dictionnaire des noms y n* 1260. 

5. [Pa-di-Amon est l'oncle de Bibiout, si son père Kbaâ-Hop, pro- 
phète d*Amon et nomarque, est bien le môme que Khaâ-Hor, aussi 
prophète d' A mon et nomarque, et aïeul de Montoumhtt. On aurait ainsi 
le bisaïeul de Montoumhît, Hor-si-Isit, également déjà prophète d'Amon 
et nomarque.] 

6. [Voir le tableau de concordance, p. 156-157.] 



UNE FAMILLE SACERDOTALE 



155 






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156 



UNE FAMILLE SACERDOTALE 



Bok-ni-Ptah 



Ounnofri 



Bisa-n-Mout 



Onkh-ef-ni-Kbonsou 



Nesir-Amon 



I 



Onkh-ef-ni-Khonsou 
épouse la sœur 

du prince de Thèbes 
Montou-em-hlt. 

I 
Baba 

I 
Padi-Amon 



OSORKON IP, 
vers 940 



SeSONQ III, 
1851 



PIMI. 

851, t (?) 

èEèONQ IV, 
vers 850, f 810. 



I 



I 
éEéONQ II, 

t915 



TAKELOT II, 
t908 



I 
NAMROT, 

prince de Hnès et 

1" prophète d'Amon 

I 

Ptah-outou-f-Onkh, 

prince de Hnès 

I 

Ptah-hon, 

prince de Hnès 

I 
Har-pi-son, 

prince de Hnès 

I 
Ptah-hon, 

prince de Hnès 



Har-pi-son, 

prince de Hnès, 

vers 810 

I 

PIF-ÂA-BAST, 

prince de Hnès, 

an 21 de Piônkhi 1". 



Hor-is-Isit, 
nomarque 



KHAÂ-HOR, 
nomarqne de Thèbes 

I 
Nsi-min, 

nomarque 



I 
Zod-Khonsou-f-ônkh 



I 



Bisa-[n]-Mout 

I 
Khàou-s-Isit 

I 
Ta-ari. 



I I ^ 

MONTOUM-HIT, Amoniridis 

nomarque souverain, et 

671 Bibiaout. 



Nsi-Ptah, 
nomarque. 



1. Dates empruntées à l'Histoire de Brugsch. 



^= '^^^LLB SACERIH,T 



alb 



1S7 



V«>P. 154.^' ''^'"'^*. ^MwS ''""' «^ 



«^ »a?fe,. __ 



PADU-BASTIT' 
810. t 770 ' 

OSORKON in 
TTO. t 768 

5IM0UT «noJ 
'62-758 ^°PN-0P1T épouse • 
I 



ÉTI i„ 
'58-721 



•;;;abaka, 

'^'5, f 706. 



^^^HKHl i'. 



X 

Aqiâ . / 

, '^mon-iridis 

/ épouse 

/ '''ÔNKai II 

roi, ' ^''op-n-op,» 



Stéphinatès 
Nôlchepsos 



'VIKaou I" 
t 668 

'^ï' «66-611 



158 UNE FAMILLE SACERDOTALE 

de Barkal. li^ Montoumhît doit descendre au rang de Ta- 
harqou, son contemporain. 

Et si nous revenons à la famille qui a fait Tobjet de cette 
étude, nous voyons que Bok-ni-Ptah est le contemporain du 
roi Pimi ou de Sheshonq IV, vers 850, et que Taari vivait 
au temps de Néchao, vers Tan 600, c'est-à-dire qu'entre le 
cercueil de cette dernière et celui d'Ounnofri, fils de Bok- 
ni-Ptah, il y a bien deux cent vingt ans, comme je l'avais 
tout d'abord supposé. N'y a-t-il pas là un sujet d'étude bien 
fait pour attirer l'attention? J'espère, en dressant cette gé- 
néalogie unique dans l'archéologie égyptienne, que j'aurai 
établi les bases solides d'un travail bien digne de tenter 
quelqu'un des égyptologues ou des archéologues, comm(3 
M. de Bissing, à qui il serait donné de séjourner en Egypte 
et d'étudier sur place la série de monuments aussi exacte- 
ment déterminée. II. me semble que l'entreprise serait d'un 
grand intérêt pour l'histoire de l'art. 

Les tableaux qui précèdent vont maintenant nous per- 
mettre de classer d'une manière à peu près certaine d'autres 
monuments qu'on peut rapporter à cette période \ Ce classe- 
ment fournira des points de comparaison à qui entreprendra 
l'étude de la famille de Bok-en-Ptah. La vue des monu- 
ments d'ailleurs pourra suggérer quelques modifications au 
classement que je vais proposer : 

1° Je placerai le premier le n** 1097 du recueil de M. Lie- 
blein, cercueil de la dame Ta-sit-n-Isit, fille du prophète 
de Montou, Osorkon (dont le nom rappelle les rois de la 
XXIP dynastie et de la XXIIP) et de Ta-monkh-Amon. 

2° Le n*^ 1132 appartient à une femme du même nom, 
fille de P-si-mo'ut. Cf. le roi P-si-mout, de la XXIIP dy- 
nastie, et Psi-n-mout, fils du prince Montoumhît (fin de la 
XX V« dynastie). 

3^ Le n« 1122, cercueil (n«> 749) d^ dame Na-monkht- 
Amon, fille de Nsi-Amon et de Nsi-Khonsou, petite-fille 

1. Liebiein, n" 1089 à 1136. 



UNE FAMILLE SACERDOTALE 159 

d'Har-si-Isit, nous offre un nom de femme analogue à celui 
des femmes des numéros précédents et aux noms portés dans 
la famille de Bok-ni-Ptah. 

4^ Les n°« 1125, 1126, 1127, 1124 (cercueils n«« 745, 748, 
800 et 803) paraissent avoir appartenu à une même famille 
dont le chef porte le nom d'un roi de la XXII® dynastie. 

PI-MI. 

prophète de Montou, 
scribe du trésor d'Amon 

(1124) 

I 
P-HIBI = NSI-KHONSOU 

mêmes titres (1124) 

(1124) 

ONKH-F-N-KHONSOU = OUZA-RAN-S 
prophète de Montou (1124, 1127; — 

(1127, 1125) oepcueu 745) 

NA-MONKHÏI-RÂ NEKHT-BASTIT 

divin père de Montou, (1127; — 

(1125) cercueil 803) 

I 
BISA-N-MOUT, 

divin père de Montou, 

épouse Mut-iri-dis 

(1125, 1126; — 

cercueil 748) 



ONKH-F-KHONSOU 

(1126; — cercueil 800). 

5"* La grande famille de Bok-ni-Ptah, dont les numéros 
peuvent se ranger dans Tordre chronologique suivant : 

1104 1095 

1092 1093 1123 1090 

1096 1107 1109 1117 

1089 1100 1129 

1106 

6*^ La famille du prince (1102) Khaà-Hor, prophète 



160 UNE FAMILLE SACERDOTALE 

d'Amon et gouverneur de Thèbes, etc., grand-père de 
Montoumhît, l'un des vingt chefs de 671 : 

KHAÂ-HOR 
(L., 1102, 1103, 1106; — P.. /. //., 49) 

I 



I I 

NSI-MIN OUZA-RAN-S 

(L.. 1101, 1102, 1103, 1119, 1120, 1121, 1131; (1106) 

— P., /. //., ) épouse OuNNOPRi, 

épouse : prophète de Montou 

1* Isit-m-xobu, 2* Ta-ad-n-Isit | 

Dame NSI-KHONSOU 

(1106) 



- — -I 1 \ 1 

Le prince de AMON-IRI-DI-S BIBIOUT KHAÀ-HOR, 

Thèbes, (1119,1120,1121; épouse prophète de Montou 

MONTOUMHIT, — ses cercueils ; — Pbdiamon, (1101,1102,1103; — 

en 671. P., /. //., 53-55). prophète ses cercueils 735, s. n*, 

de Montou. 597; — P., /. //.). 

7** La famille du prophète d'Amon et nomarque Har-si- 
Isit (voir plus haut), n^» 1094, 1105, 1189 (stèle; cercueils 
sans numéro). 

8® La famille d'un prophète de Montou, Mer-ni-Khonsou, 
n«» 1098-1099 (cercueils 734 et 602) dans lesquels Mariette 
reconnaît Télégance saîte. 

9° Une famille (n<»» 1113, 1130), dont le chef Nakht-ef- 
Mout porte de très hauts titres : 

Na^t-f-Mut 

zod-xonsu-aup-ônx * 

Dame Tarua épouse Anx-p-x^^o 

Har-mât 

I 
Dame Nsi-Xonsu'. 

1. Nom qui parait sous Sheshonq I" (XXIP dynastie). 

2. Cercueil sans numéro; stèle. 



UNE FAMILLE SACERDOTALE 161 

10"* On pourra placer dans la XXV* dynastie (peut-être 
plus loin) les n®' 1110 (cercueil de Nsi-p-sif), 1111 (cercueil 
de Ouza-Hor-r-oui), 1112 (cercueil de Hor-mât), 1114 (cer- 
cueil de Nit-sesen, 1115 (cercueil n"* 5, à Miramar), 1116 
(cercueil de Pi-set, à Berlin), 1128 (cercueil de dame Ta- 
bok-Khonsou, n" 796). 

11® Le n® 1130 (sarcophage à Florence), dont la titulaire 
était Râ-perou, fille de Ta-roud-ni-Bastit, qui a le titre de 
« nourrice du roi Taharqou ». 

12** Le n° 1135 est le cercueil du prince Bok-ni-ran-f 
(Bocchoris), chef du sacerdoce de Neith à Sais et gouverneur 
de Thèbes (XXVP dynastie). — Cf. Schiaparelli, Ca- 
talogo. 

13° Enfin, le n° 1118 (cartonnage 732) peut être de la 
XXVP dynastie. 



BiBL. âaypT., T. XV. 11 



L'EGYPTE 



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PREMIÈRES ANNEES Ï>U RO\ tS 



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M. Revillout, à la ^ __^ 
de Rosette et de Cano^ 
faits qui accompagnèrojati 
Epiphane commença sor^ 
et de la guerre étrange 
ink à mort ; les Grées , 
dans Alexandrie; des 
toute l'Egypte. Les 
de Rome; Antiochus 
roi Lagide, et s'avançait 
révolution, comme la- izà 
rains. Selon l'expression 
M. Revillout, « 



j.^. 




, & fort bien mis en ^^ ^^^^^ 
la mort de Philopator- ^"f- 
règTie au milieu de la g^^^ 
Les tuteurs du prinO^^ 
;és en deux partis, s'égO 
ties indigènes se fondai, 
c-^^drins appelaient ^^°t^^ 
eAT&it la Syrie et *^./^^^^ 
— — r Egypte. ^'^^//^^^^Nv 

se vit sur le point ^ \\ 



1. Extrait des Afém€>£^' 

Belles-Lettres et Arts d 
ptolémaïgues, p. 81-86. 

2. Le décret de l'an 
nument qui nous l'a oo 
Grecs; le décret de 1' 
trouvé à Rosette. Il fau^ 
et de Memphis » — et i ce 
ou la stèle de Rosette j» . 



.t les documents Q^^^ 
Diodore de Sicile^ ^^^ 



la Société d^AgricuUu^ 
i8S2, t. xxm, p. 385^% 

d'Épipiiane ^ : ^an, 1 *H^Hw 







164 l'Egypte 

complètement la couronne, si ce n'est la vie elle-même, et 
de n'avoir plus un pouce de territoire en Egypte. » 

Il y a toutefois, selon moi, quelque exagération dans 
cette dernière appréciation. Il est bien vrai que, dès l'avène- 
ment d'Épiphane, il y eut en Egypte, comme il était déjà 
arrivé plusieurs fois aux siècles précédents, un soulèvement 
nationar contre la dynastie étrangère. Alors Thèbes chassa 
sa garnison grecque et proclama roi indépendant Horembou" ; 
il est certain que d'autres villes imitèrent cet exemple, 
Polybe nous a transmis les noms des rois Athinis, Pausiras, 
Khésouphos et Irobastos qui vinrent à Sais faire leur sou- 
mission au roi Ptolémée, après la prise de Lycopolis. Mais 
je suis disposé à penser que le soulèvement ne fut pas aussi 
général qu'on a pu le croire. Il y eut entre les villes des 
diverses provinces des rivalités qui les jetèrent dans des 
partis opposés. Il n'est pas sûr que Memphis, par exemple, 
rivale de Thèbes sa voisine, ait fait défection à Épiphane. Car 
il me semble résulter de l'intitulé de plusieurs actes notariés 
qu'Épiphane ne cessa pas d'être reconnu dans cette ville. 

Le premier en date est daté : « an II, athyr, du roi Ptolé- 
» mée, fils de Ptolémée et d'Arsinoé, les dieux Philopators, 
» Aristomakhos, fils de Mennas, étant prêtre d'Alexandre, 
» des dieux Sôters, des dieux Adelphes, des dieux Éver- 
» gètes, des dieux Philopators, Didymé, fille de Ménander, 
» étant athlophore devant Bérénice Évergète ; Iréné, fille de 
» Cléon, étant canéphore devant Arsinoé Philadelphe' ». 

1. Les documents grecs ptolémaîques désignent cette révolution par 
l'expression de rj xapax-n (Letronne, Inscriptions de l'Egypte, p. 246; 
Décret de Memphis, 1. 20 du texte grec). Les textes hiéroglyphiques 

l'appellent 'Vj khenen. {Inscription d'Edfou, voir Brugsch, Zeit- 

schrift, 1877, p. 45.) 

2. Voir Revillout, Décrets, et ma notice sur Horemhou, [p. 169-205]. 

3. Papyrus de Leyde n* 373, publié par M. Leemans, Monuments 
de Leyde, 2* partie, pi. 187 à 193; traduit par M. Revillout, Reçue 
ègyptologique, 1880, p. 128. 






6^.0»' . 



L'autre est daté : « /'««^ Vin. ptar<, dO^ gv^-^-V 
» Ptolémée, fils dePtoXémée et d' Arsi<^ ^ -1^^^ d*^ ^^VV^ 
» tors ; étant prêtre d'Alexandre et deô ^^.g e* ^^ ■^ ^ 

» dieux Évergèteset des dieux Philop»*^ M^ ^4^^ À^A 
» lémée, le maître du khopesch, -DéméttioS' ^q<^^Û M ^J^ ^A 
» Aria, fille de Diogène, étatit a,t\i\op\iot6 ^ wQ^ yA /t^ P 




règne. 
Quant à la localité oii Von datait ainsi 



des actes', les titres* et le»s noms* des témoins, 1* 
répétée de Memphis, cle» la nécropole de '^^^^ 
chemin appelé VAoen. u& cL '.A nuhis, nous donnent t 
titude sur leur proven.3,no^ . , 

Ainsi, il est avéré qxa'erx l'an H et en l'an VIII de so 



1. Papyrus du Louvre, i>vil>lîé par M. R«^'"°" '„5ifol** 
gique,nm, pi. 6 et 7, et tra-dvEÎt; £bcd., p. 124. ^^™*L^j /'^-^^V 
avait publié le protocole <ia.ns sa. JS^otice de deux I <^py J-^ ^%^?^ 

2. La forme et remploi <a« certaines lettres et d^ t^,^^N 
comme le Q dans les noms cle lE» tolémée, — comtae l'ortb^^^^^^ 

pouryîWe, ~*ljpour/emr»z«7, la, terminaison ^^ du xnot(^^^ 

PEs'i, mofVié, toujours écrit ^ ^-^J '^°8 les antcs fÙ^fcarvvN^ ^ ^ 

à Memphis. (Kevillout .) p, \^ ^ ^ 

â^^ dS adorés & I^«x^ï>i«- ^SP.tlOm^ 




166 l'Egypte 

Épiphane était reconnu roi à Memphis. De sorte qu'on peut 
affirmer que cette ville ne se révolta pas comme Thèbes 
dès les premières années du nouveau roi. Il est vrai qu'on 
ne pourrait affirmer d'une manière absolument certaine 
que Memphis ne s'est pas révolté après l'an II et n'a pas été 
soumis avant l'an VIII. Des papyrus datés des années inter- 
médiaires pourront seuls nous donner pleine certitude à 
cet égard. Cependant il faut remarquer qu'en l'an VIII, les 
généraux d'Épiphane faisaient le siège de Lycopolis, 
qu'Épiphane ne disposait que de peu de troupes, qu'il était 
obligé de faire venir incessamment des recrues de Grèce et 
qu'il n'aurait pas pu faire en même temps le siège de deux 
villes importantes; en second lieu, que l'année suivante 
Épiphane se faisait couronner solennellement à Memphis \ 
et j'imagine avec assez de vraisemblance qu'elle dut cet 
honneur à sa fidélité. 

Bien plus, je pense que Memphis pourrait bien n'être pas 
la seule ville à nous connue comme étant restée sous l'obéis- 
sance du jeune roi. Dans son procès contre les Choachytes, 
Hermias fait mention de son séjour à Ombos « lorsque j'étais 
retiré au nome d'Ombos' », dit-il. Nous savons maintenant 
pourquoi Hermias, qui tenait garnison à Thèbes, avait été 
obligé de résider à Ombos. La révolution survenue à la 
fin du règne de Ptolémée Philopator avait surpris le corps 
de troupes auquel Hermias appartenait et l'avait forcé à 
remonter le Nil ; il parvint à se maintenir à Ombos, qui 
resta ainsi, au moins quelque temps, dans l'obéissance 
nominale d'Épiphane. Mais il est très probable qu'Ombos 
ne tarda pas à tomber au pouvoir du roi thébain. 

Il y a un autre fait historique qu'il est bon de signaler 
encore. Edfou, pendant cette révolution, fut occupé par 
l'armée nationale. Le texte de la Chronique de lafondoUion 

1. Décret de Memphis. 

2. X(Dpi96évroc li i&ou sic t^v 'Oit6fn)v. (Letfonne, Papyrus^ p. 219.) 



t' 



> 



sous ÉPIPHANE 167 

du temple d'Ed/bu, écrite sous le règne de Ptolémée 
Alexandre P', dit expressément : « Lorsque survint la ré- 
» volte, alors il arriva que d'abominables factieux péné- 
)) trèrent dans le sanctuaire et s'embusquèrent dans la 
» demeure des dieux quand [le roi] fondit sur le Sud\ » 

Mais le roi Ptolémée Épîphane, qui avait déjà obtenu la 
soumission de la Basse-Egypte en Tan VIII de son règne, 
après la prise de Lycopolis', et s'était fait couronner l'année 
suivante à Memphis*, se rendit maître de Thèbes et 
d'Edfou*, en l'an XIX de son règne*, et réunit la vallée du 
Nil tout entière sous son sceptre. L'Egypte devait encore 
appartenir sans conteste, près de deux siècles, à sa dy- 
nastie. 

3 décembre 1880. 

cheD, Bauarkunde des Tcmpelanlagen con Edfuj dans la Zelischrift, 
1870, pi. II, 1. 23-24). Mot à mot : « Survint une révolte, fut ensuite 
Tabomination des rebelles dans le sanctuaire, se cachant dans le siège 
des dieux, dans le s'élancer (le dieu bon) dans la direction du Midi. » 
M. Dûmichen traduit : c( Da brach eine Révolution aus und es ereignete 
sich nun das die Bande der Ëmpôrer sich dort befand in ihrem 
Versteck, im Innern des Tempels, als es drûnter und drûber gingauch 
im Sûden. » 
2. Ce fut sans doute à cette occasion qu'on lui décerna le surnom de 





A/WSAA 



/h ^ pneb sopek* a le maître du glaive », qu'il échangea 

rann ée"su ivante contre le titre, officiel, consacré par le sacerdoce, de 

J\ NTIPER, 'ETTiçavr,;. 

3. Ces événements sont racontés dans le Décret de Mempbia ^^ ^^^^ 
Polybe. 

4. [Pour l'occupation de Coptos par les Thébaîns, voir p. ^^^ ':i^ vMssvi^ 

5. Comme le prouvent l'édit de philanthropie et le V&xl© 
cité plus haut. 



LE KOf flOREMHO^ 



LA 



dynastie:, nm^^ 

AU m» SIÈCLE A.VA.ÎSÏT NOTRE c.^ 



^ 



f" 



^ 



Après trois cents ans <i'in 
quité grecque n a pas livré 
qu'elle a offerts à l'avidité <i 
ptolémaïque, autant quie celui 
encore bien des tréso 
Mycènes et de Pergam 
de révélations inattend 
l'histoire ou des mœurs 
Telle est la découver 
vient de faire dans les 

à Berlin, à Vienne, à. 

papyrus Venus d'Égyp 

lument inconnue, mais 

siècle, pu déchiffrer qu 

uns. M. Revillout, 

élargissant le cercle 

des âges, maître de tou. 

aux papyrus plus 



n f a. t i gables r eclier cVve^ * ^X^ 
la clef de tous les P^,0^ 
"" - savants ; le sol de ^ 
de la Grèce, boO^ 
intéressants que 




'£> 





et no\is réserve une longa^ 
mr- nombre de points obso 
X>eiaples grecs. 
>xar ainsi dire, que M. K^ 

mêmes de l'Europe. A. ^ .n 
etc., étaient conset^^ V^ 

l'écriture n'était p^ v^^^ 

t on n'avait, depu^^ q^^ ^^ 





dont l'écriture n'était p^ 
b on n'avait, depu^'^ 4)v 
premières lignes ^^ 9(} 

_ -^ 4- ^»^ X . Wiï > 



les j: 0-- 

&7^^3Lnt conservateur ^U 
é>tudes et remontant 



--1 ' \:^ 

1. Extrait des Mémoires dt^ ^« Société ^. 
Belles LcUves et Arts d'Of-l^'^^'^^^ 1879, t. X^j ^^PxzdiMi^ 
Icmaïf/ues, p. 1-38. ' ï^^ 131-168 ^ ^ 




%.V 



^tf> 



^i^r 



LE ïtoi 



HOREMHOU 



'dettv\^^^ ^^^^ ser^^* ï^^® inutile d'en donner ici même une 
paru q^'^^ ^ c\^tuf^ ^^i facilitera provisoirement aux lec 
\>rève ^^^. \q contrôle des discussions que cette publica 



paru q^^^ cV^tuf^ ^^i facilitera provisoirement aux lec- 
\>rève ^^^^g \e contrôle des discussions que cette publica- 
tcurs èTU ^^ manquer de susciter. 

tien ne p^^ ^^^ pièces sont des documents officiels de la 
lus haute importance, les autres sont en général des actes 
dressés par des notaires ; une partie porte la mention de 
l'enregistrement auquel elles étaient soumises par les lois; 
elles sont minutieusement datées par de longs protocoles 
qui vont souvent me servir dans les questions que j'aurai à 
examiner. 

Les documents publiés dans la Chrestomathie démotique ^ 
il y a déjà quatre ans, comprennent : 

Le décret de Canope, de l'an IX de Ptolémée III Éver- 
gète I*', ou 239 avant notre ère (p. 125-176) ; 

— le décret de Rosette', de l'an IX de Ptolémée V Épi- 
phane, ou 197 avant J.-C. (p. 1-60); 

— une vente de droits mobiliers, du 18 athyr, an XXXVI 
de Ptolémée VI Philométor, ou 146 avant J.-C. (p. 61-84); 

— une vente de maison et dépendances, de Tan L de Pto- 
lémée VII Évergète II, ou 121 avant J.-C. (p. 85-109) ; 

1. [Oa plutôt de Memphis. Voir p. 77 et 163.] 



\ 



\ 

\ 



\ 



VlO A'^»-*^^^^ tion Ji^ ® *^""°^^*® ^® <^®"M«i atten- \ 

\ot»^'^^ ,;\\V^^4.-^^ aii^ papyrus démotiques le complè- \ 

ftll^^^^Itv*^^' ^ et autres érudits du milieu de 

T^Nto^' ^Ce -t> •^' ^^villout a publié, dans sa C/iresto- 

^oW6«^^?;ç,eaàc»l>^^^ ^^ns sa Nowdh Chrestomathie 

V«*^ Jèrtiot"^^ ^t* ***• traduction, sont grosses, par la 

matW'« .^^^^ \o ^^^^ a"^quels elles s'appliquent, de toutes 

^^°wl A®* o'^^^^^^e^^s. Comme les tables qui suivront les 

''■*^tea à'exvs^'^^^^xeS ^^ seront pas publiées de sitôt, il a 



\ 
\ 



ET LA DYNASTIE THÉBAINE 171 

— deux prêts de blé, des 15« et 16« années de Cléopâtre, 
12« et 13* années de Ptoléraée IX Alexandre, ou 103 et 
102 ans avant J.-C. (p. 110 à 128) ; 

— un contrat de dépôt d'objets mobiliers, de Tan XVI 
d'un roi qui n'est pas nommé (p. 123-124; déjà publié et 
traduit par M. Brugsch, Zeitachrift fur âgyptische Sprache, 
juillet 1876). 

Les documents publiés dans la Nouvelle Chrestomathie 
démotique comprennent : 

Trois contrats de mariage, des années 226, 211 et 201 
avant notre ère (p. 1, 4 et 109) ; 

— onze actes de vente de propriétés, des années 197, 199, 
182, 176, 160, 150, 141, 127, 119 et 96, deux de cette année 
(p. 139, 126, 66, 134, 113, 53, 3?, 103, 59 et 20); 

— cinq actes de quittance du prix de vente accompagnant 
les actes de vente susmentionnés, des années 199, 186, 176, 
150 et 142 (p. 14^6, 66, 134, 46 et 32) ; 

— une vente sous forme de transaction, de Tan 142 (p. 79) ; 

— un acte de partage entre co-propriétaires, de Tan 122 
(p. 87); 

— un acte de partage par avancement d'hoirie, de l'année 
117 (p. 7); 

— un prêt de blé, de l'an 1 13 (p. 121) ; 

— deux baux, du règne d'Évergète II (p. 148 et 150) ; 

— une déclaration de bail, de l'année 134 (p. 156); 

— enfin, une note concernant l'état civil de plusieurs 
personnes appartenant à une famille de Thèbes, entre les 
années 135 et 131 (p. 65). 

M. Revillout a publié encore quelques autres documents 
dans la Zeitschrift de 1879 (malheureusement, quelquefois 
sans donner le texte de leurs dates), savoir : 

Un quatrième contrat de mariage, de l'an 172 (papyrus de 
Turin 169, 13; Zeitschrift, pi. V, n" 20) ; 

— une douzième vente de propriété, de l'an 126 (pap. 
Turin 174, 24; Zeitschrift, i^\. IV, n<».18); 



172 LE ROI HOREMHOU 

— un troisième bail, d'une vigne et de ses dépendances 
(pap. Turin 21; Zeitschrift, pi. II, n® 12, publié sans date ni 
souscriptions) ; 

— une quittance, du 20 mésoré an XLIV, 127 av. J.-C, 
pour remboursement d'une somme de 1440 argenteus prêtée 
par acte du 30 khoiak (pap. Turin 174, 14; Zeitschrift, 
pi. II, n« 11) ; 

— un acte d'adjuration, de l'année 118 (pap. Turin 18; 
Zeitschrift, pi. IV, n^ 17) ; 

— un contrat d'échange de denrées, etc., de l'année 148 
(pap. Turin 11 ; Zeitschrift, pi. III, seulement des fragments, 
no> 14-16) ; 

— une nouvelle série d'actes de l'état civil des descen- 
dants des époux du contrat de mariage de l'année 172, entre 
les années 172 et 130 (pap. Turin 174, 20; Zeitschrift, 
pi. IV, n° 19). 

On conçoit parfaitement quelle source, pour ainsi dire 
intarissable de renseignements nouveaux, vient de s'ouvrir 
pour l'étude de l'histoire, des mœurs, du droit public, civil et 
criminel, de l'administration, de l'organisation des finances, 
de l'économie, de la statistique, du calendrier, des poids, 
des mesures, des monnaies, etc., pendant les dernières dy- 
nasties égyptiennes. Car ces documents embrassent une pé- 
riode de cinq siècles, du règne de Darius P', roi des Perses, 
jusqu'à la conquête de l'Egypte par les Romains. 

Je n'ai pas assurément l'intention d'entreprendre l'étude 
de toutes ces branches de l'histoire et de l'archéologie, ni 
même d'en présenter un rapide tableau. Ces études en sont 
à leur début. M. Revillout a déjà appelé l'attention, dans 
plusieurs notices, sur tout l'intérêt de ces documents 
historiques ou juridiques. Imitant son exemple, j'essaierai 
d'éclaircir quelques faits relatifs à la dynastie des Ptolé- 
mées, dont l'histoire nous offre bien des problèmes à 
résoudre. 

Suivant l'ordre chronologique, un des premiers objets de 



ET LA DYNASTIE THÉBAINE 173 

recherche rencontrés sous nos pas est cette petite dynastie 
thébaine. dont la découverte est due à M. Revillout. Celui- 
ci en a déjà établi l'époque et doit prochainement publier* 
une notice sur le nom de l'un de ces rois jusqu'ici inconnus, 
que je vais étudier de mon côté. J'aurai l'occasion d'ap- 
porter de nouvelles preuves à côté de ses arguments et 
d'établir un point intéressant qu'il n'a pu aborder, je veux 
dire l'ordre de succession des nouveaux rois thébains. 



,h:>A^ 



Ce cartouche ne nous est connu que par un seul texte 
démotique publié l'an dernier par M. Revillout. C'est le 

contrat de mariage de Patimout et de Tbal , du mois 

d'épip de l'an IV de ce roi*. Sa légende royale est conçue 
comme il suit : 



en hiéroglyphes : 







<( Le roi Hor-em-hou, vivant éternellement, aimant Isis, 
» aimant Ammon-Râ, roi des dieux, le dieu grand. » 

§ I". — Nom du Roi 

J'ai lu le nom du nouveau roi Hor-em-hou. Cette lecture 
a besoin d'être prouvée. Il n'y a aucune diflSculté sur la 

1 . [ZeUsckrift, 1879, p. 131.] 

2. Nouvelle Chrestomathie démotique, p. 109. 



174 LE ROI HOREMHOU 

première partie du nom : ^ égale ^^, sans doute pos- 
sible pour personne; mais il nous faut rechercher la lecture 
et la signification de la sigle ^3. Elle se rencontre heu- 
reusement plusieurs fois dans les textes mêmes de la Noa- 
velle Chrestomathie. 

Les scribes do Thèbes et ceux de Memphis avaient, ainsi 
que Ta très bien fait remarquer M. Revillout, des habi- 
tudes différentes de rédaction et aussi d'écriture. Cette cir- 
constance va nous fournir une variante instructive de la 
sigle étudiée. Un texte thébain dit : 

2 -.--I ± 1J 



s^ep A sunru n teb (?) en to-tu-t, au-f-UEa^ an sep neb-U 
— (( J'ai reçu leur prix de ta main : il est complet ; pas 
de reliquat \ » 
On lit dans un texte memphitique : 



/aIIoiu <tb/ y^^r-jnf /n\ 



^ 



y^Jy^^ iA<ii^^?.^n /A(i». :> 



î03 ?ei^^ 



Ti-u-I ui en-her-t pes-per nte kuat, au-f-hebes, au-f- 
MEH seba s*asaU. — « Je t'ai fait cession de ta maison b&tie, 
couverte, complète de porte et de fenêtre*. » 

On est frappé de l'analogie d'emploi des deux participes 



^/ 



i^ et JJPJ ^}% . L'identité n'est pas discutable. 



1 • Revillont, Nouvelle Chrestomathie démotique, p. 130. 
2. Revillont, ihid.^ p. 114. 



ET LA DYNASTIE THÉÇAINE 175 

et la forme memphitique, au lieu d'employer les deux 
lettres M et H pour écrire le mot meh, reproduit exacte- 
ment l'orthographe hiéroglyphique (j ^ ^.c*^ ^^Y^f par le 

signe syllabique ^•^ . La première de ces deux formules se 
retrouve avec la même orthographe aux pages 75, 143, 46 
et 151 dans des actes des années 183, 176, 151 et 141. 
Une seconde formule de style notarial dit que l'acte de 

cession, i — | h i |o u, est passé L| |o X3 / ^^ meh s\a 
sert « pour compléter deux écrits * » avec l'acte de quit- 
tance du prix. Un acte de vente nommant les quatre fils 
du pastophore Hor ajoute : h " ^ / ^^ meh en ftu 
a pour compléter quatre », c'est-à-dire « quatre en tout" ». 
Les vendeurs d'une maison indivise vendent leur part 

•*^-^^ 7-5 • «pour compléter la moitié*»; ou : 

^yjf^ /A\imV X^ . « V^^^ compléter la maison 
entière* »; 

ff afin de compléter la superficie qui fait superficie d'un 
aroure' »; / A I U "O / « pour compléter le lieu* »; 

OO /a\\j^ /Ai^%j TO « pour compléter 

l'étendue du terrain ci-dessus' ». Enfin, un mari promet 
par contrat de mariage de donner à sa femme, en cas de 



1 . Revilloat, Nouvelle Ckrestomathie démotique, p. 43, 58, 63, 76, 
132 et 145. 

2. Revilloat, ibid., p. 62. 

3. Revilloat, ibid., p. 70. 

4. Revilloat, ibid., p. 71. 

5. Revilloat, t6û2., p. 84. 

6. Revilloat, ibid., p. 91. 

7. Revilloat, ibid., p. d9. 



ou liii'froglyplies : 









(( ] /orfèvre, L iMîaiit iW T:*t-'»«'-, Pai:-ii; ut. n.- «le 
» l^ibast, et doî.t la iii'îv ♦.-t l-a:::". ul. 

|)(*u\ de (:*:> n »ij.^ n mî-- :••; ••il*:.:. . aiui" ••'! i d Amiii"!^» 

H 'riMîbes, >i':'^e da .^l;*- iî»- I.i d-.— *- \ - - Mut. L en 



(h! eiK;i>i«' de ni/i^»* di L :.; il/ \a ;-.-.- lir la niar;i.*e. 



V//-. ^//./. J^. dans ^*«j^.^•i ii.î:-- 1" i; «in lij di- u i..» .stiu 

///T./ <>|, la t:M>:«/iiitf jK-i^^inn-' d«- la lilade rtO^j:*-»* a Tîi'*î''*>- 
l^e nom A" ' ^ -"'* --'^iil ii"vi> la: i»'.!-:a]î la Ucrr>x* t-^^r- 
iiviiie d liii li'Cie de la Lkjs^flîirv; ;<.- fi d'/ ;a vi..».- de 
Ijovoxrr'.c. Mais la ti':alil-- d.i uiari».- li- \-vA l;.i— ^r a;cua 
(lr>utf . I! *>tait : 



t t 



,.A ^ 



I r -• » ■">- ^ - -V »• ^ _'.- r ^-^ 

M. R«-vil:M:it eu l'ait iil; « c.ai.je.;: .• : ''• lt- ffiis ■ "::V\rr' ■•. 
Ijaii< un u't*' d- j^arla:^^'^ { ar a\"anceuit::î d\.- î::e fait ♦i^ 
laTiti»'-' 117 av;.:it n -lie •-: f N* 19 tobi an LIV d'Êv«-! :^''îe II . 
l>ai IL.:. îils d'Hor et de T.^at .ir. le [ :»ssoss- :r d-/ {.les^jU-:- 
luus les papyrus tl.êbains î>; andiis dans 1- s n;uS'-/> de 
l*Euro{..e, ses «quatre enfants sVn:ra^''ent par la clause .vm- 
minaî-'»i:v s :iv;i::re : t L^ j»-;rtl'- n tre re^ivr^ie:::, r--s V"i- 
,) >ins ^^i-Mininv-^, i.r.'i» '::s-lt^< à !a mais^'n r ur e:::e 
»• entre n-'-L^ i/'aî:e : pieii ii-i-!» >. Et >: Tun de n m< tj.iati-j' 
» s»- rétraete î-'U:* n-' j as aller la, il donnera oic-^ l.il-:::< 
.» f\erVe/% ^in5'o,'p à la hniiiMe de Pam- ::t de Ke:-àmi:i. • 

lei le in-t •• ban«jiu' »> e^t e -rit : ^ ^ XJ yl^ ijuî ne me 



ET LA DYNASTIE THÉBAINE 177 

égyptien antique '^ m mehi ou ^^ mehti, en copte 

ïî^iT, est écrit /^ O mehtV 

Je pense qu'il ne peut y avoir, après cette démonstration, 
aucun doute sur la lecture du cartouche royal : 



Vl 



h::>A^ 



qui ne peut être autre chose que : T^ ^ M HOR M H. 

Je dirai plus loin la signification de ce nom, mais jus- 
qu'ici la transcription m'en parait être indubitablement 
assurée. 

§ II. — Patrie de ce roi 

Voyons ensuite où ce roi a pu régner. 

Or, que ce roi fût Thébain, c'est ce qu'on peut inférer de 
plusieurs mentions du texte du contrat de mariage de 
Patîmout. 

La mention d!Amon-Râ suten neteru, « Ammon-Rà, roi 
des dieux », qui est l'un des titres d'Ammon à Thèbes, 
ne serait pas concluante à elle seule, parce que les rois de 
rÉgypte inférieure, les Bubastites, les Saïtes, par exemple, 
ont honoré Ammon de Thèbes. Il n'en est pas de même de 
la profession, du domicile des personnages nommés, de la 
situation des biens désignés dans les contrats. 

I. Au contrat de mariage, d'épip an IV, le marié est dé- 
signé de la manière suivante : 

1 . Reviiioat, Nouoelle Chrestomaihie dénioiique, p. 12. 

BiBL. ÉOYPT., T. XV. 12 



178 LE IlOl IIOREMUOU 

en liiéroglyphes : 

(( L'orfèvre, habitant de Thèbes, Pati-mout, fils de 
)) Pabast, et dont la mère est Tsatmout. » 
Deux de ces noms nous roi)ortent, comme celui d'Ammon, 

à Thèbes, siège du culte de hi dées.se \\ j\ Mut. Il en 

est encore de môme du nom de la mère de la mariée, 

S)q/wwna 3y dans lequel entre le nom du dieu thêbain 

3, la troisième personne de la triade adorée à Thèbes. 



AA/VWN 



Le nom /^ ji^ ^ seul nous rappellerait la déesse épo- 

nyme d'un nome de la Basse-Egypte et de la ville de 
Uo-jêaT-rtç. Mais la qualité du marié ne peut laisser aucun 
doute. Il était : 



r^(](j 



ëi u I 

Orlèvre, liomme de Thèbes. 



M. Revillout en fait un a changeur » ; je le crois « orfèvre ». 
Dans un acte de partage par avancement d'hoirie fait en 
l'année 117 avant notre ère (le 19 tobi an LIV d'Evergète II), 
par Hor, fils d'Hor et de Tsatpour, le possesseur de presque 
tous les papyrus thébains répandus dans les musées de 
l'Europe, ses quatre enfants s'eng-agent par la clause com- 
minatoire suivante : a Le jour de notre règlement, nos voi- 
)) sins susnommés, prenons-les à la maison pour écrire 
)) entre nous quatre : prenons-les. Et si l'un de nous quatre 
)) se rétracte pour ne pas aller là, il donnera cinq talents 
» (kerker, ^m(3'(op) à la banque de Pamont de Keramia. » 

Ici le mot « banque » est écrit : ^ ^ )J yX qui ne me 



ET LA DYNASTIK TIIKIÎAIXR 170 

paraît pas identique avec celui qui exprime la profession 
de Patimout. 

Le mot rwl(l(|F^^ nubi se rattache évidemment à la 

racine verbale rssn Jk.^ nub, modeler, former. C'est le 

mot propre appliqué au dieu Ptah, créateur du monde, 
dont on dit, par exemple : 

» que tu as trouve épars, tu lui as fait sa place, dieu mode- 
)) LEUR des mondes'. » 

ryit, ,7| i^^ .Srvl lo . « Il a forme les dieux, 

» les hommes, toutes leurs générations*. » 
De ce verbe vient le substantif ncsr^ ( ( t n , fsssn ( ( et 

G il II 

psSTi , auquel convient parfaitement la signification de 

modeleur et orfèvre. 

Dès la XII® dynastie, on trouve des individus portant ce 
titre : Ameni, sous Amenemhâ P'*; — Senbou, son frère 
Sabou, leur cousin Snââ et I-mru, sous Amenemhâ IIP ; — 
Hâ, Amen-nezem, sous le nouvel empire*; — Ptah-meri, 
sur une stè le de la XVIII^ (?) dynastie, prend le titre de 
pJjj^|j[] L— :Z1 _^^ (j orfèvre du roi* ». 



Aft/S/V>A 



Cet emploi près des rois est soumis à une hiérarchie : 
Sur la stèle de cette famille d'orfèvres qui vivaient sous 

Amenemhâ III, Tun, Arn(ès), est 1 ^"^***^ V ' m ' mer- 

N'UBu; d'autres. Pesés et Sasou, sont ^ r^isn^i. Un per- 
sonnage du même temps ou de la dynastie suivante, Titiou, 

1. Hf/mne à Ptah, L 23, Pierrot, Éludes ègrfpfolof/ff/firftj p. 3. 

2. Hf/rnnf* à Ptah^ l. 57, Pierret, tbicLy p. 8. 

3. Lieblein, Dictionnairo des noms propres, n° 173. 
•1. Lieblein, ibid.^ n" 144. 

5. Lieblein, ihid., n" 702 et 730. 

6. Lieblein, ibid.y n* 741. 



180 LE ROI HOREMHOU 

s'intitule ^| '. Puis, à une époque postérieure, je rencontre 

encore le ^^'^J^^^S. Ani\ 

Trois individus qui semblent appartenir à la XVIII* dy- 
nastie portent un titre un peu différent, quoique analogue : 

Ainenemheb est F=q r^ i her-nubu " ; et Paroï et Qenâ- 



■> r» ». > 



"^ w 



Amen sont '_ l J *• 
lùitin Khensou-hotep est / r^i ^ « vérificateur 

1 «www ^â COO .-.-•-.SN 

de Torfèvrerie des ouvrages du palais (?) i* du roi Amen- 
der Hoi^-em-heb de la XVin* dvnastîe*. 

m 

Les gnuids temples de l'Egypte ont aussi leurs orfèvres : 



•\.%%%%X ■ I «M/WV\ 



Mai et son fils Hà sont ^ , - orfèvres d'Ammon », 
avec Samout, sous la XVIIl' dynastie*. 
Plus tard, Khaloun et son fils\ ainsi que ^5^ p \ sont 

Les orfeviV5> ont à leur tête des ï=;rST^^^ J 

comme Hor et s^^n fils Ar-r-ra *. 

Do mémo, jo trvHivo le xoub d'Horus Mout-sa, XMII* dy- 
nastie'*. 

E:::ra un MvKi;>a, qui osl pout-êtr^ îe même personnage 
que Samout v^u Mouiî», que je viens de nommer, s'intitule 



*. IV R>:u!e. >^<--.r: . -.< ^ . -.. . - .*. HT. pi. 301. 

•5, L.xrT7^^. C ^: ce LieK-rîr. r-:.-r, T-^:î-r i^ ic-*u propres^ 

*" -, •*» 



ET LA DYNASTIE THÉBAINE 181 

sur sa stèle funéraire' : f^QO^"^J| ®t (WlOÛU-fl^*^ 

« Torfèvre d'Isis » et « l'orfèvre de Khem », ou peut-être 
mieux : « le modeleur des statues d'Isis et de Khem » dans 
le temple où étaient conservées les statues. 
Je pense que ces fonctions auprès des rois et dans les 

temples, et cette hiérarchie sous des ^^ et des ?==^, indi- 
quent plutôt des « orfèvres » que des « changeurs ». Cette 
conclusion me parait s'imposer encore plus sûrement quand 
on voit ces individus dans Texercice de leurs fonctions. 

Il y a longtemps qu'on a signalé le mot ^'^«î^ j^lA ®* 

ses variantes comme l'expression propre pour l'affinage de 
l'or'. 

On remploie pour dire que le roi a bâti une salle du temple 

de Dendérah : fwn r^s ^ w ji ® ' ; — pour parler de la 

fabrication des portes du temple d'Edfou en bon airain : 

d'une arme : u V ""^^^^ F^=^ j ^,_JI s M _"; pour celle d'un 

bassin à se laver les pieds : 1]^ ^=^ ^-^ "^^î^ iTi 

î ^ ^^^"^^'^J K 71 1 ^"^^^^^^ ^^ '^^ te laves les pieds 
dans des bassins d'argent, œiwre de l'artiste Sokaris. » 

Sokaris, dont il est parlé ici, est le dieu Ptah-Sokar, 
prototype de lartiste : architecte, il suspend le cier; il 

opère sur la voûte céleste : rwl û ^ U-i) ^ ^ J 




L 



I I I 



1. Pierret, Études cgi/piolof/iffucs, 1873, p. 80. 

2. Qourna, 15' tombeau; Inscr. de Radesieh. 

3. Dûmichen, Bauurkunde^ p. 6. 

4. Dûmichen, Zeitschvifty 1870, p. 3. 

5. Naville, Zcitschrifl, 1873, p. î)2. 

6. Rituel de Nehseni^ apud NaviUe, ZcUschrifi, pi. III, p. 33. 

7 . Louvre, 3148, 6, 25. 

8. Per cm hrou, édition Lepsius, chap. lxiv. 1. 4. 



182 



LE KOI IIOHEMIIOU 



sculpteur, il modèle le monde, les dieux et les hommes^; il 
reconstitue les membres du défunt après sa mort, S c^ 



Dans la phrase suivante, le mot rwl^_^ nub est mis en 

j. r\ =d ^ 

parallélisme avec le mot [ ] 13 mes, dont la signification 
« sculpter )) est bien établie. Après divers détails sur la 
construc tion du temple, le texte ajoute : f M^'=>;>i J) ' ^^4^ 
^ J] I ''^•''^ (( Sculptées sont leurs images, modelés sont 

leurs corps : on les fait reposer dans leurs temples pour 
recevoir les oblations, les provisions d'offrandes qu on place 
devant lui'. » 

Au livre des Insfrnciions de Douaou-f-sa-Khartaï, le 

fwlH r^Tj^ ^"^^ V^'^^^'è entre le'^ r /i^ mesenti, copte 
fiecHHT il/., ié^citex et Aeciiô^T T.,forfje/'onj et le T\ Si j\ 

/.OMTi, \Qfondettr de. cttivre. et il est compris dans la déno- 




mination générale de 



/li 



w 



D 



I o 
I I 1 



■■iiz^ 






L«fl 



« tout artisan en objets mobiliers » dont 



les outils sont le bois et le métal (§§ III et IV). 

J'ai multiplié les exemples pour montrer que les égyp- 
tiens n'ont jamais entendu les mots rwi ^ j\ et r^^ûu^ 
que dans le sens de façonner, modeler et jnodeleur. Je n'ai 
pas recueilli une seul texte où ce mot eût rapport avec le 
métier de changeur, l^n l'absence de preuves^ je conserverai 

à f^V^tlr-^^ le sens de modeleur j même lorsqu'il est 

écrit F^^^\ l * ou rwl( ( JOy comme au contrat de mariage 
de Palimout. 



1. Voir ei-desî^us, p. 179. 

2. S'a! en sinsin, 11, 12. — Hymnes au Soleil^ variante citée par 
Lefébure, p. 44, etc. 

'\. Mariette, Ahf/dos, pi. 37, c. 

4. Lioblein, D/rfionnaire des noms propres, u** 699 et 173. 



ET L.\ DYNASTIE THÉI3AINE 183 

Cependant, comme la signification des mots change avec 
le cours des siècles, je ne serais pas étonné, si Ton prouvait 
qu'à l'époque ptolémaïque, noubi soit véritablement un 
(( changeur » autant ((u'un « orfèvre », et que les deux mots 
(|ue j'ai rapprocliés aient plus do rapport entre eux que je ne 
leur en ai attribué. 

II. J'arrive maintenant à rechercher la patrie de Pati- 

mout. Notre modeleur était, selon le texte : ^^ „ , que 

l'on traduit aisément « homme de Thèbes, Thébain o. Mais 
(|iielle est la prononciation de cette désignation? 

Pour former les ethniques, la langue copte se sert du mot 
pcjui M, , pjui T, : 

peueiojuL, incola procinciœ Phi uni ; 

peAJieioii, incola iirhis Thon (?) ; 

pIlK&«.^c, incola Cabasœ iirbis ; 

pjuLitKHJuie T., pejuk.îi|^HJuii Af., ^Kgypttus ; 

pjuLp«^ROTe T,, civis Alexandrinas ; 

p±ic^6u>oT, civis Xoïs urbis ; 

peuLc«^^HT, incola A^^rjypti injci'ioris ; 

pejuinAi«.pHc T., pejutpHc M,, incola JEgypti superior'is. 

On appli(iue ce système de formation même à des mots 
(jui ne désignent pas un pays ou une ville, mais une portion 
de territoire quelquefois très restreinte, comme : 

pejuuuLi^«.Ki, incola urbis, civis ; 
pejuLtiKoi, rasticas, ruris incola ; 
pjuLnK^g^, pjuLiiRé.2^1, incola terrœ; 
peAxoTcai, incola ruris, rusticus ; 
puLpe^TH T,, peAip«^TH M., victnfts ,' 
pjuLncojDse; agricola ; 

pAjtîiTwoT, homo silvestris, montium incola; 
pjûL^Aïc, pïiit'txie T., p£juLÎi'^AJu, vici incola, par/anus ; 
pejuLTiiogd.qe, deserti incola; 

plinHi T., pcjuinHi et pejusSenni, incola domus, domesticus, 
amiliaris ; 




184 LE ROI HOREMHOU 

pjuLtid'oAe, pAxn^oeiAe T,^ peuLit^oiAi Af ., dwersorit incola, 

hospes; 
pejuLUL^e, cœli incola, cœlestis\ 

W est facile de reconnaître dans le préfixe le mot 

femme, en copte pcojmc M., pcojuLi T., qui s'emploient aussi 
pour les deux genres : nnepuAie erre g^ooTx eixe c^iAjie homines 
sive masculi sivejeminœ*. 

Mais, dans l'égyptien antique, ce n'était pas ce mot qui 
était employé po ur fo rmer les ethniques : on se servait de 

I ^ , au féminin ^ ^. 
l"" Le mot W^ est très rarement employé. Au contraire, 



v& est, avec ^, le terme général pour dire « l'homme ». 
Ainsi, dit-on : aa^sa , va M p *^^ Jl^ J « ô homme (ô roi) Ou- 

1 . Peyron, Lcxicon, passim.— Dans ce dictionnaire copte de Peyron, 
outre les ethniques, les mots qui prennent pAi pour préûxe sont dis- 
persés et placés au mot principal : c'est ce qui m'a engagé à les réunir 
ici. 

Quelquefois pjui joue en composition le rôle peq, qui sert à former 
les noms d'agents ; on trouve ainsi : 

pHn^kC, senex; 

pAiiïfLppe, nocitius ; 

pjuineipe, facior, operaior ; 

pcJULitK».^, intelligens, intellecta prœditus ; 

pcjuinitOTTe, homo Deiy plus ; 

npeAJLitpd^TO'S', pedites; 

pjULp^ig T., pjuLpe^Tig M., cir mansuetus ; 

pAJincRiJUL T., pejuiitc^iJUL M., homo canus; 

pejuL^ioÀ peAin^ioÀ, angélus, nuniius^ minister, qui res operatur ; 

ypçjûjvsjosxy potcnSy tirfortis; 

pjûuuLAxe, verax, ceridicus homo. 

2. Brugsch, Recueil, pi. 43, 1. 7; Sbarpe, Sarcophage de Sèii P' 
(XIX* dyn.). — Sarcophage de Vienne, etc. Voir Lauth, Zeiischrift, 
1866, p. 19, et 1870, p. 83. 

3. Peyron, Lexicon, p. 179. 



ET LA DYNASTIE THÉBAINE 185 

sert-sen^ ». « Total de ceux qui sont allés au tombeau du dieu 

vgi huit hommes*. » On dit : vft « tout homme » *. 

Au Lwre royal (p. 3, 1. 12), se trouve la prescription de 
« dessiner devant le lit funéraire un œil symbolique avec 

de la gomme », et le texte ajoute : 8 ^ ATl 

vft ^^ ï ( ' '^^^ ar-/ciî rf-^ hemsû sa emitin n 

zefez-es « et tu placeras un homme assis au milieu de sa 
pupille ». 

On dit de même avec un adjectif déterminatif : 

^ ^R her sa pen « pour cet homme-ci » ' ; ^ Vil vR 



I 



^ ' ^ ^ m ' ' ' ^^îtA^ /^^a SA sen-u relu « tu es comme 



lit 

ceux qui sont chefs d'hommes* ». 

2** Il se prend encore dans un sens particulier, dans la 
phrase suivante : "^^ ^â^ V t yi P^ ^^ au-fer 

uàu (( V homme est fait pour le capitaine" ». 

3** Il s'emploie comme peq ou peu pour former des noms 
d'agents, de métier ou d'état. Ainsi dit-on : 




v PA SA SN, le couple'' ; 



\A |(^^^r^ "^1 1» *^*^^ ^^ moraliste Douaou-f-sa- 

Khartaî'; 






/^/v^AA^ 






1. Instructions d'Amenemhû. 

2. Papyrus Amhurst, 3, 6. 

3. Anij 25* maxime; Inscription de Rosette, 1. 9, etc. 

4 . Je n'ai pu retrouver la référence de ce passage. 

5. Chabas, Mélanges^ III, v. 2, pi. 148. 

6. Papyrus Anastasi II, pi. 7, 4. 

7 . Papy rus S allier II, 2, 7. 

8. Papyrus S allier II, 3, 9. 

9. Per eni hrou, édition Lepsius, chap. xcLii, in fine; Pierret, Hymne 
ff. la dicinitè, p. 14. 



186 LE KOI IIOUEiMHOa 

— H« n AVWWV 

I 



^ J ^_^ I] Ç L-fl , un confiseur' ; 
vA (1 J ^^ /w^AAA , V homme altéré*; 



— •* — fl\ 
vft <=:^ »^-=^ , riiomme qui a ses outils, un ouvrier ' ; 



4«— ^ 

*, peut-être un 5^A/>^nea/'(?); 



vA"^" U ^La^,\o complice'; 

VA * ^* I \ft ^ ^'* homme de vérité, en copte 

pXjLjuLJuie cercuCy homo veridicus* ; 

N& ^ ^(o /i tj (| V *' peut-être homme de solitude, soli- 
taire ; 

M A/WA/NA 

\A ^ , un homme appartenant à son dieu, un dévot, 
unjidèle^^; cf. pjuntfOTTe homo iJci, pius'^ ; 

(|®^v 3 , l'homme qui ignore, Vi(/norant'\' 






vA ^^ , un homme dans t^a maison, un />/'o/;/'tàr///-6'", 

mot formé comme pUnni incola domus et autres cités plus 
haut; 



1. Pdpiiriis de Ttirin, pi. 36, 15, apiid Chabas, Mvbintjrs, IV. 
pi. 34. 

2. Pt(pi/rfis Sa nier /, 8, 5. 

3. Formule des us'rhtl : Lirrc drs Morts, chap. vi. 

4. De Rongé, Inscriptions hicrogh/phiq uns. pi. 303, 52. 

5. Stèle de l'excommunication. 

6. [.ouvre. Invent. 3015. 

7. De Uougé, Inscriptions hicrot/lt/p/tiff lies, pi. 303; Pierret, Recueil 
I, p. 89, etc. 

8. Peyron, Le.vicon. 

9. De Rougé, Inscriptions /tirrof/fi/p/iir/ues, pi. 303, 7. 

10. Louvi*e C 232, apud Pierret, Recueil, II, p. 32. 

11. PeyroUj Lexicon. 

12. Ta shd anxu dua, 9, E. 119. 

13. TiQ^on^é^ Inscription s h ièi 'Ofj hjp h iq u r.v , pi. 291 . 



ET LA DYNASTIE TIIÉHAINE 187 



ra ^ 



v <=> , l'homme pour le jour, un journalier^ ; 

l^<z:> "»-^ "^^^ un homme de petite condition^ ; 



§ 



vft y ^ \^^, un porte ur\' 

Peat^re encore : ^ , [1 ^ MT^'^ ''"à lïk 




Enfin ç\ j) c2}3ûL€.Jèmme. 



Je ne doute pas qu'on ne puisse ajouter à ces exemples. 
4'' En dernier lieu on l'emploie, comme le copte pejut, pour 
former des ethniques, par exemple : 

, Vétrarifjer*; 

ç\ (JU , la femme d'Egypte, VEfjyptœnne''; 




^ , û^l^ Jt "^ . un liomme du Delta'; 

V Iv ' ^^ liomme d'Éléphantine\' 



V VC AA/VWA 



I 




A/HAA/NA 



>Q A^w^c<5=< , un homme du nord, par opposition à 
^^BŒ, V habitant du sud^\ 

Donc ^ SA TAP est un Théhain. 

Cette racine n'est pas cataloguée au lexique copte de 

1. Papj/riis Sdllif^r /, 5. 

2. Stèle Mcttrrnirh, Brugsch, Ztntschrijt, 1879, p. 2. 
W, Mariette, Ahrjdos, pi. XX. 

4. De Uougé, Insrriptions hièruf/lf/phi^iues, pi. 272. 

.'). De Rougé, ibiiL, pi. 204. 

0. De Rouge, ibld., pi. 254. 

7. Papyrus Itls(ofû/ac Ihirris^ 78, '.). 

b. Fapj/rus Amistusi I, p. 28, 1. 0. 

0. Papijrns Anastasily p. 28, 1. 0. 

10. De Rouge, Inscripfions ftièrofj/f/phr'f/ues, pi. 589. Cf. pi. 292. 



188 LE ROI HOREMHOU 

Peyron. Cependant, j'en ai retrouvé quelques exemples 
conservés dans la langue copte : 

c^iAie T. y c^iJULi M, y mulier; 
cdLitoeiR, pistor ; 

cb.iuiXiK^îy ponderaior, mensurator; 
c«JUK.ne^b)OT, malefactor. 

Au contraire, de ^ J) i rem, homme, employé en 

composition, je ne connais qu'un exemple d'époque récente, 
►^^ T jl REM-TAUi NoFRU-As, (( la femme du 

double pays », c'est-à-dire « V Égyptienne Nofrou-Is », 
exemple cité par M. Lauth\ 

Il sera intéressant pour l'histoire de la langue de recher- 
cher à quelle époque le préfixe ^ et plus tard aussi le 




préfixe peq se substituèrent au préfixe 

Des démonstrations qui précèdent, je crois pouvoir con- 
clure à bon droit que : 

1^ Patimout, le modeleur en métaux ou l'orfèvre, 

y JH^ , était de Thèbes | -^^ |J . 

2° Le roi dont le règne est mentionné en tête de l'acte 
qui nous occupe ne pouvait être que Thébain. 

Une autre circonstance milite encore en faveur de cette 
attribution, c'est la conservation de l'acte dans les papiers 
de la famille thébaine du pastophore d'Amen-Api, Hor. 

§ III. — Place historique du roi Hormeii 

La paléographie du contrat de mariage que j'examine 
en place la rédaction au temps des premiers Lagides. II y 

1 . Zeitschrift, 1866, p. 19. 



ET LA DYNASTIE THÉBAINE 189 

a identité de formules avec celles de deux autres contrats 

r y 

de mariage* rédigés en 226 sous Ptolémée E vergeté P' et 
en 211 sous Philopator P% et identité d'orthographe. C'est 
donc à cette époque, sans hésiter, qu'il faut reporter le roi 
Hormeh. 

Or M. Revillout a signalé, il y a déjà deux ans, deux rois 
dont le protocole est en tout semblable à celui dHormeh, 

au nom près des rois; Tun s'appelle pif ^^^ * ^t 
l'autre fj{^ ^\>*. 

M. Revillout a fort bien établi que ces rois sont Thé- 
bains et contemporains de Ptolémée Epiphane : 

1^ Par le caractère paléographique des actes ; 

2? Par la mention des « prêtres d' Ammon-Râ de5® classe » 
qui n'ont été institués qu'en 239, Tan IX d'Évergète I"; 

3^ Par toutes les convenances historiques qui ne per- 
mettent pas de les placer ailleurs que pendant les troubles 
qui accompagnèrent la minorité d'Épiphane, devenu roi à la 
mort de son père Philopator en 205. 

Depuis, M. Brugsch a confirmé* par un texte monumental 
la justesse des démonstrations de M. Revillout. 

Enfin deux actes de même date, concernant une même 
vente, viennent d'être publiés parjM. Revillout. Le nom 

du roi est écrit cette fois : ^ | fj-^J^ 5 • 

Nous nous trouvons ainsi en face de quatre rois ayant 
régné à Thèbes : 

w 1 (l^ -A^ ^^°* ^^ connaît l'an IV (Pap. Berlin) ; 



1. Pabliés également dans la Nouvelle Chrestomathie. 

2. Papyrus Wilkinson au British Muséum. 

3. Photographie au Musée du Louvre. 

4. Zeitschrift fur àgyptische Sprache^ 1878, p. 43. 



190 LE ROI HOREMHOU 

jji (i^M^ dont on connaît Tan IV (Pap. Londres) ; 
^}\C^^ ^ 3 dont on connaît Tan VI (Pap. Berlin); 

^l|J ^ I ^ dont on connaît Tan XIV (Pap. Louvre). 

D'après le témoignage de Polybe^ à la mort de Philo- 
métor, grand nombre de gouverneurs de provinces se soule- 
vèrent et se firent couronner rois, comme nous le voyons 
ici pour nos quatre rois. Cet auteur cite le nom d'Athinis, 
Pausiras, Khesouphos et Iroubastos, les derniers vaincus. 
Il faut donc établir que les quatre cartouches appartiennent 
bien à des rois thébains et non à des dynasties établies en 
d'autres villes. 

Je vais essayer sur ce point de compléter la belle décou- 
verte de M. Revillout. 

La preuve est faite pour Hor-meh, en particulier. Elle 

L^jiu^ que 

M. Brugsch a nommé Hor-sat. 

L'acte de vente et sa quittance datés de ce roi sont du 
mois de paoni de Tan VI. Or, ils concernent trois champs 
situés à Thèbes . 

J'x.'J^ ^aI^/a \.(^Ac.\ 

Ce qui se serait écrit en hiéroglyphes : 

jrn £:i\\2i/ ^w^ '-' — 

« Tu as donné, satisfait est mon cœur de Targent de la moitié 
1. Polybe, livre XXI, 19, 1 (édit. Didot). 



ET LA DYNASTIE THÉBAINE 191 

/wwvsA C^rW /www 'ÇX X ^ I I I I /wwv» 

W ÎÎIllMII .mx I o Dl ^ \> 

de mon sixième des trois champs qni k la sortie du quartier 

des charpentiers k l'occident de Thèbes. » 

Ainsi, le lieu d'habitation des contractantes (car ce sont 
deux femmes) est bien déterminé. C'est le (|uartier dont il 
est question dans presque tous les papyrus de la Nouvelle 
C/trestomat/ue démotique, où se trouvaient les maisons, les 
vignes et les champs du pastophore Ilor. Parmi les tenants 
et aboutissants nous trouvons les champs d'Hereb, fils de 
Paheto. Or, deux notaires thébains, l'un petit-fils de l'autre 
portent ces noms, mais je n'affirmerai pas qu'il soit ici 
question d'eux, puisque le texte ne leur donne aucun titre. 

Le roi Hor-sat est donc un roi thébain. 

Il en est de même d'Ankhtou, puisque M. Revillout nous 
apprend, dans le court extrait qu'il a donné, que les prêtres 
d'Ammon-Râ-sonter dressaient les actes en son nom, en 
Tan VI de son règne. 

De même, encore, pour le second roi cité plus haut, car 
M. Revillout a trouvé son protocole sur un acte de vente* 
faite par un choachyte de Thèbes à son frère, en l'an IV. 

D'ailleurs, il faut remarquer que ces quatre rois avaient 
adopté absolument le même protocole, ce qui me parait 
marquer leur commune origine. Je ne doute pas que, si l'on 
retrouvait à Khemnis, à Siout ou dans quelqu'autre ville 
de la Haute-Égyple des actes d'Athiris ou de Pausiras, ils 
ne nous offrissent une tout autre formule en rapport avec 
le culte local. 

Ainsi donc les contrats démotiques conservés dans les 
trois musées du Louvre, de Londres et de Berlin nous dé- 
montrent bien que des rois, dont quatre cartouches nous 

1. Rien n'en a été publié que le protocole. 



192 LE ROI HOREMHOU 

sont connus, ont régné à Thèbes pendant la révolution 
(xapa/T^ des textes grecs) qui suivit la mort de Philopator. 

Mais, si Ton additionne les chiffres du tableau ci-dessus, 
on obtient un total de vingt-huit années pour la durée mi- 
nima des quatre règnes. 

Or, les documents cités par M. Revillout et par M. Brugsch 
sont formels pour limiter à dix-neuf années le règne de ces 
rois de Thèbes. 

Il faut donc de toute nécessité éliminer deux de ces car- 
touches. Or, le deuxième et le troisième ont déjà été assi- 
milés entre eux par M. Brugsch \ M. Revillout lisait le 
troisième Hor-hotep, M. Brugsch les lut tous les deux 

rS^~A~J Hor-sat; m. Revillout les lit aujourd'hui 

Hormekh'. 

Je sais que M. Brugsch a donné son assentiment à cette 
lecture de M. Revillout, et de mon côté je crois que per- 
sonne ne contestera le nouveau nom donné au roi thébain. 
Il ne reste plus maintenant qu'à expliquer comment les 
signes 4^ ou c^ doivent être rapprochés de 13 égal à 
MH, pour ne donner que le nom d'un seul roi. 

Or, s'il est un nom du dieu Horos répété dans tous les 

textes, c'est celui de ^^ Hor-m-xuui « Hor des deux 
horizons », transcrit par les Grecs "Apiia^ic 
Ce nom a pour variante des plus habituelles >^ ^^ 



écrit ^,^ ^. sur le sphinx de Gizéh, et aussi ^^^î^ 






sur un monument du Louvre A 117. Nous avons là les 
éléments complets Hor-em-xu du nom que les Grecs ont 



1 . Zeitschrift, 1878, p. 43. 

2. [Hormachu ou Harmachis (Zeitschrift, 1879, p. 131, et Reçue 
égyptologique, 1881, II, p. 283). Le bilingue KraU Ty confirme «d'une 
façon définitive » (Reçue égyptologique, 1880, I, p. 190). Mais M. Re- 
villout ne distinguait et n'expliquait pas les diverses formes du nom«] 



ET LA DYNASTIE THÉBAINE 193 

transcrit "Ap^ia^K:. Or, si Ton rapproche les deux noms 

du roi ^|fl3-/^^ ^* pi.r^^^*^ ®* ^^^"^ ^^ ^^^^ 
^^^ ^^^ w) » ^^ ®^* frappé de l'identité. Le nom du roi 
pourrait être écrit en memphitique 8b)pjuu6oT ou 8«i>pAJu6oTy 
et comme j6 est une lettre qui n'existe pas en thébain et se 
remplace par ^, le même nom devait s'écrire à Thèbes 
8u>pAjL^oT ou 8^pAi^oT^ qui est précisément la transcription 

du cartouche a i f^f^ ^ 5 . 

Donc, les trois cartouches désignent le même roi Har- 
makhis. Les deux derniers ont été écrits avec le signe 
idéographique l^-^jfL^ rOi: et le premier, d'après la pro- 
nonciation qui alors, sans doute, commençait à s'introduire 
à Thèbes, par un groupe employé pour écrire la syllabe meh 

ou EM-HU. 

Le nom du nouveau roi n'a rien de commun avec la racine 
MEH, 13, remplir, compléter : il signifie hor de l'ho- 
rizon ou DU DOUBLE HORIZON. 

La difficulté des vingt-huit ans d'un quadruple règne 
disparait donc, et nous restons en présence de deux rois 
seule ment : 

1<* r^'J^iûJ suivant l'orthographe de la langue sacrée 

ou monumentale, "Apfxi/ic; sel on le nom donné par les Grecs 

au dieu son homonyme, ou (^ S^ M Hor-m-hu d'après la 

prononciation adoucie qui probablement commençait alors 
à être usitée à Th èbes ; 

2© r-f-^^^^J qui est peut-être bien le nom transcrit 

par les Grecs "Awv^^iç ^ . 

1. [La nouvelle lecture de M. Revillout diaprés les actes de Berlin, 



("j-J^CÛJ 1 Anchmachis (Reçue ègyptologique^ II, p. 146-147), n'in- 
firme pas cette assimilation.] 

BiBL. éOYPT., T. XV. 13 



194 LE ROI IIOREMIIOr 

Du premier on connaît la date de Tan VI, et du second, 
celle de Tan XIV, ce qui fait vingt ans, juste ce qu'il faut 
pour remplir les dix-neuf premières années d'Épiphane. 
Car, en partant de Tannée 205, on a, suivant la manière de 
compter de la chancellerie égyptienne et en supposant Har- 
makhis prédécesseur d'Aonkhis : 

205. Mort de Philopator. 

1'* année d'Épiphane et d'Hor-em-hou. 
204. 2« — — 

203. 3« — — 

• • • • 

aOO. 6« année d'Épiphane et d'Hor-em-hou 

et 1" année d'Ankhtou. 
199. 7^' — 2« — 

• ■ • • 

187. 19« — 14" — 

Prise de Thèbcs par Aristomakhos, général d'Épiphane. 

Il n'est peut-être pas nécessaire de faire remonter la révo- 
lution aux dernières années de Philopator; il suffirait qu'elle 
eût été déterminée par l'attaque du roi de Syrie contre 
l'Egypte dès le début du nouveau règne. 

Je ferai encore remarquer que je n'ai rencontré aucun 

Égyptien appelé du nom de ^^ Hor-sat, et je n'en 

connais que deux du nom de ^. Hor-hotep, person- 

nages inconnus du Moyen-Empire'. 

Au contraire, le nom d'HoR-EM-KHOU est bien moins 
rare : 

V" Sur une stèle d'Apis, au Louvre, on trouve un 

^ / — ^ , gendre et père de deux prêtres de Ptah*. 



1. Lîeblein, Dictionnaire dos noms propres^ n** 293 et 460. 

2. Lîeblein, ibid., n' 1234. 



ET LA DYNASTIE TIIÉBAINE 195 

2^ Sur une stèle du Louvre (C 34) du règne d'Amen- 
hotep P' (XVIIP dynastie, XVII® siècle avant notre ère), je 

trouve un ^^^n ^v ^ ^ Hor-am-khou, scribe et frère 

de soutenrekh, etc., Atef-nofer\ 
3** Un fonctionnaire bien .plus intéressant encore pour 



nous est un vv ^^ , fils d'un sotem de Ptah et d'une ald 
nefert en Sekhet nefer Ptah mer a bonne hiérodule de 
Sekhet, la bonne amante de Ptah », et lui-même : o ^*^ 

» Tœuvre de Ptah, prophète (?) de la reine Arsinoé' ». 

Je suis le premier, si je ne me trompe, à signaler un sa- 
cerdoce roval des Ptolémées en dehors de ceux d'Alexan- 
drie et de Psoî ou Ptolémaïs au nome tliébain. On voit que 
Memphis avait aussi sa part. Mais le sacerdoce de la reine 
Arsinoé y était exercé par un prêtre {henneter, prophète). 

4® Un individu contemporain du roi portait le même 
nom. Il occupait, rue Royale, à Thèbes, une maison appar- 
tenant à Ilereb le Jeune, fils de Lobaïs et petit-fils d'Her- 
mias, et se trouve cité dans un acte dô vente, en 180, la 
SS*" année d'Epiphane, quelques années seulement après la 
soumission de Thèbes. Dans la quittance du prix d'achat, 

le nom est écrit' : <-.'^VO / ^J ^ que je transcris : 
S^^^^ V^~~^' et dans l'acte de cession [% — iiil""|^U 
p s/jai n ut), < ^^^ 3 jlS^ Q^^î se transcrit : ^^^ ^^ • 

Ce nom était usité dès les premières dynasties, sous la 
forme : g ^^ ^^ , attaché au palais du roi Râ-meri Pepi 



1. Pierret, RrcticU, II, p. 48. 

2. Lieblein, Dictionnaire di*s noms propres, n* 1316. 

3. Revillout, Nouvel! o Chrcstonxalhie dètuotique, p. 72. 



196 LE ROI HOREMHOU 

de la VP dynastie ^ î § •= ^ > femme qui vivait sous 

Râ-s-hotep-het Amen-em-hâ P' et sous Râ-khaper-ka 
Ousert-sen I", rois de la XII® dynastie". 



§ IV. — Ordre successif des deux rois 

HOR-EM-HOU ET AnKHTOU 

Enfin, pour compléter l'étude sur les deux nouveaux rois, 
il me reste à prouver Tordre dans lequel ils se sont succédé. 
Je trouve cette preuve dans les souscriptions des contrats 
thébains. En effet, la plupart des actes publiés par M. Re- 
villout sont des contrats notariés, souscrits par le notaire. 

On me saura gré sans doute de donner ici la liste chrono- 
logique de ces fonctionnaires avec la date des actes qu'ils 
ont souscrits, publiés jusqu'à ce jour. 

Notaires à Thèbes et à Hermonthis 

Pet-As, fils de Pa-heto, en 226 et 210, et l'an IV d'Hor- 

em-hou (Nouv. Chrest. dém., p. 3, 6 et 112). 

Panekhtou, fils d'Hereb, l'an VI d'Hor-em-hou (p. 133). 

Pabi, fils de Kloudj, en 182 (p. 78). 

Amenhotep, fils de Tout, a qui écrit au nom de dame Sânkh 

... la prophétesse de Djem », en 150 (p. 52 
et 58). 

Le neter-atef Nes-poumout (sicotouç) a pour fille Tsetkhons, 

prêtresse d'Amon {ouab-t Amen), mère de 
Sânkh, la prophétesse de Djem, titulaire de 
l'office des notaires en 150 (p. 52 et 58) . 



1. Lepsius, Denkmàler, II, 115; Lieblein, Dictionnaire des noms 
propres, n** 47, 48. 

2. Musée de Boulaq, n* 44; Lieblein, ibid., n* 99. 



ET LA *^VnaSTIE THÉBAINE 

Hor, fils de Pabi, qui écrit « au nom des prêtres d'Am 

roi des dieux, et des dieux Frères et det 
Évergètes et des dieux Philopators 
dieux Épiphanes, du dieu Philométc 
dieu Philopator, des dieux ÉvergèteS; 
5^ classe», en 146 et 142 {Chrest. dém., 
et Nouv. Chrest, dém., p. 85). 

Hereb ('Epieùç), fils de Pa-heto, « qui écrit à Hermoi 

en 141 {Nouv. Chrest. dém,, p. 45). 

en 134 (M. Revillout ne donne pas la souscri] 

Kloudj, fils de Pabi, « qui écrit au nom des prêtres d'. 

Râ, roi des dieux, et des dieux Adelph< 
dieux Évergètes, des dieux Philopatoi 
dieux Épiphanes, du dieu Philométor, c 
Eupator, des dieux Évergètes, de la 5® cl 
en 127 et en 122 (p. 108 et 102) . 

Nes-mîn, « fils de Pabi, qui écrit au nom des i 

d' Amon-Râ-sonter et des dieux Adelphe 
(comme pour Kloudj), en 121 {Chrest. 
p. 85). Il était encore en fonctions ei 
voir ci-dessous au nom Hornekht . 

Hor-sa-As ÇAp<rlT^9t(;), fils de Khons-tef-nekht, « qui f 

nom de Nes-pe-mctaou, fils d'Asar-o 
prophète de Djem », en 120 {Nouv. 
démot., p. 159) et en 119 (p. 64). 

Hor-sa-As, fils de Khonsthot, en 117 {Ibid., p. 19). 

Hornekht, « clerc {rud) de Nesmin, fils de Pabi, qui < 

nom des prêtres d'Amon-Râ, roi des 
et des dieux qui unis avec lui, de la 5® c 
en 113 (/6ïrf., p. 125). 

Khons-tef-nekht, fils d'Hor-sa-As, a qui écrit au : 

Nes-pe-metaou, fils d'Asar-ouer, le p 
de Djem », en 103 {Chrest. dém., p. 
en 96 {Nouv. Chrest. dém., p. 31). 

Amenhotep, fils de Khons-tef-nekht, « qui écrit au 



198 LE ROI HOriEMHOU 

Nespemetaou, fils d'Asar-ouer, le prophète de 

Djem », en 102 {Chrest, dém,, p. 122). 
Ilcreb, tils de Pa-heto, en 96 (Nouv. Chrest. dém., p. 31). 

M. Revillout cite encore : 
Hor-si-As, iils de Khons tef-nekht, sur un acte du 26 épip 

an XLV d'Kvergète II, ou l'année 126 {Zeit- 

schr., 1879, p. 88). 
Et Pa-heto, fils de Pet-As, « qui écrit au nom d'Asar-ouer, 

surnommé Amenhotep, fils de Nespemeté, le 

prophète de Djem », an XI de Philométor, ou 

l'année 172 (/6rV/., p. 91). 

Il est facile, d'après les renseignements que ces notaires 
donnent sur leurs familles, d'établir les généalogies sui- 
vantes : 

PREMIÈRE FAMILLE 



d|. 




u 



UlÉ 



notaire en 2E6 et 210 
et IVm IV d'IIorerahou 

I 



"I 





notaire fils de Hereb, 

en 17« et 150 notaire vers 195 

I 

m 




j 




notaire à Hermonthis en 141 
I 



U 



J 



ra 

notaire en 1>6. 




ET LA DYNASTIE T 



DEUXIÈME FA^ 

notaire en 18i 

I 





notaire en 140 et 142 




notaire < 
TROISIÈME FA} 



/VNA I 



'VAAAAA 



?^ (H 



notaire en 126 et 1 



notaire en 103 e 
I 
•^ — '^'^V 

A/VW^A <2^ U ^ 

notaire en 10' 



^ 



QUATRIÈME FA 
(qui pcut-ôtre se rattache ; 



AAAAAA 




14 

I 

i 





notaire en 11 
et ses trois frèrej 



200 LE ROI HOREMHOU 

CINQUIÈME FAMILLE 

Enfin viendraient les prophètes de Djem, chef du notariat 
royal à Thèbes, institué en 139 par Evergète I«' : 



Atef neter 






JJ ELI CLL JJ^ ysAt/vsAA 

surnommé Amenhotep, prêtresse d'Ammon 
prophète de Djem 
en 172 



n 



MVtA/VA 



prophétesse à Djem en 150 
I 




il ^ 

prophète à Djem en 120, 119, 103 et 102. 

L'un de ces notaires nous intéresse tout particulièrement : 
c'est Pet-As, le fils de Paheto. Il était notaire en 226 et 
210, l'an XXII de Ptolémée Evergète P% mort en 222, et 
l'an XII de son successeur Ptolémée Philopator, mort en 
205. Mais il l'était encore l'an IV du roi thébain Horemhou, 
et au contraire il ne l'était plus l'an VI du même roi. 

Ces détails biographiques permettent d'établir toute la 
chronologie de la petite dynastie thébaine. 

En effet, le notaire Pet-As aurait rempli ses fonctions 
sous les trois rois successifs Evergète I®', Philopator et 
Horemhou. Il aurait ainsi exercé sa charge dès avant 
l'an 226 jusqu'après Tan IV d'Horemhou, qui serait l'année 
202, c'est-à-dire pendant une trentaine d'années; ce qui 
concorde avec la durée moyenne des notariats, qui est de 



ET LA DYNASTIE THÉBAINE 201 

vingt ans dans la première famille et de dix-neuf dans la 
seconde. Au contraire, s'il fallait y ajouter les quatorze ans 
d'Anchtou, on obtiendrait un total de plus de quarante ans, 
ce qui serait certainement allonger outre mesure la durée 
du notariat de Pet- As. 

La publication de nouveaux contrats, en fournissant de 
nouvelles souscriptions de Pet- As pendant le règne de Phi- 
lopator, pourra seule permettre de préciser l'époque de son 
entrée en fonctions. 

En résumé. Ton peut maintenant affirmer que la petite 
dynastie thébaine nationale, qui résista à la dynastie grecque 
des Ptolémées, se composa de deux rois : 

I. (^S^n "A?{Jt»x'«' Harmakhis, roi en 205, à la mort 

de Philopator, ou dans ses dernières années au plus tôt. 

Il nous reste quatre actes notariés faits pendant son 
règne : 

1"* Le contrat de mariage du modeleur thébain Patimout, 
d'épip an IV ou 202 avant notre ère; 

2° La quittance du prix de vente de trois champs près de 
Thèbes, de paoné an IV ou 200 ; 

3^ L'acte de vente de ces mêmes champs, même date ; 

4" L'acte du British Muséum, de l'an IV, dont M. Re- 
villout n'a encore fait connaître que la première ligne. 

J'ajouterai qu'à l'époque qui nous occupe, les Grecs ne 
transcrivaient plus "ApjjLa/K, mais "Ap(iaY; (voir les contrats 
grecs). 

II. f"^''^^^ J "Awv;^iî, roi en 200, qui nous est connu 

par un contrat de l'an XIV, dont M. Revillout n'a cité que 
la première et la dernière ligne. 

Rien jusqu'ici ne prouve qu'il fût le fils d'Harmaîs. 

Il fut vaincu et détrôné en 187, la quatorzième année de 
son règne, par Aristomakhos, général de Ptolémée Epi- 
pbane. Probablement même périt-il dans la lutte suprême, 
car autrement Polybe l'eût nommé parmi les rois qui se 



202 LE ROI HOREMHOU ET LA DYNASTIE THÉBAINE 

soumirent après la prise de Thèbes et furent mis à mort, 
malgré la promesse faite de leur conserver la vie sauve. 

Un seul fait, de peu d'importance, se rattache à leur règne. 
On voit, par les actes datés d'Hor-em-hou et d'Ankhtou, 
que les rois thébains respectèrent l'organisation du notariat 
à Thèbes, établie par le décret de Canope en 239, et conser- 
vèrent même les titulaires des charges. 

Orléans, le 19 novembre 1879. 



HOREMHOU ET 



ROIS DE THÈI 



I 



L'un des buts principaux de m< 
ces rois était de fixer Tordre de 
les dates des actes et la successio 
devoir placer Horemhou avant An 
pas voulu d'abord adopter ce classe 

En parlant de Tacte recopié, ( 
n^' 2435 et la date an VII d'Épip 
justement observer que la paléogr 
cet acte soit de cette date : Técri 
papyrus sont du temps d'Evergète 
semblance que le notaire d'alors 
d'Épiphane à celui du roi thébair 
)) d'Anclitu que notre acte fut rédij 
» Pchelchons . . . qui figure dans le 
de Sôter*. M. Revillout nomme 
Ilarmakhîs : « jusqu'à Tan XX (d 
» appartenait aux rois révoltés An( 



1. Extrait des Èindcs ô(jf/ptolo(jiqucs, 

2. Reçue â.gt/ptolof/ique, II, 1881, p. 10 

3. Ibidem. 



204 HOREMHOU ET AffiCHTOU, ROIS DE THÈBES 

Dans la liste des notaires de Thèbes \ donnée par M. Re- 
villout, un contrat de Tan XIV d'Ankhtou est placé avant 
un contrat de Tan VI d'Harmakhis ; un contrat de l'an VII 
d'Ankhtou avant un contrat de l'an IV d'Harmakhis*. 

Dès lors, Tan VII d'Épiphane correspond, pour M. Revil- 
lout, à l'an VII d'Ankhtou; selon moi, au contraire, l'an Vil 
d'Epiphane est l'an I d'Ankhtou, Horemhou ayant régné 
six ans avant lui'. 

Ailleurs, en parlant d'un autre acte, M. Revillout dit : 
« Cet acte est un nouvel argument pour l'ordre des règnes 
)) d'Anchtu et d'Harmachis que nous avons Jixé. , . Quand 
» M. Baillet a fait, d'après les notaires, sa belle étude sur 
» le roi Harmachis {qu'il place avant Anchtu), il n'a pas 
)) distingué les provenances et les études*. » 

Enfin, M. Revillout dit encore : « Mais la Thébalde resta 
» encore indépendante sous Anchtu et Harmachis jusqu'en 
» l'anXXV )) 

Mais, par un contrat nouvellement acquis par le Musée 
de Berlin, et daté de l'an VII du roi Ankhtou, une femme 
Tsetmin vend une propriété qu'elle avait acquise par con- 
trat de l'an VI du roi Horemhou. M. Revillout est obligé 
d'en conclure que « l'ordre chronologique de ces deux rois 
)) est donc définitivement établi. C'est Harmachis qui a été 
» proclamé le premier en Thébaïde' ». 

Ainsi, ce nouvel acte vient infirmer la première opinion 
de M. Revillout et pleinement confirmer mes prévisions. 

1. Reçue ègyptologique, II, 1881, p. 107. 

2. Reçue, p. 109. 

3. M. Revillout fait la môme correction, Revue^ p. 146, note. 

4. Reçue, p. 110. Je n'avais pas besoin, pour l'étude que je me pro- 
posais, de distinguer la provenance des actes, qui d'ailleurs n'importe 
en rien au classement des deux rois. 

5. Reçue, p. 115. 

6. Recue^ p. 146. 



HOREMHOU ET ANKHTOU, ROIS DE THÈBES 



II 

Dans les textes communiqués par M. Revillout, il ne fai 
pas négliger de constater un fait nouveau concernant 1 
règne des rois thébains. 

Un notaire de Coptos date un acte de Tan V de Hor 
emhou. On doit en conclure que la domination des roifc 
thébains s'étendait alors à une ville voisine de Thèbes leur 
capitale. Il est, en effet, fort probable que toute la Haute- 
Egypte dut leur obéir. C'est ce qui fit leur force et leur 
permit de résister vingt ans à la dynastie grecque. 

Novembre 1882. 



HIPPAL 

FONCTIONNAIRE 
de Vépoque ptoléi 



Les historiens grecs et latins Pol 
Justin, etc., nous sont parvenus s 
transmis si peu de détails sur la d\ 
n'y a peut-être pas deux personna 
on puisse entreprendre la biogra] 
détails et dates. Je vais cependa 
les traits épars qui rappellent la vi( 
fonctionnaire égyptien, au IP siècl 
Ce nom d'Hippalos n'est pas abs 
Pline et le Périple citent un nav 
Les papyrus grecs du Sérapéum 
teur égyptien et le frère du reclus 
Enfin les papyrus démotiques 
prêtre de Ptolémée Sôter. 

Mais personne n'a jamais repi 
attribuer à la même personne. 
impossible de montrer, avec quelc 



1. Extrait des Mémoires de la Soc 
Belles-Lettres et Arts d'Orléans, 1879, 
ptolémaïquesy p. 38-54. 



208 HIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 

concernent tous un haut personnage des règnes d'Épiphane 
et de son fils Philométor. 

J'ai parlé dans une précédente étude de la révolution qui 
avait suspendu sur la plus grande partie de TÉgypte l'au- 
torité des Lagides' : elle en avait sans doute désorganisé 
l'administration. Épiphane fut heureux de rencontrer, à 
côté de bons généraux, d'habiles organisateurs. Tel fut 
Hippalos remplissant alors les fonctions de ministre de l'in- 
térieur et des finances. Il resta pour les Grecs le modèle des 
administrateurs. Pendant les dix-neuf années de guerre 
civile, on peut croire que le domaine royal avait été l'objet 
de dilapidations ou de négligences coupables. Il paraît prin- 
cipalement que plus d'un contribuable s'était soustrait à la 
corvée imposée pour la culture des terres royales, et aussi 
que des fonctionnaires trop zélés y soumirent des personnes 
qui eussent dû en être exemptées. Hippalos institua' sous 
la présidence du sous-administrateur des finances (hypo- 
diœcète) un conseil composé des préfets des nomes, des 
commandants des gardes, des économes, des scribes royaux, 
des employés de l'intendance militaire et des scribes des 
nomes et des bourgs, et généralement de toutes les per- 
sonnes que l'hypodiœcète jugerait utile d'y appeler*. Cette 
Assemblée ou Conseil de répartiteurs devait répartir les 
corvées équitablement, de manière à ne pas entraver l'ense- 
mencement des terres des particuliers, et en dispenser ceux 
qui avaient droit de 1 être, notamment ceux qui devaient le 
service militaire. Les mesures prises par Hippalos eurent 



1 . Voir mon étude sur Horemhou et la dynastie thébaine. Voir sur- 
tout M. Rèvillout, Décrets de Canope et de Rosette, 

2. Lettre d'Hérode à Théon. — Papyrus grec du Louvre n* 63, col. 6. 

3. 2\jve8pEU<ravTec 6à |UTà Te5v orparriYâv xal Tt5v iittordcTbiv tc5v ^uXaxfrcdv 
xal Tc5v olxov(^[Ji(i}v xal tûv pao-iXtxûv Ypa(ji{j.aTé(ii>v irœptfvTwv xal tcov nap* 
EùiJLiriXot) ToO yp9L\L\kaxitaz tûv iiax^ftcav xal tûv TOKOYpapLfjLaiécDv xal xcoiiofpaii.- 
|i.atéa>v xal tûv aXXtt>v Sv av u7roXa(t6àvY)Te xp^^^f'^^ elvai irpbc xaûra. (Le- 
tronne, Papyrus grecs, p. 366-367.) 



HIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 2Û9 

le plus heureux résultat, ainsi que le constate une circu- 
laire^ postérieure de moins d'une vingtaine d'années, rendue 
dans des circonstances toutes semblables, c'est-à-dire après 
la captivité de Philométor, sa rentrée en Egypte avec les 
armées d'Antiochus, et au moment où il disputait à son 
frère Évergète II le trône d'Egypte (en 165, l'an VI de ce 
dernier). « C'est ainsi que fit, dans une circonstance ana- 
logue, Hippalos, alors à la tète de l'Egypte, persuadant aux 
stratèges et autres fonctionnaires de se charger de ce soin : 
l'ensemencement s'accomplit convenablement. » Par une 
mesure habile, Hippalos sauva probablement le peuple 
égyptien de la famine. Bien plus, l'organisation imaginée 
par Hippalos subsista après lui, comme le prouve ce docu- 
ment de Philométor. 

La récompense des services qu'il avait rendus en cette 
circonstance ne se fit pas attendre. Nous verrons plus loin 
le gouverneur de Memphis attester qu'Hippalos jouissait 
d'un grand crédit à la cour des Ptolémées. Il eut, à deux 
dates différentes, l'Honneur d'être revêtu de sacerdoces 
royaux. 

Ces sacerdoces étaient une institution à la fois grecque 
et égyptienne : égyptienne parce que l'usage de la déifica- 
tion des rois, même de leur vivant, remontait à la plus 
haute antiquité en Egypte; grecque parce qu'il semble que 
les Ptolémées ne donnèrent le privilège de ces sacerdoces 
qu'aux familles grecques venues avec eux en Egypte, autant 
qu'on peut l'inférer de ce fait que tous les noms des prêtres 
et prêtresses connus sont des noms grecs. 

Epiphane venait de reconquérir Thèbes sur le roi égyp- 
tien Ankhtou, en 187, la dix-neuvième année de son règne. 
Il se hâta de rétablir à Ptolémaïs le sacerdoce de son aïeul 
Ptolémée Sôter, en y adjoignant le sien. L'un des premiers 
personnages qui en furent revêtus fut le ministre Hippalos. 

1 . La lettre d'Hérode à Tbéon. 

BlBL. KGYPT.» T. XV. 14 



210 HIPPALOS, FONCTIONxNAIRE ÉGYPTIEN 

Le texte d'un contrat de vente de l'an XXIII d'Épiphane 
(183 av. J.-C.) porte : 

« Étant HiPPALOs {Hplos), fils de Sas, prêtre du nome 
thébain de Ptolémée Sôter et du roi Ptolémée, le dieu 
Épiphane Euchariste\ » 

Hippalos eut le privilège de recevoir une seconde fois cet 
honneur sous le règne du successeur d'Épiphane, en Tan VI 
de Philométor P' (176 av. J.-C), suivant le double contrat 
du Musée de Berlin n<* 111*, qui présente la même formule'. 

Hippalos, qui avait remis l'ordre dans l'administration 
de l'Egypte à la fin du règne troublé d'Épiphane, tourna 
ses vues vers le développement du commerce sous celui de 
son fils Philométor. Par sa position géographique, l'Egypte 
était le trait d'union entre l'Europe et l'extrême Orient. 
L'Egypte recevait, à la fois par terre et par mer, les pro- 
duits de l'Ethiopie, et, par mer, ceux de l'Inde. C'étaient les 
éléphants, les lions, panthères et léopards, girafes et rhino- 
céros qui figuraient dans les fêtes, les bœufs, chèvres et brebis 
d'Ethiopie, les bœufs blancs de l'Inde, le sel gemme, l'ébène, 
le caroubier, le cuivre, l'émeraude, l'ivoire, les écailles de 
tortue, l'encens, la soie venant de Chine, certains bois de 
la presqu'île de Malacca, le myrthe, la casse, la cannelle, le 
suif, le beurre, probablement aussi les substances colorantes 
pour la teinture, l'huile de ricin pour l'éclairage, l'orge qui 

1. KeviUout, Noucellc Chrestotnathic dè/nutique^ p. 67-68. 

2. ReviUout, ibid., p. 135. 

3. Un contrat de l'an XI, publié par M. ReviUout dans sa Chres- 
tonuUlde dètnotiquc^ depuis que ces lignes sont écrites, montre que 
Hippalos fut revêtu une troisième fois de ce sacerdoce, bonneur qui ne 
fut accordé à personne autre. — [Une inscription d^ rfegne de Pbiia- 
métor, trouvée à Ptolémaïs (Menschieh), coatirme ^® ^^^^® sacerdotal 
d'Hippalos et l'identité du prêtre des Ptolémées ^"^^^ ^^ mimatre : 

« BaffiXêi llToXe|i.aûo Osw *iA{i.r,Topi, virkp 'It.^-. . . npàxwv (ç^>^»^' '""^ 

eirKTTpaTT.vo'j xai ispe(i>; liToXsaacov itûTy.poc ^ x * »a>^^ ^,.», 

p. . ^ a ^ V ' ' ^ ^*^ U-coUl^f^^oero el MiUer, 

Lj;^apt(rTOv, tov p(i>(Jiov ISixo[ia)^o; tspEu; xo^^ \ , /ivi^ 

Bulletin de correspondance hellénique^ t t^*^^^' ^ . W 



HIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 211 

servait à faire la bière. L'Arabie envoyait des chevaux et 
des mulets, de la pourpre, des étoffes, du vin, des parfums, 
des objets d'argent et d'aîrain\ 

Ce commerce était entre les mains des populations mari- 
times des côtes de la mer Rouge et du golfe Persique. Aga- 
tharchide, qui écrivait au IP siècle avant notre ère, et le 
Périple de la mer Erythrée, qui est de quatre siècles pos- 
térieur, s'accordent à représenter comme tout à fait primi- 
tive cette navigation indigène : elle se faisait sur des barques 
construites de bois léger et de jonc, recouverts de peaux. 
Naturellement, de tels bâtiments ne pouvaient faire autre 
chose que de suivre la côte de très près, se réfugiant dans 
toutes les anses chaque nuit et même le jour à la moindre 
apparence de gros temps. La flotte elle-même d'Alexandre, 
sous la conduite de ses amiraux Néarque et Onésicrite, ne 
suivit pas d'autre route pour venir des embouchures de 
l'Indus à celle de TEuphrate. 

Philadelphe, autrefois, avait envoyé Timosthène remonter 
le Nil, et son ministre Satires explorer la côte de la mer 
Rouge, pour y fonder des stations commerciales. Simmias, 
sous Évergète, avait été chargé d'étudier le golfe d'Aden. 
C'est ainsi encore que, sous Évergète II, Eudoxe de Cyzique 
fit un premier voyage aux Indes, et un second probable- 
ment l'année qui suivit la mort de ce roi (en 117 ou 116). 
Philométor confia sans doute une mission analogue à Hip- 
palos. Les écrivains postérieurs lui donnent les épithètes 
de marchand et de pilote : ce qui s'explique fort bien par 
l'insuffisance de renseignements sur les siècles qui les 
avaient précédés, et surtout par la nature même de son 
entreprise. 

Hippalos, soit sur les rapports des pilotes de son temps, 
soit même qu'il eût entrepris le voyage, ce qui n'a rien que 



1. Voir Robiou, Emnnmw politiffur, etc., an ft^mps clfs Luf/ides, 
§ 12, commerce. 



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HIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 213 

La découverte faite par Hippalos eut donc une impor- 
tance capitale pour le développement du commerce et de la 
richesse de l'Egypte. 

Il s'agirait maintenant d'en fixer l'époque. Le Diction- 
naire général de biographie et d'histoire de Dezobry, se 
faisant l'écho de l'opinion vulgaire, nomme « Hippalus o un 
pilote grec, qui découvrit au !•' siècle de notre ère, proba- 
blement vers la fin du règne d'Auguste, les vents pério- 
diques où moussons de la mer des Indes. Le fait d'une flotte 
de 120 bâtiments, appareillant pour l'Inde au port de Myos- 
Hormos, vue par Strabon dans son voyage en l'année 24 
de notre ère, démontre que l'époque fixée par le lexico- 
graphe est beaucoup trop rapprochée, de plus de cinquante 
ans. Aussi M. Reinaud, dans le mémoire précité, a-t-il 
recherché un fait qui indiquât une époque antérieure. Il 
fournit en effet la preuve que la découverte de la mousson 
« était déjà mise en usage en Egypte dès l'an 72 avant 
J.-C, sous le règne de Ptolémée Aulète. A cette époque, 
le gouverneur de la Haute-Egypte, qui avait le port de 
Myos-Hormos sous sa direction, portait entre autres titres 
celui de stratège ou amiral de la mer Indienne et de la mer 
Erythrée : crxpaTifiYôç xf^ç 'ivSix^c xaî *Epuep5é; ôaXàjoTji;. Évidem- 
ment, la mer Erythrée désigne ici la mer Rouge et les 
parages d'Aden (Eudémon); c'était le lieu où, jusqu'à 
Hippalus, s'était exercée la navigation égyptienne. Lorsque 
les navires partis d'Egypte avancèrent jusqu'aux ports de 
l'Inde, il fallut bien ajouter les mots mer Indienne aux mots 
mer Erythrée ». 

Et M. Reinaud ajoute avec justesse : « Du reste, rien dans 
le titre du gouverneur de la Haute-Egypte ne montre que 
l'usage de la mousson ait commencé sous le règne de 
Ptolémée Aulète lui-même » et non auparavant. 

En effet, si la découverte remonte à Hippalos, qui vivait 
sous Épîphane, il faut vieillir cette grande invention d'un 
siècle environ. 



214 IIIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 

C'est ici le lieu de parler de la famille d'Hippalos. Son 
nom est grec, et celui de son père Sas pourrait paraître 
égyptien. En effet, il faut remarquer que Tusage de ce 
siècle était pour les Grecs de prendre un nom égyptien. 

Pour n'en citer qu'un exemple entre cent, je rappellerai 
que le fils de Ptoléraée, soldat grec en garnison à Thèbes 
en 205, quand les Thébains proclamèrent le roi national, 
portait les noms de 'Kpfita; à xx-, iutsve© ott^c, et son petit-fils 
ceux de 'Aro>.X(ovio; ô AT. m^£;ji;i;ovOt,;. ]".t cchi n'cmpècliait pas 
ces Grecs d'être fiers de leur origine. On sait avec quel soin 
Ptolémée, le reclus du Sérapéum, toujours sous le règne 
de Philométor, s'intitule nT'jAeaa'o^ uXtox-o-j mi/.sS ôv. De même, 
dans l'acte de l'année 176, où figure notre Ilippalos comme 
prêtre de Sôter et d'Épiphane, un certain 'Ajjiijiwvio;, fils 
d'Alexandre, se qualifie uinen mes Kam « Grec (Ionien), né 
en Egypte ». 

Dans une inscription récemment publiée, découverte pré- 
cisément au port de Bérénice, un habitant rappelle qu'il est 
originaire de la ville Cretoise de iioXjp:T,v\ L'inscription est 
de la fin du règne d'Evergète II, successeur de Philométor, 
c'est-à-dire presque contemporaine d'Hippalos. 

Je m'arrête pour ne pas multiplier les exemples qui se- 
raient très nombreux. 

Il n y aurait donc rien d'étonnant à ce que le père d'Hip- 
palos, à côté de son nom grec, portât un nom égyptien. Ce 
serait bien la mode de l'époque. Assurément Sas pourrait 
n'être que la transcription exacte du nom grec. Pour m'en 
tenir aux papyrus égyptiens, c'est-à-dire à l'époque même 
d'Hippalos, ce nom est celui d'un Cretois, père d'un Démé- 
trius, que Ptolémée employait pour le règlement de ses 



1. K. Miller, Inscriptiotis (/fàco-ôffi/ptirnncSy dans le Journal des 
S tirants, août 1879. — Je crois qu'il faut restituer à la cinquième ligne 
ôôwv K05pY2T(i)v au lieu de twv IMspvjTwv, me fondant sur l'usage constant 
de cette formule, dans les papyrus grecs et démotiques. 



HIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 215 

affaires \ Mais il pourrait aussi fort bien se faire que ce 
fût un nom égyptien. Il parait au partage d'Hor et de ses 
frères, dans un endroit où l'on ne saurait dire positivement, 
qu'il s'agisse d'un Egyptien plutôt que d'un Grec', bien 
qu'il soit mêlé à des noms égyptiens. 
Ce nom, toutefois, rappelle à la mémoire celui du dieu 

p^ jj S'ou, que les Grecs ont transcrit Sux;. On pourrait 

encore en rapprocher les noms|i( Iwou i([| I, Sasi, Sis*, 

^* (zdT C3a4r oo J^ SsA, bsi, Ssou; si les monu- 
ments où ils se trouvent n'appartenaient pas exclusivement 
à l'ancien empire*. Mais je trouve dans le double nom que 
portait le père d'Hippalos, un rapprochement plus décisif. 
Le nom de rXao>c(aç est dérivé de Y^a^'^os, qui se traduit par 
glaucus, caesius; or, en égyptien, paraît avoir existé une 

racine de même sens, sous la forme ^,,^^ ^y^lJEl, ^'s'^^' ^^^^' 
gnant une couleur*, et sous la forme allongée ^ 




ooo 



S*ESEM, un minéral vert, grûne Porcellan Erde, selon 
M. Brugsch\ De sorte que Glaucias et Sas auraient eu la 
même signification, et comme ce dernier nom" reproduisait 
le nom grec Sw^o;', il fut conservé dans les nomenclatures 
des prêtres éponymes. 



1 . Papyrus du Louvre n" 36, in fine; Papyrus de Leyde B, 2, 9. 

2. Papyrus du Louvre n° 5 (Contrat Casati)^ p. 13. 

3. Lieblein, yEfjr/ptischo Denkniàler, pL XVII; Dictionnaire des 
noms propres, n»' 374. 402, 433, 767. 

4. Dictionnaire des noms propres, u" 43, 493 et 4Î)1. — Je citerais 

encore le surnom d'Hathor i Y à Dendérah, si la lecture Sous ne me 

H- 

paraissait pas douteuse. 

5. Todtenbuch, xcviii, 5, 

6. M. Brugsch, Dictionnaire, propose a blanc i). 

7. Zeitschrift fàr âgr/ptische Sprache, 1880, p. 5. 

8. Ce nom se retrouve encore dans un contrat dont M. Revillout a 
donné la traduction depuis que ceci est écrit. 

9. Letronne, Paptjrus grecs ^ p. 137 et '291. 



216 HIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 

Glaucias était macédonien, puisque son fils Ptolémée, 1© 
reclus du Sérapéum, prend le titre n-roXefjiaTo; rXai>x(ou MaxeS^v, 
dans toutes les pétitions qu'il adresse aux rois ou aux fonc- 
tionnaires publics. Son frère Apollonios le dit encore plus 
positivement quand il s'intitule 'At:oXX(ovioç xoO rXajxioo &!«>«- 
8â>voc, au papyrus du Louvre n*^ 40. Ptolémée donne encore 
quelque part d'autres renseignements : au papyrus de 
Londres n** 2, il se dit tt;; ètt'-ovy;; -wv ex toG 'HpaxXeoToX'ltou, 
(( épigone », c'est-à-dire a fils d'un Grec et né en Egypte » 
{uinrn mes Kam, comme s'exprime le contrat de Tan 176, citè 
plus haut), (( au nome Héracléopolite », que son père\\ab\- 

tait, rXa-jxtoi) ovTOî |jL£v Twv £v -'^ 'UpxxXeo7rfjX(T|j Tj-^^'zMiii^ x.axolx.u>^ . 

On voit par là que Glaucias était un personnage considé- 
rable, car le titre de tjyyévt,; « parent » du roi n'était donné 
qu'à de hauts fonctionnaires; et cette distinction explique- 
rait encore au besoin que son fils Hippalos soit parvenu aux 
dignités où nous le voyons. 

Enfin, Ptolémée nous donne la date de la. mort de son 

père : toutou os (XETaXXaÇavxo; xov ^lov èv xoT; xf;<; -cote-» -• /^ovot^' 

(( mon père ayant quitté la vie aux temps de l^, x*i^Ajo\ution »' 
c'est-à-dire pendant la révolution qui enleva, ^.^ ^ sft^^^^^ 
partie de l'Egypte à la domination d'Épiplx-^j^ ^oT^"^^^^^ 

dix-neuf ans de règne, à Thèbes, des rois n^,t-/ w"^ Vcai- 

maïs et Aonkhis, de l'an 205 à l'an 187 oix 186 ^^'"^ï^* ^^T 
ère. Remarquons que cette date concordo >:>xc=»^ "^ '^^-' ^^^ 
que devait avoir Hippalos pour remplir 1^^ % ^>e^ ^^^^" 
tions qui lui furent conférées sous Philopa.t:or* i^^ o\>^^® ^^ 
Philométor. ' -t-^pix^ 

Glaucias eut quatre fils, comme nous l'a.r>>^ j;. .^e péti- 

tion de Ptolémée le Reclus « au roi Ptolértx^ ^<1 i> i^ reine 
Cléopâlro, sa sœur, dieux Philométors », da-t- • ^^ ^^ Tan XII 
de sa réclusion, qui correspond à Tan 5C^5C.T -^ ^ ^^ rèffne 
ou 161 avant notre ère. Il y nomme ses tf oî ^ -. 1^^^{!. „iJ 

et les deux Apollonios. '^ «^«^«^es ^i^PP'^'' 

1 . Letronne, Papyrus grecs, p. 302. 



HIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 217 

Il faut donc prouver que cet Hippalos, fils de Glaucîas et 
frère de Ptolémée, est le même : 1® que le ministre, 2^ que 
le navigateur. C'est ce qu'il n'est pas difficile de faire au 
moyen de la correspondance de Ptolémée. 

Dans une lettre, dont la date se place entre les années 
164 et 158, Denys, le stratège de Memphis, raconte à Pto- 
lémée qu'il a reçu la visite du frère de celui-ci. Brunet de 
Presle fait remarquer ayec raison que « le style de cette 
lettre montre que Ptolémée, fils de Glaucias, était traité 
sur un pied d'intimité par de hauts personnages ». En effet, 
Denys s'accuse de bassesse et de grossièreté envers Ptolémée 
et son frère, et se vante au contraire de leur amitié et de 
leur bienveillance. Il s'excuse de n'avoir pas reçu Apollonîos 
comme il eût dû le faire, sur ce que celui-ci « est tombé 
chez lui un 17 mékhir », jour sans doute où il était retenu 
par les affaires de son administration; il se trouve trop 
honoré et indigne de l'estime qu'Apollonios lui témoigne. 
Que pourrait-il faire pour lui, qui a un frère à la cour? 
Cependant, après avoir raconté les suites de son entretien, 
il demande à Ptolémée de lui renvoyer son frère, il proteste 
SCS grands dieux que s'il ne se rend pas près d'eux, c'est que 
ses devoirs de fonctionnaire l'en empêchent. 

Le ton de cette lettre ne peut nous paraître extraordinaire, 
puisque Ptolémée serait, selon moi, le frère d'un ministre 
du dernier roi, encore estimé de son successeur qui l'avait 
honoré, quelques années auparavant, d'un sacerdoce royal. 

Il est vrai que Brunet de Presle, qui n'avait pas fait ce 
rapprochement entre les deux Hippalos, pense que « lorsque 
Denys dit au frère de Ptolémée que puisqu'il a, à ce qu^il 
parait, un frère à la Cour, il n'a qu'à Valler trouver y c'est 
une plaisanterie' ». Pour moi, je ne le crois pas, et c'est un 
conseil sérieux que donne Denys à Apollonios d aller trouver 
son frère Hippalos à la Cour où il était en faveur. 

1 . Letronne, Papyrus grecs, p. 318. 



218 HIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 

Je ne doute pas davantage que le frère de Ptolémée ne 
soit le navigateur grec. Nous possédons une lettre^ qu'un 
fonctionnaire du nom de Lysimaque lui écrivit au sujet de 
détails concernant sa pension. Non moins empressé que le 
stratège Denys de plaire à Ptolémée, il est heureux de pro- 
tester de son dévouement et de lui donner des nouvelles de 
son frère : 

« Lysimaque à Ptolémée et aux Jumelles et à Apollonios, 
)) les frères, salut. Si vous allez bien, moi je suis en bonne 
» santé. Sachez que, depuis que je suis parti, je n'ai cessé 
» de m'occuper de tes* commissions, » etc., et après divers 
détails à ce sujet, il ajoute : a Hippalos, ton frère, est dé- 
» barque à Timproviste; heureusement, je venais de tout 
» préparer*. Soigne-toi bien, et que je vous trouve en bonne 
» santé quand je vous embrasserai. Porte- toi bien. 

» An XX, 30 mésoré. » 

Cette lettre est datée : l k fieaopTit Â, « le 30 mésoré 
an XX », c'est-à-dire de l'année 161 avant notre ère. 

Telle serait donc la véritable date de la découverte des 
moussons, s'il était prouvé qu'Hippalos ne fit que ce seul 
voyage, ce qui est très probable. Son rang, ses fonctions 
d'administrateur ne lui permettaient sans doute pas de 
multiplier ces absences. Il a dû lui suffire de s'être une fois 
rendu compte par lui-même de la solution possible du pro- 
blème qu'il poursuivait. 

Ce voyage nous explique aussi la raison des qualidca- 
tions de marchand (mercator) et de pilote (y.u^Êpvi'.'njc) que 
Pline et le Périple donnent à Hippalos. Ils écrivaient plu- 

1 . Papyrus grec du Louvre n* 32. 

2. Le texte porte YtvtôffxsTs et ivsTsi'Xa;. 

3. Après avoir écrit à(rjvT3txT«o;, Lysimaque qui ne voudrait pas être 
taxé de négligence, ajoute en interligne : èfioO èTotti.ax<jTo; «àvra, « moi 
ayant préparé toutes choses ». Évidemment Lysimaque, qui ne comptait 
pas sur l'effet des moussons, ne s'attendait pas au retour si prompt 
d'Hippalos. 



HIPPALOS, FONXTIONNAIRE ÉGYPTIEN 219 

sieurs siècles après lui, et c'est par ces termes que les ren- 
seignements populaires qu'ils recueillaient, traduisaient 
rinitiative des innovations commerciales dont il avait été 
le promoteur. 

L'enthousiasme et la reconnaissance des rois d'Egypte et 
des navigateurs envers Hippalos furent tels que, pour perpé- 
tuer le souvenir du service qu'il avait rendu, on donna son 
nom aux moussons; au temps de Pline et du Périple^ à plus 
de deux et trois cents ans de distance, ces vents sont encore 
connus sous cette appellation. 

Le nom d'Hippalos se retrouve encore sur un papyrus, 
provenant de la collection Anastasi, publié par M. EggerS 
daté L X; <pap|jio'jOi o (le 4 pharmouthi de Tan XXXVII d'Ever- 
gète II — 132 ou 133 av. J.-C.) ; mais, comme l'Hippalos en 
question ne fait que donner un visa, je ne pense pas que ce 
soit là le nom de notre Hippalos, qui eût été alors fort âgé, 
mais celui d'un simple contrôleur (cf. tous les papyrus). 
Au contraire, il est fort possible que dans le papyrus grec 
n" VII du British Muséum', renfermant une lettre écrite 
par Apollonios (nom de deux frères d'Hippalos) à Hippalos, 
à îSérapion, à Bérénice, à Pyrrhos et à tous ceux de la 
maison (xa! toT; èv oXyn^ TTâai), nous ayons l'énumération de 
toute la famille d'Hippalos. Cela rentre complètement dans 
les habitudes du style épistolaire de l'époque. 

Dans cette famille, les deux Apollonios n'ont occupé que 
des fonctions inférieures. Ptolémée, entré au Sérapéum, 
entretient une correspondance active avec les administra- 
teurs du nome de Memphis et même avec les rois; mais, en 
somme, il n'est qu'un mince personnage. Hippalos fut un 
homme tout autrement distingué. 

Les batailles et les sièges des généraux d'Épiphane, 



1. £gger, Mémoires dliisioirc ancienne et d'archéologie^ p. 149. 

2. Bern. Peyron, Papiri (jrcci, p. 68, dans les Menwric dclla Rcalc 
Accadenda dcllc science di TorinOy 1841. 



ï 



220 HIPPALOS, FONCTIONNAIRE ÉGYPTIEN 

Scopas, Polycratès, Aristomaklios, sont de petits exploits 
qui n'ont guère profité à rhumanité. De ses ministres 
Agathoclès, Aristomène, l'histoire ne nous dit que les noms, 
pour nous apprendre leur élévation et leur chute tragique. 
Hippalos fut plus digne de mémoire que tous ces hommes 
oubliés, et son nom méritait de passer à la postérité. Après 
avoir rétabli Tordre dans sa patrie, il fut encore, par une 
mémorable découverte, l'un des grands hommes de l'anti- 
quité. 






GLÊOPÂÏRE 



FILLE DE PTOLÉMÉE ÉPIPHANE 

ET 

FEMME DE PHILOMÉTOR ET D'ÉVERGÈTE II 



Moins célèbre que Tamante de César et d'Antoine, que 
cette fameuse Cléopàtre, dont elle porte le nom et qui 
vécut cent ans plus tard, la fille de Ptolémée V Épiphane 
n'eut pas une destinée moins agitée, une figure historique 
moins étrange, selon nos idées modernes. Les principes du 
droit public égyptien, et les circonstances politiques lui 
ont fait jouer dans sa famille un rôle tel que n'a jamais eu 
princesse au monde. 

On sait bien cjne Cléopàtre, fille de Ptolémée Épiphane 
et de la première Cléopàtre, épousa successivement ses 
deux frères Philométor et Evergète IL Ce n'est pas, toute- 
fois, comme a pu le croire Brunet de Presle, par suite de 
la dissolution des mœurs de la cour d'Alexandrie « devenue 
étrangère à toute idée de morale », mais bien par applica- 
tion du droit public égyptien. En effet, d'après la coutume 
égyptienne qui donnait aux filles des rois l'hérédité du 



1. Extrait des Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences, 
BeUeS'Leiires et Arts d'Orléans, 1880, t. XXIII, p. 361-384; Études 
ptolèmatqueSf p. 55-78. 



222 CLÉOPÂTRE 

trône aussi bien qu'à leurs frères, le mariage d'une princesse 
royale avec un prince étranger eût pu créer de grandes 
difficultés ou au moins de sérieuses appréhensions aux sou- 
verains de rÉgypte. Ils cherchèrent sans doute un moyen 
de se débarrasser de toute crainte, et il faut bien dire qu'ils 
trouvèrent une solution moins barbare que ne firent les 
sultans ottomans. Au lieu de mettre à mort, au début de 
leur règne, des sœurs dont Texistence pouvait être dange- 
reuse pour leur règne, ils se contentèrent de les épouser. 
C'est ainsi qu'agirent les rois de la XVIII« dynastie, et 
leur exemple fut imité par leurs successeurs : nous en avons 
la preuve à l'époque de plusieurs des dynasties suivantes. 
Il faut qu'aux yeux des Egyptiens ce droit des filles ait 
eu une bien grande importance, car nous savons que le 
grand Ramsès, le second prince de sa dynastie, jugea si 
dangereuse l'existence des droits de ses filles, qu'il épousa 
les deux aînées. Les Ptolémées, race nouvelle en Egypte, 
eurent les mêmes craintes que leur illustre prédécesseur; et, 
sans aller jusqu'à Tinceste du père et de ses filles, aucun 
d'eux ne négligea d'épouser sa sœur, et, dans quelques cir- 
constances, sa nièce. 

C'est ainsi que Ptolémée VI Philométor, succédant à son 
père Epiphane, associa à son trône et à son lit sa sœur 
Cléopâtre, deuxième du nom. Mais lorsque Philométor eut 
été fait prisonnier par Antiochus IV Epiphane, roi de 
Syrie, la douzième année de son règne, en 171, les Alexan- 
drins proclamèrent son frère, qui reçut le surnom d'Éver- 
gète déjà porté par son bisaïeul. Evergète II devint, en 
même temps, le mari de sa sœur, femme de Philométor. 

En 166, Philométor parvint à s'échapper, à rentrer en 
Egypte, s'établit à Memphis pendant que son frère était à 
Alexandrie, et resta seul roi en 164. 

Après sa mort, en 146, son frère Evergète redevint roi. 

Que devînt Cléopâtre au milieu de cette compétition 
entre ses deux frères? 



FILLE d'épiphane 223 

Des contrats démotiques, si longtemps attendus*, que 
vient de publier M. Revillout*, je crois pouvoir tirer des 
conclusions propres ù. éclairer bien des points obscurs de 
l'histoire de ces deux règnes et de la vie de la reine Cléo- 
pàtre. 

Il se passera sans doute encore bien des années avant 
que Fégyptologie soit dotée des beaux recueils bibliogra- 
phiques qui sont à la disposition de quiconque étudie Rome 
et la Grèce : comme préliminaire indispensable de mon 
travail, je dois mettre sous les yeux du lecteur la nomen- 
clature des actes publiés jusqu'à ce jour, appartenant aux 
(|uatre règnes de Philométor I®' et d'Évergète II. 

Le recueil publié par M. Revillout contient douze actes 
appartenant à ces deux règnes. Les divers recueils de pa- 
pyrus grecs nous en fournissent encore plusieurs autres. 
En prenant dans ces derniers les principales dates, en y 
ajoutant toutes celles que donnent les papyrus démotiques, 
on peut dresser le tableau suivant : 



Ptolémée Philométor P' 

Ans I à XII (181 à 170 av. J.-C.) 

*An VI, 19 (?) paophi (en 176). Quittance et acte de vente 
(Revillout, Nouv. Chrest. dém., p. 134). 

An VI, 21 tobi (février 175). Vente de maisons, etc. (Louvre, 
3440; Revillout, Chrest. dém,, p. 375). 



1. « Il faut espérer que la publication des contrats démotiques 
viendra bientôt compléter len notions qui résultent de Tétude des 
actes grecs *>, disait» en 1866, M. Brunet de Presle en publiant avec 
M. Ëgger, les Papyrus grecs du Loucre, préparés plus de vingt ans 
auparavant par Letronne (Pap, grecs du Louvre^ p. 225). 

2. Revillout, Nouoclle Chresiomathie dèmoiique^ dont l'apparition 
fait d'autant plus regretter le retard apporté à la publication de la 
Chresiomathie dcmolique de cet érudit champion de l'égyptologie. 



224 CLÉOPATRE 

**An XI, 28 thot (novembre 171). Contrat de mariage 

(Revillout, Zeitschr., 1879, pi. V). 
**An XII, 9 paophi ou mékhir (en 170). Acte de naissance 

(Ibid,, pi. IV, n« 19, et Rev. égypL, 1880, pi. III 6/^). 

PtOLÉMÉE É VERGETE II 
Ans I à VII (170 à 164) 

An VI, 24 mésoré (en 165). Première lettre d'Hérodès à 

Théon (Letronne, Pap, grecs du Louvre, n** 63, 

p. 361). 
An VII, 20 thot (en 164). Deuxième lettre à Théon [Ibid., 

p. 368). 
« An VII, 3 (?) thot )) (en 164). Pétition de Ptolémée, fils 

de Glaucias, au roi (Ibid., n° 24, p. 271). 
« An VII. » Autre (Brit. Mus., n" 3). 

Ptolémée Philométor (2^* fois) 

Ans XVI h XXXVI (166 à 146, seul le 19 épip 164) 

An XVI, 29 phaménôth (en 166). Prêt de blé (Letronne, 

Pap. grecs du Louore, n® 7, p, 172). 
An XVIII, 25 mésoré (en 164). Décret d'amnistie {Ibid,, 

n" 63, p. 373). 
An XIX (en 163). Pétition des Jumelles du Sérapéum « au 

roi Ptolémée et à la reine Cléopâtre sa sœur, dieux 

Philométors » {Ibid., n«-22, p. 265). 
(Ici se placent de Tan XIX à l'an XXIX toutes les pièces 
relatives aux Jumelles du Sérapéum.) 
An XXI, phaménôth (en 160). Acte de vente (Revillout, 

Noue. Chrest. dém., p. 113). 
*An XXVIII, 18 pakhons (juin 153). Acte de vente (Louvre, 

2416-2417; Revillout, Chrest. dém., p. 243 et 351). 
*An XXXI, 19 tobi (en 150). Quittance et acte de vente 

{Ibid., p. 46 et 53). 



FILLE D^ÉPIPHANE 225 

*An XXXVI, 18 athyr (décembre 146). Actes de partage 
(Berlin; Bibl. nat. de Paris, n^ 218; Pap. grec 
Grey, de Londres; Revillout, Chvest, dém,, p. 62). 

**An XXXVI (en 146). Contrat d'échange (Revillout, 
Zeitsclir., 1879, pi. III, fragments). 

Ptolémée Évergète II (2® fois) 

Ans XXV à LIV (146 à 117) 

An XXV, 16 épip (en 146). Récompense promise pour un 

esclave fugitif (Letronne, Pap. grecs du Louvre, 

nMO, p. 178). 
*An XXIX, 19 pharmouthi (en 142). Vente sous forme de 

transaction (Revillout. Nouv. Chrest. déni,, p. 79). 
*An XXX, 18 mésoré (en 141). Quittance et acte de vente 

{Ibid., p. 32). 
An XXX, 16 Arrêt rendu par Tépistate Dionysios 

(Letronne, Pap. grecs du Louvre, n° 16, p. 226; 

Turin, VIII, IX et XIV). 
An XXIX, 9 phaménoth. Enregistrement grec du Pap. du 

Louvre, IV, 2416 (Letronne, Pap. grecs du Louvre, 

p. 225). 
*An XXXVII, 21 mésoré (en 134). Déclaration de bail 

(Revillout, Nouv. Chrest. dém., p. 156). 
*An LX, paophi (novembre 131). Contrat de mariage 

(Musée de Leyde; Revillout, JRcv. égypt., 1880, 

pi. m bis). 
An XLI ou XLII (130 ou 129). Plainte à Toccasion d'un 

prêt de blé (Letronne, Pap. grecs du Louvre, n® 8, 

p. 174). 
An XLIV (en 127). Pétition d'Apollonios « au roi Ptolémée 

et à la reine Cléopâtre, sa femme, dieux Éver- 

gètes )) {Ibid., nM4, p. 212). 
*An XLIV, 1" mésoré (25 août 127). Prêt d'argent (Louvre, 

n*' 2420; Revillout, Chrest. dém., p. 358). 

Bibl. éoypt., t. xv. 15 



J6 



CLEOPATRE 



An XLIV, 20 mésoré. Quittance pour rembovirsemenV. 

d'un prêt d'argent (Turin, 174, 14; Zeitst^hr., 187^^ 

pi. II, 11, et Chrest. dém., p. 308). 
An XLV, 26 épip (en 126). Acte de vente (Turin ,174, 2^4 ; 

ibid., pi. IV, 18). 
n XLIV, 25 mésoré. Acte de désistement pâtx' ï^toYfemfe^ 

frère d'Hermias (Pap. Turin IV, cité ihicl,^ t> H^A 

et 216). 
^n XLIV, 28 mésoré. Acte de vente par A^nti^one tîll 

de Petnoferhotep-Hermias, à son frères î^sa^mont- 

Apollonios (Revillout, A^OMC C/ires^. rfc?r>T. y> KV^^ 
■ Enregistrement du 3 épagomène (Le tronn^^ j:>^ 

du Louvre, p. 115; Revillout, Noua. 0/^/-^^s^' ? - 

p. 108). '^ - aem., 

n XLIV. Plainte d'Osoroeris, fils d'Hor, Ciont "O 

et Ptônis, en violation de sépu.ltvM:*o (T f ^^^'^ 
Pap. grecs du Louvre, n^ 6, p. 161) . V^etronne, 

^n XL VI, 10 tobi (janvier 124). Quittaac^ ^^ 

cession (Revillout, C/ire^-^ rf^/n., -p^ 30*^ <i^suc- 

^'^ ci^ succession 
!>• îil^4). 



iïï XL VI, 20 paoni (juillet 124). Part; 
(Pap. de Berlin; Revillout, ibid.^ 

m XLIX, 18 khoiak (en 122). Parta^^ ^ 

pris, etc., et le pastophore Hox* <r^^.^-^i^^ ^^^^^V 
Chrest, dém., p. 87). ^^Uout, -Vo^^^, 

1 L, mékhir (mars 120). Vente de nxa.îso 



(Lou 



2410; Revillout, Chrest. dém., p. Sï5\ "^^"^^^^ ^4l8 

1 L, 10 phaménoth et 1^' paoni (en 1:^X\ xr^ 

grec d'une vente faite à Chakh p^^^j ^ V'^^^P^^^t^'emez^ 
du Louvre dém., 2410; Letronci^^ -l r^ j^une (Paï>^ 

a LI, 8 paoni (en 120). Jugement po^^i^ vi^"' ^' 225j. 

contre Hermias (Letronne, I^ujc^ ■•^or et consorts 

n« 15, p. 218). ^ ^^^^^ (iu Louvre, 

LU LI, 10 paoni. Bail de biens rurau>c -t-k. 

Hor au cultivateur Aoufankh. f tp^^ ^^ P^stophor 
Chrest. dém:, li.US). ^^^^i\lQ^\)X^ V^ ^ 



\ 



/ 



FILLE d'épiphane 227 

*An LU, 3 pakhons (en 119). Vente par Imout au pasto- 

phore Asarouer {Ibrd,, p. 59). 
*An LUI, 9 épip (en 118). Acte d'adjuration (Revillout, 

Ze«rsr/ir.,1879, pl.IV, 17). 
*An LIV, 19tobi (en 117). Acte de partage entre le pasto- 

phore Hor et ses enfants (Revillout, Noiw, C/irest. 

dém., p. 7). 
*An LII (?). Bail par le taricheute Amenhotep au cavalier 

Khonsthot (Revillout, ibid., p. 150, et Zeitschr., 

1879, pi. II, 12; Turin, 12). 
Sans date. — Bail d'une vigne et de ses dépendances (Re- 
villout, ibid., p. 149, et Zeitschr., 1879, pi. III, 

n« 13; Pap. Turin n° 21). 

a 

Cléopâtre, fille de Ptolémée Épiphane 

Abordons maintenant plus particulièrement la biographie 
de la reine Cléopâtre. 

Il n'y a pas à douter que Cléopâtre ne fût fille d'Épiphane 
et sœur des deux rois. Les auteurs grecs et latins l'ont 
dit, et au besoin les actes démotiques le démontreraient sur- 
abondamment. Ainsi, le contrat de vente de l'année 160 
est daté : « L'an XXI des rois Ptolémée et Cléopâtre, les 
» enfants (na s^erû) de Ptolémée et de Cléopâtre les dieux 
» Kpiphanes, » sous le règne de Philométor^ ; celui de 150 : 
« L'an XXXI des rois Ptolémée et Cléopâtre sa sœur (trtf 
» sont), les enfants (na s^erû) de Ptolémée et de Cléopâtre 
» les dieux Épiphanes*. » 

De même, sous le règne d'Evergète II, on trouve en 141 : 
« L'an XXX du roi Ptolémée TEvergète, fils de Ptolémée 
et de Cléopâtre les dieux Epiphanes, et de la reine Cléo- 
» pâtre SASŒUR^ sa femme [taifsont, taifhimey. » 

1. Revillout, Noutelle Chrestomathie dèmotique, p. 113. 

2. Revillout, ihid., p. 46 et 53. 

3. Revillout, ibid,, p. 32. 



228 CLÉOPÂTRE 

Selon rhistorien Josèphe*, les villes de Syrie envoyer^ '^ ' 
en 187, à Épiphane des présents à l'occasion de la naiss^^ 
d*un enfant. ChampoUion-Figeac en fit Philométor. B^^ ^it 
de Presle, s'appuyant sur les convenances historiques, ^ ^q 
la naissance d'Évergète*. Philométor serait alors né®^ '^W» 
Tannée qui suivit le mariage de son père; Cléopâtr^ * 2>t»o 
pu naître un ou deux ans après, en 189 ou 188, et ^^^^^ 
en 187. 



Nous sommes donc assez mal renseignés sur \a naiô 

naissance de Cléopâtre et de ses deux frères. \\ ï>'^^ \ t>^ 
impossible qu'elle fût l'aînée et qu'aux yeux des K.^^"^ v^^ 
ses droits ne primassent ceux de ses frères. C'est ^^ ^ b^^ 
de ce droit d'ainessc que Thothmès P' avait associé ^^ c^V^X 
sa fille Hatshopsou; c'est contre ce droit que j*^^^^* nr 
s'être élevés ses deux frères en mutilant ses lé -g::^^^^ 
les monuments qu'elle avait élevés, en y suhst't S^^ 



noms aux siens 



lacent 



Premier mariage de Clêoi^x 

L'époque du mariage de Philométor 4JL^^ 

controversée. Champollion-Figeac et L^.*^^ ^ ^^^ ^ ^^ t:> 
qu en 165. ^ali^î u^ 

Cette date, comme nous allons le vo* /i t:l>^^^ 

Deux actes (les papyrus démotiques ^ ^^* ^^^ XÏ^ ^^ ^* 
III CD) du même jour appartiennent • Beï*}^^ tr^ë^^ ^^ 

Philométor. En voici le protocole : prenx^^^ 

Renpû ses, paopi met-psit^ ^uten f>// p^tl^^^^^ 

Kluptra, ne neteru Nteper, au p^. l . ^^^^^^is^ s^ ne ^^^^'^ 
Sonu, ne neieru Ntarnofèr, r^^ ^^^^^erit/'^^ ^ ^ neteru 

"^ neteru Mert^a^t^ ^ 

1. Antiquités, livre XII, p. 4. 

2. Papi/rus grecs du Louvre^ ^ ^ 

3. Cela se fit quelquefois avee »- ^^ auiv. -^/-onom* 
du texte qui suit les titres royaux ^J^ *^^Vi de aoin que tous i^^ ^ 

'^ ^%até8 au genre tétnt^^^ 



FILLE d'épiphane 229 

Nteper, n suten Pilums p Mer-mut-ef, etc., c'est-à-dire : 
« L'an VI, 19 paophi, du roi Ptolémée, fils de Ptolémée 
» et de Cléopâtre, les dieux Epiphanes, et sous le prêtre 
» d'Alexandre, des dieux Frères (Philadelphes), des dieux 
» Évergètes, des dieux Philopators, des dieux Epiphanes, 
» du roi Ptolémée Philométor, etc. (suivent les sacerdoces 
» des reines, puis les sacerdoces royaux au nome thébain, 
» enptos^ en Tep). » 

On voit dans ces premiers actes que Cléopâtre n'était pas 
encore mariée ni associée à son frère. En effet, même dans 
le cas le plus favorable, la naissance de Philométor en 190, 
il n'eût eu encore que treize ou quatorze ans, et sa sœur 
douze ou treize. Le nom de celle-ci comme reine ne pouvait 
donc figurer dans le protocole de l'an VL 

On remarquera aussi que Ptolémée n'avait pas encore 
reçu par décret sacerdotal la déification : il n'est associé 
aux dieux ses ancêtres qu'avec le titre de roi'. 

Bien plus, Philométor, qui n'était pas encore associé 
complètement à la divinité de ses aïeux à Alexandrie, fonda 
à Thèbes un sacerdoce particulier, pour lui et pour sa 
MÈRE, dont Kinéas, fils de Dosithéos, fut l'un des premiers 
titulaires, sinon le premier : « étant Kinéas, fils de Dosithéos, 
prêtre de Ptolémée et de Cléopâtre sa mère' ». S'il eût été 
marié, il eût partagé avec sa sœur et femme Cléopâtre ce 
nouveau sacerdoce, comme le fit Evergète redevenu roi 
après son frère*. 

Un autre acte, daté du 21 tobi an VI (février 1G4), offre 
le même protocole*. 

La seconde date que nous rencontrions du règne de 
Philométor n'est pas moins intéressante que la première. 

1. Cf. Revillout, Décréta de Rosette y etc., p. 7. 

2. Au Kinas sa Dusthus uah Ptlumes au Kiuptra tuf mut, (Revil- 
lout, Noue. Chrest, dèm.y p. 136.) 

3. Voir ci-après, p. 236. 

4. Revillout, Chresfomathie dèmotigue, p. 375. 



230 CLÉOPÂTRE 

C'est celle du contrat de mariage de Tan XI. Elle est ainsi 
conçue : 

Renpe XI, thot zut s^mun, n suten Ptlumis, sa Ptlumis 
au Kleopatra, ne neteru Nteper, au uab Aleksentrus, ne 
netera A^ohem, ne neteru Sonu, ne neteru Ntarne/er, ne 
neteru Mert-aiu, ne neteru Nteper, ne neteru Mertmut 
(suivent les sacerdoces des reines, et, après le sacerdoce de 
Sôter, la mention de) Kctas, sa Thositheos, uab suten 
Ptlumis, au Kluptra taf sont, au ta uabt n suten Kluptra, 
au ta fi ten nub mbali Arscna ta Mertson, c'est-à-dire : 
« L an XI, le 28 thot, du roi Ptolémée, fils de Ptolémée et 
» de Cléopàtre, les dieux Epiphanes, et sous le prêtre 
» d'Alexandre, des dieux Sôters, des dieux Philadelphes, 
)) des dieux Evergètes, des dieux Philopators, des dieux 
)) Epiphanes, des dieux Philométors, et sous l'athlophore 
» de Bérénice Évergète, et la canéphore devant Arsinoé 
» Philadelphe, et la prêtresse d' Arsinoé Philopator, comme 
» ils sont établis à Racoti (Alexandrie). Hippalos, fils de 
)) Sas, étant prêtre dans la province de Thèbes de Ptolémée 
)) Sôter et du roi Ptolémée le dieu Épiphane Euchariste; 
» Cétas, fils de Dosithéos, étant prêtre du roi Ptolémée 
)) et de la reine Cléopàtre sa sœur, et sous la prêtresse 
» de la reine Cléopàtre, et sous la canéphore devant Ar- 
» sinoé Philadelphe. m 

De ce protocole ressortent deux faits intéressants. Pre- 
mièrement, Philométor, qui, en l'an VI, n'avait pas encore 
épousé sa sœur, était marié avec elle au commencement de 
l'an XI (fin 172 avant notre ère). Champollion-Figeac place 
en 165, au retour de Philométor, prisonnier du roi de Syrie 
Antiochus, le mariage de ce prince, et Letronne a adopté 
la même date. Il peut paraître étonnant que deux auteurs, 
si souvent en désaccord, aient admis tous les deux une 
hypothôsc aussi peu probable. En effet, d'après les habi- 
tudes de la cour des Ptolémées, il n'était guère vraisem- 
blable que Philométor, né en 11)0, selon le calcul de Brunet 



FILLE D ÉPIPHANE 231 

de Presle, OU même en 187, selon Champollion-Figeac, ait 
attendu pour se marier sa vingt-deuxième ou vingt-cin- 
quième année. Il était à peu près certain que Ptolémée 
Philométor avait dû épouser sa sœur dès son premier règne. 

Il y avait même contre la date adoptée par les deux 
savants une grande objection : c'est que, comme nous allons 
le voir, d'après deux textes positifs et suivant le témoignage 
de Tive-Live, en Tan VI et en l'an VII d'Évergète II, qui 
correspondent aux ans XVII et XVIII de Philométor et 
aux années 165 et 164, Cléopâtre était femme d'Évergète II 
et résidait avec lui à Alexandrie. L'opinion de Champollion- 
Figeac d'un mariage en 165 pouvait donc paraître inadmis- 
sible, même si le texte du protocole de l'an XI ne nous 
avait pas appris positivement que le mariage avait eu lieu 
avant cette année. 

Il s'ensuivra que trois enfants de Ptolémée Philométor 
n'ont pu naître de 164 à 160, mais vraisemblablement à la 
(in du premier règne de leur père ou peut-être encore 
avant et après sa Cîiptivité, partie dans le premier règne, 
partie dans le second. J'ai pour moi l'autorité du texte de 
l'an VI qui parle des deux rois et de leurs enfants'. Les 
enfants de Philométor ne pouvaient être nés que de son 
mariage avec Cléopâtre pendant son premier règne. 

En second lieu, on voit encore que, dès l'an XI, le culte 
de Ptolémée et de sa sœur et femme Cléopâtre était déjà 
établi tant à Alexandrie (Racoti) qu'à Psol ou Ptolémaïs en 
Thébaïde. 

Enfin, le troisième acte de ce premier règne de Philo- 
métor, la note de naissance des fils du paraschiste Amen- 
liotep, malgré sa brièveté, nous fournit encore une notion 
précieuse à recueillir, la date extrême de cette première 
période du règne. Les signes qui expriment le nom du mois 
sont assez douteux, mais il reste assez pour qu'on lise 

1 . Ci-dessous, page 2.33. 



232 CLÉOPÂTRE 

nécessairement « le 9 paophi » ou plutôt « le 9 mékhir »; 
j'incline donc à croire que Philométor était encore roi au 
sixième mois de 180, sa douzième année. 

Vers cette date se place un grave événement dans la vie 
de Cléopâtre. Une guerre s'éleva entre TÉgypte et le roi 
de Syrie Antiochus Épiphane. et Philométor y fut fait pri- 
sonnier ^ . 

Second mariage de Cléopâtre 

M. Brunet de Presle* a conjecturé que Cléopâtre était 
devenue, pendant la captivité de son frère Philométor, 
femme de son second frère Ptolémée Evergète II. 

Son hypothèse me paraît appuyée sur d'assez fortes 
raisons : 1^ puisque Ptolémée, fils de Glaucias, dans sa 
pétition de « Tan VII, 3 thot* », supplie les dieux Éver- 
gètes ; o'.o oiojjiai ouv 'jfjitûv Twv jjieYiff'twv Ostov EuepYS'cwv; 2** puisque 
Tive-Live* raconte que Cléopâtre suivit Evergète à Alexan- 
drie, pendant que Philométor, ayant fait la paix avec An- 
tiochus, était avec lui à Memphis. J'ajouterai, comme je l'ai 
déjà dit, que la conduite de Cléopâtre n'avait rien que de 
conforme au droit égyptien. Mais ce mariage, qui est le 
premier pour M. Brunet de Presle, n'est, pour moi, que le 
second d'après ce que les plus fortes vraisemblances pou- 
vaient faire admettre, d'après ce que l'acte de l'an XI a 
formellement démontré. 

Bien plus, il est probable que Cléopâtre, après le retour 
de son frère aîné en Egypte, ne redevint pas immédiatement 
sa femme. 



1. Justin, Histoires p h 'lUpplqucn^ liv. XXXIV, 2. 

2. Brunet de Presle, Pnpf/rus fjrrcs, p. 41. 

3. Louvre, n* 24, 1. 3, toj lZ Orovô T. — Comme il ne peut y avoir 
nn r de thot, je conjecture I (10) ou plutôt r (3) qui se rapproche 
encore plus par sa forme de l'r qu'on a cru déchiffrer. 

4. Tite-Live, Annnirs, iiv. XLV, 2. 



FILLE d'épiphane 233 

Ici, les deux historiens Justin et Diodore ne sont pas 
d'accord. Selon celui-ci*, Philométor, s'étant emparé de son 
frère, l'épargna et lui donna la Cyrénaïque pour royaume. 
Selon Justin*, Philométor, chassé du trône, se réfugia au- 
près de son frère cadet à Alexandrie et partagea le pouvoir 
avec lui, tous deux remettant leur querelle à Tarbitrage du 
Sénat romain. 

Ce dernier récit paraît le plus probable, puisqu'en effet, 
au témoignage des papyrus, les deux frères régnèrent en 
même temps, même en Kgypte. En effet, la lettre d'Hérode 
à Théon. du 24 mésoré an VI, qui ne peut, comme Ta déjà 
établi Brunet de Preslo, être que Tan VI d'Évergète II, 
nomme les deux rois et leur sœur comme co-régnants : 

^'EôpcDTXt {xÈv psviXe'jç nToXefxxtoc xa*. ^a^iXeu^ OTcXefxatoc ô âoeXf oc xat 
patdtXiwa KXeoitdfTpa ^ i8eX<pri xai xà xixva, (( le roi Ptolémée 

» [Philométor] et le roi Ptolémée [Evergète] son frère et la 
» reine Cléopàtre sa sœur se portent bien, ainsi (|ue les 
)) enfants ». 

Je vois clairement dans ce texte trois choses : 1® qiie les 
deux rois ont véritablement régné ensemble; 2° que cette 
co-royauté existait dès 165; 3"* qu'Hérode nomme Cléopâtre 
seulement a sœur » du roi, comme si elle se fût trouvée 
alors dans une position ambiguë vis-à-vis de ses deux 
frères. 

Mais Cléopâtre, en réalité, était restée avec Evergète. 
Le fait n'est pas douteux d'après la lettre de Ptolémée, fils 
de Glaucias, citée plus haut, qui leur donne l'année sui- 
vante, en l'an VII, le nom de Osv. vAzo^i-zjlI, et d'après le 
témoignage de Tite-Live. 

Peu de temps après (en 164), par décision du Sénat 
romain, Evergète dut quitter l'Egypte et devenir roi de 
Cyrène. Il est fort possible que Cléopâtre ne reprit pas im- 



1 . Diodore, Bibiiofhàquf* historique, liv. XXX III, 33. 

2. Justin, Histoires philip fdf fil PS ^ liv. XXXIV, 2. 



234 cléopAtre 



médiatement auprès de Philométor ses droits d'épouse et 
de reine d'Egypte. 

Troisième mariage de CléopAtre 

Dans l'acte d'amnistie qui parut au début du second 
règne de Philométor % et qui est daté de l'an XVIII (l ih 

TTgp'.Tiou A iJLeaopr^ KE), le roi paraît seul : BaatXe'jç n-coXefxato; 

Atovu(Tt(|), probablement parce que Cléopâtre était encore avec 
son second mari. 

Mais il n'en est plus de môme l'an XIX ; Cléopâtre est 
redevenue reine d'Egypte, et dans une pièce que M. Brunet 
de Presle rapporte à cette année, les jumelles du Sérapéum 

s'adressent ! BajOsT nToXefxaifji xa: paciiXiffffTi KXeoTTaTpa xf, àSeXcpfi, 

OsoT; *iXofji>;Topai. Cléopâtre avait donc changé de mari pour 
la troisième fois. 

Malgré l'autorité de Brunet de Presle, le fait pourrait 
paraître douteux, puisqu'après tout cette pétition ne porte 
pas de date certaine. 

Mais ici les documents égyptiens viennent apporter de 
nouvelles lumières sur ces faits étranges. Un acte de vente 
d'une maison sise à Memphis, entre la rue du Sont et le 
mur du Sérapéum, est daté : Renpû {meh) 3ed na, Pa- 
menot, en na sntcniu Ptulmis au Kluptra na neteru Fer ; 
uab Aleksantres au na neteru Nte-hk-kab, au na neteru 
SonUj au na neteru Nte-arnofru, au na neteru Mert-atu, 
au na neteru Per, au na neteru Mer-mutu (suivent les 
sacerdoces des reines). « L'an XXI, phaménoth, des rois Pto- 
» lémée et Cléopâtre, enfants de Ptolémée et de Cléopâtre 
» dieux Epiphanes, sous le prêtre d'Alexandre, et des dieux 
» Sôters, et des dieux Philadelphes et des dieux Evergètes 



1. Un mois environ après sa restauration, qui est du 19 épip, selon 
la remarque de Brunet de Presle, Papyrus grecs du Louvre, p. 37. 



FILLE d'épiphane 235 

» et des dieux Philopators et des dieux Epiphanes et des 

» DIEUX PhILOMÉTORS. . . )) 

Ainsi donc Cléopâtre, abandonnant Évergète II, était 
bien redevenue la femme et Tassociée au trône du roi, son 
premier mari. 

Cet acte ne date que du milieu de Tan XXI (160 avant 
notre ère), c'est-à-dire de la quatrième année depuis que 
Philométor était redevenu seul roi, et encore la première 
ne compte-t-elle que pour six semaines. 

Dix ans plus tard, rien n'était encore changé dans la po- 
sition de la reine Cléopâtre, à cela près que des sacerdoces 
royaux avaient été établis à Thèbes, notamment pour la reine 
Cléopâtre Philométor et pour sa mère Cléopâtre Épiphane, 
nouvel honneur pour la reine trois fois mariée : 

« L an XXXI, le 9 tobi, des rois Ptolkmée et Cléopâtre 
» SA sœur\ les enfants de Ptolémée et Cléopâtre les dieux 
» Kpiphanes, et sous le prêtre d'Alexandre, des dieux 
» Sôters \nte noheni , des dieux Philadelphes, des dieux 
» l^vergètcs, des dieux Philopators, des dieux Epiphanes, 
» du dieu Eupator*, des dieux Philométors. » 

Il ne nous reste plus, pour achever le second règne de 
Philométor, le troisième de Cléopâtre, qu a constater la 
date de la mort de ce roi. On voit, par la pièce grecque 
bien connue sous la désignation de a Récompense promise 
pour un esclave fugitif », objet d'un beau mémoire de Le- 
tronne, que Philométor ne régnait plus le 16 épip, c'est-à- 
dire au dixième mois de l'année égyptienne ou au mois 
d'août du calendrier Julien proleptique. 

Deux actes de partage* entre Ounnofré et ses frères sont 

1. Même formule dans les contrats du 18 pakhons an XXVIII, 
juin 15:j. (Louvre, 2416 et 2417; Revillout, Chrest. dOm., p. 343 et 351.) 

2. Encore une conquête de la science hiéroglyphique. Il est nommé 
dans le protocole de presque tous les rois ses successeurs. Sa place est 
mal connue; j'y reviendrai dans une notice spéciale [encore inédite]. 

3. Papyrus de Berlin et Papyrus de la Bibliothèque nationale de 



236 CLÉOPÀTRE 

datés du « 18 athyr an XXXVI décembre 140;, des rois 
» Ptolémée et Cléopâtre sa sœur, les enfants de Ptolémée 
» et de Cléopâtre, les dieux Épiphanes, et sous le prêtre 
» d'Alexandre et des dieux Sôters, des dieux Adelphes, 
» des dieux Évergètes, des dieux Philopators, des dieux 
» Épiphanes, du dieu Eupator et des dieux Philomé- 
» TORS, » etc. 

Ainsi, Philométor vivait encore au milieu du mois de 
décembre 146. 

D'autre part, M. Revillout a signalé' un contrat d'échange 
de Tan XXXVI de Philométor, dont il publie des extraits 
sans date ni souscription de notaire. Le quantième, quand 
il sera connu, donnera une limite approximative de la fin 
du règne de Philométor. 

Quatrième mariage de Cléopâtre 

Ptolémée Philométor mourut en 146 ou 145, et, à part 
un court règne d'un an que l'on attribue à son fils Eupator, 
son frère Évergète lui succéda, et, selon l'usage égyptien, 
dut dater cette année de Tan XXV de son règne. En effet, 
après l'an VII (164 av. J.-C), la plus ancienne pièce publiée 
jusqu'à présent est l'acte de Tan XXIX (142 av. J.-C). 

« L'an XXIX, le 12 (?) pharmouthi, du roi Ptolémée 
» Évergète, fils de Ptolémée et de la reine Cléopâtre, et 
» de Cléopâtre sa femme, et sous le prêtre d'Alexandre 
» et des dieux Sôters [nie noliem), des dieux Frères, des 
» dieux Évergèles, du dieu Philométor, du dieu Eupator, 
)) du dieu [Philopator] et l'athlophore de Bérénice Ever- 
» gète, )) etc. 

On voit dans ce protocole figurer une reine Cléopâtre, 



Paris, pap. 218; antigraphe Grey à Londres. Ces deux derniers, publia 
et traduits, Revillout, Chrostomathie démotique, p. 62. 
1 . Zritschrlft^ p. 87. 



FILLE d'épiphane 237 

femme d'Évergète. Or, elle n'est pas autre que Cléopâtre, 
fille d'Épiphane, changeant pour la quatrième fois de 
mari. La preuve s'en tire du titre de o dieu Philométor », 
qui parait avant celui d'Eupator. Si le dernier roi décédé 
est nommé seul ici sous le nom de « dieu Philométor », où 
Ton eût attendu la mention « des dieux Philométors », c'est 
que sa femme Cléopàtre, continuant de régner et changeant 
de mari pour la quatrième fois, était redevenuc la femme 
de son frère Évergète et devait reprendre avec lui le nom 
de « dieux É vergé tes ». Plus loin, dans l'énuraération des 
sacerdoces de Thèbes, est mentionné son sacerdoce entre 
ceux de son mari et de sa mère : a et le prêtre du roi Pto- 
» lémée et la prêtresse de Cléopàtre sa femme et la pré- 
» tresse de Cléopàtre la mère, la déesse Epiphane ». 

Le fait de ce quatrième mariage est encore plus explici- 
tement attesté dans le protocole d'un double acte de vente 
de l'année suivante* : « L'an XXX, le 18 mésoré, du roi 
» Ptolémée l'Évergète, fils de Ptolémée et de Cléopàtre 
» les dieux Épiphanes, et de la reine Cléopàtre sa 
» SŒUR, SA FEMME, la décsso ÉvERGÈTE, et SOUS le prêtre 
» d'Alexandre, des dieux Sôters, des dieux Frères, des 
» dieux É vergé tes. des dieux Philopators, des dieux Épi- 
» phanes, du dieu Eupator, du dieu Philométor, des dieux 

» EVERGÈTES. » 

Ici : 1° Cléopàtre est dite « sœur et femme » de Ptolémée 
Evergète, et 2° par suite leur prédécesseur est seul « dieu 
Philométor », tandis qu'eux-mêmes deviennent « dieux 
É vergetés ». 

Ainsi, le fait de ce quadruple mariage est rendu indiscu- 
table par les termes des protocoles de la chancellerie ptolé- 
maïque. Mais la politique, qui avait uni deux fois Cléopàtre 
à chacun de ses frères, allait la faire répudier par le dernier. 
C'est ce que nous apprend une déclaration de bail faite en 

1. Revilloat, Nourelle Chresiomaihie démotique^ p. 32. 



238 CLÉOPÂTRE 

l'an XXXVII, le premier acte en date après celui qui vient 
d'être cité. 

EVERGÈTE II RÉPUDIE ClÉOPAtRE 

En effet, auprès du trône grandissait une troisième Cléo- 
pâtre, fille de Philométor. Il y avait en elle des droits à la 
couronne égyptienne qu'il fallait éteindre ou confisquer. 
La reine Cléopâtre, alors âgée de cinquante ans, dut céder 
la place à sa fille, et la jeune Cléopâtre devint l'épouse de 
son oncle Évergète, dont elle eut un fils qui fut son succes- 
seur sous la tutelle de sa mère. 

Évergète n'imita pas, en cette circonstance, celui de ses 
prédécesseurs qui avait mis à mort sa mère en montant au 
trône : il laissa la vie à Cléopâtre. Bien plus, elle garda ses 
honneurs et ses titres de reine, à côté de la nouvelle reine 
sa fille. Voici ce que nous atteste le protocole de l'acte dont 
il est question' : « L'an XXXVII, le 21 mésoré, du roi 
» Ptolémée, le dieu Évergète, fils de Ptolémée et de 
» Cléopâtre, les dieux Epiphanes, et de la reine Cléopâtre 
» SA SŒUR, et de la reine Cléopâtre sa femme. » 

Depuis lors, on dut voir ainsi paraître en tête de tous les 
actes les noms des trois souverains de Tl^'-gypte, jusqu'au 
jour (en 131 de notre ère) où les Alexandrins se révoltèrent 
au nom de Cléopâtre, fille d'Épiphane. Évergète, devenu 
cruel, lui envoya, dans une corbeille, les membres du fils 
qu'il avait eu d'elle. 

Aussi, dès lors, le nom de la reine Cléopâtre, sœur du roi, 
disparait des protocoles. Ainsi ceux de l'an XLIV portent, 
avec une variante dans le titre du roi : « L'an XLIV, mé- 
» soré, du roi Ptolémée, le dieu Evergète, fils de Ptolémée 
» et de la reine Cléopâtre sa femme, les dieux Évergètes, 
» et sous le prêtre d'Alexandre', » etc. 

1 . Revillout, Nou^oUe Chrestomathle dènioiitjuc^ p. 155, note 2. 

2. Acte du 1" mésorc (Revillout, Chrcst, dém., p. 358); — du 



FILLE d'ÉPIPHANE 



La même formule est usitée en Tan XLV^ « 
l'anXLVr. 

Mais la reine reparait dans deux actes de cette 
année, datés du 20 paoni : a L'an XL VI, paoni 20, ( 
» Ptolémée, le dieu Evergète, fils de Ptolémée et de 
» pâtre les dieux Kpiphanes, et de la reine CléopAt 
» SŒUR, et de la reine Cléopâtre sa femme, les 
» Evergètes, et sous le prêtre d'Alexandre', )) etc. 

On trouve la même formule en tête d'un acte de pi 
de l'an XLIX*, d'une vente de maison en mékhir an ; 
d'un bail du 10 paoni de l'an LI*. 

On ne peut en conclure autre chose, sinon que, 
les dates du 10 tobi an XL VI (janvier 124) et du 20 
(14 juillet 124), Cléopâtre rentra en grâce et repri 
rang et ses prérogatives de reine, perdus en 131 par sî 
ticipation à la révolte des Alexandrins, et les conser 
moins jusqu'en l'an LI (juillet 119). 

Au contraire, en LU, elle disparait de la formule ii 
des actes. En effet, un acte de vente de cette année a 
date : a An LU, pakhons 3, du roi Ptolémée, le dieu 
» gète, fils de Ptolémée, et de la, reine Cléopâtre sa fe 
» les dieux Evergètes'. . . » 

Faut-il supposer qu'en cette année la reine Cléc 
mourut, âgée d'environ soixante-dix ans? C est ce q 
paraît le plus probable, car, dans les actes de date j 
rieure, elle ne paraît plus selon moi. 

20 mésoré (ibid.j p. 308); — du 28 mésoré (Revillout, Nour, ( 
d('m.^ p. 103). 

1 . Acte du 26 épiphi (Revillout, Zdtschr., 1879, pi. 4, n" 18) 

2. Acte du 10 tobi (Revillout, Chrest. dém.^ p. 303). 

3. Papyrus de Berlin (Revillout, Chrest. dém,, p. 312). 

4. Revillout, Noucelle Chrestoniathie déniotique, p. 87. 

5. Revillout, Chrestomathie domotique, p. 85; Papyrus du I 
2418 et 2410. 

6. Revillout, Noucelle Chrestomathie démotique, p. 148. 

7. Revillout, ibid., p. 59. 



240 CLÉOPÂTRE 

L'acte grec, par lequel Hor le clioachyte partage ses 
maisons et ses liturgies entre ses enfants (Pap. du Louvre 

n^ 5), est daté : PajiXeuovTwv HXioizizpoL^ xa- IlxoAÊfJiaîou Oewv <I>iXojiti- 
T(5pa>v StoxVipwv, £t:ouç A, è«p' Upioiç paaiXÉcu; nxoXsjxatou Oeoû OiXojx/]- 
xopo; Swxr^poç, 'AXeÇivâpou, etC. 

« Il s agit ici, dit Brunet de Presle, de Cléopâtre, veuve 
de Ptolémée Philométor et de Ptolémée Évergèle II, et de 
son fils aîné Ptolémée Sôter II, qui monta sur le trône en 
117 avant J.-C, et fut désigné sous le double titre de Pto- 
lémée Philométor-Sôter'. » 

L'acte de partage est donc de Tannée 114. 

Or, si Ton adopte, comme je Tai dit, les données de 
Brunet de Presle sur la naissance des enfants d'Epiphane^ 
c'est-à-dire l'année 192 pour Philométor, 188 pour Éver- 
gète et Tune des années intermédiaires pour Cléopâtre, on 
aurait 190 — 114 = 76, ce qui serait un âge très possible 
pour Cléopâtre. 

Mais il y a contre cette attribution plusieurs graves ob- 
jections : 

1° Rien dans les récits des historiens grecs n'autorise à 
croire que Cléopâtre II ait joué un rôle sous le règne des 
fils d'Evergète II; et comme, d'autre part, son nom dispa- 
raît des protocoles officiels, rien n'est plus probable que sa 
mort en l'an LI ou LU. 

2° Cléopâtre, mère de Sôter II et de son frère Alexandre I*', 
fut mise à mort par ce dernier en 89. Si cette Cléopâtre 
était la veuve de Philométor P' et d'Evergète II, comme le 
veut Brunet de Presle, née vers 190, elle aurait eu près de 
cent ans et assez de force de corps et d'esprit pour disputer 
le gouvernement à ses fils et les renverser, ce qui cette fois 
devient tout à fait invraisemblable. En effet, je pense qu'il 
ne faut pas voir dans les événements du règne des deux 
frères, la fille d'Épiphane, mais la petite-fille de ce roi, la 

1 . Brunet de Presle, Papy nus grecs du Loucre, p. 152. 



FILLE d'ÉPIPHANE 2 

fille de son fils Philométor I®', épouse d'Evergète II, s 
oncle, [qui, par son testament, lui laissa la couronne à 
condition de la partager avec celui de ses fils qu'elle vo 
drait choisir]. 

Ainsi, je vois dans cette dynastie, au cours du seco 
siècle, quatre reines Cléopàtre : 

Cléopâtre I", femme d'Épiphane; 

Cléopàtre II, sa fille, femme de ses deux frères Philomél 
et Evergète II, morte probablement en Tan LU = 117; 

Cléopâtre III, fille de Cléopâtre II et de Philomét( 
deuxième femme d'Évergète II, mise à mort en 89 ; 

Cléopâtre IV, fille de Cléopâtre III et d'Evergète II 
femme de son frère Sôter IL 

Bien plus, je puis démontrer que mon système cad 
bien avec les énonciations des protocoles de tous les ad 
originaux parvenus jusqu'à nous : 

1° Un contrat de prêt de blé par le pastophore Osorou 
à un Grec nommé Psémont est daté de « l'an IV, 30 tlu 
» de la reine Cléopâtre et du roi Ptolémée Philométor 

» Sôter et sous le prêtre d'Alexandre, etc , des diei 

» Évergètes et du . . / Philométor le Sôter* (?) ». 

« La reine Cléopâtre » est Cléopâtre III, régente de s< 
fils Ptolémée IX Philométor II Sôter IL 

[Ce roi est nommé seul, parce que sa mère lui a fait rép 
dier sa sœur Cléopâtre IV', et que sa nouvelle femme r 
pas été associée aux honneurs divins.] 

La date du contrat est le 30 thot, 21 octobre 114. 

2° L'acte de partage fait par Hor à ses enfants, datd 

Ba9iAEu<^vTU)v KX£07tdiTpxc xxt nToXejiaio'j, 6eâ)v 4>iXo}iT}top(«>v ZcoT/Jp 

1 . Mot passé : dieu ou roi. 

2. ReviUout, Noucelle Chrestoniathie dèmotique^ p. 59. 

3. [Ici, dans sa première rédaction, l*auteur conjecturait que Sôte] 
n'avait pas encore épousé sa sœur Cléopâtre IV, et qu'à celle-ci, a^ 
son frère, s'appliquait le titre de 6eol <^iXo(XTÎTopec Sa>Tf|p£c. Il a, dep 
longtemps, rectifié.] 

BiBL. éOYPT., T. XT. 16 



242 cléopAtre 

8pou, etc., xsl 6eoû Euep^éio-j xzi Occôv ^iXofii]T6pci>v Su>Ti^pa>v, etc., 
(Avjvoc Itt'.ç 6, Iv *EpfX(ôv6ei^, etC. 

La date de ce contrat est 9 épip ou 1^' août 113. 

[Dans les actes de son règne, Cléopâtre III adopta au 
moins trois formules : 

1® Dans le premier acte de Tan FV, Évergète II et sa 
femme Cléopâtre III sont compris sous le nom de « dieux 
Évergètes m. et Sôter II est seul. 

2® Dans le second acte de Tan IV, Évergète II est nommé 
seul, et Cléopâtre et son fils sont nommés ensemble « dieux 
Philométors Sôters ».] 

En cette année IV (114), Ptolémée X Alexandre I*' devint 
roi en même temps que son frère et alla régner en Chypre. 

Puis, en 107, Cléopâtre III renversa Sôter, II et lui sub- 
stitua Alexandre I«'. 

[3^ Dans l'acte de Tan XIV qui va suivre, Cléopâtre, 
sous le règne de son fils Alexandre, reprend le titre 
d'(( Évergète ».] 

Ici Ton rencontre, parmi les papyrus démotiques, deux 
actes de vente, dont les dates sont des plus" instructives ; 
en voici le libellé : 

« An XIV, qui fait XI, le 17 phaménoth, de la reine 
« Cléopâtre Évergète et du roi Ptolémée, qu'on surnomme 
» Alexandre son fils, [sous le prêtre d'Alexandre], des dieux 
)) Sauveurs (sic), » etc. 

Et : « L'an XI, le 30 mékhir, de la reine Cléopâtre et du 
» roi Ptolémée, surnommé Alexandre, et sous le prêtre 
» d'Alexandre, des dieux Sauveurs, » etc. 

S'il était question de Cléopâtre II Évergète en l'an XI 
d'Alexandre, c'est-à-dire en 104 (114 — 10 = 104), la reine, 
née en 188, aurait eu quatre-vingt-quatre ans ; or, comme 
Sôter II était mineur en 117, on se demande à quel âge 

1 . Papt/rus grecs du Louvre^ n* 5, p. 130. 



FILLE d'épiphane 243 

Cléopâtre eût eu ses trois enfants : en supposant à Sôter II 
une douzaine d'années lors de son avènement, il serait né 
en 129, Cléopâtre ayant près de la soixantaine, ce qui n'est 
pas admissible. 

Donc, la reine « Cléopâtre É vergeté », de ce contrat, est 
Cléopâtre III, et Ptolémée Alexandre étant nommé sonfdsy 
il s'ensuit que la mère de Sôter II n'est pas, comme l'a cru 
Brunet dé Presle, Cléopâtre II, fille d'Épiphane, mais bien 
Cléopâtre III, fille de Philométor et deuxième femme 
d'Évergète II. 

Cléopâtre III eût dû compter ses années de règne depuis 
son mariage avec Évergète II, que je soupçonne avoir eu 
lieu vers 131, c'est-à-dire quand Evergète ayant fait mettre 
à mort ses deux fils, chercha dans sa famille une femme 
qui pût lui donner des enfants, et épousa sa nièce Cléo- 
pâtre, dont, par le fait même, il confisquait les droits au 
nom de ses futurs enfants, c'est-à-dire à son profit. Cléo- 
pâtre eût donc dû dater cet acte de l'an XXIV (et non 
XIV) = l'an XI d'Alexandre qui était roi de Chypre de- 
puis 114. 

Mais, comme dans l'écriture démotique il ne peut y avoir 
confusion entre le chiffre / 10 et le chiffre ^ 20, on ne peut 
faire d'autre supposition que de dire que Cléopâtre Éver- 
gète, tutrice de ses fils, data à nouveau son règne de la 
mort d'Evergète II. L'acte de l'an XIV de Cléopâtre est de 
104(117 — 13=104); et, comme Alexandre ne commença à 
régner qu'en 114, son an XI (114 — 10 t=z 104) concorde bien 
avec Tan XIV du règne de Cléopâtre Évergète. 

Si je voulais refaire ici, en ce qui concerne les règnes de 
Philométor et d'Iî^vergète II, le tableau chronologique 
dressé par Letronne dans ses Inscriptions d'Egypte, on 
pourrait apprécier ce que la chronologie des Lagides doit 
déjà à la publication de quelques contrats démotiques. Mais 
ce travail serait nécessairement incomplet; M. Revillout 
tient en réserve bien d'autres documents : il saura les mettre 



244 CLÉOPÀTRE 

en œuvre avec Tautorité qu'il s'est acquise en ces matières. 
Ce que j'en ai dit, d'après les textes qu'il a livrés au public, 
suffît à montrer combien l'histoire s'est enrichie par sa 
brillante découverte. 

5 novembre 1880. 



LE 



DÉCRET DE 

ET IJBS 

INSCRIPTIONS DE ROSETTE 



[Les 



L'inscription de Rosette 
des découvertes égyptologiqui ^s 
ce qui y touche intéresse toixj o v: 
tologues, mais le monde 
lequel se trouve le texte 
occasion l'attention de ce\ix: cj 
trois rédactions dans lesqxx^He 
rÉgypte, assemblés à Merxxp^liîs 

Tout d'abord le texte groc, le 
sa conservation presque pstrf a^i 
la langue dans laquelle il étajtil 
savantes. 

1. Extrait des Mémoires de tcM^ 
Belles-Lettres et Arts d'Orlècf,n.s, ^8 

2. Voir, par exemple, rétudo do 
Canope, dans le Journal des S^y^ c?d n ; 



246 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Ameilhon s'en occupa le premier en 1803, puis tintent 
Villoison(1803), Heyne, Porson, Druman, Lenormant (I84O), 
Letronne (1841), dont la transcription et la traduction^ ^ 
peu près parfaites, n'ont besoin de correction que daug 
quelques rares endroits. 

Ce fut ensuite le tour du texte démo tique, que Ton pré- 
suma devoir être entièrement alphabétique, parce qu'on n'y 
reconnaissait alors aucune figure régulière. Mais, ici, les 
efforts de Silvestre de Sacy (1802), d'Ackerblad (1802), 
d'Young (1816), de Kosegarten (1828), de Saulcy (1845), 
restèrent à peu près sans résultats. 11 a fallu les progrès 
incessants de l'égyptologie pour que M. Revillout en donnât 
une traduction interlinéaire exacte. 

Enfin, à la suite de l'infructueuse tentative d'Young 
(1819), Cliampollion, après avoir lu, dès 1821, devant l'Aca- 
démie des Inscriptions et Belles-Lettres, plusieurs mémoires 
sur les écritures égyptiennes, trouvait définitivement, en 
1822, la lecture des hiéroglyphes monumentaux. Ses tra- 
ductions partielles du texte hiéroglyphique de la pierre de 
Rosette servirent à Lenormant et à Letronne pour leurs 
restitutions du texte grec. Trente .ans plus tard, le 
D' Brugsch (1851) en donna une traduction intégrale que 
Chabas améliora beaucoup en 1863, mais en y laissant 
encore, comme on le verra, plus d'une omission ou erreur. 
D'ailleurs, depuis cinquante ans, tous les égyptologues ont 
eu l'occasion de proposer quelque restitution \ 

Deux découvertes importantes eurent lieu dans cet inter- 
valle de temps; en 1866, par Lepsius, celle de la stèle de 
Tanis, contenant un décret des prêtres de l'Egypte i'éunis 
dans un temple de Canope, l'an IX d'Évergète P', et en 
décembre 1884, l'entrée au Musée de Boulaq d'un nouvel 

1 . Dernièrement encore l'un d'eux proposait la restitution d'un mot 
au coramenceuient de la deuxième ligne, tant cette restitution reste la 
préoccupation constante des égypt^^l^S"^- "" ^^^^ Chabas, Inscription 
do Rosette, 1867, p. 10. 



248 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

J'entreprends une étude purement bibliographique, si je 
puis appliquer cette expression à deux stèles. Mon seul but 
est de montrer qu'on peut, presque avec un succès complet, 
tenter sur les textes hiéroglyphiques les plus maltraités 
par le temps, des essais de restitution analogues à ceux 
auxquels on soumet les textes grecs et latins. La tâche est 
plus difficile sans doute, parce que nous avons moins d'ha- 
bitude de la langue égyptienne que les hellénistes de la 
langue grecque. Cependant, plus de trente ans d'étude m'ont 
assez familiarisé avec la langue et l'archéologie, pour me 
permettre une tentative dans laquelle M. Bouriant, trop 
jeune encore d'expérience, a souvent échoué. 

Le premier point dont je me suis assuré, c'est l'identité 
des deux textes. Elle est complète. On peut, pour s'en 
convaincre, comparer : 

Rosette, ligne 1, et Damanhour, ligne 22. 

— 2, — 23-24. 

— 3, — 25-26. 

— 9, — 26. 

— 8, — 26-27. 

-^ 10, — 27-28-29. 

— 12, — 29. 

— 14, — 30-31. 

J'ai eu la patience de comparer tous ces passages, groupe 
par groupe, et de constater qu'ils sont formés des mêmes 
signes. Damanhour les intervertit quelquefois, mais chaque 
groupe est formé des mêmes éléments'. Je n'ai trouvé qu'une 

1. Il faut faire cette expérience sur la planche, car, dans la repro- 
duction typographique, M. Bouriant a dérangé quelquefois l'ordre des 

signes. Ainsi, ligne 24, ^ ^^— *^ A f) est écrit sur la pierre de 
Damanhour, -^ T^ comme sur Rosette; la fin du cartouche de 
la dernière ligne est y^Ull dans les deux textes. 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 24! 



exception g i^ (Ros., 1. 14), est écrit ^ u^ (Dam. 

1. 30). 

Lorsqu'un mot peut être écrit de plusieurs manières, 
est reproduit sur les deux textes à la fois sous la mêr i 
orthographe. Ainsi, le pronom de la troisième personne 

pluriel est écrit ^*" ! (Ros., 1.2; Dam., 1. 23; — 3/25, 2 f( 

8/27, 12/29); ^ (Ros., 1. 2; Dam., 1. 24; — 3/26, 2 foi? 

De même, le pronom de la troisième personne du sir 

g) (Ros., 1. 10; Dam., 1. 28), et (I 
1. 3; Dam., 1. 25; — 3/26, 10/28). 

ZET NEB est écrit aux endroits correspondants / 

1. 3; Dam., 1. 25), et ^ (Ros., 1. 10; Dam., 1. 28). 

Certaines bizarreries se rencontrent des deux 
comme ®<cz> pour^^^^ (Ros., 1. 2; Dam., 1. 24). 

Il est curieux de voir que des fautes d'orthogr? i 

Tinscription de Rosette sont reproduites dans celle 

manhour. Ainsi, le mot nofrt, jusqu'à, est écr 

NOFTR (Ros., 1. 12; Dam., 1. 29), au lieu de T<= 

coin, est — fl/T-"^ (Ros., 1. 10) et — ^r^u\ (Dam.,^ 

au lieu de o 



1 



w 



gA^^37 (Ros., 1. 3) est une faute évid 




11^^37, ToTc fltXXoi; ispoT; Çcf»otç. Damauhour, toi 
fiant la faute (ligne 25), adopte l'orthographe ^ 
qui y a donné lieu. 



L'identité d'orthographe et de disposition d 
donc un fait dont il faudra tenir compte dans ) 
Par exemple, quand, dans Damanhour, on trc 

^-=^^» qui n'a aucune signification, il faudra 

sa physionomie et le transcrire ^ ^ . 



250 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Le verbe n □ fc^ (Dam., 1. 1) serait écrit à l'ordinaire 

© X I 1 X I ^ 

AwsAA ; il y a tout lieu de croire que, dans Rosette comme 
dans Damanhour, il présentait la disposition plus voisine de 

Ces particularités n'étonneront pas; car, si le texte de 
Rosette est un texte très correct relativement à celui de 
Damanhour, dans lequel les fautes pullulent, il n'en est 
cependant pas tout à fait exempt. On y rencontre quelque- 
fois des signes transposés, remplacés par d'autres de dessin 
analogue, ou supprimés, dont voici la liste ^ : 

1** Transposés, comme : 



o o 
o 

ra 

If 



j\ 



or 



(ligne 4) pour @ ^ 

_ ra 
o 

(ligne 10) - M 



jour (ligne 7) 



^ ériger (ligne 6) 



2° Remplacés par d'autres de dessin analogue, comme : 



A/S/SA/>A 



1 




© 



V\ 



..•••D 



o 
oo 






(ligne 1) 
(ligne 3) 



(ligne 4) 



-Ç- X 



pour -Ç- p . ou . . 



-U 



-Î1 



..-•D 



oo 






1 



1 . Je suis le texte tel qu'il a été publié par Lepsius et reproduit par 
Chabas. 



LE DECRET DE MEMPE 




(ligne 4) ordinairement 
I? (ligne 7) pour 






©n 



(lignes 8 et 14) 



T I (ligne 9 injiné) 

^ ^ (ligne 10) 



C3 I 






A 



P <=> (ligne 18) — 

" "û|5 (ligne 13) - 

■f ^ — — 

3" Omis, comme dans : 

\ yW (ligne 9) pour 

pij^ (ligne 11) - 

^1 (ligne 12) 



352 LE DÉCRET DE MEMPHIS 



S (ligne 12) pour j] ^ S 



«] - - gM] 



D 

es 



<^^ /,. .«X V(^^ 



X^^ (ligne 13) - f 



C'est plus d'une vingtaine de rectifications qui me pa- 
raissent des plus certaines, dont une partie a été faite par 
mes prédécesseurs; mais ce nombre d'inadvertances du 
graveur n'a pas lieu de beaucoup étonner. On en retrouve 
tout autant dans les inscriptions grecques ou latines. Pre- 
nons par exemple la Table de Souk-el-Kmis\ C'est un texte 
important et bien comparable aux inscriptions de Rosette 
et de Damanhour. Il comprenait : 

1° Le texte d'une loi d'Adrien ; 

2** Des litterœ procuratorum conservées aux archives du 
district de Carthage ; 

3° Une subscriptio de l'empereur Commode; 

4° Une lettre du procurateur Tussanius Aristo ; 

5° La formule de dédicace du monument. 

Or, dans cette inscription', on trouve : 

1** Des fautes contre l'orthographe usuelle' : kapite 
(colonne m, lignes 4 et 7), legis hadriane (m, 5), littere 
(m, 9), ITQVE (m, 13, pour idque), apvt (ui, 21, apud), 
QviT (iv, 7, quid), set (ii, 2, pour sed); 



1. R. Cagnat et E. Fernique; Table de Souk-el-Kmis, Reçue ar- 
chéologique, 1881, t. XLI, p. 94-103 et 139-151. 

2. [Collationnée pour moi, à la Bibliothèque nationale, par mon fils 
Jules Baillet, alors élève de TÉcole normale supérieure. — A. B.] 

3. Tous les mots que je cite ne sont pas absolument des fautes. 
Ainsi, kapite, suplicantibus^ manum (pour manuuni), etc., sont des 
orthographes admises par des grammairiens. Je ne me pique pas ici 
de faire œuvre de latiniste : j'ai voulu donner un point de comparaison. 



LE Oé' 



C^ 



/\ 



/ 
/ 



^t. 



2» Des lettres ajoutéeJ^/^jy^O 

PETITATOTE (U, 32, pe<«^ . 

gitionibus), exsistimamIJ^ Uf 



^^ÊMi' 



5,<«^l 



/ 











i>'.i>t: 




3*> Des lettres ou des *^iiu.t> 

(il, 6), NONVLLOS (il, 14), 

SALTVM (m, 29, pour saltutjcrr^) 
CVRA (iv, 28, pour curant)^ 
PRASTVTVM (m, 16, prœstitxjctijc 



y^^^ i^ 



b^ 
^ 




4** Mots omis entièrenxexxt» ^ sxt apr^^ ^^/^ A, ^ 

Mommsen suppose même ^ o£so levais c(^P^ ^^ 



gratiosissimo)y mare (m, 30, ryxci,r3L^V^\»i <û ^ 



lO 

4** Mots omis entièrenxexxt» i si-^- sv^rô^ ^' 



^ 

^ 



/ 
/ 



XTSIGISO 



M 



et' 



Lt*' 




devant amplius (m, 24) 
aère incisum siV)\ 

5® Mots mis Tun povxr Va.xa'tx'o 
cum), ALiORUM (IV, 4, pi-ol:>a.\3\oxïient pour 0' fi^ ^ ^ 
PLATIONE (iv, 4, cont€^n^^t;i<:^n^^'^ ^ e:x i.iTtiÈ'^ ^ 
MiSERiNvs (m, 24, aie x>itixé ^^ xiovis) ; \^ ^ ^ 

6» Enfin , à la coIoxxtxô x-v^ , lignes 4-8 , ^ À^ 
QviT, etc., sont déplaces ^ti ' a^oivent veuî^ >^ 

QVAM*. ^ 

Il est même tel T>absssi,er^^ c-iA^<^ MM. Gagna ^ ^ 

soxi incorrection 

ï^e serait p^ 
était aussi c^ 



renoncent à traduire à 
Le texte de la stèl^ 
restituer, si celui de 



il s'en faut de beaucovjL3;> . 
veur n'ait commise. 




^^;* 







a p^ 



dire : 



1. MM. Gagnât et 
p. 96). 

2 . MM. Gagnât et 

3. MM. Gagnât et 
pour non, 

4. In aère inciso 

5 . (( Gonsidérant » 

6. MM. Gagnât et 
par les bénéficiaires du 



s«x^t /-et ita toi r (R^ 

nt ï>n déchiffrer ^^^ 
t> ciéoliifiré un n» m.^^ 






t;- 



x^iae). 



une 1 




254 LE DÉCRET I>E NIEIVIPHIS 

» Damanhour est bien une copie du décret de Alemphis, 
)) mais c'est une copie écourtéa ; bien des groupes sont 
)) passés, des phrases supprimées; enfin la réduction est si 
)) imparfaite qu'il est de toute évidence que le graveur u'en- 
» tendait rien ou presque rien à la langue égyptienne, m 

Oui, le graveur de la stèle de Damanhour, comme celui 
de Rosette, transpose les signes, les remplace par d'autres 
de dessin analogue, ou les omet. La liste de ces transpo- 
sitions, échanges et omissions, serait très longue, etilnV 
a pas d'intérêt réel à la dresser; elles sont quelquefois si 
multipliées que le texte en devient absolument incompré- 
hensible : telles sont toute la ligne 12 et la moitié de ]a 
treizième, et une partie des lignes 21 et 22 que M. Bouriant 
a renoncé à restituer. De plus, arrivé à ce qui correspond 
à la quatrième ligne de Rosette, le graveur commence à 
supprimer des lignes entières : c'est ainsi que disparaît de la 
rédaction de Damanhour tout le texte compris aux lignes 4 
5, 6, 7, 11 et 13 de celle de Rosette. 
On le voit donc, jamais texte n'a été plus maltraité 
M. Bouriant met tout ce désordre sur le compte de l'igno- 
rance évidente, selon lui, d'un graveur qui n'entendait rien 
ou presque rien à la langue égyptienne. Je suis d'un avis 
dififérent. Je ne trouve pas dans toutes les fautes qui rendent 
si difficile la lecture de Damanhour une raison de croire 
que le graveur ne fût pas Egyptien. 

Letronne (p. 318) a relevé les fautes commises dans \a 
gravure du texte grec : 

EisnoPEroMENOi (1. 6), pour Eisn. 
xoNor(1.23), — xpoNor, 

*ïAmATOPaN (1. 37), — <ï»iAon ' 

IEPÛN(1.35), — lEPON,' 

ASniAOEPAûN (1. 44), -^ ASniAOElAûN 

TPIANAAA (1. 46), — TPIAKAAA ' 

erEiA2(1.50) — eriiAs, etc 



L 



LE DÉCRET DE MEM^*^ ^ > ., 

A e^ . ^^ V 
sans parler de la confusion perpétueW® a, ' fc ^ 

la nature même de ces fautes, il coi^^ \^^ 

)) évident que c'est un Égyptien quV ^ ^ 

» sur la pierre. » \y 

Mais, en lisant sur la pierre de "RoseX^^ 

au lieu de hau, 
ra o 

J <-> ^ofter, — 



-û/T-^A tdf, 
isrf, 





ne pourrait-on pas trouver qvae 
qu'il faudrait en conclure a\assx qxzt'iX n.' v 
habitué à la langue égyptîoxi.ri^, qxaî stit 
Cependant, c'est Letronno cjxxl çi, x-siîso 
» comme il le fait justement r^txxîxr^qxx^r, cS 
)) un Grec de graver les hiôrogly p>lx^s , ot 
» tères démotiques, si difiRo^ile^s à dîscer 
» ger; on devait prendre xarx Vxoxrixi:!^ c3ia 
)) tout simple de charger 1^ rxxêmo gr-av 
» les caractères grecs, dont: l^s Niémen ti 
» si faciles à reconnaître ^ - » 

Mais alors comment ixn Êgyx^tion, qui 
connaître sa langue, po\xvo.i1:— il éorîre 
î "^ , yjY, -^^r-^, etc. , qu-î n'ont ai7 
surtout un Égyptien do rxsLissancîe n' 

1. Letronne, Inscriptions • 



256 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 



texte de Damanhour, criblé de fautes au point qu'il serait 
impossible de le restituer si Ton n.'avait le secours de ceux 

de Rosette? 

Il faut, pour s'expliquer ce fait, se faire une juste idée 
de l'éducation du peuple en Egypte. Quand on voit, dès la 
XIP dynastie, le jeune Papi partir pour l'école de Khennou 
(Silsilis), tenant sous son bras le livre Kamit (sans doute 
le manuel des écoliers de l'époque), dans l'étude duquel 
son père lui donne le conseil de se plonger comme on plonge 
dans l'eau', il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit du fils 
d'un fonctionnaire recevant une éducation supérieure, puis- 
qu'il faut, pour cela, qu'il quitte son pays afin d'aller fré- 
quenter les écoles de Khennou. 

Aux yeux des Égyptiens, ce n'était pas un petit mérite 
que de savoir lire et interpréter les hiéroglyphes, et l'ins- 
truction chez eux était prisée à très haut prix. Ils paraissent 
fiers du titre de grammate, basilicogrammate, hiérogram- 
mate, etc., qu'ils prennent dans leurs épitaphes funéraires. 
Ils se vantent de leurs connaissances littéraires, et n'ou- 
blient pas leurs titres de savants ou d'ingénieurs, ni les 
louanges que les rois ont accordées à leur habileté ou à 
leur science. 

Mais le peuple devait être fort ignorant de ce système 
compliqué d'écriture. 11 pouvait encore être compris et pra- 
tiqué par des négociants ou des employés du fisc, qui avaient 
besoin de tenir leurs comptes comme ceux de l'ostracon 
Caillaud'. La connaissance en était nécessaire à certains 

1. (( Il se rendait à Khennou, pour le mettre à l'école des lettres où 
ne le dépassèrent pas les fils des magistrats qui habitent Khennou. 
Voici qu'il lui dit : « J'ai vu la violence ; c'est pourquoi mets ton cœur 
» après les lettres ! J'ai contemplé qui est délivré des travaux manuels, et 
» en vérité il n'y a rien au-dessus des lettres. Comme on fait dans l'eau, 
» plonge-toi au sein du livre Kamit ^dD^ ÛQq=» * ^^ (Instructions 
de Douaouf-sa-Khrodi à son fils.) "^^ 

2. Devéria, Unostracon égyptien. [Bibliothèque égt/ptologique, t. IV, 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 257 

artisans, comme les copistes de livres des morts copiés à 
l'avance et sur lesquels il ne restait qu'à ajouter le nom du 
défunt, ou comme ceux qui gravaient les stèles funéraires. 
Mais on sait que rien n'est moins correct que les papyrus 
funéraires et que plus d'une faute se glisse dans la gravure 
des stèles. Les cicérones qui recevaient les étrangers, 
comme Hérodote, Diodore et les autres, pouvaient bien 
leur lire sur les murailles le nom de Ramsès ou de Séti ; 
ils ne leur traduisaient pas les récits de batailles et de 
conquêtes inscrits à Karnak ou à Louqsor : cela dépassait 
leur connaissance de l'écriture. Pour instruire le voyageur 
curieux, ils faisaient appel à leur mémoire et lui narraient 
les aventures imaginées par les Alexandre Dumas de cette 
époque, où florissait le roman historique, genre qui paraît 
avoir été fort goûté par les Égyptiens. Mais il est à croire 
que cette science élémentaire de l'alphabet dépassait même 
rinstruction de la majorité du peuple. Est-il étonnant que, 
dans la bourgade de Déma-n-Hor (aujourd'hui Damanhour), 
on n'ait trouvé pour graver le décret de Memphis qu'un 
homme médiocrement lettré, qui prend une lettre pour une 
autre, qui saute des lignes entières, quand il rencontre un 
même mot dans deux lignes voisines, un pauvre ouvrier 
qui copie plutôt avec des yeux qui voient mal qu'avec son 
intelligence? Ce n'est pas pour une autre cause que le texte 
de Damanhour est le texte officiel le plus incorrect qui 
nous soit jamais parvenu. 

Du reste, M. Bouriant fait remarquer que la stèle de 
Damanhour a été gravée par deux mains différentes. Le 
graveur des six premières lignes est bien supérieur à son 
confrère. Les personnages du tableau (si toutefois c'est lui 
qui les a tracés) sont bien dessinés à l'égyptienne, et le 
texte du protocole, à part quelques lettres renversées^ est 

p. 129-142.] — Notons que ce compte est tenu par un scribe pour le rè- 
glement de la dîme. 

BiBL. BGYPT., T. XV. 17 



258 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

correct et sans omissions. Au contraire le graveur des lignes 
suivantes, dont la gravure est moins belle, commet des 
fautes de toute espèce, signes intervertis, mis les uns pour 
les autres, omissions de lettres ou de mots ou de phrases, 
qui devaient rendre, sinon impossible pour des Égyptiens, 
au moins laborieuse la lecture du décret. Pour nous, mo- 
dernes, sans les trois textes de la pierre de Rosette, la res- 
titution du texte de Damanhour eût été assurément fort 
malaisée. 

En résumé, je pense donc que le graveur de la stèle de 
Damanhour, comme de celle de Rosette, était un Égyptien. 
Un Égyptien seul, ayant l'habitude de graver les signes 
hiéroglyphiques, pouvait se charger de cette besogne; mais 
il faut avouer que cet artisan avait reçu une instruction 
des plus élémentaires; en un mot, il savait à peine lire, si 
même son talent allait jusque-là, ce qui est douteux. 



III 
[Conditions d'une restitution] 

Pour qu'une restitution soit possible, il faut, avant tout, 
connaître la longueur des lignes \ Il faut non seulement que 
les restitutions donnent des lignes égales entre elles, mais 
que nous soyons assurés que ces lignes offrent bien la lar- 
geur exacte de la pierre de Rosette. Quel que soit l'état 
malheureux où elle nous soit parvenue, je dis que nous 
avons la chance que ce contrôle soit possible. 

En effet, la longueur des lignes de la pierre de Rosette 
et de la stèle de Damanhour ne concordant pas, on conçoit 
a priori que l'un des textes pourra nous donner ce qui 
manque entre la fin d'une ligne et le commencement de la 

1 . [Ponr les démonstrations qui suivent, se reporter à la planche qui 
termine le mémoire.] 



Le DECRET DE MEMPH 

suivante dans l'autre texte. Or, c'est a 

ment pour l'une des lignes de la pierre i ' 

La stèle de Damanhour ne comble 
existant entre la première et la deuxièii ' 

de Rosette; mais au contraire les ligne 
hour donnent absolument tout ce qui ' 

de la deuxième ligne de Rosette et le c 
troisième. Puis, comme la fin de Tinsi 
hour présente un texte tout à fait mut 
Damanhour ne vient plus compléter Rc 
plète restitution de la lacune compris 
ligne 2 et le commencement de la ligi^® 

Toutefois, la lacune portant à 1^ 
ligne 2 et sur le commencement de ^'^^ 
tion est encore impossible, puisque ^ 
mot finissait la ligne 2. On voit bieu '^^ ^ 
jeté sur un fac-similé de la pierre et^*^ ^ 
au commencement de la ligne et \)^^^ j^ 
limite de l'allongement à cl:ia.qy]Le ^^^ 
traire. ^ 

Heureusement toutes les lignes "^^ 
à leurs deux extrémités. En eRet, ^^ 
encore /ear marbre sur le oôté a.ro\^^^^ ' 
teur), elles sont donc complotes dLe cfi \ 
important qui, je crois, n'a pas ôtè ê^ê^ 
fite de cette circonstance povjtr* fix.er \^ . ' 

Au moyen de caractères t^ypogr^Ç . 
superposant, les mots q^uti t^erminc^ 
lignes : 




l>ll 



260 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

La perpendiculaire menée à l'arasement des mots super- 
posés et suffisamment prolongés donnera la limite de la 
ligne 2 et de toutes les autres lignes. Si maintenant j'écris 
(toujours en caractères typographiques) la fin de la der- 

M n 

nière ligne jusqu'au mot f a , qui paraît placé juste au- 
dessous du mot IqU , qui termine actuellement la se- 
conde ligne de l'inscription de Rosette ; si, en troisième lieu, 
je superpose à ce mot f A tous les mots qui le séparent de 
l()(]i j'obtiendrai exactement la longueur qui sépare Icû de 

la perpendiculaire qui limite la fin de toutes les lignes. 

Alors, comme d'autre part je connais par expérience 
l'identité du texte de Rosette et de celui de Damanhour, si 

je place entre T (|(| et la perpendiculaire les caractères typo- 
graphiques qui écrivent le texte de la ligne 25 de Daman- 
hour après ce même mot, je déterminerai à quel mot 
s'arrêtait la ligne 2 de la pierre de Rosette : le reste devra 
être rejeté à la ligne 3, et par là même nous obtiendrons la 
longueur des lignes de ce côté. D'ailleurs, ici, une contre- 
épreuve est possible. 

En effet, si l'on suit le texte grec entre la ligne 7 et la 
ligne 8, on constate qu'il manque peu de chose au texte 
hiéroglyphique, et la restitution^n est facile et certaine. 
La ligne 7 finit par : ^^ {^Ç[^iM " 1^ roi Ptolémée », 



. J ■ , "i 



et la ligne 8 commence par : ^ H T j '^^^ « auguste d'or », ce 
qui correspond, dans la ligne 41 du grec, à iSpiaaoOai 8è 

P«(jtXeT nxoXefiaiV... ?(5av(5v xe xaî vaôv j^puw. Or, les motS qul Ont 

disparu dans la brisure de la pierre entre le nom de Pto - 
lémée et la qualification « auguste d'or » appliquée au 
naos et à la statue, sont les titres du roi, c'est-à-dire 
des mots auxquels on ne peut rien ajouter ni retrancher. 
Il n'y a donc qu'à traduire le grec pour retrouver le 
passage perdu. M. Bouriant n'a pas hésité à le faire. Sa 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 

restitution : ^(UgWSIIBn^ 



pjj_, est incontestable \ 

Il faut donc distribuer ce membre de ph 
deux lignes, d'après le procédé déjà employé, 
titude complète, car la ligne 7 ne peut se ter 
le cartouche de Ptoléraée; en effet, termic 
serait trop courte; après, elle finit exactem 
la longueur même de la ligne 1 . i li^ 

Je pourrais continuer l'épreuve sur ^j,^^ 
11, on verrait que la traduction la pl^^ co^^V 
donne exactement ce qu'il faut poU-^ ^^etv^ 
lignes 10 et 11, ainsi que le cotntnet^ ^^^s 
et des suivantes. On pourra s'y repoï" ^^ prêt 
réussie sur les trois lignes 3, 7 et ^ ^^ i^^^^^v 
fixer la longueur des lignes de Yit^^C'*- ^i^ ^ 

Le résultat de ces épreuves est ^^ ^^ ^^ 
Damanhour en quinze lignes \xi\ tV^ o^ >i-Xie 
à celles de la pierre de Rosotte, A^ .>^^ -^^i 
que l'inscription de Rosettes arvait ^^ ^ ^ ^ 
celle que l'on désignait juscivjL'ioi cO^ iv 
réalité la seizième. Désox^mabis, ^e ^ ^ ^ 
l'ancien numérotage. 't^^^ <^ 

La seconde condition d^vxxxo re6^^ o^ 
aussi altéré que celui de IZ> atim 3.nbo^^ ^ ^^ ^ 
attentive et sévère. Des ixnolis ^atssèSi .q^v* 
omises, changeraient tovatos^ l^s -p^^P^ .\6^ 
dans toute la première pixr-'ties <3Lo la ^ .:èt< 
graveurs sont exacts : jixsciuL'èb Ist ving ^ 
tion égyptienne traduit fidèlerr^ent \^ 

et 

1. J'en ai modifié la fin, ï>abr- snîtô «i'^^^p^^ 
par mes devanciers. — (Poux* <3^s tit-ires de 

et 3 de Damanhour.) 



Î62 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

à, jusqu'à la fin de la vingt-deuxième oCx «lie reÀoVTitXc^ 
texte hiéroglyphique de Rosette, la rédaotiorx grooowei tvcn <:^ 
lidera à juger de la longueur des lacunos ^t et rét*i^T 1' i 
texte perdu. Nous trouverions le mémo seooxxrs d 
'édaction démotique et surtout dans devxx: âocximt* t ^^ 

ogues au décret de Memphis et coixip>lôt:exrient • i • ^^^"^ 

usqu'à présent, je veux parler des deux <iôor-«ts o- ^ ^^^^^ 

e mur d'un temple de Philœ\ gi^^avés su. ^ 



Ce sont deux textes écrits en hiérogly t>Yi^Q ^. 
m écriture démotique. Mais l'un des siaociess^i h ^^ .^^^^ 

jui les a fait graver a trouvé bon d& fi^ir^ l ^ P^^^^^ 

iessus une scène d'adoration; de sor*to ci vie*' 1 P^^^ P^'^^^ 
personnages de cette scène couvre la nnoi-tiéi ^ i ^^.'"P^ ^^^ 
primitive et en interrompt les phrases toxa 1 ^ redactic^s^ 
3n comprend donc que personne n'ait; ét:^ + ^ »^i*ois mots. 
les textes conservés dans de pareilles oo ^^^^^ d'aborder 
ment incompréhensibles, si, par une ètvicl ^''^^^^s, absolu-v 
[es rapproche des textes similaires, rtiaîs . P^^-^^^te, on n^ 
plus précieux pour la restitution des oxiexT^'^Y ?^^*^^'^®^ ^^%s. 
ie Memphis (Damanhour et Rosette), ^xx^^ ^^''^^ ^" décre>j^ 
i se rendre compte de leur contenvx . ^^ ®®* parvenvN 

En effet, sans entrer dans Texancxon ri 
daction de ces textes, il me suffira d^ ^ - détail de [^ fx. 

décrets rendus en l'an XXI d'Kpipy^^^^^ ^1^^ ^^ sont dej"^ 
L'gyptiens assemblés en concile et -^1^*^^ ^' P^^ '^s prêtres 
dans la même forme que les décrets ^^^ ^^<irie, absolument 
phis, et qu'on y retrouve les naôirio^ -f ^^^^peet de Mem- 
d'Alexandrie pourront donc aider î^, i- ^ ^^'^^^'^iJles. Ces décrets 
phis=. ^t:a,blir celui de Mem- 

Avec l'aide de ces documents dixr*^^ 
la restitution du décret de Mempt^j^ * J î^oorde maintenant 

L'égyptien des inscriptions de X^ " 

^««tte et de Damanhour 

1. [Lapsius, Dcnkniâler, IV, 20.] 

2. Ils feront l'objet d'une prochaine ^\^ 

"^ ^ [encore inédite]. 



LE DÉCRET DE MEMPH 

n'est pas l'égyptien parlé à l'époque dei 
retrouverait celui-ci que dans le texte dé 
La rédaction hiéroglyphique est faite d 
pourrait appeler officielle, qui servait 
religieux, les inscriptions oflfîcielles, et ' 

la fin de l'Egypte, avec introduction d ' 

formes nouvelles, tandis que la langue f ' 

se modifiant, pour devenir la langue de 
et enfin le copte. 

Quand je parle de restitution des ins 
ou de Damanhour, je ne veux pas din , 

un texte tel que l'eût approuvé un gra , 

la XVIIP dynastie. Mon intention est 
disparaître les fautes évidentes du &^^ 
y eût-il, selon moi, des incorrection^' i 

sister, ne pouvant décider si eUes V : 

tances du rédacteur ou du graveur» ^^^ ' 

pas a le témoignage précieux d'un^t^^^ 
langue, soit de la culture îuteW^^* 
l'époque ptolémaïque. 

[Discussioisî HIT y^h:^'^ 

[Date ci préambule, Darr^anViouti 

Les premières lignes ■rL^'ofîr-einLt o-^f'^ 

ture. A part quelques sîgn.os traO^^ 

autres ou substitués à d'^rXULtr-c^s, xn*ai^ 

des plus aisées', et le mots ^7\ mis '^^ 



1. Expressions de M. Alf - C3x-oîs3€sti a.a.ns 
présentés aux concours de l*.A.ssoc5iaLt:.ioii po 

grecques, en 1884. 

2. On la trouvera signalées O'Xi. i^otci <^u. te 

discussion. 



264 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

le singulier, tout est correct et il n'y a qvi'à transcrire. 

Mais, si la lecture est aisée, une contradiotîon entre le 
texte de Damanhour et ceux de Rosette paraît omfcarras- 
sante. Il est constant que le décret de Memphis e^st iie l'an IX 
du règne d'Épiphane : cela ressort du récit dos faits exposés 
par la stèle elle-même. Comment alors se fait— il c^ne le dé- 
cret de Memphis, daté de l'an IX sur la pierre <ie Rosette, 
soit daté de Tan XXIV sur celle de Damantxoxxr- ? 

L'explication me paraît bien simple : les X>^^tres de Da- 
manhour n'ont pas érigé la stèle en rhorinexxr ti' lîpiphane 
dès Tannée même du décret, l'an IX du règne âva roi, mais 
seulement en Tan XXIV, et ils ont cru dev oir donner au 
monument la date du jour de son érection. Il -y ^t donc bien 
lieu de rétablir dans le texte de Damanhovxr la date donnée 
par le texte grec de Rosette, et de remplie oer i 



« L'an XXIV, de gorpiceos, le 24, qui correspond a.\a rciois des Égyptiens 



cr=] nii 
^ nu 

pharmouthi, le 24 », 



X o 




(( L'an IX, de œanticos, le 4, <1 ^.^ i o 



'^^'^^ i"^^-«*Ncir=i mil 

le, ©^^-«^^ Olllll 

des Égyptiens mékhir^ le 18 ». 



*^ï*i^espond au mois 



fk^ ' ^- 



Dans la rédaction, je rétablis 1'^'^^^*'^ 

,1 / I. 1 j» X j r. \ A --^ Q:> J^ozzr^^ qui est de 

règle (cf. le décret de Canope) et <l\xv^-^ d • 

texte de Damanhour, à cause du voisinet&-^ a.xsparu dans le 

du nom du mois rop^aTo;. ^ ^ ^ la terminaison 

La même raison qui a fait changer 1^ 



o de jour, mois 



\ 



^M^ 



é 



^ 



1 



(tt\ 



et année du règnes ci'Ei:x>îp^lria.r\e, ^^ A ^^ 

de nom de tous 1^ 
Le premier mot 

huitième ligne, 

rattache, en ce se 

M. Bouriant l'a rc3 

se sont rassemble??; 
preuve', mais ell 
mot au même end 
traduit, dans les 

nope et de Mem 

signification se /"^ 




* i^ ti^f^ 



[Considérants . 
[§ 1. D.,1. 9-d-O î 
bulo — qui se term 

« ils proclamèrent » ( 
— commence (1- ^^^ 

que les décrets g 

OU 'wvwv oix loi 
mot qu'il faudraxti a 

\\ M ATI, q 



1. 



1. &-0.] 



o 




petit signe ^ do 
et, quant à \\ 



1. [On trouvera 1^^, 
et une traduction su^»^^ 

entre crtxihets.] 
2 Voyez cepend^i-ï^*' 

:3. Lemotestdétï-"^*' ^ 
4. Damanhour> 1 - 











7t 



266 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

étonner que de pour *, de { pour f *, de p !> p 
pour j\ Jl^^ ' » etc. ; et d ailleurs, la conjonction ne prend 
jamais le déterminatif =±5=1. Cependant, malgré cette con— 



O I 
i 
I 



AAAA/\A 



sidération, il faut conserver J^ ^ , parce que cette ex- 
pression se retrouve à la même place dans les décrets 
d'Alexandrie. 
Je renvoie à plus loin (p. 271) la discussion du troisième 

mot '^^^ eùspYl'nixev. La restitution -jM(^> proposée par 

M. Bouriant', ne me paraît pas admissible. 

[§ 2. D., 1. 10-11; R., 1. G.] — A la ligne lO, 3e ne con- 
serve pas c. yi^Pn « né d'une déesse » (îvl. liouriant). 
On emploie bien en ce sens -c2>- et ^ vis^lf , maïs 30 n'ai pas 
d'exemple pour ^ . Il semble bien naturel d'employer Vex- 
pression D prince héritier d'une déesse^ en parallélisme 
à dieujils d'un dieu\ 

J'adopte ensuite plusieurs corrections de détail faites par 
M. Bouriant : 

(| % »^-=^ pour ^ 

qpl^y pour p^U (ligne 11); 

^^^ pour ^^^. 

Le mot ^? mis pour 9^ est un mempHii-^ «^^^^ -, , -i. 
<=> ^ <=> ^^'^■'«^î^sxrxe introduit 

1. Rosette, 1. 21. 

2. Damanhour, 1. 15. 

3. Recueil^ p. 17. 

4. Dans sa restitution (p. 7i, M. Bouriant pet r3.t-ioli ^ y 

pendant dans le texte. ^ • <iui est ce- 



nwn 



LE DÉCRET DE MBMPHIS 

ici dans la langue classique, et, puisqu'il se troi 
pierre de Damanhour, je pense qu'il existait su 
Rosette en raison de la conformité des deux te 
eux. 

r&^ doit être corrigé en r^j (cf. 1- ^^ ^ 
est pour X i . 

[§ 3. DTl'iI; R., 1. 6-7.] - Vers la fin^^e^ 
vient une phrase dont il me semble q^^ ,» [n 

véritable traduction : c^ IS i i »''=^^^r 

_||ffl. II. fait de grande» ot^^^.,, . 

pour maintenir en paix l'Egypte ^ V^outi^^^* 
blies », selon la traduction de M. ^^,,£-»t* -^^''^ 

(1. 11) : Kai oaTziva; iroXXà; uTiOHLsaivTiîtE^'' 

eùo'Iav à^oL'^trfy xaî Ta Upà xaxa<jTV,(Jcfc«0*'-' >^à^ 

Pas plus que M. Bouriant, \^ ^ prècieu ' 
pour 4p|^^. Ce mot signifie clios^^^e J^ ; 
l'inscription de Kaï, ligne 7 ' , y^"^^ ^7 V ^ 
port équipées, pleines de yùcKcs^^ q^^' 

"^ V^PPI'- L'inscriptiorv ô!^^^^^^^' ^" 
défunt que « son amour ost \^ f *' 

Ainsi, pour rendre : Sat-rcd^-jotç t.o^'^ ^ • 
hiéroglyphique a usé d'\xrx éc\\iiva\^^ )V 
« il a donné des richesses xxoxï:i\>x-eu^^ 



1. M. Bouriant lit r^ (1. a :l &\. ^3), (^ ^ 
indistinct à la ligne 14; naatis^ ligne lî^,^ 
faut lire partout r&r) l , qui est l'expressi^^ 

l'argent, des sommes ». / 

2. M. Bouriant oublie les dex-rxiers signes 

-4-û qui n'est pas utile (cf. 1. tiî^, et»0- 
;{. Chabas, Mélanges c'sjf/n^^^^S?^^'^^'^* ^^' 



268 LE DÉCRET DE MEMPHIS 



n __, m 

il Ci© 



Les mots fl %^ 

sont, sans aucun doute, mis pour : (|^n<r=> lti , comme 
à la ligne 19, « pour mettre en paix TÉgypte ». 

Quant à ïïnfwn» jamais cela n'a voulu dire « et af- 




fermir les choses établies ». La traduction de M. Bouriant 

est plutôt celle du grec que de Tégyptien. Le mot 

n'a pas moins embarrassé M. Pierrot dans la traduction du 
décret de Canope. o II est impossible, dit ce savant, d'ex- 

» traire du mot (W\ , de quelque façon qu'on le retourne, 

» le sens premier, et sur tout premier ordre. » Je pense au 
contraire que c'est là le véritable sens. Sans chercher loin, 
j'en trouve la preuve dans le décret de Canope lui-même. 

Ce que le décret de Memphis (ligne 29) appelle : P P l^ 
/zm cr~3 c><=>\ o<^ «x=>\ cmncrD 

<=:> ^ ^ \ « les sanctuaires des temples de pre- 

IIIOIIIIII' ^ ^ 

mier ordj^e, de deuxième ordre et de troisième ordre », le 
décret de Canope le rend par : 



p:v^ffi: mmi p 



I I Mil 
« sanctuaires de !•' ordre, sanctuaires de 2* ordre, sanctuaires de 3« ordre* ». 

Dans ce même décret de Canope^ ligne 25 : n 

est encore très exactement traduit par ev xoT; irptixotç 




Upoïi; * ; ligne 26, par èic twv TcpwTwv Upwv irâvxwv et 6itèp exxffxov 
Upôv t5)v irpioTwv; ligne 28, iv itXefoaiv UpoTç xwv TrpwTwv. 

1. Pierrot, Canope, p. 43. 

2, « Le temple de Pakot (Canope) qui est parmi les sanctuaires de 
premier ordre ». Aux endroits' correspondants du texte démotique, 
XONT est remplacé par 21 a premier)) (Revillout, Chrest., p. 159, 160, 
161, 164), et jamais le mot ordre n'y est exprimé, pas plus que dans le 
texte hiéroglyphique de Rosette, dernière ligne; partout le mot ordre 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Le mot 1^, comme substantif, signifie jon; 
au décret de Canope, il est dit du 5 dtos, jour 
de Ptolémée Évergète P' : /j^â*"^^ ^ 

beaucoup de biens pour tous les vivants », >^«- 
"APXH yiyo^t^. De même, dans Tinscription de R 

C-' I 4 V — ^^ I I lt^<^^ 

gine pour toute chose heureuse' », «7 8^ woXXwv 
ei»îv (1. 45). En parlant d'un pays, le même 

P^y^ "• lové 

Comme adverbe, il est souvent ^^"^ ^Jav>^ 
« antérieurement, primitivement, a^„ £S ^^ 

Il est dit d'Alexandrie : ^ \^C 



nom auparavant^ ». — ""^ ^^^ rA ^her 

*u / « — "-^ \ \ \© Vvtî^ , 

thum der Gôtter von PeTe-p uon J' ^A^ ' 

» les désastres arrivés a/z^^/-£et^rcf^^ 
» miers rois' ». ^v^^ 

De sorte que je traduis lo x>aLssag^ ^e*^^ 
» donna beaucoup de ricHossos (^W ^^\ci!:^ 
«pour mettre en paix l' Egypte, ^ 
M établi auparavant ». 

est sous-entendu : de môme en ciéxrioticiue. ^ 

Canope, p. 159, 160, 161, 164, aSO - IS^empU^^! 

1. « Étant ce jour le contc*rvcx,9^t <ie loienî^' 
vivants» (Pierret, loc, cit.). 

2. Papyrus Anastasi III, T . 

3. Décret de Ptolèmèe I^rt f^os , 1- 4- 

4. Décret de Ptolèmèe JL ex. }^ os, 1. 8; Brug^ 

5. Décret de Canope, 1.8- 

6. Cet emploi de <z=> es^ d^s ig>Xmis fréqu 



870 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

[§ 4. D., 1. 11-12; R., 1. 7.] — Au commencement de la 
phrase suivante, il faut encore corriger ^ *Lc:^ en 



AWW» 



J} 



Le mot qui suit paraît plus difficile. M. Bouriant « avoue 
)) ne pas comprendre grand'chose aux hiéroglyphes que 
» nous donne en cette place le texte de Damanhour. Il est 
» d'autant plus difficile de les expliquer qu'il faudrait leur 
» trouver un sens analogue à celui que présente le texte 
)) grec, ce qui n'est pas, évidemment. Le grec dit : // aima 
» les hommes de toutes ses forces; mais ici rien de sem- 

» blable. Il y a là un verbe ^^ ) dont le sens est in- 

» connu, mais qui ne se rapproche d'aucune racine signi- 
)) fiant aimer; je crois plutôt que ce groupe est mis là, par 

)) erreur, pour ^^^'^''^^ ^^^^ en force, il fortifia les guer- 

)) riers, autrement dit, il augmenta leur nombre; mais le 
)) texte est trop incertain pour en tirer un sens précis. » 

J'oserai être plus affirmatif que M. Bouriant. Comparons 
les deux textes : 



£2^ 



Dans cette traduction, on voit que e/^ij^' n s'esu, 

aux troupes, traduit Suvaiieaiv. Je n'admets pas l'interpréta- 
tion de toutes ses forces, donnée par M. Bouriant d'après 
Letronne. L'égyptien nous prouve qu'il faut ici traduire 
ôuvà|xei<; par forccs, troupes, et non par forces, énergie. 
'EauTO'j est rendu par a qui étaient sous son autorité su- 
prême », et iraaai;, par (( sclou lour quantité », expression plus 
d'ime fois répétée dans le décret pour traduire iiâ<;\ Restent 



/wvw. 



alors les premiers mots pour TteçtXavepwinixg; or, ^ ^ si- 



1 



. Ou son synonyme Q(| '~^ '^'^'^ (Rosette, 1. 19 et 18). 




LE DECRET I 

gnifie // donna ou il fit, donc 

le don, les largesses faites par 

on se rappelle le mot 

soit que le graveur ait commis 

sont familières et écrit 

ait mal à propos séparé les é 

suivant une orthographe fort 
qu'il ne faille lire : 




A/WW\ 






a 



\M 



« n fit des largess 



Ma manière de voir est con\ 
qui porte : 

2 A ^ 



Q 

« Il excella à faire oad.(: 



J'applique la même lectixre 
dessus, p. 266), dont j'avais rei 




w 



± ^J 



« Attendu qae furent lar^^ss^s dLi 

Ici le mot est extrémoi3n.^x:Li:i 

passage, il eût été vraimox3Lt 

on voit bien que J est xaix y\ 
dans "^ J le dessia 

avÔptoTiTixev sont égaleiDL^DLti t> 




« furent largesses d ul r^o e », 

largesses à ses soldats » - 



272 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Dans ce nouvel exemple, le texte démotique dit : puisque 
le roi, . . a fait bienfaits 11 aux temples. 

Dans les textes hiéroglyphiques, le nom propre, le mot 
spécial pour désigner les largesses du roi envers ses favoris, 

est^-^ "^-^ ^ ^ ^-^^ 










A J^ A -M^JfiJ^I I r A 

[§ 5. D., 1. 12-13; R., 1. 7.] — La phrase suivante est 
particulièrement difficile, et M. Bouriant a, en partie, re- 
noncé à la restituer. On lit : 



1 ^é~^ èàL - "^g * ^» 1 I I ^A/wv^ 1 I I I a /vwwv 11 /VWSAA Cx \ \ \ A 




O 



Le grec disait \ Ka». «Tro twv uTcop^^ouffwv èv AtYuirttp irpooroocdv xa: 
tpopoXoYtb)v,Tivàc fJilv elc ^éXoç àcpf^xsv, âXXaç os xsxou^txev, ô'icuic o xe Xso^ 
xai 01 aXXoi iravxsç èv euOijvtq^ aio'iv eitl xf^ç aÙTOû ^xjtXe^aç. 



Sauf les mots qui signifient et *\^, d'entre eux, 



fsN^t\t*< 



I I I 



A ^ . I I I 

soldats et de son temps, rien n'est compréhensible. La res- 
titution de M. Bouriant ne commence qu'à : ^^ (1 aaaa/v% 

/WWNA i£.Mm I I I I " /www I A^A^A^ £^ I I I ZJ «ilJL Ot ^><-— ^ 

^^ « d'entre les revenus publics et impôts perçus en 

» Egypte, il a anéanti (les uns) parmi eux, il a allégé (les 
)) autres) parmi eux, faisant être les guerriers et les gens 
)) dans l'abondance, de son temps ». 
Ce que M. Bouriant passe me paraît le plus facile. Je 

reconnais immédiatement dans 8 rX- le mot S ^ ^ , or- 

1. C'est le mot que Chabas (Voyage, p. 79; Mélanges^ IV, p. 284 
et suiv.) traduisait par récompenser^ et Birch (Mélanges, II, p. 337}, 
par repas. Il faut traduire partout par largesses, faire des largesses, 
E-JEpYitTjxs, TCeçtXavepoSwTjxev (Décret de MemphiSy texte grec de Rosette, 
1. 9 et 12), owaovdiv (Di'cret de Canapé, 1. 20). 



I 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 273 

dinairement écrit S fi impôt, revenu\ correspondant à 
roojoowv. Le mot suivant doit correspondre à <popoXoYtu)v. Sous 
la forme ^, r n ^^ ®s* inconnu. Mais le démotique 
emploie ici les mots/) /ie^i jo s*e/ie/ « l'impôt, la taxe ». On 
voit aussitôt que ^3:7 doit être corrigé en ^s3>«. A la rigueur 

ç. saken pourrait être une forme de s'ekel*; mais 
je pense qu'il faut lire T»LT ^ s'aker. Il y a là, une 
erreur provenant de la ressemblance de T»TJ et de ^^, de 
et de A/^AAAA, en écriture hiératique. 




AA^VWNA 



^]M]È 



ror, qui suit, pourrait paraître mis là par dé- 
placement et devoir traduire xi -rs pautXtxà ôcpetXiJfjLa-ca, qui 
vient au membre de phrase suivant ; mais je pense que ces 
trois signes cachent un autre mot. 

Ici il faut remarquer la répétition du mot ^^. Elle a 

A/VVV\A 

fait commettre au graveur erreurs sur erreurs. Il déplace 
les mots qui viennent après ces ^^ , de sorte que la phrase 
bouleversée n'a plus de sens. Pour lui rendre une signifi- 
cation, il faut remettre les mots en place. M. Bouriant a 

déjà commencé, en rejetant ^^ ^^ après ^ . 

/VWVVA A/VWSA ^111 

Ces divers points une fois reconnus, prenons le démo- 
tique pour guide et plaçons sous les mots de cette rédaction 
les mots déplacés et si étrangement défigurés du texte de 
Damanhour : 

P HTI P S*KR UNU AHE KaMI, 

X <=> 9 „ -^ ^c:::7 x a ^ i«. o u 

r- =. £^ 






X ^ jj T.T.i^=» X ni—' « I ïï 

heter ru dh s^eker sâhà her ta Mer-t 

« Leurs impôts et taxes établis en Egypte, 

1. Décret de Canope^ 1. 9 (Pierret, Le décret trilingue, p. 7). 

2. /6trf., texte dérootique (Revillout, Chrest, dèm., p. 134). 

BiBL. ÉOYPT., T. XV. 18 



271 LK DÉCHET DE MEMPHIS 

UNU S'OT (?) F XUN U, UNU UIF R-U ZAZA 

^ Q /WVNAA I Q AA/VWV »— ^^ l\ 

/^'^'VV^^ Jr V I A îC ^^ I I I ''^''^^ S 



/www 

t 1 1 



/WVA ^î— -««^ /WNA/W 



M/i yanep-n-f am sen, unn aàn-n-f ttm sen^ 

» partie il abolit d'entre eux, partie il diminua d'entre eux, 

UTl yOP P AU KIU ROMU TERU AUU NOPER PEP HAU NT SU FEM 



^0(1'='^ ll.^^ ^^^=^*^ 



C^ I I I A/WWA ^ C^ 



Jl <^,Vv^»^ I I /VVWSA C^ I I I A^AAAA ^ C-L £i 










A/VWNA ^ I I I AAAAAA 

/7ri r//<// înevfitiu^ un tau baqut m ne/^-J' 

» faisant ôlre les soldats (et) les habitants dans l'abondance en son temps, o 

Justifions maintenant la restitution de tous ces mots. 
Après (( les impôts et les taures », ( litQ[^ souvGi^cLin était 
inutile; il n'est ni dans le grec, ni dans le démotique. Au 
contraire, il manque un verbe pour rendre ^-reapy ootrcâv , et ce 
verbe, dans le démotique, est ^^ i-^ij étant eua; éta- 

blis, qui étaient établis. Or, les deux signes <iroits s'expli- 
queraient bien par la forme passée relative du verbe dr^l^ 
et le j^ deviendrait facilement ^ ; mais je ne sais si cette 
forme (j^^— ' est usitée; je n'en ai pas recueilli 
d'exemple, et je lui préfère la forme causative f\ J^ji" — ° 
Le mot AHA est le mot propre pour « préjposGr} imposer » 
Sur une stèle d'Apis, an 52 de Psamtik I, on ^j|. H^ t^^ ^' 

° n «le smer du roi préposé sviy* ^, * mT aa^a^sa 

j\ \\ \ \ \ .C ^ ^^^ ^>; €>t dans 

un papyrus ^^"^(11" 






)) chef d atelier est préposé, préside a l'ouv"^ ^ ^^""^ 



l'âge ». 

1. Papurus Anastasi II, 7, 1. 



276 LK DÉCRET DE MEMPHIS 

faisant de ^^ ^ le synonyme de ceux qui sont, les habi- 

A/VWSA I I I 

tants? Comparons les expressions des divers textes : 

RTI S'OPE P AU Kl ROMU TERU AUU NOFER 

L J - /l /www A^WWV C^ I I I I 1 /WSTAA L| | |J /i <*■*! C^ 

"OiTto; 6 TE Xaôç xal ot aXXoi irayceç iv £tjOr|Vi3 cîiïtv. 

Il est assez remarquable que le texte grec et le démo- 
tique disent : « le peuple et tous les autres », c'est-à-dire, 
selon Letronne, les laboureurs et les artisans d'une part, 
les prêtres, les fonctionnaires et les soldats d'autre part, 
tandis que le texte hiéroglyphique divise la population en 
(r les soldats et les gens du pays »/ N'est-ce pas par un sen- 
timent national que l'écrivain égyptien oppose ainsi l'armée 
grecque au peuple égyptien ? 

Le texte de Canope dit : « Attendu qu'ils (le roi et la 
» reine) ont rendu la jus tice à tou t habitant (âny nebt) de 

» à tous les habitants des pays en servage de Sa Majesté. » 

Il faut donc conserver §î^ seul ou avec l'addition de ^sS . 

Si on ajoute *\^, comme le fait M. Bouriant, ;^J devient 

inutile, et ce mot, précédemment, devient le verbe « être » 
répondant au s'ope du démotique. Je suis disposé à ad- 
mettre cette dernière rédaction* : 



A/N/VN/NA 



111 I I A I I I 21 




(t 



« Pour mettre (faire ôtre) les soldats et les indigènes dans Tabondance. » 

1. Ce dernier mot a déjà été restitué par M. Bouriant, comme « le 
» seul mot égyptien se rapprochant de l'orthographe du mot donné par 
» le texte. » 

2. Cependant, je conserve des doutes : 1* C'est le seul endroit des 
deux inscriptions où il faudrait supprimer un mot; 2* je ne suis pas 

sûr que -^^ placé ainsi aoit justiflé; 3' dit-on c^ ^^, suivi d'un 

A/VSAAA » ■/! AA/VWN 

troisième verbe ? 



LE DÉCRET r>H: 

[§6. D., 1. 13; R., 1.7-8.] — - 
moins incompréhensible ni moim 
çons les trois rédactions les urxos 

Damanhour : >/ A -^^ i ^ ^ < ^ -^ 
Ros. grec : Tdé te 33tjiXr/.x d^p^t 

A/VVV/V\ Q V I 

Ros. dém. -' \ \\ '^'^'^'^ 

/VWVNA ^ I A/VS/NAA Cg|^ |\ jV i 




Le premier mot ne peut Tnôi 
changeant n en \, on a encox-o ^ 
qui parait suivre, signifie urt, ^ 
texte. La femme qui sviit ne \ 

I , qui est du genre mi3tsevi\\i 
rigcr en w\ _ V impôt ; \ï\a,i 
plus haut sous la forme régvil 

irpoaoôooc, et ne devait p^xs êti 

étrangère aux textes irxorLVimei 

<:zr> qui suit ne prerid x>^s la 

1^ mis pour ^i ne s'e:x:pl 

N^ ne signifient r-ion ; et 

ils ne rendent aucun xn. o t d u 
du texte sont corrects et tradi 
Cependant, comme le text 
par la fin du membre de plir 
èv TTi bj-.oo ^affiÂÊCqf, d'xxne part, i 
0». sv A'YJTCxtj), on est fissviré qi 



278 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

traduisent ti xi pajiXixa o<petXr;|iaTa à TrpojiriçsiXov. ReprenoDS-eii 
rétude. 

Tout d'abord, je remarque que 3 doit être mis pour j) 

ou 4/|, déterminatif de Texpression équivalente de piï.Xixà. 

Je rejette ^^ Pirâa, Pharaon, qui ne répond pas assez à 
<^=>^ * ^ . J'aime mieux laisser <^3^ au groupe précédent, 

transformer | en y, o en k^=^, et, rapprochant Jj, recons- 
tituer le groupe X â Sa Majesté, 

Alors, tout ce qui précède doit exprimer l::>v\f,\i.oLzi. Je 
vois dans A le poteau |, dans Jfe:^ Toiseau volant 1^ et dans 
<j=»2- le papyrus r-^*^; le premier signe du mot devient 
alors tn\ On obtient ainsi le mot H^^ > équivalent du 
démotique ] i, et le grec t» te paaiXt^à o^psiXT^iia-ca a bien son 
équivalent dans _ j^r-^-^K ï!] . 

Les mots qui suivent, après une légère correction, 
y sont connus, et se traduisent par « de ce qui 



iii I I 



leur appartient' ». 
J'avais songé à transcrire : 



-^TTT^ii'^^Skl^.f, 




m 



par : 

« L'impôt royal sur les choses appartenant aux hommes des fermes 

des hommes d'Egypte. . . » 

Mais je me suis fait plusieurs objections : 

1^ Le texte grec ni le démotique ne parlent de fermes ; 



1. Je n'admets pas la restitution <^ W ti^c±t3 qui est en dehors de 
l'orthographe usitée dans les deux sfôlos. 

2. Cf. 1. 23,29, <^ _il '-=^°f t^ ^ /û ^ ^ « les 



. . . . /WNAAA _ 

I I I I *l-=^ Ci <r^ 111 o 



» choses appartenant au roi et qui étaient dans les temples ». 



280 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Je diffère encore avec lui pour la fin de la phrase : 



!i ^ T1! 



.JU. ^1 



^rrî ï^ s^ n^iiï ^ o 




A/VWVA 
I I 1 



«... mit eux Sa Majesté à terre (les abandonna) » 

M. Bouriant restitue : 



mu 



Q n — ^^^ 



o 




I I I 



« d'après leur compte et dans leur totalité, ...» 

Cette restitution est ingénieuse, mais elle ne tient compte 
ni de A ni de ,^ju. ; je crois la suivante plus simple et plus 
juste : 



n 






« combien grands ! n'est pas connu leur nombre. » 

L'exclamation T (1 i A « combien grands! » est bien 

égyptienne, et le membre de phrase est des plus usités. A 
la ligne 21, on lit une exclamation analogue. 

On voit aussi que Letronne a fait un contresens en tra- 
duisant fà ôçeiXïîfizTa . . . ôvxà iroXXà tt}) irXi50et à«pf,xev par « les 

» sommes . . . , lesquelles étaient fort considérables, il en a 
)) fait une remise générale ». Ameilhon et Drumann, qui 
rapportaient -cw 7rX>;0ei à 6rzk itoXXi, paraissent avoir raison 
contre Heyne et Letronne. 

[§ 7. D., 1. 13-14; R., 1. 8.] — Le texte du considérant 
suivant, dont la seconde moitié : 



îT^AcnXm ^^^^;;;;;^àiicz=:n ^^A 



est remplie d'erreurs, a été bien restitué par M. Bouriant, 
dont j'adopte à peu près le texte; seulement, j'ajouterai le 

pronom ^^''^^ pour compléter la dernière expression. On ob- 
tient le texte correct : 



282 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Si on corrige j»^ (Dam.) en 7^^ , comme M. Bou- 

riant, la phrase se termine par : 



uuuut 



'jç'lZ^ ^^rri ^f^^P <=>:^-- 

« et toutes choses leur appartenant sous son auguste père demeureraient 

•Jl£V£'V 
^— .^ AA/V\/SA 
^ I I I 

» il eux. » 

[§ 9. D., 1. 15-16; R., 1. 1).] — Ici commence un autre 
considérant : 






« II ordonna, voici do ne pas faire remplie la caisse télestique, » etc. 
UpojéTaîc rji è-^to; ixrflïw rXsTov oiowtîv et; zb teXsstixov, x.t.X. 

restitution importante due à M. Bouriant. 

[§ 10. D., I. 16; R., 1. 9-10.] — Le paragraphe suivant 
commence avec la ligne 16 par un mot <=>^\ qui a pour 
correspondant ok xa( et ne peut être restitué que ^^^i^'^ 
en outre (cf. ^ J ^ ^^ p^is que de la ligne 15), comme l'a 
fait M. Bouriant', à moins cependant de lire ^^-îf]^^^^ 

1- il ' v.f „ ^=: (Dam.) — M. Bouriant restitue ( [1 v^ . Je pense 
que le -«cir^ est nécessaire comme dans la phrase précédente : 
il ordonna . . . fine \ \\ . . . 



Ci (Dam.) 
I 



'y .y étant parfaitement une expression égyptienne : ^^ = le copte 



^i, facerc, et X j ^^ ^ ^ ^ chemin. Le tout, littéralement : itor façon» 
ou peut ôti-e s'O/tti'fftcr. iXote do M. Karl Pioiil.) 



284 LE DÉCRET DE MEMPHIS 



la désigne aussi par : ^OnVM&yES^ 
CQ ^ 1^1 * I ^ « '''''^ ^^ ^^ forteresse du roi Mer-ka- 



)) Amon sotep-n-Râ, fils du Soleil Alexandre, appelée 
» primitivement Rakoti^ ». 
De même, le premier décret d'Alexandrie" est daté de 

propose 1| ^ ^ p J ;^ ŒSSH l ™^ P"'"''" ^"^"^ 
entièrement justifiée. 

Pour M >/| (jui termine ce paragraphe, traduisant 
xax' Ê\^iauTov, je ne vois d'autre correction possible que 



\/ i chaque année*, ou / ij^ \/ \ qui a le même sens. 

Les deux expressions sont également usitées ; toutefois 
c'est la première fois que j'y rencontre l'emploi de V comme 
dans I \/<:=>Q un Jour. 

[§11. D., 1. 16; R., 1. 10.] — La phrase qui suit commence 
âjgeu près, comme celle de la ligne 15, par | ^ l ' ^" 
o r-^Cù,/, y 6tc., et qu'il faut corriger en : 

« A ordonné S. M. que ne fussent pas levés les hommes de la marine. » 

1. ZeUschrift, 1871, p. 2-3. 

2. Lepsius, Dcnkinaloi\ IV, 20. 

3. Cf. Danianhour, 1. 14. 

4. I'^ y 1 P ^i^, etc. (M. Boupiant.) 

5. ^"^î^ peut être exact, parce que Qj^ =i © ha à l'époque ptolé- 

^ A/NA^AA AAAAAA 

maïque. Alors ^*^3^. équivaut à jj}"^ L-J ^^ la belle époque hiérogly- 
phique. (Note de M. Karl Piehl.) 



286 LE DÉCRET DE MEMPIIIS 



O 



/S/^/W^A y J| ^ -» "^ /WVVNA 



(51 



i 



I I I ^^=^ 1 I I I 

» depuis un temps grand les rétablit Sa Majesté dans leur état primitif. » 
èv Toîç irp^xepov ^p<5votç âicoxaTSffXTjaev zU "^^jV xaôijxouffav xiÇiv, ... 

[§ 14. D., 1. 17-18; ^^*^o4^>'Atk ^ ^ 

R., 1. 10-ii.j — z:;:^^ I jfliH.S'^ i 

(( 11 fut k réfléchir beaucoup à faire 

. . . çppovTiÇwv 6'7cci>ç cruvTeXfi'cat 

fe-^=î rr; -= J= "m î . «== 

» les choses établies à faire pour le culte des dieux selon ce qui à 
Ta etOiff[i£va toI^ 6eoT< xa^à xo 



® 



I III 



w leur principe*. » 

TtpOfffjXOV. 



[§ 15. D., 1. 18; R., 1. 11.] — Puis vient un nouveau 
paragraphe annoncé, suivant l'habitude, dans le grec par 

ofjtotci); Se xaf et dans Tégyptien par y 



«T» ".■• Ci 



1. --^ M III X® J (Dam.) 



! 



2. La même expression se trouve dans le décret de Canope, 1. 5 et 9, 
sous la forme *^**y*( «WW*» 




3. ^«(Dam.^^^^ 

4. Cf. le titre ^ "'^^0'^ | rlo^ « Traité d'honorer Osirîs ». 

(Louvre, Papyrus n* 3079, e. 110, publié par M. Pierret, dans ses 
Études cf/i/ptologi(/ucs, en 1873.) 



- p p 



(Dam.) 



6. Le mot à mot est : « selon leur origine », « telles qu'elles étaient 
en principe ». équivaut à et à r™^ (voir ci-dessus, p. 268). L'es- 
tampage que m'a envoyé M. Bouriant ne me permet pas de douter de 
la lecture . C'est du reste une expression très fréquente. 



288 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Texte grec : npo^étaÇev 81 xal toùç xa'caropeuofiévouç 

Texte démotique : ts f su nem y(K nanti auu r au 

« Il établit encore au su jet de ceux qui revient raient 
SX te xwv [Jia^tjxwv xai twv àXXu)v xwv àXXoxpia ^pov-y^a-dcvTUJv 

XUN NA REÔU QNQN AU PSEP REÔU AU S*OP HI KET MvL 

» d'entre les hommes combattant et le reste des hommes étant en a.utro parti 
èv ToTc xaxà Tr,v xapa^ç^r^v xatpoTç, xaTeXôovxaç 

P TOXTRX AU R S'OP [n] KaMI RTI ky, ST [r] NASBT« ^AU 

» de la révolution survenue en Egypte, qui reviendraient en leurs lieux 
jjiéveev ÏtzX twv ISitov xxTÎaetov. 

RTI NASN SAU S*OPE ^ERU. 

» que leurs biens seraient à eux. » 

Il y a dans le texte démotique plusieurs expressions 
inusitées dans les textes hiéroglyphiques, qu'il fstut étudie 
pour savoir comment on rendait la même idée dans la lane- 
sacrée. 

1^ Les (( gens de guerre », xwv |Jiax-f^w^ sont désio-n^^ \^i ^ 

/vAwtc^o ^ /î Afk &*-*^» ICI par 

une périphrase ^^f^ {|^^ « les hommes de 

combat » (copte ^hhh). Plus haut, Suvijxeatv 7cdcaati<; était 

p*'' \ ^ wTâ (•) " ^"^ ^"^ ^°'*' "• ^^ï^s ce dirnier 
passage (ligne 11, fin), le texte de Damanhour tra • • 

par ^i^i soldats, troupes. 

2** i^^'^^V^^I « le reste des hommes » « i^r^,, > 
_ ^^ ^ i ^ pour équivalent 

vgi ^^3^^ (cf. Rosette, 1. 6, 8 (deux fois) et af\\ . 
oi ôtXXoi est traduit p^ v& 1 (cf. Rosette, i .^ '^^^ encore 
ci-dessus, p. 276).] '' ^- ^^> 



3^ Le mot 




Jll^^ (valantes ^^^^^ 



1. Décret de Canope (p. 131, Revillout, C/ire^/ 
» du combat en combattant au dehors. » — »^* ^* Il sauva le pays 
i^ecMC ègyptoL, I, 1880, pi. 6). ^^f^héties (Revillout, 



■^ - - -- ■^^- 



LE DÉCRET D:^ ^^ 

OU ^-«=ûji]lj^^') est très xasîté 



le décret de Canope, il est traclvxit 
texte hiéroglyphique correspon.cia;,^i 
d'Évergète P' : "" ' """^ "" 

^^^^u — « 

» combattant au dehors d'elle » ^ 
Peut-être est-ce le mémo xxxot: 



AJLepe;6 spiculum, lancea, 
plus certainement julA*.^. 

pondant à xwv àXXoxpia «ppovï^o^dt'N^-c^ji»^ 

dans ridiome sacré; mais, 

dant hiéroglyphique, je lo 

bien je modifierai un peu la. x^bi 

^' Enfin ^^^ 
On vient de voir que le âéor-et 
troubles intérieurs par ^Z."^^v Q[\ 



a I 
3'c I 



mentionne la révolutia: 

suivant un autre exem j>lstire 

gnation oflBcielle, qu'il fa\xâ.ra aSox>îe 




fi # ^ 

par -4-ûc=^^ 



AAAMA /V/VV>/N/V 



A/WS/VA ^^ '^ «Il 

» choses qui leur appsLrtexiaient clom< 
On peut se conformer et l'ixnedes doxj 

employées à la ligne 1.4 r jf ^^ -vg^ 

1. Roman de Setrti^ i>. X53, l^ô, clf* m^elci 
ahs pmalaxit (n récolter la. dispute», c'est— â--< 

2. Papyrus Anastcbsc I V^ 

3. Dûmichen, BaiM.ur'fcvcn.cl& des TcrrtpelcLi 
Zeitschrift, ISIO, ipl. 2, 1. 23-24. (Cf. A.. Baij 
premières années du rot Épip/tccna^ f>- SO [ci- 

4. Brugach, Zeitschrift^ 1878, p. 43- 

BlBL. ÉOYFT., T. 



^90 LE DÉCRET DE MEMPlttS 

» nant tout homme être quitte. • . », ou ï v^ y ^ ^ ^^ ^ 
1=^=^ 1 II û A'vwvA '^'^'WNA • (( S M. ordonna que, s'il 

» y avait des revenus des dieux, etc. , ils demeureraient, » etc. 
On rétablirait la phrase comme il suit : 

1° En se rapprochant du texte démotique : 

(( Décréta S. M. en disant : Si revient quelqu'un des soldats et 



I 2i£ /VWWA 

» tout homme étant en autre parti de lac«itastrophe survenue, etc.» 

A^A/V^A ^ I /SAA^/NA . ù I I 1*1.1 \Qv H lAl 




*^^^^jri I I c±£=D 



Al II I I II I I 

» les faire aller vers leurs lieux et leurs biens demeurer à 

I I I 

)) eux. » 

2° En employant les expressions des inscriptions de Tanis 
et d'Edfou : 



« Décréta S. M. en disant : Si des soldats et tout homme ont été à 



w^ ^ ^ /J ® 



/V I I I 

» combattre dans la catastrophe survenue dans le pays entier, ils reviendraient 



+ 



ÎÏXÏÏS <=> I c=îi=i I I I <=> I I I 



» et toutes choses étant à eux resteraient à eux. » 

1 . Le mot T»îtT I du texte démotique, qui se rencontre dans les con- 
trats, appartient aussi  la langue classique. Il se trouve précisément 
dans la stèle de Piâ.nkbi, 1. 11. 



LE DÉCRET I>E1 



30 Si Ton doit, comme Ta fait 1 

ie^tVLOii (nem), de xaTa7:opÊUotx£vo'o<; 

que de xaOeXeovca; traduit par- i 
« faire aller eux vers leur lieixx 



ro 




, DécréU S. M. en outre en disaixt •. 

^_, \^ ^ix:^^ ^ ° 

„ et tout homme étant à comba.ttre <ia. 

<-::>^^ ^ "-n il» » » i 

„ le pays entier, de faire aller exa>iL vers i 

. iini"'"i H " ■ « ^ ■^^^ 

^„ m ;;^ ^^ — '^ ^ 

AWVNA ^ 111 I I I I I 1 '^ -S»- * 

» leur appartenant demeureraient ^ eux. 

De ces diverses rédac-ti-OTis la rr. : 
la dernière, parce qu'elle tra.avait. 1 
que les autres, parce civi'eUe est p i 
des monuments hiéroglypl^^n^es, c 

complètement la placo lil>T-e sv^ U , 
(un an après avoir écrit le« ^^S";;; 

parait pas encore «^^i«f-^^?^"\^^- ^" 
« les soldats et ceux <ix.ai .tvaient 

» parti ».Tû.v^»x;.-.>v ^^-^^^^batta 
viser : r les soldats, les f^^J^ 
combattants, avaient î>rxs *« i^ - 

lors je pense que ^' ^^f")""'.^^^,;, 
v?,^estdéfectuexix. H faut tro. 

-* I I I 

1. On peut lire aussi . f i 
B leura endroits »• 



292 LE DÉCRET I>E K4EMPHIS 

tienne qui, comme ikUzptoL <jpoovTi<Tav'rcov, exprime la défection, 
mais sans impliquer le service militaire. 

Je crois la rencontrer dans le mot ^ ^^ ^ j ou 

^1. La racine du mot est "^^..^, "T^fl^^^ 
peR, p«ju, declinare, avertere, recusare, rentière'; d'où 56 
séparer 1\ ''^^^^ M * « ne te sépare pas de lui, ne te 

» tourne pas contre lui »•, c'est un synonyme de ^ _^^^; 
comme verbe, cela signifie s.ussi^/ctt/lir, piK, piKi, AoK^e, Aoiili, 
culpa\ Comme substantif, représentant Tagent, le mot dé- 
signe « celui qui se sépare de quelqu'un », « celui qui trans- 
» gresse les chemins du roi et les desseins des dieux » selon 
l'expression de la ligne 14, le « rebelle », quel qu'il soit, envers 
les dieux ou envers le roi. Les regrcxu, reqiu sont donc souvent 
en cause dans les chapitres du Ltore des Morts*. On lit encore : 



I I I 

« Sa Majesté est venue dans le Routen supérieur; elle a 

» frappé tous ses adversaires (tous ceux qui s'étaient séparés 
» d'elle)-. » De même : 8 (1^ ® f8>" ' ^^dÂ/)®^! 
14 i ^.=^ « Il trancha les têtes de ses ennemis, il ne ] 



» plus de tètes à ses adversaires. » C'est précisément ce que 
fit Épiphane aux dynastes qui s'étaient rendus dans Lyco- 
polis*. Après la victoire, le roi se vante de n'avoir plus d'ad- 
versaires dans le monde : .-jv^ ^^-—J} ^ a^ 



1. Voir Devéria, Papyrus judiciaire de Turin, p. 188 

2. Todtenhuch, chap. xxx. 

3. Chabas, Mélanges, II, p. 223. 

4. Zeitschrift, 1870, p. 48. 

5. Ibid. 

6. Stèle d'Aménophîs II, à Amada. 

7. Stèle du Louvre, C 123. 

8. Voir ci-après, § 19, p. 295. 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 293 

Je traduirais donc volontiers >tat aXXwv tù>v àXX^Tpia «ppovTjffavttov 
[§17. D., 1. 18-19; R., 1. 12.] 

Le grec continue : npoevo/-67j 8è y.a> Sirox; èJaTCOffxaXuxjtv 

et le démotique : ar-f kbb neb r ti aq (poh) 

(( Il fit tout soin pour faire aller 

5uv4fxetç -ïteÇixac te xat \inrixàc xai vfja;, x. t. X. 

PBTU (?) HTRD, BIRI,etC. 

» fantassins, cavalerie, vaisseaux » 

La rédaction reprend dans Damanhour avec le mot \tnziKic, 
et même avec le mot Tz&Wà^ dont il reste le dernier signe 

^ qui a causé, comme je l'ai dit, la méprise qui a amené 

la lacune dont il reste encore à combler la fin. 

npovoyjÔTj o£ xal ô'rax; est l'équivalent de çpov-îfÇwv Stcox; de la 
ligne 18, et la rédaction démotique traduit les deux expres- 
sions par une seule ^<si>- J VOQ' ^^ prendre soin »; et, 
bien que ce ne soit pas une raison péremptoire pour que le 
texte hiéroglyphique ait fait de même, on peut traduire 

dans les deux passages : ^^ *l=_^ «>*|=< d^ Q V '^te* « H fut 

» à réfléchir beaucoup à M). 

Cependant, comme cette expression a déjà été employée 
deux fois à la ligne 11 (Rosette = 1. 17-18 Damanhour), je 
me risque à traduire, en empruntant un synonyme de cette 
locution à l'inscription de Tanis (ligne 9) : 



ï 




<:i}^^'^^® ^ n/1^*^^ ^ 



— ^ i-rm © 2i/ I I I II I 




a De même il pensa beaucoup beaucoup à rassembler 

npoevoi{6i) 81 xal ô'ttodc i^œizoTzakûivv/ 



1. Canope dit aussi : 4* P V^°^ **'*'* ^^^ f 
ils pensaient en tout temps à » (ligne 5). 



G 1$ 
I 



294 LE DÉCRET DE NfEMPHIS 



,^; PkPk^i t.t: k^bf 



» des hommes, des chevaux, des vaisseaux contre 

8uvdl{iei; ireÇixaç te xa* tTrirtxà^ xa: vYJaç hû 



m?, -rri'^T t m: 

» les venant pour faire dommage à FÉgypte sur terre 






» de môme que sur mer. » 

xai T7)v SàXavdov. 

J'ai rendu ô'iuax; âÇaTioTçaXwaiv par une expression technique 
empruntée au récit de la campagne du roi Piânkhi : 1 n 
i^ I /wwvv 8 (1. 10) « Il a rassemblé des soldats 

» et des cavaliers . . . , I û ^ — •*— i que soient réunis à 

» eux. . . » (1. 11). On pourrait dire aussi comme au décret 
de Ptolémée Lagos : c^ ^bt . 
Je n'ai, dans ce texte, fait qu'une seule restitution, 
1 *^ au lieu de H f^. M, Bouriant a cru ce mot 
inutile : il l'a supprimé. Le grec, il est vrai, dit seulement : 

mais le démotique traduit êtt- t;,v AfyjrTov, contre l'Egypte, 

P^^ ^ ^ ^^ (Tl  I ^^^^ © ^^"^ ^"^'^^ dommage 
contre l'Egypte, et je pense que ^ TO est le débris de 
s /^. C'est le mot qui sera répété à la ligne 22, sous 



1 . Décret de Ptolèmèe /*', 1. 6. 

2. Et non 1 adopté par M. Bouriant. C'est le mot 

Jl D I I I 
propre pour désigner les flottes nationales. (Cf. Décret de Ptolémée /", 

1. 5, 6, 8; et Statue naophore du Vatican.) 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 295 

la forme /vwnaa A o m^ grand dommagey mis pour ^5» \ ^ . 



[§18. D., 1. 19; R., 1. 12-13.] — Suit une phrase qui n offre 
pas de difficulté : 



/VA^AAA 



'^i tn ^ 



A/V\/VW 
I I 1 



« Il a dépensé argent et choses en nature nombreuses contre eux, 







m 

o o 

» assurant la tranquillité dans les temples et l'Egypte ^ » 

[§ 19. D., 1. 19-22; R., 1. 13-16.] —Nous arrivons à un 
passage importiint de l'inscription, car c'est là qu'est raconté 
le siège de Lycopolis; mais la restitution en offre de grandes 
difficultés, comme on va le voir. Il commence par : 

Ce texte, évidemment, commence par la répétition du 
même membre de phrase. 

Le mot LTJ l^l 1 a est un mot bien connu, étudié plu- 
sieurs fois par Chabas, qui lui donne le sens de avancer, 
passer, traverser*. Le défunt dit aux dieux qui suivent 

O&iris : a Avancez ( TJtî Q I A ^1^ ) et vo vez la construc- 

\ "^^^^ 1 111/ 

)) tion de la demeure de ce lumineux'. » « Tu ne passeras pas 

porte mystique*. C'est un verbe fort usité. Nous traduisons 

1. ^^^^— ^rwljt etc. (Dam.) 

2. Papt/rus nutffiffun Harris. 

3. Todtenbuchy chap. clii, 1. 4. 

4. Ibid,^ chap. cxxv, 1. 55. 



296 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

donc : « Sa Majesté s'avança vers. . . qui est dans. . . », ce 
qui correspond bien au grec : 7capaYivVs'^o<: ^'^ '^«'' ^-^ AuxwvitoXtv, 

Ce qui manque dans le texte de Damanhour, c'est le nom 
de la ville et celui du nome. Le texte démotique peut y 
suppléer. On y lit : 



« n se rendit à Ta-Hât-S'ekan. » 



kVÂr 




En rétablissant ce nom et celui du nome dans le texte 
hiéroglyphique, on obtient la phrase : 

^ w 
o 

On se rend compte de la répétition de la phrase dans le 
texte de Damanhour : elle a été amenée par la répétition 
du signe T»ÎJ au commencement du verbe s'àas et au com- 
mencement du nom de la ville de S'akn\ 

Suivant la méthode précédemment employée, je transcris 
ici le texte grec et le texte démotique pour les étudier; y 
voir le système suivi par Tauteur de l'inscription et son 
traducteur, et juger des mentions qui devaient se trouver 
dans l'égyptien; enfin chercher les locutions de la langue 
sacrée correspondant au démotique, quand celui-ci paraît 
employer des mots inusités dans l'idiome sacré. 

1. M. Bouriant semble d'accord avec moi pour reconnaître qu'entre 
H V ^^ (m\ manque le nom de AvxwvTïdXi; ; mais il paraît voir 

dans v^H (^^'^^ corrige en ) le nom du nome; ce qui me 

paraît impossible, est le détepminatif de J et ^ûûfl le com- 
mencement d'une autre phrase. 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 297 

Ainsi le grec énonce successivement : 
1^ Que la ville est tombée aux mains des rebelles ; 

îj tÎv xaxetXr.iJijxévTj, A 

2* Qu'ils l'ont fortifiée contre un siège 

xal cu^upofxévT} itpoc -rcoXiopxfav B 

par des dépôts d'armes ô'^cXuivre TcapaOéffei 8a<]/iXea<cépq^ G 

par toute sorte de munitions; 

3® Car depuis longtemps wç Sv U iroXXoû p^p(5vou e 
les révoltés s'y étaient rassemblés ŒuvedTTixofaç 

tfjç àXXoTpioTïiToç ToT; èTTiffovaj^OeTffiv eîç auTrjv àveSéaiv F 

et faisaient beaucoup de mal 

o1 fjorav TtoXXà xoixà ffovxe'ceXevfAévot G 

aux temples tU xe xà Upà h 
et aux habitants de l'Egypte; 

xat ToGc âv AtY'J'ïTçqj xaxoixoiSvxaç' I 

4° Le roi forma le siège xai àvxtxaôfffaç j 
l'environnant de retranchements, fossés, murs. 

p^fôjiaatv xe xa: xâcppoiç xa! xei^ecrtv aùxr^v àîioXo^otç 7C£piéX(z6ev. K 

Le démotique énonce successivement : 

1** Que la ville est tombée aux mains des rebelles ; a 

2** Qu'il y avait des armes c 

et des munitions ; d 

3** Le roi en forma le siège j 

par murs, retranchements extérieurs, K 

« à cause des impies qui étaient à l'intérieur, F 

» faisant beaucoup de mal G 

» à l'Egypte, I 

» étant en dehors du chemin de l'obéissance au roi 

et de l'obéissance aux dieux \ » F' 



1 . (c II se rendit à Chaken qui était accablée par la main des impies 
» de tout troable; il y avait des armements en quantité et des muni- 




298 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Ce tableau montre la différence profonde qui existe entre 
le grec et la rédaction démotique. 

Voyons le texte hiéroglyphique. Après la lacune, le texte 
reprend par : 

« ...étant en elle \ attendu qn'ils furent la cause' de grands 

o: 

» en Egypte, ...» 

phrase où l'on reconnaît : ol iÇaav t\ xe xà Upà xat'. xoùç Iv M^jt^zî^ 

xaxoixoùvxac icoXXà xonix avvTeTeXe9{jiévo(. 

ra J M \v est un mot nouveau, mais dont le sens désastres, 

perces, est bien déterminé par icoXXi xaxi. 

Cette phrase rappelle celle de Manéthon parlant des 
Pasteurs : « Ils incendièrent sans pitié les villes et renver- 
» sèrent les temples des dieux, xiç zt irôXeic ùfjiro^ ev£irpTj<7iv xii «ri 

)) lepà Ta>v 6tcôv xocréoxatl'av. » 

La suivante : 

a ...qui avaient violé les chemins du roi et les plans des dieux... s 

est la traduction de : ùyç &v ix icoXXoû ^povou auve^xt^xuSoi; TT.c âXXo- 
Tpi<5TïjT0C xotc ayvayÔeTaiv elç aoxT,v àveSéffiv. 

Ici je diffère complètement d'opinion avec M. Bouriant, 

tions à rintérieur. Il assiégea ladite ville par murs et retranchements 
à son extérieur, à cause des impies qui étaient à son intérieur, qui 
» étaient accoutumés à faire le mal en quantité à TÉgypte, étant en 
D dehors du chemin de Tobéissance au roi et de l'obéissance aux dieux. » 

1 . —H— et non >t— ^ car le nom de Lycopolis et le mot a ville » sont 
du genre féminin en égyptien. 

2. M. Bouriant retranche ce mot. C'est le synonyme de ^ principe^ 
cause (cf. p. 268-259). Il est trois fois dans l'inscription (1. if, 11 et 14). 



L£ DÉCRET DE MEMPHIS 299 

traduit : « Sa Majesté leur coupa le chemin, élevant des 
» murs, creusant des fossés contre eux. » Ainsi je rapporte 
cette phrase aux actes des rebelles; M. Bouriant y voit les 
préparatifs de siège faits contre eux par le roi. Mais je pense 
que ma restitution rend mieux compte des signes de l'ins- 
cription. 

On obtient donc, pour ce qui existe du texte hiérogly- 
phique, les mentions suivantes : 

V « Elle était » tombée au pouvoir des rebelles a 

2^ « les impies qui s'y trouvaient » ; F 

3® « car ils faisaient beaucoup de mal G 

4*» « à r Egypte, i 
5** « transgressant les chemins de Sa Majesté et les 

les desseins des dieux ». F' 

La comparaison de ces textes inspire plusieurs observa- 
tions : 

1"* Le texte grec et le démotique ont la phrase mar- 
quée (a). Le texte hiéroglyphique l'aurait aussi, car on 

peut lé^imement changer ^Ij^P^Pf J en fl^p^^ 

O m' j [Sî'i " ®11® fut ^^ la main des impies )). 

2^ Kz' (o^apofxivT^ izpoç iroXiopxiav (b) u'cst pas traduit daus le 
texte démotique; je suis bien tenté de croire qu'il ne l'était 
pas dans le texte hiéroglyphique, probablement comme 
rendu inutile par ce qui est dit des dépôts d'armes et de 
munitions. 

3® Ce qui concerne l'armement et les munitions (c, d) 
se trouve dans le texte grec et le démotique, il faudra en 
trouver l'équivalent hiéroglyphique. 

4* Le texte démotique ne traduit pas èx tcoXXoG xpôvoo (e). 

5° Le texte hiéroglyphique et le démotique omettent la 
mention (h, i) des temples et des habitants (là ze Upà xal xoùç 
iv AlY^inry xoxotxouvrac) et disent Seulement « à l'Egypte » ; en 



298 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Ce tableau montre la différence profonde qui exist 
le grec et la rédaction démotique. ïitre 

Voyons le texte hiéroglyphique. Après la laevxixe \ 
reprend par : * ^ "^xte 

ril 2^ <=>c:.\\ \\\ I ^\^^^ ^^^ 

« ...étant en elle \ attendu qu'ils furent la cause* ^j^^ ^^ 








grands 



» en Egypte, ...» 



phrase où l'on reconnaît : ol ^aav e*.'<; xe xà Up^ ^^x 

xaTotxouvxaç icoXXà xaxà auvxexeXeaiJiévot. ^^ ^>» -^^fj'Txm 

m J M \n. est un mot nouveau, mais dont 1^ 
pertes, est bien déterminé par itoXXi xaxdt . ^^^o^stres, 

Cette phrase rappelle celle de ManétVi 
Pasteurs : « Ils incendièrent sans pitié les -^ Partant des 
» sèrent les temples des dieux, xàç xe •it<iXet<r -» ^ ^^ ^* renver- 

)) Upà xwv ôetôv XQcxéoxa^^av. » c*^»>q ^"'-''tpi^a-av xzl ri 

La suivante : 

« ...qui avaient violé les chemins du roi ^^^ "^^^^^Iirrri». ' > 1 f ) // 

est la traduction de : <!>« av èx noXXoù •^^r.y, *'*'' '^^ ^"^"jf. .. « 

Ici je diffère complètement d'opinj ' 

*^^ avec M. Souriant 

)) tions à l'intérieur. Il assiégea ladite viU ' 

» à son extérieur, à cause des imT\i,vo ^ . ^^f itxvirQ «^ -**f-« ^ 
» étaient accoutumés à faire U ^m ^^' ^^i-ot à l^tT^"'^"''' 
» dehors du chemin de l'obéissanSt '''' -^^^«^«té à i W ri'.'"* 

1. ^^ et non «<^. car le ^o^ ^f* "*' ^^ <ie l'obéissaSl » ^ " 
du genre féminin en égyptie^.^"^ ^^Lycopolis ^Ue Tor/^lue'rrt 

2. M. Bouriant retranche e^ 

cause (cf. p. 288-269). Il est tro^'^^- C'est le synonyme de ^ p,^ip^^ 

^^la àa»a Vinsoription (1. lo, il etlA^' 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 



301 



Ce qu'il faut restituer ici est donc maintenant bien dé- 
terminé : c'est, d'une part, ce qui regarde les travaux de 
défense entrepris par les rebelles, et, d'autre part, ce qui a 
rapport aux travaux d'attaque de l'armée royale. 

Pour faire cette restitution, nous prendrons pour guide à 
la fois le grec et le démotique. Mais tout d'abord il faudra 
remarquer qu'ici encore le démotique emploie des termes 
inusités dans la langue officielle, par exemple, atb r tût, 
tombé au pouvoir, alb, assiéger, dont il faudra chercher 
les équivalents. 



^^v 



AU S 



xaxeiXYjfjLfjLévY) 

ATEB R TOT 



(( Elle était 




JD 



en 



o I 

la main 



NA 



I 

des 



8BBAU 



NEB, 



impies de tout pays ; 



^ I 



XZ'. CO^UpCOflivi) TCpÔC TCoXtOpXtXV 



6'icX(ov T£ irapaOédei 

R UN STB 



N HI SOBTI NEB 



Hh 



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I 



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nih 



» et étaient instruments d' action nombreux et tous approvisionnements 



PS 



(î>< ÔV 6X TTOXXOU pÇ^p(5vOU (TUVeOTTjXU^aC T7;Ç QtXXoxpi(5TllTOÇ 
XUN MxER NA SEBAU R UNU PS X^N 

Oie.. n w^\ 




Mi 






O I 



» en son milieu, à cause 



des impies étant au milieu d'elle, 



AUU PBOL N P MIT N F TS N 8T N 8UTEN AU P TS N 8T N NA NBTBRU 



^ 




I 

I 



!i+P. 



VUJT^ I I I ^^O A I I 

» violant les chemins de Sa Majesté et les desseins des dieui, 



, , , mi 



302 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Ot 'f.TSV ITOÀÀS X2X2 XJVT£TEXE9{iivO', 
R UKU HIT AR KAMÂ N HI 



'Jp\ 



\\ III I 

e parce que ils firent commencement de désastres grands 

ô"; zt Z7L Upixaî wj^èv At'^rrzt^ xxrootoôvTic xa* ivxixiÔtTaç av7f,v 

R Kam albb-f ta hât ran-s 

Cï 




» en Egypte assiégea S. M. cette ville 

'/'ûyLXvh zt xtl xâçpo'.c X3tî ztiytJVi à^inJ.'l-^oi^ -çptéXaosv toû te NeiÀoi», etc. 

IC SORTI UN PIS BOL 

1^ Pj:Oi+ #Di KTff 

» par des mars et retranchements an dehors. » 



Mettre au pouvoir se dit ordinairement /L-û Vv n 
plus rarement û o^i. • Être au pouvoir dans le sens de 



être permis, eUtvxi, se dit ^^ ^ o*; dans le sens de 

éfre en la possession, n \>^^ * - fl^^^^i:^ i « je 
fus en son pouvoir »*. 

Assiéger se dit ^ ^T) . x /i * î ®° copte, rcotc, ku>^. 

h J 4 F ^® trouve partout pour désigner les murailles; en 
copte, coqx. 



1. Papf/rus Anastasiy V, 18; Papi/rus Orbincf/, V, 5; Papyrus ma- 
fjique Harris, B, 3; Paptjrus Sallwr /, IX, 3; Papyrus judiciaire de 
Turin, etc. 

2. Inscription de Rosrttr, 1. 27, et grec, 1. 52. 

3. 'Recuril de Traranx, II, 1880, p. 109 et 111. 

4. La stèle du roi Piânkhi dit aussi : E E ^ ^ ^ 'l^^^^' 
(( Hermopolis était au pouvoir des ennemis. » 

5. Stèle de PiAnkhi, 1. 5. 7, 9 31, 91. 



«W^AAA 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 303 

i\ est le copte ot«.ii, terra aggesta, agger, x^f^** 
Ce mot remonte à une haute antiquité : sous la forme 
^^ iT**^ 3r**jE jT**^ on le trouve dans Tinscription d'Ouna*. 

En adoptant Tordre des phrases du texte déraotique*, on 
aura la rédaction suivante : 



:kPj:o-je#OiK 



I 

^^^ I 
y\ I I 




îi+P4>:7:?Tii 



Pour la phrase suivante, le texte hiéroglyphique de Da- 
manhour (1. 20-21) et le démotique concordent, tout en 
différant du grec : 

c *T^j ^ /WWW Mfs/iAA <i — i:» m AAfsMA — p— 

A/WWV A/WW\ V^jy ^ 

O U^l^^:^^ /ww>A I I I I C^ \\ J\ 

« Il endigua les canaux' leurs bouches toutes qui allaient vers 
(Il endigua toutes les bouches des canaux) 



1 . De Roagé, Les six premières dynasties^ pi. XII, 1. 24. 

2. Selon Tobservation, cîdessas, p. 300. 

3. Expression très usitée; cf. Annales de Thotnxàs Ilf, 4, 22; Cam- 
pagne de Piânkhi, 1. 16; cf. 37; Papyrus de Turin, 48 {apud Chabas, 
Mélanges, IV, 57) ; Annales de Ramsùs III, 78, 10, etc. 

4. Dans les textes on oppose souvent ■ ^ » à ^^ . Cf. précisément 
l'expression ® "^ ! "^^ ! H ° A"^ ^ ^— ^ (Canope, 1. 5). 



^* ^^^ ^^^2^ (Dam.)* Les deux barres parallèles mal placées 
III 



304 LE DÉCRET t>E MEMPHIS 






I fi D e 

I a ^ 

, ^^,ry^ ^„ — I III I 

» cette Ville. Ne fat pas fait pareillement par les rois anciens' à 






» (ce qu')il a fait^ » 

Ce oui précédait correspondait aux lignes 22-24 du grec; 

là phrase j^ - etc., traduit la ligne 2o, 6ppti<ya; li 

j-rojiaTaTwv TtoTafiwv. IDallusion aux Fois anciens n'existe pas 

dans le grec. 
Vient ensuite : 




linreTç tê xat icsÇouç icpoç xtI «poXxxfi atùxû>v, x.x. X. 

En comparant avec plusieurs autres passages^ on restitue 
facilement : 



/VVW>A 




« 11 dépensa beaucoup d'argent pour eux. » 



M. Bouriant corrige la fin en "fl-^ ^ ^^ ° ©t traduit 

ici, où elles cougent le mot en deux, ne peuvent qu'être rejetées après 
lui, et devenir ;vw^ « les canaux » (ne iaru du texte démotique). 
1. ci^ «les choses» (M. Bouriant); le démotique dit i na siUeniu 

hâtu « les rois antérieurs ». Cette expression est bien connue dans les 
textes; cf. Stèle de San, 1. 8. 

restitue || y. n'admettant pas que là plus qu'ailleurs il «oit permis de 

m An aiinnpimAP. 



rien supprimer. 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 3U5 

icpoç TTi çu)iax^ aÙTcûv, mot à mot surveillant (?) ce //er^. Je ne 
puis adopter son opinion. |T^ i o vient avant T S/v 

« le roi prit la ville », comme, dans le démotique, (1 v^ i ^v 
H H ^ wk ^ *^ ^^ ^^^ occupa (les canaux) » vient avant 

A 1 ^îS^Dn '' ^^ ""^^ P"* ^^ '''"^ ''• ^'^''*''^ P^''*' 
le texte de Damanhour ne mentionne pas l'inondation du 

Nil, qui, d'après le texte grec, aida à la prise de la ville. J'en 

conclus à rexistence d'une nouvelle lacune, dont le texte se 

terminait par ®^ — »f— i « on s'en empara » ; d'où résulte 

la nécessité de restituer ce qui a rapport à l'inondation de 
l'an Vni. 

A cause de la conformité du texte de Damanhour et du 
texte démotique de Rosette, constatée ici pour la seconde 
fois, au lieu du démotique : « il amena gens, hommes de 
» pied et chevaux, à l'endroit des canaux nommés pour 
» veiller sur eux de toute leur force, à cause des inondations 
» de l'eau qui étaient grandes en Tannée VIII, lesquels 
» canaux nommés, ceux qui font aller l'eau dans les plaines 
» en quantité, on occupa eux », nous dirons : 

a Fit aller Sa Majesté ses troupes de pied, sa cavalerie vers 



A^/WWV 









> les canaux pour veiller sur eux extrôiuement; or donc 

Tcpoc T^ cpuXocx-^ aCiTÛv toû Te 




X a 3=L 1=^^ -^ I o 



Mil /wvvvs 

» 6tani un Nil grand en l'an Vlil, les canaux 

NeiXou xi{v iviSxatv [AsydEXir^v icotT^jaiiévou èv tg> ôyS^qi Stet, 

BiBL. éGYPT., T. ZV. 20 



306 LE DÉCRET DE MEMPHIS 






I I I I Q W y^ I I I SÇB^ ;sAAA/vV I A 1 <a I I » 

1) toutes leurs bouches qui vont dans la plaine, on s'empara d'elles. » 
xaî eI6i9(iivou xaTaxXu^^eiv z% ire8(a, xorlo^ev èxitoXXwv.T(5ircDv,... 

C'est le texte de Canope qui m'a fourni la traduction de ce 
passage. A l'inverse de ce qui arriva en Tan Vill d'Epi- 
phane, une inondation sous le règne d'Évergète fut insuf- 
fisante, ce que la rédaction du décret (1. 7) exprime par : 

» donc advint une année de Nil petit en leur temps. » 

Nous arrivons à une phrase très maltraitée encore, et que 
M. Bouriant a restituée en partie exactement : 



« Prit s. M. cette ville de force de leurs mains en peu de temps. » 
ttJv xe ic6Xiv eIXev xaxà xpâxoc èv ôXiy<{> XP^^^* 

Ici s'arrête ce qui a rapport au siège de la ville : ce qui 
suit fait allusion au châtiment des chefs des rebelles, 

La nécessité d'une restitution en cet endroit s'imposait 
d'elle-même, car il était impossible que le texte hiérogly- 
phique eût supprimé le récit du siège de Lycopolis, ou l'eût 
au moins fortement et maladroitement abrégé. La simili- 
tude bien constatée jusqu'ici entre le texte grec, le démo- 
tique et le texte hiéroglyphique fournit une trop forte pré- 
somption qu'une pareille omission ne devait pas exister. 
Mais, bien plus, les débris de phrases conservés sur le 
monument prouvent que cet épisode du règne d'Épiphane 
était mentionné dans le décret hiéroglyphique. Le récit 
commence par : « Sa Majesté s'avança vers [Lycopolis] dans 
» [le nome Busirite], elle était »; puis manque tout ce 



LE DÉCRET DE MEMPHIS âO^ 

qui répondrait à la 22® ligne et au commencement de la 23®, 
et le texte reprend seulement à ce qui correspond à la fin 
de cette dernière ligne. Or, on comprend très bien comment 
l'omission s'est produite : de même qu'aux lignes 11 et 12 \ la 

présence du mot ^ ^ , superposé à lui-même dans deux 

lignes qui se suivent, a fait sauter au graveur la fin de 
la 11® et le commencement de la 12®, de même ici la répé- 
tition du mot I J ^1, au milieu et à la fin de la 13®, lui 
a fuit omettre une demi-ligne. L'omission se comprendra 
encore plus facilement si l'on retranche les mots ^^ «^^^ S/ 



c:^ 



de ma r estitution', en les remplaçant par ^^<y i après 

, et si Ton fait passer au commencement de la 14® 

les mots ^^ o I que j'ai placés à la fin de la 13® ligne. De 

cette façon, on aura 1 1 TO^^o i répété deux fois dans 

la même ligne, ce qui expliquera encore mieux l'erreur du 
graveur. Pour la troisième lacune, qui s'explique moins 
aisément, on peut cependant encore conjecturer qu'elle a 



/W\AAA 



a été amenée par la répétition de '^A^^M A^^^A^ ^ j^ 14e ligne 

et à la 15®. 

Ces observations sur cette triple lacune montrent bien la 
justesse de nos conjectures sur la longueur des lignes de la 
pierre de Rosette et la répartition du texte de Damanhour 
en seize lignes. 

Les deux premières lacunes ne se seraient pas produites 

si le mot ^_^ "^ n'avait pas été répété à la même place 

dans deux lignes subséquentes et si flj fSy' ne s'était pas 

trouvé précisément au milieu et à la fin de la 13® ligne. 

Quant aux expressions employées dans ma restitution, 
elles n'ont rien d'absolument sûr. Il est impossible de choisir 



1. [R., 1. 11-12 = D., 1. 13. Ci-dessus, p. 287.] 

2. [Ci-dessus, p. 296.<] 



308 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

d'une manière certaine entre les synonymes qui peuvent 
traduire les mots grecs, ni entre les tournures de phrases 
qui rendent le mieux en égyptien les phrases grecques. Si 
nous avions une inscription bilingue sur le siège de Metz 
en 1870, et que la partie française fût en partie perdue, il 
serait impossible de décider si le mot latin calamitas y au- 
rait été rendu par calamité ou par catastrophe, urbem par 
cité ou par ville, qui sont à peu près de la même longueur. 
Je me suis décidé sur les probabilités. 

La méthode que j'ai suivie consiste à adopter en principe 
l'identité des trois textes, surtout des deux textes égyptiens 
que je pense être la traduction lun de l'autre*; à écarter 
les expressions qu'on n'a rencontrées jusqu'ici que dans des 
textes démotiques"; à y substituer les phrases et les termes 
connus par les textes hiéroglyphiques, notamment par des 
textes spéciaux, comme le récit de la campagne de Piânkhi 
en Egypte quand il est question de termes appartenant à 
l'art militaire, et comme les décrets de Canope et d'Alexan- 
drie quand il s'agit des formules de chancellerie. Il me 
semble que, guidé par ces considérations, je n'ai pas dû 
m'écarter beaucoup du vrai texte qu'une heureuse décou- 
verte mettra au jour peut-être au XX® siècle. 

La 15« ligne de la pierre de Rosette et le récit de l'épi- 
sode du siège de Lycopolis se terminaient par la mention 
du châtiment des chefs du soulèvement national contre les 
rois grecs : 






(( n fit faire frapper les impies étant en son intérieur ; il fit eax 

1. Voir p. 300 et 303. 

2. Voir p. 301. 




LE DÉCRET DE MEMPHIS 309 

AAA/SAA Q «y _ 



1 î^]HJHe^?i 

» en anéantissement grand, comme firent Thot et Hor tils d'isis 
xa64'TCe[p è)^6iptôaavTo'Ep|x]f^ç*îtai'^iipoç,6'uf^ç*'I(ji8o; 




¥M' V mdi 



j *^ A/WVW 

I I I I I 



n fils d'Osiris à ceujc qui Ureut impiété contre eux dans 



j 



I a ^ 

no I 

» lesdits lieux primitivement. )) 



Le texte de Damanhour, après / — J , porte [M TO 
que M. Bouriant traduit « en rébellion ». Je vois dans 



une altération de primitivement^ ( v\ — =^du texte dé- 
motique), et de l'jirMJ'i je fais le sujet de la phrase sui- 
vante comme dans le démotique. 

[§ 80. R., 1. 16; D., 1. 22-23.] — Ici commence la partie 
conservée de l'inscription hiéroglyphique de Rosette. Nous 
devrions donc, à partir de la 16® ligne, avoir deux textes 
qui pourraient combler les lacunes l'un de l'autre. J'ai dit 
plus haut que le texte de Damanhour complétait tout l'es- 
pace entre la 16'* ligne et la 17® de Rosette; il comble aussi 
une partie de la lacune entre la 15® et la 16''. Malheureuse- 

1. Le texte de Damanhoar conârme la restitution, dans le grec, de 
xaOdtnep 'Eppifiç. Il est singulier que le démotique dise : a Comme l'action 
» de faire du Soleil et d'Horus » r ma p ar np Rd au Hor. 

2. M. Bouriant restitue ces deux mots. 

3. Cf. p. 268-269. 



310 LE DÉCRET r>E T«w«EMPHïS 

ment, hors ces deux passag-es , toutes les lacunes de Rosette 
existent aussi dans Damanln o u r- . Il y aura donc encore dans 
Rosette, à chaque extrémité des lignes, de longues lacunes 
à combler. 

Je rappelle aussi qu'à partir d'ici, le graveur de Daman- 
hour a fait de larges omissions . 

Ceci est traduit dans la rédaction démotique par : 

Na seba au ar tutu s'esu, axj-u s'opr hàt r toxtbx 

NA TOS'U-U, AU U QEMA. Ft ^^^^ ' R.PIU A-UU P BOL P MIT N 
SUTEN AU PF AT, TI-U NA. NTERU ARF AR Sm ^^ ^ ^^^ 

Mennofl (Rosette, texte démotique 1. 16.) 



'JLû 



1. 22-23). 

è:U n ' 8 II 
(R 







amanhour, 



'•>//.' 




OLfl 




I I I 



\> ^ '^ ^'» 

sus 





AAs/VV>A 



n ^^ ^ 7T^ ©^MM 



i. 



16). 



Au texte de Rosette 



AU lexie ae xvu^c^te, jx ^ fle la ligne au 

commencement, la moitié /«anque le q«*'*V .. oaman- 
hour, il y a, au comin^rio^tL^* ^"^ E>*^' ""^^Z unelacune, 
car les premiers mots r»^j>^^f^t de 1^ ^^8'^"^,,, royauté», 
dont les autres textes i^^^^Hent « \^ P'^^^^ ^".f/fuite des 
passages que j'ai cités. *Ont mea*i^^ qua !<» 

Voyons ce qu'on 



phiques. 




ti 



rer cJe^ 



irag 



tnents bièrogly 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 311 

M. Bouriant en fait : 



I IJl !75î ^3:^5 6 \D \\n\ AAAAAA I I I I ^ Il 

« ...en rébellion; quant àcoiup qui s'étaient mis chefs pour les conduire 



» sous son père et qui araient ccwâ le pays sans respecter les temples. Sa 



D Majesté s* étant rendue à Mempkis, » etc. 



Je ne puis admettre les corrections de M. Bouriant; et, 
par suite, ma traduction sera tout autre. Le texte est par- 
faitement exact, selon moi. J'ai déjà dit ce que je pensais 

de ^ I J 'Jb' « en rébellion » ; et, sans rien changer au texte, 

tel qu'il est donné par la stèle de Rosette, je traduis : 

« Quant aux impies qui avaient rassemblé des troupes et qui, étant à 
» leur tête^ avaient troublé les nomes et violé les temples. . . » 

Voici comment je crois pouvoir justifier ma manii-re de 
voir. La question a son importance. 

l*' L'emploi de ^ dans la phrase « à ceux qui firent im- 
)) piété contre eux en ce lieu, en rébellion », avec ce sens, 
n'est justifié par aucun texte. 

2® Cette traduction ne tient pas compte de radver))o 

TTooTepov, rendu par ^^v ^ ^ initio ou antea, 

3° '^'1 <^^ ^. • du texte démotique disparaît aussi. 

4" Je ne saisis pas comment ^=^ peut sienifKn- sr 

mettre, ni oirWi en être le complément; oi veut avant lui 
un nom. 

;V La pierre de Rosette a i^ et non H» '• Ce seraient de 

suite trois fautes dans le genre de celles que Damanhour 
commet à chaque mot ; mais la pierre de Rosette est trop 
correcte pour qu'on y suppose ainsi des fautes répétées. On 



313 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

ne doit certainement pas lui appliquer les mêmes procédés 
de correction qu'à la stèle dePamanhour, 

6^ M. Bouriant supprime ^ ""^^ à leur tête. 

7^ Il transforme nc=:3^P7ien P^=^=>^^-/i conduire, 
que je ne connais pas sous cette forme. Il faudrait au moins 
-Ç-^^ Vi. M. Bouriant a été conduit à ce changement 



p 



par la nécessité de traduire à(]pT,Yti<xa|Aivou(;. 

Pour moi, j'estime que le texte de Rosette est absolument 
correct, et se traduit aisément. La justice veut ici que, à 
la décharge de M. Bouriant, dont j'ai eu maintes fois occa* 
sion de louer la perspicacité, je rappelle qu'il n'avait pas 
sous les yeux le texte démotique, et que, pressé de livrer à 
ses confrères le texte nouvellement découvert, il n'avait pas 
acquis par une étude approfondie la conviction de l'identité 
des deux textes hiéroglyphique et démotique. M. Bouriant 
me pardonnera si, pour la facilité de ma démonstration, j ai 
quelquefois eu l'air de le prendre à partie. Je pense ne 
l'avoir fait qu'en termes qui marquent mon estime. Je ne 
suis pas de ceux qui aiment à injurier les auteurs avec qui 
ils ne sont pas d'accord. 

Le pivot sur lequel j'appuie mon interprétation est le 
mot démotique na sebau, les ennemis, comme sujet de 
la phrase correspondant au fragment de la première (16®) 

ligne de Rosette. Je le retrouve dans 1 rWi de Damanhour, 
et dans je vois une de ces méprises ordinaires à Daman- 
hour, la tête humaine # mise à la place de la tête de veau és 
pour répondre à l'adverbe «pi-cepov, c^^gs. 5^*. 

La tournure : Pj fâ^' j 'l '^^r n *^ Q"*"^* ^^^ impies 



1 . Il est fort possible que la même substitution existe à la ligne 10 
de la stèle de Damanhour, dans ^^ r vS. Que l'ai supposé Féqui- 
valent de -^ ^ T ^ de la ligne 13. 



AAAAA^ 



.qui avaient i-a,Bsemt>lé • -<y 
retrouve, pa.r exemjilo, L^ 
il y ^tdit <i'Iâ>rer.g.,È3,t^ 'et ii.'^ ., 
•™-iT .-„ « Ils durent flK^/^ 
ligne 7, j_l^ se tr-ovi^o iv y/ 
après le second xiaot «a»» ,ri<.,,, ^ • 








o 



i-:Ê^yT>. l""'"""" l^i" 



c 



. CJ' 



H en (telle) csonîoxïo:t.i^ftxr^. » 
AlaligQ6S3, on li-t <3.^ inéme : 

Ces exemples sixfHsont -pour- oonclureque c'o^ 
ment que je coupe la p^ose avant /1J{^,. 
ir> '^ <-T->a.m->. -^^^r „fRos.;,nef 



mettre. Il est rare. 



^Ros.^, De peut 
Il faut le lire ZDB ij i^ 

peut le comparer qu'à. 

. ^ - ^ > ^\ ^^ monceau, ta^ 
grappe * , et a ^__^ ^ JBi^ l 



. ej) 






314 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

acervus. Comme verbe, il ne peut signifier que rassembler, 
réunir. Le sens ne saurait être douteux, car le démo tique 
traduit par na sebau au ar tutu (copte totoit) $*esu, au-u 
xope ha-u, « les impies qui avaient rassemblé des troupes 
» et étaient h leur tète' pour troubler, » etc. 

Damanhour donne ensuite Ol J> ^^^^ Rosette a la 
bonne leçon ^1 1» S'eS troupes*, écrit ^i (jW • ^"^ lignes 7 
et 14 (== 11 et 21 de Damanhour). C'est le mot que j ai ren- 
contré sur un monument de la collection Desnoyers' (aujour- 
d'hui au Musée d'Orléans) yl^ , et que j'ai traduit par « chef 
)) de la rjarde-robe ». ^ 

Les mots ^^ '^'^'^^ / — ® se traduisent facilement par 

« qui étaient à leur tête ». 

Cette périphrase : « Les impies qui avaient rassemblé des 
troupes, étant à leur tête », rend bien, quoique un peu 

longuement, xojç x* à^Tj-priJaiiévou; xwv à'irorcivTtov. 

Les Egyptiens ne disent pas simplement « les chefs de tel 
peuple », mais « telles gens et les chefs qui les com- 

mandent » ; exemple ^ ^ l^^f^ <=> Tl' ! P V4* f ^Tî 
(Canope, 1. 7). Le décret de Memphis emploie donc ici une 
tournure analogue. 

I 1^ yi a pour correspondant, dans le texte démotique, le 

mot PD/.D/., que nous avons déjà rencontré plus haut [§ 16, 
p. 289] pour désigner la révolution (dans le grec -capx/r;)* qui 

1 . Et non a étant origine pour troubler les nomes » de M. Revillout. 

2. Chaba.s, n^ayant pas reconnu le verbe c^^ j. , corrige 5i en 

I, et fait par conséquent un premier contresens, p. 17. 

3. A. Baillet, Collection Desnor/rrs, p. 33, n* 6 [voir ci-après]. CL 

cependant le titre ^>^^^^^ 8 1 '^5 ^'^^^ditour des comptes ou 

le domestique du restinire, du Papyrus Maifcr B. Sur la prononciatioD 
S*eS, voir Brugsch, Zeitschrift, 1880, p. 8. 

4. C'est le mot officiel. Cf. les papyrus grecs. 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 315 

priva Épiphane du gouvernement de la Haute-Egypte pen- 
dant près de vingt ans. Nous sommes à la 2T ligne du texte 
grec, mais le mot correspondant à sedem a perdu six lettres 
E ANTAS. Letronne avait adopté l^o'/liaoLy-zx^, par compa- 
raison avec la phrase èvw^^Xouv Tà< itoXetç iv neXoitowiidtp \ 

Il n'y a pas d'autres exemples de ce mot. Cependant, je 
crois que c'est le môme qui a été étudié par M. Bergmann" 

dans cette phrase : fl ^s. a^/^sa îzçi ^^^ ^jihh « es 

» verkehrt den Weg fur Apophis* »; H ^k Mv^i^ W 
^^-^'^^^(j^lJ^'^ «es verkehrt Isis die Wege 

)) vor jenen Bôsen inder Richtung gegen Abydos* ». 

Le Shâ amu Duat m'en fournirait une autre variante. 
Il y est dit : « Et ce dieu accomplit ses transformations 

/www A/WNAA .!^ >e«^ Ci I ZJWl -^ A ^ I I I U 9 Cl 

» pour infester la route, pour Apophis, par les incantations 
» d'Isis' )). Et plus loin : « Ce grand dieu ne monte pas sur 

» /este son chemin dont l'entrée est à la retraite d'Osiris*. » 

Je pense que [^ A, '^%^J\ et P^^Vi sont 

trois formes du même radical', et signifient « troubler, in- 

« 

1. Isocrat., Ad Philipp., §21. Cf. Letronne, Inscriptions d* Egypte^ 
I, p. 293. 

2. Recueil de Tracaux, 1885, p. 158. 

3. Sarcophage de Nes-Shu-Tefnout. — Tombeau de Patu-Amen-ap. 

4. Nota n seyji Asiri, 1. 22-23. — « Isis retourne par les chemins 
» d'avant l'acte funeste (?) vers Abydos. » (Pierret, Études égypt.. 1873, 
p. 34.) M. Pierret ne maintiendrait pas sans aucun doute cette tra- 
duction. 

5. Pour monter la route vers Apophis par les influences d'Isis. » 
(Pierret, Études ègypt., p. 113.) 

6. (( Ne monte pas ce dieu grand sur lui; \\ parcourt sa route dont 
l'entrée est à la retraite d'Osiris. » (Pierret, Études ègypt ^^ p. 114.) 




316 LE DÉCRET ï>n 

/ester des chemins, les nomes, » oto- C;/. p^" -etue Je c^pf^ 

^^, ^^, obturare. z:::^:: "Ç^ ^ ^ ^ 

Ta Upà àStxTÎoovraç est traduit par ^^*** t f f .fi^inj^y^tpar 
AU u KMA R NA arpiu « et qui violaient les tempks^ ^ ^^^ 
le texte démotique. 

Je donne au verbe "^ la même sig^i^catiou q^^ j/^- 
adoptée au commencement de la ligne 14 (Dam., l ^j 

On peut ici saisir sur le fait une habitude des trarfueteurs 
égyptiens. Lorsqu'ils ont à transcrire du démotique en 
langue sacrée, ou réciproquement, un texte donné, jfe affec- 
tent de remplacer les mots par leurs synonymes, ainsi ici : 

^^jj par ^^^ « rassembler » ; p ^ y^P^ 

^^ « troubler, infester »; ^^^ pa^ -^.S^^ « violer, 

» nuire »; et, ligne 14, jÇ'3j^ P^r ^^^*5=* « être 
» en dehors ». 

Cette méthode est surtout frappante au Rituel de Pamont 
(en écriture démotique) : tous les mots sont ainsi traduits 
de ceux du Rituel hiéroglyphique, même quand ils sont 
d'un usage usuel dans les deux idiomes et souvent repro- 
duits à la page suivante. 

Après ces phrases incidentes, le grec ajoute : Inl -coa èaiixoO 
natxpéç, qui uc sc trouve pas mot à mot au démotique, mais 
y est remplacé par une périphrase bien connue : au-u p bol 
p MIT N SUTEN AU PEF AT « qui étaient en dehors du chemin 



1. M. Bragsch (Inscriptio Rosettana, 1851) a traduit oe commen- 

oement : « Ecce eliam (?) milites qui fuerunt in domibus (Cl I aa 

lieu de ® I) eorum^ incederunt in regiones^ [molantes] dicina tenipla. » 
Cette traduction du Décret de Memphis^ remarquable en son temps, 
est aujourd'hui trop arriérée pour qu'il soit utile de la citer à chaque 
pas et de la rectifier. Celles de M. Cbabas et de M. Revillout, qui 
peuvent être consultées avec fruit, demandent qu on en rectifie les 
•rreum. 



du roi et de son j>^^ 

sacrée par : 



ou en biérog:lyj>i^ 

On rejoint ainsi 
même, aboutit s^^^ ^ 
pierre de Rosette 

Damanhour 

U. Souriant - 

" -lafêtedu jour de, i». ^^^ 

Aug.Baillet • 




AAIVWL I I I _J( ^fcw 

« (et) qui âtaient _ ""^^^^^ t 

tnfln, cotte loaerva^ -,,. 







■ M.B. raain de son pore ». 






at de 



Si l'on compare ces eextfresr, iV me «en,i, 
connaître, dans la r&stitutioa faite par a ^ 
flieurs inexactitudes. M. 



318 LE DÉCRET DE MEMPHlS 




correspond à ^57, comme à la lig^ne 18 où se ren- 
contre à peu près la même phrase, et comme cLans le démo- 
tique ^^^fe- 2- II faut traduire simplement 
dans la fête et non dans la /été dujcjccf-, ^rpoc; ^-^^v 7:av/;ppiv 

(Rosette, I. 7). 3*^ Avant ces mots, il faut ^^^^ ^^^^^^^ T^, comme 



dans le démotiquo'. 40 Entre ^^ et --^ i^ ^y .^ .^^^^^^^ 

intervalle. 5° Au contraire, il y a des signes effacés entre 
Ç et ] l\l\, et l'on doit y restituer ^ X — ^^ /^ 
fête (oà)J. reçut la royauté, ô» Il n'y a.^c^ trace de 
l^l ^ ^ ^ , que du reste M. Bouriant i^e propose que con- 
jecturalement. 70 Au contraire, la construction de Japhn.se 
dans la fête U reçut la royauté appoUe nécessairement 
l'adverbe où,, dans laquelle, qui se retxd nar ^^^^^sâSi 
rejeté à la fin de la phrase : or, le dessin de ^ ^/«T^e 
rapportant à ^ qui est du genre tnasculiTrend bien 
compte des traces -^ 



C'est donc sans hésitation que j'écris la restitution: 




le texte démotique suit une petite phrase : 





« Il fit punir, ' ^=^ Uy^ U 

^>is. selon l'usage » 

qui semble une répétition lY^ ^. , i . -t^ ,^^ 

I j X * ' ^r.. ^Ut\Ar. \?r\ vprtii de la similitude 

des deux textes, on pourrî\^ *, ^^^le, biU venu uc x» 

^^ ^^t^oire qu ^lle doit figurer dans 

1 . Voir p. aOO, 303, confo^x^^. *. 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 



319 



l'hiéroglyphique; mais je ne sais comment la rapprocher 

de .^n^ç^TF^, qui se trouve en cet endroit de Damanhour. 

Faut-il voir dans ces deux groupes un nouvel exemple des 
inadvertances du graveur qui avait commencé trop tôt à 
écrire la formule finale de la phrase qui va suivre? Cepen- 
dant, elle allongerait trop le texte pour qu'il pût tenir dans 
la lacune de Rosette, et elle est tellement inutile, que je 
crois devoir m'en tenir au contenu du texte de Damanhour. 

[§ 21. R., 1. 16-17; D., 1. 23.] — Après la mention du sup- 
plice des chefs rebelles, les textes, parfaitement d'accord, 
passent à la mention d'une remise d'impôts : 



Dam., 1. 23 : 
lire : 



IL 



M 



M\ l \ 



Oi 



j} I I I 




I 

o 
I 









I I 
I I I i I I 

III O 



m 



/S/VVNA/\ 



n I 
I I I 
I o 






« Les possessions de Sa Majesté étant dans les temples 






I O II I /www U 

f 



a jusqu'à 



^111 

I I I 

O I I 1 

l'an IX. 



/WW/VA I 

qui faisaient 



quantité d'argent et objets. 



o 
o o 



A/VNA^W 
J] I I I 



le 



V5V^ 



)) S. M. les a abandonnées'. » 



Je ne vois pas d'autre moyen de transcrire ^-^-^ \ 5 etc. 
que par — «^i 5 * etc.; la phrase ainsi rectifiée répond bien 

1 . M. Bouriant n'a pas essayé cette restitution. — -<3>^ est le terme 
usité pour marquer l'égalité. (Cf., à la première ligne, la traduction de 

la date (JLf,vo; Savôixoj TErpiÔi, AÎY'jTTTttov ôà Mâ;(£?p ôxTcoxatSexâTT), et toutes 

les pièces de comptes.) 

2. Rosette, 1. 2 = 17, n'a que les deux derniers groupes. 

3. 7 (lah n'est pas à modifier. 



320 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

On remarque que le texte grec dit : £u> g toO 6ySôoi> Itou;, et 

que le texte de Damanhour porte : j f^m , qui ne peut 

être restitué que f i i i, c'est-à-dire Tan IX; cette fois, 

^ I O I I I ' 

cependant il n'y a pas faute du graveur, car le texte démo- 
tique porte aussi le chiffre 9 (\^). Pour exprimer « jusqu'à 
)) la fin de la huitième année », les Grecs disaient': Eax; toù 
àyUou Itooc, c'est-à-dire « jusqu'à la huitième année révolue », 
et les Égyptiens « jusqu'à la neuvième année non comprise ». 

[§ 22. R., 1. 17; D., 1. 23-24.] — Une deuxième exemption 
porte sur ce que les temples redevaient en étoffes : 

(( De môme en étoffes de byssus données au Palais 
» et dues par les temples et le complément de pièces d'étoffe qu'ils 




» jusqu'à » 

Damanhour vient heureusement compléter Rosette par : 



D 
o 



O 



Jllé IJ 

c'est-à-dire : 

m 

a jusqu'à ce temps ». 

Cette phrase difficile a embarrassé les commentateurs 
tant du grec que de l'égyptien'. Mon intention n'étant pas 
d'éclaircir le texte du décret, je me bornerai à quelques 
observations. 

1. Voir le résumé des discussions dans Chabas, op. cit.^ p. 23. 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 321 



Chabas change ^^ ^ i a^^s^a ^"^ ^^ ^^ O I '^"^'^ • • • et tra- 
duit «portion^ d'étoffe (if«.T) de byssus » (p. 19). Brugsch' 
avait lu et traduit : pariter etiam a vestibus e bysso datis xri 
domni regiœ a domibus veritaiis. M. Pierret' traduit ^^5 
et ^^5 P^r ^* étoffe ». Le texte démotique dit : « De même 
» le prix (SUN, coTn) des byssus que redevaient les temples »; 
et le grec : -cic xîfiàç twv pujdlvwv oOoviwv. On ne peut choisir 
qu'entre les significations « étoffe » ou « estimation », ou, en 
parlant des étoffes, « métrage ». 

, cf. Rosette, 1. 23. J mis pour uh s'expliquerait par 

la forme hiératique de r?; mais il me paraît douteux que le 

texte de Damanhour ait été écrit d'après un texte hiéra- 
tique. Le démotique, selon son habitude, remplace ^ par 
le synonyme ^^ q écrit p ta. Mais on ne pouvait restituer 

dans le texte de Damanhour \\\ .Ce serait une ortho- 
graphe qui ne concorderait pas avec celle qui est adoptée 

dans la stèle. On eût écrit ^j\ comme plus loin (Dam., 

® rA nnoD 

1. 25; Ros., 1. 18). Il faut choisir entre B' ou II proposé 

par M. Bouriant. 

La fin de la phrase, composée de trois mots techniques, 
n'est pas moins difficile à interpréter. 

Chabas traduit ' : -f^Tx „ n[ ^^ <=> t::^::: n et l'échan- 

» tillonnement des pièces de leur fourniture' ». 
Le texte démotique permet de préciser tout d'abord le 

sens de r Xy,» qui a paru embarrassant à Chabas : ce mot y 

est rendu en effet par meh « remplir, compléter » ; c'est donc 
« le complément, le reliquat ». M. Revillout, d'accord avec 



1 . Aucune racine ^^ n'a ce sens. 

2. Fnscriptio Rosetiana. 

3. Dictionnaire, p. 692, 715. 

4. Voir, dans Chabas, Inscription de Rosette, p. 23, les diverses tra- 
ductions proposées pour le grec. 

5. a dies et constituta vestes illis » (Brugsch). 

BiDL. âOYPT., T. XV. 21 



322 



LE DÉCRET DE :N«E:Iw«F»E[IS 



Chabas, traduit le mot suivant par* c< p>îèces d'étoffes ». Quant 
au dernier ^^-->6» *^^^ XeYOfxevov, Qiaî paraît à Chabas désigner 
(( la livraison, la fourniture d'étofïos off ectuée », il est rendu 
dans le démotique par sar (^L| ), ciue M, Revillout traduit 
par « qu'on a écartées (ciop) », o'est— à,— dire « qui n'ont pas 
» été fournies jusqu'en l'an IX w . 

[§ 23. D., 1. 24; R., 1. 17.] — Dstn^a^nhour continue seul au 
sujet d'une troisième exemption : 



D.,1.24:fy f] 



t I I 



î 



e 

i I I 



lire : 



J\ 



vâfi^ivin^ Ti 



v"D 



Il I [ZJ III 

«Voici qu'il déchargea los ^etœples de la mesure de grains 

» exigée par saU de charrup a.os dieux ; » 



[§ 24. D., 1. 24-25; R., 1. 1"7— xg^^ 

Dam. : y 
lire : y 



c^ 
c^ 







M vignes'. » 



« De même 



P 



pour le seti 




T:ki 



leurs vins 



\> 
s: I 
\> 

s l 
par champ de 



1. Très bien restitué par M. 
Ros., 1. 9-10; Dam., 1. 16). Le d^ 
pour ^ ç. et ah p ntr-hotej^ 

2. Restitution de M. Bouriant. 



^rit, sauf ||% q^'il P^s« (cf. 
^*i^\ie emploie P (là pour T , s'eti 






l^B DÉCRET DE MEMPHIS 

324 complète après 4yi; le démotique ajoute : 

QQ\\e~d n'est pas ^^^^ ^^^ d'obligation à, faire elles », et le 
„ et le reste des c ^i„jî;ouéva>vl, ce qixi est plus d'une fois 

traduit par '^ ^rr^ ^^^^g prescrits pour leu^rs personnes 

-^sî>-^ \l ®*^' ^e) Von fait pour les dieux, etc.* »; — 

)) comme ^P^J^^,^- o ^^l'I* « pour faire toutes 

^ ^^ ^Jx Ji.l ' '/ip faire pour le service des dieux ». 

^hSS prescrites de F 

18-19' D.|l- 26.1 — La rédaction grecque re- 
prend en disant^'-^^*^ ^^^^^^ 

èitt y wpac *^Q manq^^ *^^* entière dans Rosette comme 

Cette pnra ^^ démotique la rend par « les honneurs 

dans P^^^^° ^.^^'j^ pour les temples et les autres honneurs 

» qui d'ob ^^ Mablir eux dans leur ordre selon le droit, » 

suivant ^^ Canope nous fournit les équivalents du mot 
Le ^^^^^ p^ \a ligne 5, ci prodiguer les honneurs 

r^.^^ ^ \ ê\^^ ^y .î c. Ji « faire être 

lit encore . ^jj<:::^U Si) o^ . — vN.zil oSli . 

d s honneurs éternels à la reine » . La rôdaction^^démo- 

tique se sert ici du même mot sous la forme JIJ ^ ^ _Si 

X II /^-S^l* si-Doh, si-nt-poh. 11 est aussi employé au 

texte démotique de Rosette : -^ | g) -SSi 



I I I 



1. Canope, 1. 33, stut n ar. — Rosette, l. 26, "*^^^; 1- 27, 
Canope, 1. 26; cM. 37, etc. '^ ^ 

2. Rosette, 1. 22. 

3. Rosette, 1. 11 = Damanhour, 1. 17-18. 

4. L'initiale de ce mot est l'origine de la particule olik, qui forme 
en copte les noms abstraits. Ils sont nombreux au Rituel démotique de 
Painont. [Voir infra, p. 364, et supra, p. 52-56.] 

5. Quant à rXn> <l^i veut dire «force, puissance», comme on le 



326 LE DÉCFtET * OE Tb^EMPHIS 



1 ^ àa. « D'après oe t^it€^ qu a ordonné pour- toi 

» Anubis' ». 
Si cela ne donnait lieu ôt lane ic'épétition peu probable, on 

pourrait dire l^PlS '^'^^^'^^•^^ * <ppovTtÇu>v 67rèp tcôv àvTjxovctov 

eiç aùtà (1. 31-32). 

AtaT£T/,pT,x£v £iT' /(opaç pevit so ror^<i^^> comme dans le démo- 
tique, par \ r^^ ou, comxne et î^m. fii^ de la ligne 10, par 



L'expression àxoXoôOoi; xoTc^ v^jj^ot^ ^^ conformément aux lois » 
est dans le domotique et /li jjo/^ /»*^ rma p hap, dans leur 
)) forme selon le droit » . l^ ^^ droit » ou la « loi » se dit 

^^TTT ^^^^ Plâ '^' ^~^ %> fl j "" édicter des lois' », 

1^ U ^1 I I ^^ attermir les li^is' », <sr>-c=±=^ « accomplir 



i I I 

ra a 



» les lois' ». Mais je x:i'a.i pas rencontré |(|^° ou mieux 






comme 
I I I 



y. ^ ' ■ '■' ^ cïi r.-^ n. _ ^:^ n ^=^ D ' — ' 



Ml _ .. ^^X fi,i.3(r ou '^^l es 



^*^ ■» A»WW\ <2i \\ 



Pd I I I ®^ ^^tx^es expressions qui reviennent dans 
les textes fort souvent ot «ui pourraient convenir ici. Il ne 
serait pas impossible ^v^o è^. ?l.c 5.=c^s^/.?^xsv ait été rendu 



à VAmduai\ Enfin 



comme « les rites dern 



^<^vir-és en vigruciar » ..^^ ^ ^ 



îrf 



, . ^1 On est une st^^^^ expression bien 
connue, qui rendrait c^^ ^ zaa^ a r. x- 

^ ^ ^noore la mencie i^ee a 1 égyptienne ; 



•»■ 



1. Pyramide de P épi ^«--r ^ ^ 

2. Rosette, 1- 18 = Da.ro^.ï^V.''^ ' ^^' ^- '^^' ®^^' 

3. Louvre, C 1. ^^ovir, i. 25^ 

4. Titre royal, Z)rnA7î>^^ 

5. Turin, statue, ap^e^^ ^j/l"» ^H, 71, etc. «q.. ^ ^..^ . ^. . 
d'fforemheb,m,oU^. ^^^«I>ero, Recueil ^ ^«^'^^ P' ^^3; et Décret 

6. Amduat, 5* heure. 

7. /6fcrf., 3' heure. 

8. fht'd., 9* heure, I^i^i*i-^*. 

• ^- 116. 



328 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

2° Ou, en prenant pour « honneur » un mot r>lu.s us'f - 

dans la langue sacrée et variant l'expression * : 

[§ 27. R., 1. 19-20; D., 1. 26.] — Deux mots 
au démotique i r^sr\ « il donna or », soit 

(cf. 1. 12 et 14), rempliront la lacune jusqu'au texto c*"*"^ o o © 
sur la pierre de Rosette : i^servé 




« Il dépensa or, argent, objets en nature, erands a» . ^^^ 

' ®«' toutes choses 

OÙ ''Z::^ .:=^ n^ ~*~* '^ ^O^r. 

èioniM bJn ©o ^ w « 7? -¥• etc. 

» selon leur nombre, pour le temple de la résidence d'A • 



s vivant. 



Rosette s'arrête après rénumératîon des t** 
et autels, fondés par le roi. temples, naos 

Le grec continue par : ê^^wv Oeoû sûepYettxovi i 

TÔ] "Oeïov Siâvoiav irpo(i7ruveav^|jiev(5c xe xà xûv 1^^^-. "^^^."^ àvTfxo[o<jtv eIc 

i^-i -o-v' « fi, »*A»,. P^^* ttU-^WTorca, àveveoÙTo 

joint le fragment de la 20« ligne. *'^>^*<»'.v, etc. Ceci re- 

La première phrase nous est donnA*» e /t^« 

manhoar, 1. 11) : ® Par U «8»« « ^'^' 




flp^yk?v«i 



1. Le rédacteur égyptien s'est montra ^^ «^ t^t^ 

port, plus élégant que le grec : ainsi ^X-r^Or^.^^ ^'une foi^^ ^^%<) et 34) 
est traduit une première fois par » ^ ! "^S*^ ^'"^ ^XtvoN (li^ , i^;ti 

p^'i^-^^ïr^rr: <^^^«^tU^, ^^^tn., 1.23). ^ ^ 



-H- 



2. Q A Rosette. 



^^^), 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 329 

puis : itpo»ituv6OTinevocj etc. , par la ligne 11 {Dara., 1. 17) : 

v il fut à soQger beaucoup à laire toutes choses des temples u ; 

et la fin par divers passages : 

à nouveau' en son temps' comme il convient' de taire ». 

Soit qu'il y ait erreur de déchiffrement, soit que le gra- 
veur de la pierre de Rosetle ait mis l|| pour %\, je regarde 
ce signe comme traduisant le pronom de sv9' lôv SiB-ixaaiv 
nÛTû o\ oioi. Il n'est question en aucune manière de reine ou 
de déesse, et ol abi est traduit plus loin par mm^', il faut 
donc restituer nécessairement : 

ScSùwwiv aÙTÛ' àve" (ôv [ÈTCofijuav] o\ Oéol, etC. ' 

Avec ces souhaits finit, au milieu de la ligne, le préambule. 

1. Rosette, I. 19. 






2. Rosette, I, 7; Damanhour. 1, 13. On dit aussi 'j^ 

3. Rosette, 1. 26et 27; cf. Canope, l. 26, 33, 37, etc. On pouppait réÇ^**'' 

4. Il est néces.saire de modifier la traduction de Ch&l>aa ■. ol *^ __ ^' \ 
11 compense de cela, ont donné à lui les dieux et déesses, etc. », ï'^^ *^ 

5. On reconnaît le premier mot dans le fragment de DeLmH.n\io^ 

vient à l'endroit raânie où nous nous étions arrêtés : 

Mais il est impossible d'en faire concorder les autres sisnes a^ 
teste donné ici par la pierre de Rosette. 



330 LE DÉCRET DE MEMF^HIS 

[Dispositif. Rosette, 1. 20-29; Damanlioiir, 1. 26-30.] 

Ici commence le dispositif, annoncé siar tous les décrets 

par la formule : 




AFAeni TVXUI 



\J A 



A/Sr»^/VS / ^*<^ \ 




1 o 




L>- 




f^ ^ 



« Il est venu au cœur des prêtres des temples de l'Egypte 



-"^^^ (Ici finit cette ligne.) 
C3a I I I ^ 

)> en leur totalité. » 




sira'S— 



Dans le texte de Rosette (1. 21) 



fit des dieux Sôters . . -ji i i i 



O U 

I W I 

« et des dieux Sôters 



)> 



nous reconnaissons la fin de ce paragraphe : xa^ xà x- 

Tout ce qui précède n'est que titres, et il s*»ty.K1^ -i 
était facile de restituer le texte Uiéroglyphioi^ o-a^ '1 
cependant plus difficile qu'il ne parait t l^^l^^ ^**'* 

Chabas, malgré son habileté et sa connaissanct^'f^ 1^^' ®* 
s'est complètement fourvoyé dans l'interprétât' ^,^*^Sue, 
fragment que je viens de trauscribe. Oco, ^®*^' 

tout d'abord, parce qu'il sera la clef de is» ^ "P<^ns-nous en 
poser. ^restitution à pro- 

La restitution des titres du roi n'ofïre 
celle du passage qui concerne ses -:»«„ -?^^ ^® difficulté; 

^acetres en présente 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 



331 



davantage. M. Brugsch^ en traduisit tout d'abord la fin : 



A/VWVA 
I 1 I 



(( et deoi-um soterum rjemtorum twv patrum eorum ». 

M. Chabas' dit au contraire : « Les premiers traducteurs 
» ont cru que «atitq exprime l'idée père du père, aïeul, mais 

)) c'est une erreur; l'addition \j<^ t^AAAAA^ établis, institués 

» à eu.r, ne permet pas d'y voir autre chose qu'une céré- 
)) monie, une institution, » et il en fait l'équivalent de -cà 

M. Brugscli, dans le supplément de son dictionnaire', main- 
tient au mot --^ t la signification d'ancétrcs, Erzeucjer; 



il le compare à peq-Ttno, f/enerator; il en donne les variantes 
hJTI Y^ ^t 1^ dérivé j ( Statue cines Vorfahren, 

odcr des Er^eur/ers. 

Je pense que M. Brugsch a raison. Ce mot est très rare. 
Le texte de Rosette est le seul où il se présente sous la 

forme -^ u. Il faut donc l'étudier par ce texte même. 

Le démotique, qui suit la construction grecque, porte au 
commencement de la phrase : 



AA/>.'v'v*> 



\ 1-^^ 



.>î::^ U I III 

« Les honneurs 

Ta xt'JL'at TiavTa 



^^- V\ ^ — ^ 



Èî^ j]i'-^ 



\ ^ VVWNA II 



etc. 



qui appartiennent 



au roi Ptolémée, ^ 



>. 



'JTTXOVOVTa 



/^ AA.-v\ ■■ f-^ r-^ f-<; 




\\ \r:k= lin ^û\& 

ceux qui appartiennent aux dieux l-*tkilopaVO^ 

o;iotto; 01 xai xà Oewv 



» et 



«I> tX o TTOLT'iP^ 



1. Inscrlptio Roseitana. 

2. Inscription de Rosette^ p. 41. 

3. J>age 1384. 



333 LE DÉCRET DE MElw«I>HIS 



» qui font être lui, et ceux des dieux Évergètes 

Twv Yovétov a'iroû, xa: xà Oecov EuEp^excôv 



A/WWA ^rr^ ^-j^-V f\ •♦V AAAAAA AAAAW 




» qui ont fait être ceux qui ont fait être lui, et ceux des 

xwv TcpoY^vwv, xoc? Ta 



\iraii^ TeTi^ A e iiv 



» dieux Adelphes ceux qui ont fait être ceux qui ont fait être eux, et 






» fait ôtre eux et 

» ceux de les dieux qui sauvent qui sont pères 

» des dieux Sdters ancêtres 

démoi. ^^ (jg^j] 

» de leurs pères. » 

hiérogl. %( ^j 

» des ayant formé eux. » 



AV»AAA 
I I I 



Je dis que la transcription et la traduction de M. Chabas 
sont également fautives. En effe t, il lit le premier groupe 
de la stèle de Rosette : ® □ p^ n xopr sn ; et il traduit : 
« Les honneurs religieux qui ejcistaient déjà, » 

Malheureusement, la copie de M. Chabas elle-même ne 



LE DÉCRET DE MEMPRIS 333 

porte pas • D, mais • D. Or, s'il est vrai que (ordi- 

nairement écrit M ou 8 ) devenir, se former, peut avoir 
au sens passif la signification de être devenu, exister, être, 
qui conviendrait à 'mi^ya'^'^^i '' i^'^Q ^^^ V^^ ^^ même de 
S D, forme causative ou impulsive du verbe, lui donnant 
la signification défaire devenir, faire exister, tout à fait 
synonyme du démotique a . On ne peut donc traduire 
autrement que ayant fait exister eux, qui, dans le grec, 
correspond à -ïûv itpofJvov. Il ne s'agit donc pas des hommes 
religieux qui existaient déjà. 

Le reste de la traduction n'est pas mieux réussi. Pour 
que ■-— ) tf 1 V<=v I "^^ P*^* signifier les honneurs établis 

n — \ J 1 N -21 J I I I «* n I » Ci fl f / — " — 

à eux, il faudrait qu il y eût ---*( l[ici*ÎJ> UV "'™, que 
la préposition n se trouvât après tut et non avant. Laissons 
donc à ZNF la signification d'ancêtre, Erzeuger, genitor, et 
donnons à tut celle de creator, c'est-à-dire père, qu'il a 
incontestablement. 

Personne n'a encore réuni les exemples de ce sens de 
n w , d'ailleurs bien connu. En voici quelques-uns : 

>=iE~I~'11i<=>°8 ^^^ aNondum fecerat esse deos 
» Ptahtonen deu^ y^r^^CÛ^^^^V^ ^%^ 
<L^J o ^^|''tc.»Oroibon,vamantivd°^^«;^ 
» l'existence, etc.* », disent les chefs qui viennent s»^ vi 
roi Tout-ânkh-Amon. - lll 1^° •jS^H S .«^''S^V^U' 



« Né de la déesse Pakht, qui a reçu l'existence deX» "^^^ ^^ 
» Ouer-Hekaou'. » — Il prend le sens dérivé ^Û^ . „, 

1. Inscription, de Sabaka, 1. 9; GooâwÏD, Mélangea àgypto'' 
III, p. 269. 

2. Denkmâlet; 111,117. 

3. De Rougé, Inscriptioni hiéroglyphiques, pi. 149> S- 



334 LE DÉCRET IDE! I^/IEIISII^HIS 

enfant \ un chien', un édifice ' , de j:>r-ocZutre on faire pousser 
des végétaux. — Substantivemorat , il s'emploie comme dans 

notre texte : P^Z^ jj^ \\ ^ ^^ cr-<*ctt€ur des corps* )). — 
Le sens de créateur, père, quo j o donne à ^^ fl est égale- 
ment justifié par Uusage de toutes les époques : fl"^ ® 

Vm''^'^ I ^Hi i^E^ * « faisant honorer le 
» nom de celui qui l a procréé p>sir- les gens de sa maison' ». 
Le grec, en spécifiant les degrés de parenté, emploie les 
mots Tûv Yovâiûv aù^oo et -ctôv •n:po-^»-:>^t^^ après les deux prettt\«a 
degrés, et n'ajoute rien aux noms des ascendants qui su\- 
vent. Le démotique, au contrivire, indique quatre fois la 
parenté. Le fragment conserv.é clans la stèle de Rosette 
prouve que le texte hiérogly ptiic^xio faisait de même, puisque 
nous la trouvons indiquée aux troisième et quatrième degrés. 
Le démotique avait deux expressions différentes pour le 
troisième degré {au rit Lop^r- ^q, ,.^,- ^^ ^^ "^ 

quatrième ^^^vh{atum.en, cctt^) ; ^^ ^^ j^ texte hiérc^ 

g^yplj!S:^,f.f°^""" varxa,it l'expression au troisièirx^ 
%MM\) '' ^" ^«^t^i^xne degré {^jl^^f' ^ 

Enfin, par 4>flf| et rfe^ rf.e-ua. Sôters, on voit que -le 
!^±.'^^^^yP^^^"' ^' ^ép^t.at pas, comme le démotiqv^^. 

Ce mot ^flj, pour dir-o l^^^ ^ ^ 

»^Ui . '^ ^es ancêtres, ne se renco^atr^ 

pas dans les mscriptions arxti^T-î ^ 

^ ^^ï^iexxres, parce que les roi^ tf y 

1. Papyrus AnastasiV^X^ y ^^ _^ 

2. Conte du prince prèdestîrt^^ ^ ^^ctpi/rus d'Orhiney, 4, 1. 

3. Chantd'Amibàhkeni.p. ^^^\ L^' '^' 

5. Tombeau de Siout : E^^ j^ ^^B, 
pi. 292. ^^Sé, Inscriptions hièroglyf^^ 



I 1 I 



*^^urs. 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 335 

parleat jamais que de leurs pères et de leurs aïeux mâles. 
On se sert de l'expression ''-=^ 5^~ , [I sÊI père de ses pères. 
Mais, quand les Ptolémées associèrent leurs femmes à tons 
leurs honneurs, il fallut trouver un terme qui comprit les 
ancêtres mâles et femelles, c'est ainsi qu'apparut le mot 
•-— °ï (j. Quant au déterminatif, il n'a rien ici d'extraordi- 
naire, puisqu'il s'agit d'ancêtres défunts et divinisés. 

Mais ces conclusions, auxquelles j'étais arrivé avant 
d'avoir étudié les décrets de Philte, se trouvent pleinement 
confirmées par ces textes. Je vais mettre parallèlement ces 
trois textes et celui de Canope : 

I Rosette : i . 



PMlœ, 


1" 


iêcrei, 1. 8 






...^^ 


Philœ, 


g» décret : . . 




M-f' 


'csm 


Roa., 1 


20 


w: 






'■"'SPVi 


Ph.,1 


•d. 


MLf 


il, 


> 


imm 


Ph., 2 


d. 


m:: m:: 


+ 


Hîl^a 


Tanis, 


1.11 






+i,- 


^inw 


Ros. : 




+ 


flfl 


Sîi V=¥î ^ 


Ph.,1 


'd.. 


m 


ifl 


^1 


„^»™ 


Ph., S 


•d. 


-r 


M 


^vny-^Tf 


Tanis, 


1.12 


ii:<L 


-tlfl PT 


-ot^ „.,^ 


1. Mauvaise lecture pour ~™^ . 







336 



LE DÉCRET DE IWf ^KfPHIS 



On voit que, dans ces textes, l^s mots grecs xGv TrpoY^Jvuv 



», 





ou 




« enfanter » et 



sont traduits par les verbes 
« créer », Hi, « engendrer » 

Ces mots varient de place, i>a.rcio qu'à aucun d'eux ne 
s'attachait en égyptien une idée do dcg^ré dans la filiation. 

L'orthographe du 1«' décret do I^hilae n^<=> justifie 
complètement ma lecture •^ cIsLns Itosette, au lieu de • D 
lu par Chabas. 

On remarquera aussi la doul>lo orthographe -^ fli (Ro- 
sette et 1« décret de Phil^) et .^T;^ ^ rtO (2^d^^ 

Phil»), que M. Brugsch a égalornont relevée dans d'autres 
textes. 

• Rien donc ne sera plus pro\>atl>l 
vante du texte de Rosette : 

Revenons maintenant au r^s^e» <ie la phrase. En dehors 
des titres reste: -^-W-^» "^t^ixt, ^i,,.f ,û .l.vo6£v ^^"0.- 



que la restitution sui- 



xvmHe- 



îlffl SP V 



nToXe(ia(u>, ifjYotTCTjjiévq) oiro toû *0 

On rétablit aisément les 




f oyaux : 




Pour ta Oicàp^ovxa Ttfjifa itxv-c 

tion en est donnée par lo 
» force! Mettent dans levxi 



»w 



» neurs nombreux pour lo 



a.% 



èitaiUiv ixeY<i>^««>ç, la traduc- 

-t de Canope : « Salut et 

r les prêtres de l'Egypte 

^^gmenter l'effusion d'hon- 

» ^tc. » 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 337 

[Article premier. R., 1. 21-22; D., 1. 26.] — Au para- 
graphe suivant, il s'agit d'élever une statue du roi : 




nxoXefxafou •cou èTcajAuvavTOc t^ AlY'-iirctji, 

ce qui se conipléte par : 



rg?>5iFi fxr:^ 



Le grec ajoute l r^ irapaarifiaexat ô xoptioxaTo; 6eo; tto-j lepoû, 8ioou< 
6'icXov vtXTjTixov & Ejxai xaTeTX£uajfJi£[va xx^à tôv Aîyuttcicov] *'^Tp6i:ov. 

Ce que le texte démotique traduit : 

«... une image du dieu des hommes (de ce lieu) donnant à lui le khopech 
» de victoire dans le temple, temple chaque, le lieu qui apparent du 
» temple; (lesdites images) sculptées selon la façon d'hommes d'Egypte'. » 

Rien dans Damanhour. Heureusement la même prescrip- 
tion se trouvait aux décrets d'Alexandrie, et nous allons 
en retrouver les traces sur les murs de Philaî. On y lit après 
une longue lacune : 



iJi^B^n»^ rio^"^^^ ^$P/^§ï 




1. Chabas restitue ce groupe x cictorieux. Cela ne serait l'équi- 

tC^ ni de èTca|Auvav7o; t^î Al-puTO). Le mot X est 
connu sous l'orthographe (1(1 , ^ etc,<, protéger, 

c/<^(^wire, protection (Pierret, Vocabulaire, p. 278); A ^^ eJi 

# @ « Râ lui accorde une protection puissante » (de Rougé, 

Inscr, hièroyl., pi. 144, 1. 49) ; ÀlK ® (5 /www AfC f « la protection 

» du roi » (Ibid,, pi. 143, 1. 38), etc. 

2. Revillout, Chrestoniathie égj/piiennc, I, p. 41-42. 

BiDL. fiOYPT., T. XV. 22 





338 LE DÉCHET DE MEMPHIS 

que je restitue de la manière suivante : 

Le premier membre de la phrase est encoro îxaooraplet 
je restituerais : 

«... l'image du dieu de ce lieu. » 

Je répète deux fois"^^!^' comme le démoticiue répète 
deux fois o^ o^|. Le démotique dit a le dieu des hommes », 
c'est-à-dire Te dieu des habitants de la ville dans le temple' 
de laquelle sera élevée la stèle ; mais sur le mur de Philso 
les traces Jj du mot J^sont incontestables. L'épi thète 
xuptâ)Ta-:o« a disparu. On a donc : 

« Qu'ils tassent établir Tiniage du roi. etc.. et Vui^age du dieu local. 

» donnant à lui le khopcrh de victoire ^^ ^ ^^p^^ comme 

» (le prescrit) le décret rendu par les prôtr^s. » 

On voit bien que la même pros5ç.».= +. vv»^'*^^ ^^^^ 

l'autre décret d'Alexandrie; mais Iç.^ ^. ^Ption e- ^ ^^ grandes 

que je ne puis rien restituer. Je n'y ^j^^ ^Unes sO ^J^"^ 



c^ 



« qu'on (élève une statue, etc.) » ; ^^ JS^^^ 

« (sanctuaire?) de cette divine doxti,:^ ^^ ^'^^'^ ' ^mio encore : 



\^^^ i ^ • '^ "^^ n ; plu0 



loio 



Le déchet de Memphis 330 

Il faut remarquer que iv -ni i-:tfivîr:iti|i -.Ct::^, eu déinotique 
pma nt iinh, a disparu du texte hiéroglypliique. Il est rem- 
placé, à la fin d'un des décrets d'Alexandrie, par T ifj'jl 
« dans la grande salle ». 

[Article II. R-, I. 22; D., I. 26.J — Apres le premier 
article du décret prescrivant l'érection isûhà) d'une image 
du roi recevant le hhopcch des mains du dieu local (c'est 
précisément le tableau mis en tète de lu stèle de Damanhour), 
le second organise le culte du roi : 

Oeiîî Èv [■;»!(; topTiîî xa". lua] " ït^^jî»]!!!-». 

La traduction s'en retrouve au fragment de la 22" ligne 
de Rosette-: 

Il ... tout temple k son nom servir ces images par trois fols 



La même prescription est édictée au décret d'Alexandrie, 
qui fournit quelques mots au commencement de la phrase " 



(1.10): 


^M ? U^ 


»T 


m 


lire : 


M noi 








« Les prûlrea du sanctuaire 


de loua les temples 


à aoo 



340 



LE DÉCRET DE MENll^^^'lS 



11 semble bien qu'il soit fait mention cl 
de prêtres, mais elle reste obscure; ot, 
l'autre décret n'est pas plus clair : 



no c 1 asse spéciale 
lae ureusement , 




Le texte démotique emploie le mot 

Entin, il est probable que le mot | 

ticle, comme cela arrive en tète de 1' 
d'autres articles (1. 22, 23, 24, 26, 28) . 
tion a pour correspondant en démotiqu 
précisément en cet endroit; voilà pou 
ticle II du décret. 
Il devait donc y avoir ici à peu près : 



f 
f 
I 



(^ c^ 




m mençait Tar- 

o I«^ (1. 21) et 

_. cette locu- 
quî se trouve 
j'en fais Tar- 



ï!!nin[] 



C30Q I 



mil 



^p~^ 



etc. 



La suite se lit facilement sur la pierre dQ Rosette*. 

Je ferai seulement remarquer qu'on, r^'a point encore 
signalé l'équivalent de ^ Upôv xoafxov : o'est le mot antique 
W qui paraît répondre au mot ustensitc^^ on g-énéra] 

A Edfou, à côté d'armes de diverses espèces & t (i H 

1. Et nom 9. 



I 



2. [L'expression 

u 



i ® 



¥V 



U 



„ III ^^^ creremonies établies 

» pour le double qui est en elles» mériterait de r^^t-^^z i. x. 

^ ! f Y§1 *^etenir 1 attention. 

D'abord vta-iiV n'est pas, comme dit Chabas Cp. 4Qi ,, ., • 

'^ *^ ^^^y Vin simple asup- 



» port du pronom personnel auquel est attache xirx rié^t^.. - ., ,. 

M 1' • 1» * • ♦ • 1-- ^*^'^^«iinatif dhon- 

» neur » ; il désigne 1 esprit vivant qui anime 1 xrvkSL^G maté* ' 

ou relief , et que les spiritualistes adorent seul en c»ii^ «• ^^®^*®» ^^'"^ 

^**^ ^ 1 exemnlp nr^s. 

sent est typique. Ensuite le lapicide abuse du si* 
et 344) : ici, après le mot masculin v-=;si-, il est rti 

rect et devrait être corrigé en ^ ou \^).] 



exemple pré- 
(voir p. 329 
î tësiemen t încor- 




LE DECRET DE MEMPIIIS 



se trouve la légende : JLxW ' n « ustensi. 
» (guerre)^ ». 
Les I o sont placés dans un magasin a*, l 



oo ^=^ 




parle des ustensiles sacrés ^=^>j X ^ "^^^^ 

fait mention des y o/ du moule de Sokaris*. Dei 
en argent sont offerts au temple d'IOléphantine*. 
tionnaire munit les scribes des ^=^^>ji ^== nécessai 
profession*. Un anmoutef offre XTOb\7^ j que 1 
nomme <=>j 8 î^^^^^^ ^^ debeh de pains blancs' )). E 

...O ou /' , de Rougé le traduit par grains, M. 

o o o 

par blé, et M. Lefébure par récoltes. 
[Article III. R., 1. 22-23; D., 1. 26.] — 'iapuTs:(jOa! 

nToXejxaiep, Gstp 'Eiciçaveï Eu^aptattji, tw èy px^iXiox; IItoX 
PaffiXîdOTjÇ 'ApJiv^TjÇ, 6e(ï)v 4>iXo7raT6p(i)v, ^'iavov 'wS xa: vxov 
èxàorq) Twv] lepojv. 

Dans le démotique : 

« Qu'ils fassent paraître (S) la statue divine ([• ^50 o ~ I IS 
» Ptolémée, etc., ainsi que le naos d'or (ta ga nub) Uuns le tcmph 
» temple. » 

J'ai fait remarquer que, même au cas où la stèle de I 
hour ne nous aurait pas fourni, de la ligne 17 à la li^ 
la longueur des lignes de Rosette, le contenu du p 
auquel nous sommes arrivés nous Teùt donnée, parce 
conservé le commencement et la fin de la phrase, et ^ 

1. Brugsch. 

2. iDScriptîon de Stabel-Antar : Recueil de Tratauar^ 1 885, p 

3. Papyrus de Bologne : Chabas, Mélanges égj/ptologify wi €*s . W 

4. Loret, Fêtes d'Osiris en choiak, § 55. 

5. Louvre, A 90. 

6. Statue uaophore du Vatican, § 7. 

7. Mariette, Ahydos, p. 17. 



342 



DÉCRET I>E MEIwlï^HIS 



iiat)les * . J' 



milieu se compose do titres îmtn 

je la traduirais tout autrement que 

Voici leurs traductions ôt la, mienne i 






T 



e<2 



.m 




«... per statutum (ut) fllius S'uberna.tor xoû reg-îs F»tolem^\.^'^"«!^^ 
«... ayant été la naissanoo a-ugruste du roi Pcolémôe. i> > >3MÙ>as.) 
a ... que la naissance glorieuse du roi Ptolémée. . . » {x^jeviMlj 
« au jour en son nom où il est né. Que soit honoré l^^L > (Bommlj 
«Quon sculpte en 1 honneur <iu roi F»tolémée . . . » (A^ ^y/,/./ 

M Brugsch pense dono qu'Kpiphane est dé«^^..^/. 
titre de « fils gouverneur du roi Ptolémée, « ^oz,^/.. 

Chabas croit que l& tex*-*» ^«.,,^*- , . > ,. 

Prpf ilpPinnnA r«r.T.^ii ^ «gyptien, comine c<b\\À ^Xi^ib- 
cret de Canopc. rappelle la naissance du roi». 

M. Bouriant coupe la. -r->ii~r,„^ , « 

MSS à la précédente. I>»^'^se en deux et f^i -t apporter 



inéliomt, 



V^ La traduction do IvT "Pt»- 
envoyant dans A •/ ut^^ ^" /^^"gTsch même en 1 «^^yy^z/r, 

le texte erec. oui nar-l ^ _^ ^n^er 1 ordonnance //.-»nnée w 



atutum. • I cic» »'8ninc3 

2" Chabas se tromj>e on 

connu la valeur do V ^ «^ ^"^^^ P^^^ gravement. J/ 
phrase incidente exi^,-^ \^"^P***^^' ««^0» ^ui, pou^ 



reconnu 

la phrase incidente e 
naissance, etc.). D'ail 1 
cette mention ferait ioi 



'" ri^ " ^''"^"'^ « ^^^ (le 

_ovai>içj emploi avec ce qu,- 



«^nar^^ 



la ligne 25. T ^ ^ * , ^ 

du démotique |)T et axxr^^ ^^ ^'^^ ^^^^ ^^*^ ^^* l'éq^ 

^<^e chacune des prescripy 




1. Voir ci-dessus, p. 26o^ 

2. Inscription de Roscttt.*^ 



^- l 



^our de 
'4)n que 
dit à 




LE DÉCRET DE MEMPHIS 



^ A/V/VS/W 1 



VA/WA 3 



A/VV\AA 

^ w 



343 

annoncent chaque 



décret, comme ^ ^^ '^\\'<=^.U 
« considérant ». 

Chabas lui-même fait remarquer que le grec ne fait 
aucune allusion à la naissance du roi, et il croit à l'intro- 
duction d'une formule banale de flatterie à l'adresse d'Épi- 
phane*. 

3" M. Rèvillout n'a amélioré en rien la traduction de 
Chabas. Sa petite phrase ne répond à rien, ni dans le grec, 
ni dans le démotiqùe. 

4® M. Bouriant, pour arriver à sa traduction, déplace 

I oo' 

Le mot f] ' 'nt °® P^^* signifier ni Jilius, ni naissance. 
Il faut en chercher la signification dans les textes grec et 
démotique. 

Le grec dit : îopujajOai paatXsT nxoXefia'fjj Joavov ts xa'. va'iv ; 

le démotique : « Qu'ils fassent paraître la statue divine 
( I ï Çvj ) du roi Ptolémée. . . ainsi que le naos. . . »; c'est-à- 
dire que le démotique sépare deux mentions (la statue et 
le naos) que le grec réunit. Or, nous savons combien sont 
étroitement calqués le texte hiéroglyphique et le démotique; 
a priori on pourrait donc soutenir que le texte hiérogly- 
phique a dû séparer aussi les deux mentions, et penser que 
^i cache la mention soit de la statue (so/iem), soit du naos 
(ga) ; et, comme il n'y a pas lieu de penser que le t^*^^^^^^ 
teur ait dérangé l'ordre des deux objets, on doit cro^^^ 



>avov. 



1. Rosette, 1. 5 = Damanhoup, 1. 9; cf. PhilaB, 1. 4. 

2. Décret de Canopo, 1. 4, 13, 16, 25, 30, 32. 

3. Ihîd., 1. 18; — Rosette, 1. 24, 25. 

4. L'Inscription do Rosette, p. 53. Chabas venait de ôVtC 
(( Op, il y a tout d*abord lieu de remarquer qu'on no pev\ti 
» dans le dekîret en langue égyptienne des prescriptions <\\ie 
» grec n'aurait pas édictées. On doit donc tenir pour cortatixi, C 



V 



344 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Le texte des décrets d'Alexandrie, malheureusement, ne 
nous vient pas en aide. On y lit après une longue lacune : 







Ce texte, encore plus embarrassant que celui de Rosette, 
nous assure seulement que l'emploi de ^ „ est exact. Il 

semble cependant qu'il soit question d'une statue (o\^ |] 
du roi, puis de celle de la reine Cléopâtre. 

Le déterminatif W), que nous avons vu, plus haut\ mis 
pour ^, parait fautif ici encore après n\Wt quelle qu'en 
soit la signification. M. Brugsch y avait vu Sj}. Je me ha- 
sarde à croire qu'il devrait y avoir Nj), mis, selon certaine 

écriture ptolémaïque, pour "^j et de T fflPP^'^ ]^ 
je ferais : « Qu'on sculpte la statue du roi », rejetant à la 
ligne suivante la mention du naos 0^^^*='"^ du démotique). 




Mais ici je me heurte à une difficulté inattendue. La phrase 

trop courte pour remplir la lacune de Rosette. De sorte que 
me voici bien tenté de croire qu'après les cartouches, comme 
dans le grec, venait la mention de la statue ou du naos 

pas « sculpter en l'honneur du roi », est une expression 
dont il faudra chercher le sens, qui très probablement ne 
s'écartera pas beaucoup de celui-là. 

1. [P. 329. Cf. p.340, n. 2,] ^ 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 

En tout cas, il ne faudm pas couper la phrase après {\ 






ni y introduire l'idée de la naissance du roi. T est i 

cessairement le premier mot d'un nouvel article du d 
positif, 

[Article IV. R., 1. 23; D., 1. 26-27.] — La rédactior 
cet article diffère un peu de celle des autres. Il comme 
par une phrase incidente : 



Lk 



o ® i "°- 



« S'il y a un jour de panégyries, » etc., 

ne vient qu'après. 

C'est au milieu de ce paragraphe que reprend \^ ^c 
Damanhour, et il se prolonge un peu plus loin qv^^ 
Rosette : 

« ... qu'on fasse apparaître le naos auguste cl\:\ clieu 

... ouveÇooe'jsiv xaiTovvaov xoO Oeo\> 

R • V y T T T A/wwA 

ÔÔÔ <=> Ml 

7^ • V^ J T T T A/WV\A 

ÔÔÔ <z=> I I I 
» Euchariste, avec eux. » , 

EÛ^3p{oT0U. 



* 



Ces deux articles III et IV prescriveat 
du roi et de le faire figurer dans les fêtes ; \^^r-t. 
va dire ce qu'il faut observer pour que 
confondu avec tous les autres naos. 



346 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 



[Articles V et VI. R., 1. 23-24; D., 1. 27 et 26.] — Le 
texte le plus complet, avec le grec, est le démotique; ils 
doivent nous servir de guides pour la restitution. 



■A 



s 



¥\ n 




«V— ^ 



« Pour faire être qu'ils (on) reconnaissent le naos 



Oïtu); 



^» 



eu7Ti[jio; ^ 



ra 

01 
aujourd'hui 

vûv Te 



fl 



e 




/w/ww 



1) jusqu'à 



le reste du temps ensuite, 




c^\ 



A fi 



TOV 



n 

» d'or dix 



/.f 



O'ivO' 



ETCetTX, 



qu'ils placent basilies 



T /w/ww LU 

du roi, 



.£iL 



im 



étant une ura;us 



I I I 

sur elles 



<^ 



à chacane, 
(Ixiorr,), 



2 




D comme 

[xa6dt7csp 



o wra D 

ce qui est de loi 
irpoji'xs'.. 




A/WWA 



A/SA^/VS /\ AAA/W\ A. j PijJJi?^ 



de faire; étant les basilies d'or 



ArtAA*NA 



ii^ «k 



» en tête 






^^Sv 



A/VNAAA 



8 



w 



du naos 
xo) va(5, 



au lieu des urseus qui sont 



li^^-s-k- vr^p-i-a» 



1 tS^fiS2i\0to 



)) en tête 



ETTl 



du reste des naos. 
TÔïv aXXcov vaâ>v. 



Que le pschent, » etc. 



Voyons maintenant les fragments qui subsistent dans les 
autres monuments. Sur Rosette on lit encore (fin de la 1. 23) : 



R. : 



« Pour faire connaître 




@ 




ra 

a 




A/W\AA 

oe naos 






aujourd'hui... » 



LE DÉCRET ^^ 

et au commencement de la ligQ^ ^ 



MEMPHlS 




^ 



« 




I 



basilie sur ce naos, av\ Iv^w ô.^^ 



xvt*^' 






» des naos. Que soit le pschent, » 



Ainsi, Rosette a perdu 
prescription. 

Il faut remarquer aussi 
rapport aux couronnes 

une suite de phrases 

dans lesquelles il ne fa.\:il; 
même article. 
Ajoutons qu'on ne 

, ni la traductio 



^' 



par M. Revillout. Il s'^st 
graveur de la pierre do 
couronne de la corbeillo 
démotique, ainsi que 
montrent bien qu'il 
traduire « couronnes » , 
verbe que nous allons 

Damanhour (1. 27), tout 
textes, tout en étant fort î 



xïAWeN^ 



^\x^ 



àfect\ 
le tvao« 
toute 

les 



£i.<3iiiet 

« p>oxxT* toute 

Isirissé înduir 

qui, et 
rx^skis les tradu 
tos de Damai: 

rapprocher 1 \ 
faisant dépe 
' ^^I>para/^ra. 
€3.^SLbord, s^acc 

c^orrect : 



D. : 



lire : 



M 




« Pour fair^ 



pon 



naître 



348 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

X 2 



O O I I I 
» jusqu'aux périodes infinies d'années, qu'on fasse " 



Ici le graveur s'est fourvoyé; mais, dans son oommence- 
ment, le texte est d'accord avec les autres inonvinients, et 
de plus il nous donne la traduction de elç -rov Utts^^-zol yoovov : 

<=> Q {({ ^^ Gt pour des périodes d'années '' » . 

Sur le monument de Phihe, le texte n'est -pas m " 

maltraité; mais cependant il va nous fournir <îe T^r^r-'i:^ 
• -1 • .• ^^ i-'*^ *^ lieuses 

mdications : 




Jr /Ul<=> 4»o é^.^\^^ 

(( Pour faire distin]guer ce naos aujourd'hui, (oi\'r^^ ^^ ^ 

' ^^ *^^ nnotte) dix 

» qu'on fasse établir [ces] couronnes en tète clo 





^-^ naos, » etc. 



Ainsi, le texte de Philje vient nous foi-»^^- ^ 

. , . . 9y , '^rnir le verbe qui 

manque avant le premier mot ^ de la. S^io i • 

sette. Mais, ce qui n'est pas moins préei^xi » 

tater que la même phrase se trouvait ^^ ^* c est de cons- 
par conséquent dans Rosette); seuletnerit^^i T3amanhour (et 
Le graveur l'a mise à la ligne précédon i^ ^*^*^^ ^st déplacée. 

^^^> où on lit : 



ïPlo^lîiP' «'=■ 



1. Les signes de la pierre de Damanhour* 

[^^ ou] ^O que j'emploie ici, sont les éq^^^^ ^^^^ dîSérj^^s de cexix 

2. La répétition du mot « naos » a amen^ ^ ^^ts de rS^* 
graveur. *^ ^^xifxi^^on ®^^^^^^^'^^ 



LE DÉCRET P*' 

Il devient donc possible de ^^ 
lacune de Rosette (1. 23-24) : 




«... qu'on place basilies dix de S. "M.. ^\^ii\» '^'^^ ^ 

-¥î i: T!! ûi ^t^ 

» il est établi de faire ; qu'on la^so OLV^'oo^"^'^ 




» de ce naos, » etc. 



Arrêtons-nous pour justifier* cij^vx^lawe^ 

tu tiens. 

Damanhour commence x>3^i" c^ ^^ A ^ ^^^ 
tique, puis se perd dans xan^ "ptkraso qv 
à rien. J'ai adopté ce comrxi^i:xo.^xi:k^nt . 

Le démotique dit « couir-onkri^s cl^or- c 
ment (( couronnes dix » , pstr-ci^ c^uio Itos^ 

aussitôt après, met seulencx^ixti ^^<^ . 

Le démotique nomme <i^ia>c: fois l'ur; 
c'est le vrai nom de l'urî^i^uLs ; ma.is j'ai 
mythique ^^ D^ qui lixî e^st donné dam 

Porson avait rempli Isi. Is^cxine par [>ci 

restitution. Elle ne tient p>a,s <^ompte cept 
tion du démo tique « commet ce qui est do 
Par analogie avec d'autres I>^'^^^ges ^ J^ 
tuer : xaOaitep 'icpo(jï!>c£t àvxt, qui ^ -/ô mémo i 

1. Letronne, Inscriptions cLg ^*^ÛI/Piç j SlO- 
normant est toute de fantaisie. ' ' 

2. Lignes 11, 15,26,27. 



LE DECRET DE MEMPHIS 



/S/WV>A 



comme aux passages cor- 



350 

et je traduis par Qû^^ y 
respondants de l'égyptien. 

tPC^ d«ns Damanhour, T^^^^^^t^C^' 
dans Phihc, prouvent que le texte hiéroglyphique faisait 
deux paragraphes où le démotique n'en avait qu'un. 

Le contraire arrive quand il s'agit du pschent. 

Cette restitution, une fois effectuée, a parfaitement rempli 
la lacune de Rosette * . 

[Article VII. R., 1. 24-25; D., 1. 27.] — Après le § 2 de 
l'article VI relatif au psc/ient, qui se trouve à la fois dans 
Rosette et dans Phihc, vient l'article VII, mais incomplet. 
Heureusement, Philaî servira encore à le restituer : 



Ros. : 



(à (Q ^ 
c^ c^ ■■ Il 

Qu'on place 
*E*niO£Îv2'. 01 xai 



Phil. : 




\-\ 




A/VWNA 



)) qui après 



I 



A^^^A^ Q 



icepi 



Phil. : 




WT% 



««*i''.^</ 



ïï 



D 
à l'endroit supérieur de \ha^ 






A/VW>A 

les décors 



IID 



Ri 



^\tr5 



Êit: 



(= 



A/WS/W 




V 11 A/WV>A I A II 



AA/W\A 



au milieu de 



ce sf/tent 



xaxx 



"zo SaatXciov 




» 13 




1. C'est, du reste, ainsi que j'ai partout procédé : restituer le texte 
hiéroglyphique d'après le grec et le démotîque, puis vérifier si la res- 
titution convient à l'espace enlevé de la pierre. J'ai presque toujours 

réussi du premier coup. 
/ 

2. Lire : ^=\ c==^. 

^ I 

3. T ^ ^ ") sur la pierre de Rosette. (Voir p. 251 et 255.) 

4. Lire i^^'lV 










« Ilot, J" "'««. of; , "'^^e foQt 






^ 




V. 



352 LE DÉCRET DE MEMPHIS 




l nos, : ^1 — fl/r-s.n' '-k j^^ a<^ 

» sur son côté gauche; ce qui signifie : roi* 

Déni,: » à la partie gauche; <• 6'-cî. èoriv toû pacriXeoiç 



4*- 



I 

I a 



Z)am.; ^ -^^^-^R T - n ^r0\ 



lire : ^ ^ — n <»— fl M tK 







Ros. : 



n'ïx i ï 

» qui a illuminé la Haute-Egypte c^t. la Basse-Egypte. » 

i^«--- Mil â y 

Ainsi se rejoignent les lignes 24 et 25. 

L'Article VIII [R., 1. 25-26; D., 1. aT-Sây] institue une 
fête en l'honneur du couronnement du roi. H est tout entier 
sur la pierre de Rosette et sur celle de IDi^tnanhour (sauf 
une lacune au commencement de la 28® ligne). Le texte de 
Damanhour donne quelques variantes. 

Le mot rites, lu 1] ^ | sur la pierre de I^osette, est écrit 
(j^l sur Damanhour; mais, comme il ^^^ ^^^t û^ 
à la ligne précédente, et que le copte ^^^^.^ .^ aussi un K, 
(j ® I paraît une orthographe fautive, à. xrxoins qu'il ne faille 
plutôt voir dans I) ^ I la prunelle au liexx de l'œil : V^\ 



1. Lire : » -/l^ û 



2. Le texte démotique traduit simplement ^^^ . ^^^^ele 
grec par pacnXiw;. ^^utcn, rui, 

3. Faute de lecture probablement. 



i 



suivant iine orfliOg''*P .^*^ ^a a°''* ^^Vôtv 

aussi, ^-^ *t*^ ^-^X. 

Dam anh our 4ome Va t' ^i-^" -o.» ^°^% ^Xx\r 

de /)/] p ^3=- . Les autres V»* ^;^ ^"^ 

Cet a-i-ticle commence f 



« -A-ttendu Que le 30 mésori est lo _^ ^^^ ^^ cWtftflft A 

n âtei^ellement; qu il fut établi «„ C ^^^^ C-^ U. CiV)U% "iî^W^ 

u van*; quo de «»eme, le 17 mÉkhir _^__ -H'-m. Cé\fe\lTft W ^. 

" dans laquelle il reçut la royautrt' * — ^ "^^'^ "\\,i 



» toutes cboses prospères /)o«r (ou^"^*^K. ^^^^ SOU Ç^T^ I 



» c/e son autorité bienfaisante,-.'^ '-*^ "" ' — *" .^tO /îl IHeg\ __^ 

I» de chaque mois par uae /ôto dan, ^*:i. "^^ ^^ ,^ ^ » -« ï„ • "^ * 

après lequel vient lo disposf^ ^^ ^^^^ ""^'oïl Cdlx 

tt Qu^ON place les autels, Qu'on rg "^ >^ ^^ ^^ QIDIpo J 

démo tique, et ont, au contr^ ^ 

de la j>ier-re de Rosette; aj^ ^^ -^ ^ ^^ 

stôle de Damanhour. ^^^^^ ^ ^^^ ^ 

■--••^^/^^-- "v^ rr"" 



Les mots ci— dessus en it^i ^\^ 



l ^^m. .• TA HAT "A is^ 

'• »'■ " Ce ,„i fat pri»olI^ «^^ ""^ ^È- ^*^ „^ 

même. ^^V^ ^i^ ^ 



-1Î^ 



LE DÉCRET DE MEÎVII>HIS 




Dém. : 



Ros. : 
Dam. 
lire : 

Dém, 



1 i 

le jour de naissance du dieu bon 
PMES SUTEN 



éternellement 
ZET 






^m 




„ de môme le jour qu'il prit 

P S^EI* 







K^V{ 




^ 
^ 



son autorité bienfaisante. 
TA. AA HER (suprême) 



Entre la fin de la lOMigne [de la pierre, 25^ de la restitu- 
tion] et le commencement de la 11 « [2G^], la lacune est 
encore plus courte. Voici ce qui reste du texte sur les deux 
stèles : 



xx. .' 



D.: 




£S 



(2^ 




T 




-C2>- 



I I I 



/s/>/>AfV^ />A^AAA 



aï OT, àpx.TlT°'- «ï»^'^'* '='>^^«"^ Tîàtxiv eiaiv, iy^tv, etc. 

En combinant ces trois textes , en y comparant celui de 
la ligne iO de Damanhour, je pensai tout d'abord qu'il ne 
pouvait y avoir aucun doute sur la restitution suivante : 

^ KC7^ — ^ ^^^ /WWW «s,,^ ^ I 1 9 o"Jr 

Mais elle devait nous donner ixne troisième fois la lon- 
gueur de la lacune de la 25« à. la g6« ligne. Or, ici, une dit- 




35G LE DÉCRET DE MEMPHIS 

Mais, se résumant comme le démotique, il devait con- 
tinuer : 

« — [ce Jour de la naisf^ance du roi et de la] prise de son autorité bien- 
» faisante, qu'on célèbre ces jours, 17* et 30*, chaque mois, par une pané- 
» gyrie dans tous les temples de TÉgypte. » 

Ou plutôt la répétition était nécessaire, parce que la pre- 
mière partie de cette longue phrase est un considérant, et 
que la seconde partie est le dispositif; et, dès lors, la mention 
des deux jours de fêtes devait être faite deux fois. Le tra- 
ducteur grec a eu tort de ne pas en faire la double men- 
tion, comme les textes égyptiens. La rédaction démotiqiie 
marque mal le dispositif par ^_ -«3r>- « il fit faire », mais 
la rédaction hiéroglyphique prend la formule impérative : 

(j v^ -^s^ nlj « que soient faits ces jours en panégyrie ». 

Il y a donc lieu de modifier ce que j'ai dit plus haut, et 
de remplir la lacune par : 




£) 



Ty^vî^wiîf^i 



™«v<^(j£YiH^&1i- 



« ... et que certes ils furent le principe de toutes sortes d'avantages poar 
» tous : ce jour de la naissance du dieu bon, vivant ôtemeUement, ainsi 
)) que le jour où il reçut son autorité bienfaisante, — que soient célébrés 
» ces jours 17 et 30 comme fêtes dans tous les temples. » 

La restitution j û''^ | ^ | conviendrait pour remplir 

la longueur de la lacune ; mais, à cause du principe de la 
similitude orthographique des deux textes de Rosette et de 
Damanhour, je crains qu'elle ne soit pas bonne. Damanhour 

donne ^^ | o ' ^ ^^^ serait trop court : Rosette 

ne devait donc pas écrire (j ^^ T ; certes 1 M -^^ "^ ^ 

remplirait mieux la place : mais ce n'est pas dans le démo- 
tique, et d'ailleurs V paraîtrait mal placé. Je pense que, p our 

combler le vide, il nous suffira de placer après W vA 



MEMPHIS 
LE DÉCRET P"* 

. ce «'»Ï^TJe.^ 



A>>^^ 



I i I 



(I- 7). ^TP, ^V. ^. 



%V,2*' 



la traduction du mot icwtv 

manières dans Vinscription : ^ ^_^,_^ x \ ^ 

(j^ ^ ^ (1. 26) ;jgais il f a\it t^xoSv.^^^ . x ^ «^ 
on ^joutê toujours ^ ^ O . G , % , "^ 5^^^ ' 



Q 



(1.20). J'adopterai donc o^s t.T-o\^^^'^^' 



\^"^ 



Le dispositif de cet article "VXXt es\, eoW 
à un mot près : mais il suffît d' sat^ ovat.er \^ ^ 

crz] (( leurs temples ». 

La dernière phrase des 



Q 




es •. 



■ ^ ■ 



III ^ o 

« Tout ce qu*on fait dans ces 



^ Ci 



, c^ue tout 




bi 



-Cil I 



I IJ 



» dans son temple, » 

correspond au grec : 

ToT; tepoï<, 

et au démotique : 

NA NT AU-U AR-U 



otocS"*^3Ct. 'coTç \epa\jtji x 



\XJ 



MTUU 



« Les choses qu'on fait en ofifx-aode*, qu'on 



ROMU NT 

I A/WSAA 
I 



S'BS 




^ 



y^ 



» hommes qui desservent leurs 



ARPItX 

temples. '^ 



Les trois textes se corroborç^. ^ntre < 



358 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

tions égyptiennes sont suivies de près par la restitution du 
grec faite par Porson. 
Le texte de Rosette passe la première lettre de la locution 

^Ph^' qu'aucun des traducteurs n'a comprise. M. Brugsch 
traduit : aliud omne factum in panegyribus Jiat esse 
hominem omnem facere illa in templo, M. Chabas (p. 70) 

ne traduit pas du tout le M. M. Bouriant (p. 13) le supprime 

du texte et réunit û ^ . >A ^^^^ ®tc. à la phrase précédente, 

ce qui produit une répétition impossible à admettre. La 
véritable coupure est celle que j'ai indiquée, confirmée par 

le texte démotique. Après t^=t^ etc., mis ainsi au commen- 
cement de la phrase, la particule || I devient nécessaire pour 
introduire le sujet . «^ ^:37. Ici, comme en bien des cas, elle 
joue un rôle analogue à la particule so en allemand. 

L'Article IX [R., 1. 26-27; D., 1. 29] commence dans la 
lacune. Après les mots irtxpej^ofiivotc èv toTc lepoTç, le grec intro- 
duit un nouveau dispositif que M. Bouriant n'a pas reconnu : 

4>6à paiffiXeT nToXefxa[(|>, Oeu 'Eiciçavel, etc, 

ce que le démotique exprime par : 




7:a3ifip(g?)MPii^ etc. 



Or, la ligne 27 de Rosette recommence par : 




WSlïH01^«t«-; 



1. Le fac-similé de Lepsius, Ausicahl, pi. 18, omet le signe b^. 



J 



. MEMPHIS 



LE DÉCRET ^^ y^^i 

la ligne 29 de Damanhour, (pe »'' ^ç^'^ 

pas, reprend par : '^ (HMMÏê^^ ^ 



ce qui suit dans le texte de "Ro^eX^^- v V^ 

V 

va C 

qu'il n'y manque que la tradluLot-loxv ÔJb^ ^^ .vv\,i 



bien assurés que la lacune dans îl.o^^X^^ 



^1^ 



wavTÎY'jpiv. Or, cette expression so rèv:>è\^ ^"^"^ v ; 
corps de Tinscription, où. ello eis\, \x^*^^^^^ 
glyphes qu'en démotique. 

En écrivant, suivant la syn-tsLx^e^ a.ei xio\»^:^^^ 



I QQ I I I I 

1. M. Bouriant passe (p. 13> le» rr^ots ^ 





2. Cf. le commencement die "fcoxis les dispo 
, suivi de la racine verlosLl 



3. Cf. le texte démotique, /oc^o, V.^^^^ J ^^ 



Rosette : / I \ , 1. 25 ; — a , 1. 28, et '^ 

4. Les mots correspondant» n:i SLnci lient dans le ! 
emportés par la cassure de la j^îc^rr»^, raais tout le i 



l'égyptien, cf. Rosette, 1. 23, 'j ■ l i 

<!=> LÎi^; 1. 29, au lieu cîe ^ ^ ^m >w 
èc3a I i I * %fe;, q^ 



360 



LE DÉCRET r>E: iwf EMPHIS 



oxactement le texte de Ro- 



on est certain d'avoir rétabli 
set te \ 

L'Article X [R. , 1. 27 ; D . ^ » J n'est pas marqué par J 

dans le texte hiéroglyphîq 



^(3 



oo 




« Les prêtres 



I nncru 

des sanctuaires 



T 



da^ns 



I I I 

n I 

tous les temples 



# 1 



à soa nom 



^ZZ^ (ô 



\ 



I I I 



» qu'ils soient appelés... » 

Le démotique dit avec la ixi.êmo inversion, mais avec la 
formule m tu : î^ uabu nt i>ï i^^a. arpiu Kam, arpi nib, 
m tu xE-N-u UABU, etc. 

Pour la première fois noxas tr-oixvons complète, à deux 
lettres près', la ligne de Rosotto sur- le côté droit (à gauche 
du spectateur). Nous n'avons à, i-estîtuer que le commence- 
ment de la ligne 28. La 27® fin^ît par : 

« Que les prêtres des sanctuaires d^s tA 
» prêtres du dieu Épiphane EuchoLr*£^tG^ 
» qu'ils portent (déjà). Qu'ils récrivent ...» 



*^^"^ples, à son nom, soient 
en outre des titres de 



appelés 
Pattes 



[Articles XI et XII. R., i^ S7-28- D » ] -^ pi 
nous approchons de la fin, plus l^s lacuies sont' courtes n 
ne manque rien à la fin des ligrxos 12 13 14 ro? ooi ^ 
n'avons à chercher que les quelquos mot^ L nn^r^. ' "^^^^ 
des lignes 13 et 14 [28-29]. ^ ^ "^^'^ ^^ commencement 

La ligne 12 [27] se termiae par : D |\ QD Mi 

1. Sauf ce que je viens de dire cla.ns 1^ « ♦ 

2. Deux corrections au texte d^ S Précédente. 



; 3- p 




i 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 

et la suivante commence par : 




'Trîyi¥tT! 

Cela correspond à xal xa'zti'xiûpifïOLi tU Tr^rcac toOC A- ç^V^ ^ 
xaî elç Touç 5[axTuXtouç, o'jç «popoû^tv, thÎv] tepaxefav aù'cov> ^\» î^i 

Il paraît que Champollion n'avait pu déchifit^ w>> ô^'^^y 
' du texte de Rosette, puisque la traduction pa^ iS^yC^ 
Letronne^ n'a pas permis à celui-ci de resû*^^'^ lO-"^ 
grec des mots qui se trouvent et dans le texte ^ t 
dans le texte hiéroglyphique. /^ 

M. Bouriant n'a pas mieux réussi en xrvet^"^ ^ 

qui est tout à fait incorrect et passe \xx:\^ "p\\T'ase> 
Ici encore le démotique va nous sex^Nrir* ^ 1^ \è^ 

et de preuve. On y lit : 



k^iîfèriuiiy-ii^fl i\ ^ 



AAA^ 



kiiw-M^n^i^^ "r V 








1. Cf. Letronne, Inscriptions, p. ^51.. X^et;i*onne met xoti ' 

df[XXov; rriv] UpaTEfav. Kosegarten, Z>c f>r*is€y€t .yEgr/pt. litt^^ 

écrit xal eU toùç X.. . . La similitude du A, du /V. et de i'A a condix J 
conjectures erronées. 



362 LE DÉCRET rkK-- -«^ -^ -^^/^^f^^S 



« Qu'on l'écrive' sur tons les fortnui.ak&x'^^ »_ ^f, . 

» Qu'ils inscrivent le titre* de «prât.K*^ «Ivi <Xm^*^ ^'^^rj 

» l'anneau qu'ils portent sur eux. » ® ^acluf- 

Passons maintenant au texit^ Ixiéro^-'^^^/o 

venir absolument clair. ^**e, q^^ ^^ 

Le^premier dispositif ne oorrxxnenfj^ P^s >> 
TH ordinaire; (H^ljl) p, ixcioi>té par Af, ^ ^^iomu)e 
signiBe rien. Mais, en se reportant à 1» ligne o^^""^^^- a<i 
nous trouvons, pour répondra axx grec i'r"^ r2 ^'^ ^'^sette. 

X^, qui est de l'égyptierx t.-^ ^ Jg^et^ ^^ o /^°- 

que le graveur de Rosetto ^ oox«mis en cet enZirr' 
inadvertances, 1 omission d.e ^ss. * i x-^ "«roit <i%\j.x 



inadvertances, l'omission cle v^ ^ -, ^-^ ""^oit «l^^: 

(3. ft TV (a y et la substitution w^ fv 

4^. Lisons donc J % .%n^ nTT^ ,. ^B^ 

:M n . 1 ^ :B*^ ^ q coinuie à la ligne âfi 

Le 1 qui suit est, d après là - 

tout à fait inutile; il est cer>enrt« T. "*''*° ^ ^^ ^^>»iant 
i« m.f n^ A \ '^ P^i^aant indispensable oon,. • 
le mot I ^ , dont il reste s vit» i« • n M^ ^ "'^ **crire 

pendant M. Bouriant (p. 13) -t- ^^ic j.^^, ej; ^^^ ^^ 

suppose perdu dans la cassin^^T ^^™™® M- ^^^bas (p. Ygx 

Il faudrait ensuite trovxv^r* i 
XpTiiiaTidfioic. ^ traduction égyptienne d 

Le mot ypriiia'zifTiléç a été îrfc i- 

(p. 251), et il se trouve ^^v^o oîî^?'"^*^ "'"'^^^ P^^ Letronn^ 
ques'. ^ ^tte acception dans les leS! 

M. Revillout a traduit 



*^^** ^épôt le mot UÛÛ -ww.. i -2a 

1. Le titre de «prêtres du ^j^ ^iS^^^^^S 

f^^^i- ^^ ^Piphane » dont parle le hî 

2. Cf. le protocole même di» i^^ r *« '^^^poaittt 

où cette prescription est appli^^ J^« Oe Damanhouret le grec de R 

3. Ij^^f fonction, tit^^ . ^. ' <-Cf. Tarticle VIII.) ««sette, 

ma restitution de la ligne); t^ , *^^ **"<«'•»<* (cf. Damanhour 

(p. 55) : on n'écrit pas nnet>vif _ **i*a.diiîf ' ^" ^0, et 

4. Alexandre. Z).W., .' x'^i'^^^-e .^^'j^ZZ """ ^^ ^«'iliout 



' <^rrèt, décision. 



J^^lm,^ 









le^"- 



« qu'il. ïém^'^.^ *>£»*•= ^t:eii«'ô.^xx 

suffit pas, i\ s' »g ^ ,---»*» *^ i„ Tî„>-, 



Cola ne suffit pas, ^>--c> ^»- ^~r*-^ ' Aa tîu-\ 

par ce « dépôt de tOMW t^ ^-^ ^ &. ^* "^«X<i 

plusiouï-s formes se raççor ^gg^ L\ d V ^N*^^ 
fer-Trter^ ; exemple : "^^ 



» ^/er'm.ë aucun chemin à X 

« Gem^cLt^er^,, zxmmauerte .FS^"—^ 

?P5 « <ï"s naus des Hor„ "** 
là. vient le sens pr'ison, (vv 

» jyy^son'. » >i.v-ec une autf. 

lier U, 3, 9, donne encore (.^ 

rKA.7Vo. JVr. T^ELspero a ^^^^d^j- ^^ .^ 

de 'DoJASk.OLif-sa.-khiira.d, par . ^ ^^\;^ 

ar-eci. Oe peut être tout au$^ 

■xxtxrKe^Ao, fiépà^'. Tout ceïa^ \ 

à. jl ^*^^ ^"^ par Af, Rovîhc^ '^ 

1 . V&riante du TodicnbucA, ^ t^v 

rf« Loucre. p. 9; cf. f^"^^ sepes ^. *<y 
cxt,v. i. 3S. ^^^ 

2. Dùmicbea, ^eiisc^r-i/'e, Ï87j^ "^ 

3. TodienbucA,cxUJC. ^5; *>" --cj*^^ 

*■ ^3range où l'on dépose 1^^^ ^. 
5- Je passe diverses a-coeptioDs ^ 

» ture.» B / 








le 
e 1« 



"««'«oraun mot OA»" •"" "'" < 



>^. 
^°' 



^^! 









364 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

On pourrait croire qu'il s'agit d'archives. Mais que serait- 
ce que « inscrire le titre de prêtres du dieu Épiphane dans 
» les archives », ou même « dans les archives des paroles (?) »? 
Je pense que telle n'est pas la véritable nuance de sens du 
mot. La terminaison ktjioc entraine une idée d'abstraction qui 

se trouve dans le mot démotique formé avec U Q( u 

et dans le mot copte formé avec iun.\ Dépôt dans le sens 

à'CLrchiceS eût été plutôt j^pr^fiaxtrc/piov ou /pT^jxa-ïos'jÀxxiov. 

Selon moi, xpTQKa'ci<j|jL<5<: et « le dépôt de paroles toutes » ne 
peuvent vouloir dire ici que formulaire. Aux prêtres 
chargés en Egypte des fonctions de notaires, il était pres- 
crit d'inscrire le nouveau titre dans leurs formulaires. 
Dans le libellé des actes publics qu'ils dresseront, ils de- 
vront ajouter dorénavant, à la mention des autres sacer- 
doces, celle du sacerdoce de Ptolémée Épiphane. 

Nous pourrions donc écrire dans la lacune, selon l'ortho- 
graphe hiéroglyphique : 



flM%flflP^[!"k&T-^Ji-] 



Cependant, d'après le parti pris du rédacteur démotique de 
remplacer les termes du texte hiéroglyphique par d'autres, 
il n'v aurait rien d'étonnant à ce qu'il v eût ici une autre 
expression. Or, parmi les honneurs rendus à la princesse 
Bérénice, fille d'Évergète, le décret de Canope prescrit 
« qu'il soit chanté à sa double plume par des chœurs de 
» chanteurs, hommes et femmes, une fois par jour, et aux 
» panégyries et exodes des dieux par des hymnes rédigées 
» par les hiérogrammates, qui les remettront aux chefs d'en- 

1 . Voir, ci-dessus, p. 52-56 et 324. 

2. Après 1 , le verbe est à Tinfinitif (Rosette, 1. 21, 22, 23, 24, 
26 et 28) ; mais^après (1%^ -%i^ ( û on met le participe (1. 26). D'ail- 
leurs ici le mot est au passif. 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 365 

» seignement des chanteurs, et qui les écriront également 
» surlesjSàQ ^««^^^'^^i Si formulaires de la demeure 
» de vie\ » On pourrait donc mettre aussi dans Rosette : 



Le mot *^-^ ''^ peut fort bien prendre cette signification. 



*^-=>^ *=^ ce livre (ou ce formulaire) désigne le Liore de 
ce qui est dans l'hémisphère inférieur*. On a traduit 
<â> >^-=^ ^ *=^ par : « Fut faite cette copie au temps 
)) du roi. . . ». Ne serait-ce pas plutôt ce traité, ceformu- 

*. — Autre exemple : y c^ w ^e»^ <=^ 

<^=> Vs. M u ^^ <=> « • • • commeau livre (re- 

» cueil, catalogue, traité, formulaire), intitulé : Fondation 
» des localités par le premier cycle des dieux ^ ». — Au 

Livre des Morts, h-^^ «=»^ désigne le recueil des Hym nes 

au soleil* et a ussi les chapitres formant un n n *^-=a^^ 

i^ wfe^ '«^^ ^^ « Autre recueil ajouté au Per-m- 

» hrou* ». 

Je n e suis pas éloigné de voir dans les n n ^ ■¥■ 'ou 
^ JI *, les notaires chargés de rédiger les actes pu- 



1 . a (Et) il en sera écrit copie dans les archives de la maÎ!$on de 
» vie. » (Traduction de M. Pierret.) 

2. Ta s*d amu Duat, 1, apud Pierret, Études^ I, p. 104. 

3. Papyrus géométrique Rhind : Zeitschrift, 1868, p. 109. 

4. Traité de Ramsës II et da roi des Khétas. 

5. Todicnhuch, xv, 47, 48. 

6. Todienbuch^ CLxni, titre. 

7. Rosette, 1. 4; PhilsB, 2' décret, I. 13. 

8. San, i. 34. 



366 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

blîcs, qui devaient se servir de formulaires tenus toujours 
au courant. ^^ 

Quoique la formule '^-=— JL parût bien satisfai- 

sante, tant au point de vue du sens que de la place à remplir, 
une étude plus approfondie du texte si malheureusement 
mutilé de Phila) m'a fait retrouver la véritable expression. 
A force de patience, j'ai pu établir que le premier décret 
d'Alexandrie reproduisait dans son dispositif, à peine avec 
quelques modifications, et dans le même ordre, les prescrip- 
tions du décret de Memphis. Ainsi, vers le commencement 
de la 15® ligne vient l'institution d'un exode en l'honneur 
de Ptolémée et de Cléopâtre Épiphanes', puis l'institution 

du titre « prêtres des dieux Épiphanes* »; puis (|^à.(l 

— ï f If^O® ip^ . , . ^. J.-°^/* 

I I . . ^ i^ !l r vj ; puis la prescription d mscnre 

le titre de « prêtres des dieux Epiphanes » sur les bagues 
des prêtres', et de même pour les articles suivants. J'en ai 
cité assez pour qu'on soit persuadé que, sous le fragment 
reproduit ci-dessus, se cache l'article XII des deux décrets 
de Memphis et d'Alexandrie, dont je rappelle le libellé : xr. 
%%-zay(^pi(TOLi zU TtàvTaç toû< jç^pTifxat'.afjiojç, et dans la rédaction dé- 
motique : « Qu'ils l'inscrivent dans tous les formulaires. » 
Le texte de Rosette a encore le commencement de la for- 
mule (1. 26, injine) : ^Mf^Si" ^^'^^ ^* corriger 

d'après la ligne 26 et compléter en (1 % -^ ( (| 1 

(( qu'on inscrive. . . ». 

Je ne saurais rétablir les mots suivants, dont il reste si 
peu de traces; mais les deux groupes suivants ne laissent 

aucun doute sur la restitution ^^^ f , pour traduire 

I y •■•j' ^* I I I 

eic xoûç xp>ifJt«i<yKoy<; (( sur les formulaires », avec addition de 

1 . Cf. article X du décret de Memphis, 1. 2d-27. 

2. Cf. article XI du décret de Memphis, i. 27. 

3. Cf. article XIII du décret de Memphis, 1. 28. 




h^l 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 367 

ft comme il est prescrit de faire ^ », ou mieux 




O ^"''^^ « selon leur nombre », pour traduire icivrac;. 
-III ^ 



t I I 



On aura ainsi dans le décret de Memphis (Rosette, 1. 27-28) : 

(I Qu'il soit écrit sur les formulaires selon leur nombre (= tous). » 

Article XII. [R., 1. 28.] — Les premiers mots seuls 
manquent. Le démotique a deux phrases où le grec n'en fait 
qu'une. De même le texte hiéroglyphique devait en avoir 
deux; le verbe étant le môme dans les deux phrases, le 
rédacteur grec ne l'avait pas répété et avait joint les com- 
pléments par xa{. 

« Qu'on écrive le titre de prôtre du dieu Épiphanc sur les sceaux 



■ê 



\\ ^1 AA/NA/S/V 

» que gardent leurs mains. » 



Le démotique dit : « Les anneaux {kelet) qu'ils portent 
» {fa) sur eux (hi at-u, mot à mot : sur leur dos). » 

Ces deux rédactions paraissent assurer la restitution de la 
51® ligne du grec. Rien n'eût été plus facile à Letronne que 
de rétablir xxl elç toûç SFaxTuXiou; ouç «opouffivl, si Champollion 

avait pu déchiffrer les mots ^ Vi. ""'^'^ if .^-^ Il \> • 

'^-^-^ n -TL^ I J^ I I I .aa^nisri^ \\i Ji I 

V ^ ^^w® ' ^^ ^®^^ anneau qu'ils portent sur eux »; mais 
il y avait dans cette phrase plusieurs mots alors inconnus 
à Champollion. Pour nous, la restitution et du grec et de 
l'égyptien est tout à fait certaine. 

1 . Cf. Rosette, 1. 21 : Memp his, art. II, répété au deuxième décret de 
Philae, 1. 14. Là ^ ' ^ | | | signifie cérémonies. 



368 LE DÉCRET DE ^^ELT^I^mS 

L'Article XIII [R., 1. 28] eoncs^rxie l'autorisation donnée 
aux particuliers d'élever chez eu.:x: uxi naos en l'honneur du 
roi; et TArticleXIV [R., 1.28-20] , 1 "a^u torisatîon de célébrer 
les panégyries et exodes mensuel s ^t s^nnuels^ ^ y. 

La fin de cet article manque au. t:<3x:to de JRosette. 

Il ne reste plus à compléter qi.i^ la dernière ligne. La 
ligne 28 se termine par : 




Cl^i 






«pour qu'ilsoitfait connu être les lx2Ll>it«i.zxts d'Egypte à honorer...» 

et la ligne 14 [29] commence 



« ce décret sur ixii^ st^lo » etc. 

Le firrec dit ceci : "Oicwc YvwptuLov >î Stôtt «.^ s*- a» ' *'t 

et le démotique : 









<iui (sont) en Egypte 






» font honneur au dieu Éplphane 



EunhcLrUte comiM 




w ranll ^©ÎPBi ^^:^ , XlOûHcz: 

\iceqxd{e»V\ de droit. Qu'ils écricent i^ <î^ l il (J 

<=^«^t sup une stèle. » 

1. Le démotique dit seulement a/i/i^^^^ 

mois; mais on peut traduire « pendant i* * X<?/- renpit^ sans mention de 
reviennent au môme. ^nêe » et les deux locutions 

2. *^f^®-(Canope, L37); le<j^ «* n-fv .-* 



■"■B 



r 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 369 

Ainsi, la lacune du commencement de la 14® ligne com- 
prend : 1® le titre royal aussi écourté que possible; 2° la 
mention xaeinep ^àyniié^ èTciv = (( comme ce qui est de droit ». 

Or : l**xov Oeôv 'ETcwpavf, Eù^^àpiTcov correspond à *^^~^ ^^*-^III» 

qui se trouve en plusieurs endroits de la stèle, notamment 
à la ligne précédente; 2" xaOiitep vojjiiijiov è<r:tv est une formule 

qui revient plus d'une fois : g^ ov^ u ^<^^>- /izz: ^ | ] | 

« toutes choses établies à faire en Thonneur des dieux* »; 



» criptions établies pour leurs personnes comme on fait pour 
» les dieux ' » ; c=s:£=i _ ^^^"^^ / — i n « toutes les choses 

» qu'on fait dans ces panégyries' » ; ^=^ ^ K "^^ ^< ®t toutes 
» les choses qu'il est prescrit de faire* ». Il faut donc écrire 
à la suite : Qûo^ ^^^^^ comme ligne 18 de Damanhour, ou 

(1 ^ 7^-<2>. comme ligne 27 de Rosette'. 

Enfin, aû$ou(Tt xaî TtixîôŒ'. peut se rendre littéralement par 
^ fl ^^ ^"^ r-^-^ I I <=r> ''^::^ T T T d'après la formule de 

la ligne 11 du décret de Canope ; ou ^ ^"^ Il II II ^ ^ /wvwTj <=> 
d'après la ligne 5. 



signifie d'abord disposer, placer : « Isis *^ ^^ ^ 



» -^^ T j) place ta personne auprès d'Ounnofer * » ; ^"^ 



/WWNA 



A/VWNAVX-. ^1 I I ) 



1. Damanhour, 1. 17-18 = grec, L 18. 

2. Rosette, hiérogl., 1. 22 = grec, 1, 40. 

3. Rosette, hiérogl., 1. 27 = grec, 1. 48. 

4. Rosette, hiérogl., 1. 22 = grec, 1. 40. 

5. Cf. Décret de Canope. ^ I c,^ V ^ (L 37) « selon qu'il 

» est prescrit de faire ». 
8. Pierret, Recueil, II, p. 117. 

BiBL. ÉOYPT., T. XV. ^4 



370 LE DÉCRET DE MEMPHIS 






4, « placez-lui la couronne dstns Tenfer »; 

' 1^ lu ^^ ^^ ^^^^^^ la main vers le temple 
» {syjim-t) des dieux' »; ^*"^ « montrer le chemin' »; 

» /la^rc' son temple, il a construit. . . ». En co sens, \\ para^'^ 
se confondre avec Ir^dû*- ^® ^^ dérive I531 signification 
du copte ciop, distribuer^ répandre. On ciit au figuré 
^ ^ ' " Il « ilsplacent leur coovir sxvec chaleur >^ 




pour « ils mettent tous leurs soins » : c ^-^^r^j -^ ^ 1 ^ ,, r^l^^^ 

A <ir> I I î \ ^< placer 

» des choses ou des honneurs nombreux: » -pour le roi* 1 
verbe ^^ est même employé seul pour ce vénération vé- 
)) nérer ». A la ligne 25 de Canope, il est dit que le temple 
de cette ville est « parmi ceux que vénc^i-^rit le roi et tous 
» les habitants de TÉgypte » : 1 \iv%X ^^ \=^ '\ .^ 

» faire évidence à la face de tout horaxxie^ 1. 1 - f 
» qu'ont les prêtres pour les dieux livere-^ f ^ ^T?^fi^ ^T 
mot s'applique encore à des cérémonies ^ V • ^^' 

lifîe souvent les temples, les personne*^' ^4- ^^^^^^^.^^^ ^* ^^^f 

^ t les objets sacrés . 

1 . Pierret, Recueil, II, p. 122. 

2. Stèle de Piânkhi, 1. 07. 

3. Stèle Metternich. 

4. De Rougé, Inscriptions hièrotjlyphirâ i^^ 

5. Qfhnhîi^y Papyrus magique Harris^ r> r-^^ ï^i- 167,1.32. 

6. Pierrot, Canopr, 1. 27. - 

7. Ibid,\.n, 

8. M BU son (Rosette, 1. 23; m loco ^^^ 

èv Toiç àôOroi; (cf. Sarcophage de Séti P«^ ^^^ ^^»^'» ï*^ndu dans le grec par 
— SNiN soRi N TF-F TONN (( uiic image saii^ tn. ^*^^^^Piptioa de Chabaka); 

" ^ ^on pèpeToaen»)(/?^^.^^' 



LE DECRET DE MEMPHIS 

Mais, pour choisir entre ces formules, 
que Tespace enlevé à la pierre de Rosette 
et doit contenir non seulement la fin de c 
aussi le commencement de la suivante ; d^ 
daction la plus courte est certainement la p 
peut donc proposer avec assurance quelqu 




U I I 



_ f7\ QO A/WW\ Il . . , 



« Pour faire connu ôtre ceux qui sou 

<=> LUûWi I I W I A 

» disposer des honneurs pour le dieu Épiphane 



» il est établi de faire. » 

Enfin, à I'Article XV [R., 1. 29; D., 
manque que : 

« Qu'on grave... » « ce décret sur 



Trac. y 1881, p. C3); M. Pleyte traduit par «artistique 
RAN F (( Saint et Bienfaisant sont ses nonis » (Hijiniie à 
ailleurs : sor ran k « ton nom est saint » ; — sor a.mî«-b 
mon est saint par-dessus tous les dieux » (Mariette, Al 
Cf. de Rougé, Inscriptions hièro(/lf/phiriu"s^ 304, 14 ; Di 
lainde, pi. 17; tous les passages du Licrc des Maris c 
M. Lieblein ; et quantité de titres dans les textes U^rs^torU 



/ 



362 



LE DÉCRET DE MEMF^HIS 



« Qu'on l'écrive^ sur tous les formulaires*. 
» Qu'ils inscrivent le titre' de «prêtre du dieu 
» l'anneau qu'ils portent sur eux. » 



Épiplus^ne Euchariste » s»i^ 



Passons maintenant au texte hiérogl y p> Inique, qui va de- 
venir absolument clair. 
Le premier dispositif ne commeaoo i>as par la formule 

Te g. ^^^^^^^^®î ^^^^P' adopté x^ar Is/L. Bouriant, ne 
signifie rien. Mais, en se reportant à. I3. lîgno 26 de Rosette, 
nous trouvons, pour répondre au grec oL-^etv xàc ^^laionz Taka; 
iopTTiv xai iravïÎYupiv, la formule: Û^J^ -■^^î^ ûû ""^^^^^^1 û^ 
1"^, qui est de l'égyptien très correot, e? i^us prouve 
que le graveur de Rosette a commis en cet endroit deux 
inadvertances, l'omission de ^ et la, sxal^stîtution de 

..• L^«^^« ^^°^ fl^:kfl^ comme à. la ligne 26. 

Le |l qui suit est, d'après la restitxitiorx de M. Bouriant, 

tout à fait inutile; il est cependant * ~ ' 

le mot [l<=>, dont il reste sur la 

pendant M. Bouriant (p. 13), coiti 
suppose perdu dans la cassure. 
Il faudrait ensuite trouver la 





^ 



si>ensable pour écrire 
y ^^Ê , et que ce- 
^M- Chabas (p. 79j, 



j^p7)fiaxia{iouç. 

Le mot ypTjfiaxtafxéç a été interj>r^-t^ 
(p. 251), et il se trouve avec cette 
ques*. 

M. Revillout a traduit par dép^t 



ion é%yi^t\enne de 



c^r-iyté par Letronne 
ion dans les lexi- 



i -2a 



» 



xnot U 

dont parle le dispositi/ 



1. Le titre de « prêtres du dieu Épip}^ 
précédent. 

2. Cf. le protocole môme du texte de O 
où cette prescription est appliquée. (Cf. x» 

3. (J^^^ I /onc^ton, ^tïre;d'oû ciutor^^^^ , 

'♦■ïÇ^- 'j I I- > 1* ^ • ^<^f • Damanhour, 1. 10. et 

ma restitution de la ligne); mal tradixît - 

(p. 55) : on n'écrit pas une puissance sut» ^^^^^^^^ctncc par M. Revillout 

4. Alexandre, Dici,, c* ;(pyiji.aTtaji6ç, cbr^^^y. ^-^^eau. 

-» ^éaision. 



oup et le grec de Rosette, 
VIII.) 



fermer; exemple : QO 



LE DÉCRET DE ^'^ ^^Hls 

« qu'ils l'écrivent dans 1^ ^pôt de to 
Cela ne suffit pas, il s'agit d'exan:ii^^^ ce qu'il / 
par ce « dépôt de toute parole » . 

Le mot \ , suivant moi, prend dans les 
plusieurs formes se rapportant à la racine ^ 

)) fermé aucun chemin à lui^ ». D'où le n 
« Gem^uer, ummauerte Raum » et plus i 

H. 

(( Haus, Wohnung, Tempelsgebaude » : -^ i 
^ ® ® « das Haus des Horus des Siegers aus 1 
là vient le sens prison, comme dans la phra 
^^ — ^ u ^^ « Je nie tiens (me v 
» prison\ » Avec une autre orthographe, le ] 
lier II, 3, 9, donne encore un sens plus rappro 

%«.Ao. M. Maspero a traduit v& ^^ ^^ 

de Douaouf-sa-kharad, par « l'employé à l'aire 
area. Ce peut être tout aussi bien « le préposé 
^uno^a^Ao^ dépôt*. Tout cela confirme le sens de 

^ i *^^ P^^ M- Revillout. 

1. Variante du Tbrf^c/ifcac/i, clvi, citée par M. Maî 
dw Loucre, p. 9; cf. ^e sepes; cf. Todtenbuch, cxlv 
cxLV, 1. 38. 

2. Dûmichen, Zeitschrift, 1871, p. 31; cf. ZciischriJÏ^ '. 

3. Todtenbuch, cxux, 15; ou : dans ton emprisonnemt 
emprisonné par toi. 

4 . La grange où Ton dépose la dlme royale (?) . 

5. Je passe diverses acceptions voisines, ^ h\^\ 
» truire » {Todib,, oui, titre et 1. 3; Shâi rt sinsint 

•0* || n « muraille » et -5* ^% O « massif limltrc 

» tures » (Pap, Abbott). Je n'ai pas en main le F^apyr 
British Muséum, cité par M. Birch, Retue archéolagiqu 
où se trouve un mot garu ou tabu avec •^^'^ pour déteri 



374 LE DÉCRET DE MEMPHIS 



f:":"ri^p:pp^în'S7Tiv-i^ 



n 










A/VSA/V;\ r-l t-l f\ /WAA^A 





Caîir:i¥MT^VMTt 



.3. _ 

m 



il'^^S^:^¥mtîT^ 




^x^fedE^Mll-M 



ULfl 



TEXTE HIÉROGLYPHIQUE 



L'an IX, le 4 de xandicos, correspondant au 18 mékhir 
des Egyptiens, sous la Majesté de l' Horus, l'adolescent qui 
s'est levé en roi sur le siège de son père, le maître des 
régions du Midi et du Nord, le très vaillar.^- • a «.: 
la double terre et rendu florissante vT^lTt '"" ".'"'.T 
coeur envers les dieux, Ilorus d'or, nul a ,„2f-' 5^. " . " , 
humains, seigneur des panégyries coi,t"e p^it ™ tS 



1 



1 
I 



LE DECRET DE MEMPHIS 



375 



comme Ra, roi du Midi et du Nord,'2piLs des dieux 
Philopators, éprouvé par Ptah, victorieux par Râ, 

IMAGE VIVANTE D'AmMON, " flls do Ril, PtOLÉMÉE, VIVANT 

A JAMAIS, AIMÉ DE pTATi, dicu Épîphîine, ^ fils de Ptolémée 
et d'ARSiNOÉ, dieux Philopators. 

Etant prêtre d'Alexandre, et des dieux Sôters, et des 
dieux Adelphcs, et des dieux Evergètes, ^ et des dieux Phi- 
lopators, et du dieu Épiphane, Aétès, lils d'Aétès ; 

•3- Étant Pyrrha, fille de Philinos, ^ athlopliorc "» devant 
Bérénice É vergé te ; 



texte grec 

Sous le règne du jeune, et succes- 
seur immédiat de son père; inaltrc 
des couronnes; couvert de gloire; 
qui a établi Tordre en Egypte; pieux 
■ envers les dieux ; supérieur à ses 
adversaires; ayant amélioré la vie 
des hommes; maître des triaconté- 
térides comme lléphicstos le grand; 
roi comme le soleil; ' grand roi des 
régions supérieures et inférieures; 
Né DES DIEUX Philopators ; ap- 
prouvé PAR Héph.estos; a qxji le 

SOLEIL A DONNÉ LA VICTOIRH: IMAGE 

VIVANTE DE Zeus ; flls dHéHos, Pto- 
lémée,* TOUJOURS VIVANT, CHÉRI DE 

Phthas; la neuvième année : 



Aétès, flls d'Aétès, étant prêtre 
d'Alexandre, et des dieux Sôters. et 
des dieux Adelphes, et des dieux 
Evergètes, et des dieux Philopators, 
et ' du dieu Épiphane, Euchariste ; 

Étant athlophore de Bérénice É ver- 
geté, Pyrrha, fille de Philinos ; 



TEXTE DEMOTIQUE 

An IX, xandicos jour 4, qui fait 
mois d'homme d'Egypte mékhir 18, 
du roi, le jeune, qui se manifesta roi 
h la place de son père, seigneur des 
urjtMis, dont grande est la gloire, qui 
a allormi lÉgypte, faisant bonne elle, 
qui fait générosité de son cœur en- 
vers l(\s dieux, qui domine son en- 
nemi, qui fait bonne la vie des 
hommes, le seigneur des années de 
panégyrics comme Ptah le grand, 
roi comme le soleil, [roi des contrées 
supérieures et] ' des contrées infé- 
rieures, LK riLS DES DIEUX PhILOPA- 

TORs, qu'approuva Ptah, a qui le 

SOLEIL DONNA LA VICTOIRE, L'IMAGE 

VIVANTE d'Ammon, Ic fils du solcil 
Ptolémée, vivant toujours, aimé 
DE Ptah, dieu Épiphane, Euchariste, 
flls de Ptolémée et d'AnsiNoÉ, les 
dieux Philopators. 

Étant prêtre d'Alexandre et des 
dieux Sôters, et [des dieux Adelphes, 
et des dieux] ^ Evergètes, et des dieux 
Philopators, et du roi Ptolémée, le 
dieu Épiphane, Euchariste, Aétos 
fils d' Aétos ; 

Étant Pyrrha, fille de Philinos, 
athlophore devant Bérénice lÉver- 
gète; 



\ 



376 



LE DECRET DE MEMPHIS 



fl^ifr^°s3¥ii-k±Pâ 



A/WN/W 



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KOTir:^ 




D «««wâ^ OA_ji=. 



Étant Aria, fille de Diogène, canéi:>>ir\>*^ ^ . i 

Philadelphe; "^^ ^evaut Msinoé 

Étant Irène, fille de Ptolémée, prêtre» Q»-r^ ^ 
pator. ^^ ^' /^rainoè Pbilo- 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 



377 



Ce jour-là, décret : 

Les chefs des temples, les prophètes, les secrétaires, les 
prêtres, qui entrent dans le lieu saint pour revêtir les dieux 
de leurs habillements, ainsi que les grammates des livres 
divins, et les écrivains de la double maison de vie et les 
autres prêtres venus des sanctuaires du Midi et du Nord à 
Memphis pour la fête de la prise de la royauté de la main 
de son père par Sa Majesté le roi du Midi et du Nord, le 
maître des deux régions, Ptolémée, vivant a jamais, aimé 
DE Ptah, dieu Épiphane, Euchariste, se sont réunis dans la 
salle sehes-ânq-makha-tooui ; 

Voici qu'ils proclament : 

Attendu : 

\o — Qu'a fait largesses, — le bien-aimé des dieux et roi 
du Midi et du Nord, fils des dieux Philopators, éprouvé 



Étant canéphore d'Arsinoô Phila- 
delphe, Aria, fille de Diogène; 

Étant prêtresse d'Arsinoô Philo- 
pator, Irène, * fille de Ptolémée; 

Du mois xandique le 4, et du mois 
des Égyptiens mékhir le 18 ; 

décret 

Les grands prêtres et les prophètes, 
et ceux qui pénètrent dans le sanc- 
tuaire pour l'habillement des ^ dieux, 
et les ptérophores, et les hiérogram- 
mates, et tous les autres qui, des 
temples du pays, s'étant rendus à 
Memphis, au devant du roi, pour la 
panégyrie de la réception de la cou- 
ronne * par Ptoléméb, toujours 
VIVANT, CHÉRI DE Phthab, dicu Épi- 
phane, Eucharistei laquelle il a reçu 
immédiatement de son père, réunis 
dans le temple de Memphis, 

Ce même jour, ont dit : 

* Considérant que le roi ProLÉMés, 
toujours vivant, chéri de Piithas, 



Étant Aria, fille de Diogène, cané- 
phore devant Arsinoé Philadelphe; 

Étant Irène, fille de Ptolémée, prê- 
tresse d'Arsinoé Philopator; 



En ce jour, DÉCRET 

Les grands prêtres, et les prophètes, 
et les prêtres qui vont dans le sanc- 
tuaire pour faire la vestiture des 
dieux, et les ptérophores et les hié- 
rogrammates et les autres prêtres qui 
sont venus des temples de T Egypte 
' [à Memphis pour faire] la panégyrie 
de la prise de l'autorité suprême pour 
faire roi Ptolémée vivant toujours, 
AIMÉ DE Ptah, le dieu Épiphane, 
Euchariste, de la main de son père, 
s'étant rassemblés dans le sanctuaire 
de Memphis, 

Us dirent : 

Puisque le roi Ptolémée vivant 
toujours, le dieu Épiphane, Eucha- 



378 LE DÉCRET DE MEMPHIS 



ïlia^(l£ll!llIB1¥ m « Il ^ 



53 Ttî •..° t ! <!aJ.» I 



10 .G. 





+imi'^*T1'KTS! 







AAAAAA 
AAAAAA 




k^î^xvi:i^^=p-¥9u 



11 










.7. 

o 



_ AAAAAA 



^frr.um^-^.znm:^' 



^ X 



— ^^ flV^»li^tT^MiC5m 



Î/SMAAA — O AAAAAA ^^r-y ^ ^^ 



AAAA/S/V i^^^^ Y^vvvj ^^^^J ^vVWA N^^*^ *^ 



DE PtAH, victorieux r> 1a 

fils de Râ, Ptolémée ^^' ïMAGE viVAî^-ï^ î>'Ammo^ «^ 

Épiphane, Euchariste * "^^^^^t a jamai5> ^^^^ ^^ „ 
\\%é aux temples et à 1 ~~^ de toutes oh^o«s bonnes en q«aB 

*°'»- «euï qui ^^"^VteBt, et !>»»>» 



LE DECRET DE MEMPHIS 



379 



personnes qui sont sous sa domination excellente, autant 
qu'elles sont ; 

2® — Qu'il fut dieu fils d'un dieu, héritier d'une déesse; 
image d'Horus, fils d'Isis, fils d'Osiris, vengeur de son père 
Osiris; et qu'ainsi Sa Majesté, animée des sentiments d'un 
dieu dévoué envers les dieux, a donné de grandes sommes 
d'argent et do nombreux dons en nature aux temples d'Egypte; 

3® — Qu'il a fait de grandes dépenses pour rendre la 
paix à l'Egypte et restaurer les sanctuaires ; 

4® — Qu'il a fait des largesses aux soldats placés sous son 
autorité suprême, autant qu'ils étaient ; 

5** — Que, des impôts et taxes existant en Egypte, Il a 
aboli les uns, et allégé les autres, mettant soldats et habi- 
tants dans l'abondance en son temps ; 



dieu Épiphane, Euchariste, issu du 
roi Ptolémée et de la reine Arsinoé, 
dieux Philopators, a comblé de bien- 
faits les temples et ^" ceux qui y de- 
meurent, et tous ceux qui sont rangés 
sous sa domination ; 

2* — Qu'étant dieu né d'un dieu et 
d'une déesse, comme Horus, fils d'Isis 
et d'Osiris, qui a vengé son père 
Osiris, t»r, envers les dieux, " plein 
d'une piété généreuse, il a consacré 
aux temples des revenus en argent 
et en vivres; 

3* — Qu'il a supporté de grandes 
dépenses pour amener la sérénité en 
Egypte, et pour établir Tordre en 
tout ce qui concerne le culte ; 

4* — " Qu'il a manifesté pour toutes 
»e8 troupes ses sentiments d'huma- 
nité; 

5* — Que^ d'entre les revenus pu- 
blics et impôts perçus en Egypte, il a 
supprimé définitivement quelques- 
uns et allégé d'autres, afin que le 
peuple et tous les autres ^^ fussent 
dans l'abondance sous son règne ; 



riste, (fils) du roi Ptoléméb* [et de la 
reine] Arsinoé, les dieux Philopators, 
a fait bienfaits en quantité aux tem- 
ples de l'Egypte et à tous ceux qui 
étaient sous son autorité royale ; 

Qu'étant dieu, fils de dieu et de 
déesse ; étant semblable à Horus, fils 
d'Isis, fils d'Osiris, qui vengea son 
père Osiris; étant son cœur généreux 
envers les dieux ; il excella à donner 
argent en quantité, blé en quantité 
aux temples d'Egypte ; 

^ [Qu'il a fait dépenses] en quantité 
pour faire être la tranquillité en 
Egypte, et pour restaurer les temples ; 

Qu'il excella à faire cadeaux aux 
guerriers, qui étaient dans tous ses 
états ; 

Que, de l'impôt et redevance établis 
en Egypte, il en supprima une partie, 
et en allégea une autre, pour rendre 
le peuple et tous les autres hommes 
heureux sous son • [règne] ; 



380 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

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6° — Que, toutes les r«/i 
les habitants de l'ïil^ypt^ ®^*^°®s ^^®® à Sa Majesté par 
autorité excellente, auta t ^^^ *^^^ gens placés sous son 
fait remise, en quel nomb ?^'^^^ étaient, - S. M. en a 

i"e- on n'en sait pas la quantité; 



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LE DECRET DE MEMPHIS 



381 



7** — Qu'il a pris soin des prisonniers qui étaient en 
prison, ordonnant que tout individu d'entre eux fut dé- 
chargé de toute action, tant qu'ils étaient; 

8® — Que S. M. a ordonné que les revenus des dieux, 
sommes d'argent et objets en nature alloués aux temples 
chaque année, revenus des dieux sur les champs de vignes 
et les terrains de jardins, tous revenus qui étaient à eux 
sous son auguste père, leur demeureraient ; 

9® — Qu'il a ordonné que ne serait point remplie la 
caisse télestique, par les mains des prêtres, au delà de ce 
qui avait été fait jusqu'à la première année du règne de son 
auguste père ; 

IQo — Qu'en outre, S. M. a exempté les tribus sacerdo- 



6* — Que, les sommes que rede- 
vaient aa trésor les habitants de 
rÉgypte et ceux du reste de son 
royaume, lesquelles étaient fort con- 
sidérables, il en a fait remise; 

7* — Quc\ quant à ceux qui au- 
raient été ^^ emprisonnés et ceux à 
qui on avait intenté procès depuis 
très longtemps, il les a délivrés de 
tout ce qui leur était réclamé ; 

8* — Qu'il a ordonné, en outre, que 
les revenus des temples et les contri- 
butions qui leur étaient accordées 
chaque année, tant en " vivres qu'en 
argent, ainsi que les parts équitables 
assignées aux dieux, sur les vigno- 
bles, les jardins et sur les autres ter- 
rains qui appartenaient aux dieux 
sous le règne de son père, ^* reste- 
raient sur le même pied ; 

9» — Quc^ relativement aux prêtres, 
il a ordonné encore qu'ils ne payent 
rien de plus à la caisse télestique que 
ce ci quoi ils étaient imposés jusqu'à 
la première année sous son père ; 

W — Qu'il a, de plus, affranchi 
ceux d'entre les " tribus sacrées de 



Que les redevances du roi que re- 
devaient les habitants de l'Egypte et 
tous ceux qui étaient sous son auto- 
rité royale, lesquels étaient en quan- 
tité, il leur en fit remise; 

Quct les hommes qui étaient em- 
prisonnés et ceux qui étaient accusés 
depuis longtemps, il les exempta; 



Qu'il a ordonné, par rapport aux 
redevances sacrées des dieux et à 
l'argent et aux blés, qu'on donne en 
syntaxis * [aux temples] par année, et 
aux parts qui sont aux dieux dans les 
terres de vignes et les terres do jar- 
dins et tous autres biens qui leur ap- 
partenaient sous son père, de les leur 
conserver ; 

Qu'il ordonna aussi, par rapport aux 
prêtres, de ne point leur faire donner 
leur redevance, pour leur entrée en 
prêtrise, plus qu'ils ne le faisaient jus- 
qu'à la première année sous son père ; 

Qu'il exempta les hommes ** [qui 
sont parmi] les autorités dans les 



382 



LE DÉCRET DE ^lEîvlPHlS 



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cernent de chaque ij.i~» x-^^^^^ . '""^ '^ ^ommen- 

110 __ Que S. M . ..^. oraonné de ne point lever le, g^n. ^ 
la manne ; "" s^^ns clo 



LE DECRET DE MEMPHIS 



383 



12"* — Que, pour hi toile de byssus donnée au trésor royal 
par les temples, voici qu'il a ordonné d'en remettre les 
deux tiers; 

13** — Que, de même dans toutes choses qu'on négligeait 
de faire, Sa Majesté les a rétablies en leur état primitif ; 

14** — Qu'il a veillé assidûment à l'exécution de toutes 
les choses qu'on a établi de faire en Thonncur des dieux, 
comme cela était à leur origine ; 

15® — Que de même leur a été concédé ce qu'il a fait, 
veillant à rendre la justice à tous les habitants [de l'Egypte, 
comme Thot deux fois grand ; 

16® — Qu'en outre Sa Majesté a ordonné que tout soldat 
et tout rebelle, pendant les troubles survenus dans le 



la descente annuelle à Alexandrie ; 



11* — Qa'il a ordonné également 
de ne plus faire la lecée des hommes 
pour la marine; 

12* — Que, des toiles de byssus 
livrées dans les temples au trésor 
royal, ^* il en a remis les deux 
tiers; 

13* — Que^ tout ce qui était négligé, 
il l'a rétabli dans Tétat convenable ; 

l'i*— Qtt'il a ceillé à ce que tout ce 
qu'il était d'usage de faire pour les 
dieux fut exécuté comme " il con- 
vient; 

^5*— Qu'en même temps il a dis- 
tribué à tous la justice, ainsi qu'Hér- 
os es deux fois grand ; 

*^* — Qw'il a ordonné, en outre, 

<iue les émigrés revenus, gens de 

firuerre et tous autres qui *» auraient 

manifesté des intentions hostiles dans 

^e temps des troubles, conservent les 



temples, de leur apparition qu'ils fai- 
saient à la ville d'Alexandrie chaque 
année ; 

Qu'il ordonna de ne point prendre 
homme de force ; 

Qu'il fit remise des deux tiers des 
toiles de byssus que les temples don- 
naient à la maison du roi ; 

Que» tout ce qui était en dehors de 
l'ordre depuis longtemps, il le ramena 
à la règle ; 

Qu'il a mis tous ses soins pour faire 
faire les choses qu'il est de coutume 
de faire pour les dieux selon l'ordre 
convenable ; 

Qu'il fit de môme pour faire le droit 
aux hommes, comme le fait Tliot le 
grand, le grand ; 

Qu" il a encore ordonné, par rapport 
à ceux qui viendront parmi les hom- 
mes de guerre et le reste des hommes 
qui furent en autre parti dans la ré- 
volution qui fut en Egypte, de les 



384 LE DÉCRET DE MEMPHlS 

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tous leurs biens ; ^ ^ans leurs foyers et reprendre 

17^ — Qu'il a mis tovi 
hommes], des chevaux, ^ ^ ^^s soins à faire partir des 

^ Vaisseaux, contre ceux qui ve- 



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LE DECRET DE MEMPHIS 



385 



naient porter dommage à TEgypte tant par terre que par 
mer; 

18° — Qu'il a dépensé beaucoup d'argent et de choses 
en nature contre eux, apportant la paix aux temples et à 
rKgypte ; 

19° — Que S. M. vint à Hât-chekan (Lycopolis) au nome 
Busirite, ville tombée aux mains des impies de tout pays, 
et où étaient des armes de guerre en quantité et des appro- 
visionnements de toutes sortes; que S. M. assiégea cette 
ville, l'entourant extérieurement de murs et de retranche- 
ments à cause des impies qui s'y trouvaient : ce qui fut 
l'origine de grands désastres en Egypte, car ils transgres- 
saient les voies de S. M. et les desseins des dieux; qu'il 
endigua toutes les bouches des canaux qui se répandaient 



biens en la possession desquels ils 
sont rentrés; 

17* — Qa'il a pourvu à ce que des 
corps de cavalerie et d'infanterie et 
des vaisseaux fussent envoyés contre 
ceux qui se seraient avancés "contre 
rÉgypte. tant par mer que par terre; 

18" — Supportant de grandes dé- 
penses en argent et en vivres, afin 
que les temples et tous les habitants 
de l'Egypte fussent en sûreté ; 

19" — Qui.', s' étant rendu '* à Lyco- 
polis celle du nome Busirite, ville dont 
on s'était emparé et qu'on avait forti- 
fiée contre un siège par de grands 
dépôts d'armes et toute autre sorte 
de munitions, l'esprit de révolte s'y 
étant aflfermi depuis très " longtemps 
parmi les impies, qui, rassemblés 
dans cette ville, avaient fait beau- 
coup de mal aux temples et aux ha- 
bitants d'Egypte; et, ayant formé le 
siège de '* celte place, il la environ- 
née de retranchements, de fossés, de 
murs solides; le Nil ayant fait une 

HlUI.. K'ÎYIM'., T. XV. 



renvoyer dans leurs localités, en sorte 
que leurs biens soient pour eux ; 

Qu'il mit tous ses soins à faire aller 
gens, chevaux, vaisseaux contre ceux 
qui étaient venus sur terre et sur 
mer pour porter dommage à l'Egypte; 

Qu'il a fait de grandes dépenses en 
argent (et) en blé pour ces choses pour 
faire être en tranquillité les temples 
et les habitants de lÉgypte; 

Qu'il alla à la ville de Lycopolis, 
qui était passée aux mains des impies 
de tout paya, des armes en quantité 
et toute espèce de préparatifs étant 
à son intérieur; qu'il l'assiégea par 
murs et retranchements extérieurs, à 
cause des impies qui étaient à son 
intérieur, accoutumés à faire tous les 
maux à l'Egypte, étant en dehors du 
chemin de lobéissance du roi et de 
l'obéissance des dieux; qu'il lit des 
digues aux canaux qui faisaient aller 
l'eau à la ville susnommée, ce (pie ne 
purent point faire les rois antérieurs; 



3g6 LE DÉCRET DE MEMPHIS 

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dans cette région : jamais ancien roi ne fit pareille chose, 
tant II dépensa d'argent et de choses en nature pour cela ; 
que S. M. fit marcher hommes et chevaux sur les canaux 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 



387 



[pour les surveiller exactement; qu'une forte inondation 
étant survenue en Tan VIII, le roi occupa toutes les bouches 
des canaux qui se répandaient dans la plaine ;] de sorte que 
S. M. enleva cette ville de vive force, de leurs mains, en 
peu de temps, égorgea les impies qui s'y trouvaient, en fai- 
sant un grand carnage comme l'avaient fait Thot et Hor, 
fils d'Isis, fils d'Osiris, pour les impies qui s'étaient mis en 
révolte contre eux, en ce lieu, autrefois ; 

20° — Que, quant aux impies qui avaient rassemblé des 
troupes et étaient à leur tête pour troubler les nomes et 
violer les temples, étant hors des voies de S. M. et de son 
père, les dieux Lui accordèrent de les abattre à Memphis 
dans la fête anniversaire du jour où II reçut la royauté de 
son père ; 



grande crue dans la huitième année, 
et, comme il est accoutumé de le 
faire, inondant les ^ plaines, le roi 
Ta contenu, en beaucoup de lieux, 
en fortifiant Tembouchure des fleu- 
ves, pour lesquels travaux il a dé- 
pensé des sommes non petites; après 
avoir établi des troupes tant de ca- 
valerie que d'infanterie pour la garde 
•* de ces fleuves, il a pris en peu de 
temps la ville de vive force et détruit 
tous les impies qui s'y trouvaient, 
comme [Herm]è.s et Horus, Gis d'Isis 
et d'Osiris, s'étaient rendus maîtres, 
dans ces mêmes " lieux, des gens 
révoltés auparavant; 

lO* — Que, quant à ceux qui s'é- 
taient mis à la tète des rebelles sous 
son père et qui avaient [vexé] le 
pays, sans respecter les temples, 
s'étant rendu à Memphis. pour ven- 
ger ** son père et sa propre couronne, 
il les a punis comme ils le méritaient, 
à l'époque où il vint dans l'intention 
de célébrer les cérémonies prescrites 
pour la réception de la couronne ; 



qu'il y dépensa quantité d'argent; 
qu'il amena des troupes, fantassins et 
chevaux sur lesdits' canaux, pour 
veiller sur eux de tout leur pouroir; 
qu'à cause des inondations dujleuce 
qui furent grandes en l'an VIII, on 
occupa lesdits canaux qui répandent 
l'eau dans les plaines ; de sorte que le 
roi enleva de force de leurs mains 
ladite ville en peu de temps; qu'il 
fit frapper les impies qui étaient à 
son intérieur; qu'il en fit anéantisse- 
ment comme l'avaient fait le Soleil 
et Horus, fils d'Isis, pour ceux qui 
firent impiété contre eux dans ces 
dits lieux autrefois; 

Qac, quant aux impies qui avaient 
réuni des troupes et étaient à leur 
Ivte pour troubler les nomes, qui fai- 
saient tort aux temples et étaient en 
dehors du chemin du roi et de son 
père, les dieux accordèrent qu'il les 
fit exécuter à Memphis dans la pa- 
négyrie de la prise de la dignité su- 
prême qu'il fit de la main de son père ; 
qu'il les fit immoler selon la loi ; 



388 LK DÉCRET DE MEMPHIS 

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21" — Que les impôts dus à S. M . ^p , toiïip^^^' ^^^' 
qu'en ran IX, et qui se montaient îx 1 ^^^ ^ ^ gotû^es 
d'argent et de choses en nature, S. ;\^ ^ g^"^^^, 

22°— De même pour les étofî^^ \.^^ ^t ^^^^^^ Uesau 



LE DECRET DE MEMPHIS 



389 



Palais et dues par les temples, et le complément des pièces 
d'étoffes jusqu'à ce moment ; 

23^ — Qu'encore II déchargea les temples de la mesure de 
grains exigée par sati de terrain des dieux ; 

24» — De môme pour le séti de leurs vins pour le terrain 
en vignes ; 

25° — Qu'il fit toutes les choses grandement pour Apis 
et Mnévis et tous les animaux sacrés, dépensant plus que 
n'avaient fait ses ancêtres; que son cœur alla vers leur 
service en tout temps; qu'il donna tout ce qui était néces- 
saire pour ensevelir leur corps, largement et noblement; 
qu'il prît à sa charge les dépenses survenues dans leurs 
temples pour grandes panégyries, établissement d'autels. 



21' — Que, de plus, il a remis ce 
qui dans " les temples était dû au 
trésor royal jusqu'à la VHP année, 
montant, tant en vivres qu'en argent, 
h une quantité non petite; 

22* — Que, pareillement, il a remis 
la valeur des toiles de byssus qui 
n'avaient point été fournies au trésor 
royal, ** ainsi que les dijjvrenct's re- 
ronnues à ta vérification, pour celles 
qui l'avaient été jusqu'à la même 
époque ; 

23* — Qii'û a affranchi les temples 
du droit d'artabe par aroure de terre 
sacrée; 

24* — De même, quant à la terre 
de vigne, *' du kéramion par aroure ; 



25» — Oa'il a fait beaucoup de do- 
nations à TApis, au Mnévis et aux 
autres animaux sacrés en Egypte, 
prenant beaucoup plus de soin que 
les rois ses prédécesseurs de ce qui 
les concerne en toute circonstance; 
" et ce qui était nécessaire à leur 
sépulture, il l'a donné largement et 
noblement, ainsi que les sommes 



Qa'il céda les reliquats du roi que 
redevaient les temples, jusqu'à la 
neuviùme année, que l'on fait aller 
à quantité d'argent et de blé; 

Que, de môme manière, le prix 
d'étoffes royales que redevaient les 
temples, dans ce qu'on donnait à 
la Maison du roi, et le complément 
pour pièces d'étofle qu'on avait/oa/-- 
nit's jusqu'à ce temps; 

Qu'il ordonna cela, aussi par rap- 
port à la mesure que l'on exigeait par 
aroure du domaine divin; 

Q«t', de même façon pour la me- 
sure par aroure de vigne des divins 
domaines des dieux, il leur en JU 
remUe ; 

Oa'il fit des bienfaits en quantité à 
Apis, à Mnévis et aux autres taureaujr 
vénérés en Egypte, plus que ses pré- 
décesseurs; que son cœur se donne 
à l(Mir loi à toute époque, faisant tout 
co (ju'ils désirent pour leur sépul- 
ture, grandement, largement; pre- 
nant les dépenses survenues dans 
leurs temples en faisant panégyries, 



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390 LE DÉCRET DE MBMPHIS 

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effusion des libations comme autrefois et toutes les choses 

prescrites ; 
26* — Que S. M. a confirmé les honneurs des temples et 

de rÉgypte, conformément aux lois ; 

270 — Qu'il a dépensé beaucoup en or, argent et toutes 
choses en nature pour le temple où réside Apis vivant; et 
que S. M. embellit extrêmement sa splendeur par de nou- 
veaux travaux, exaltant Apis vivant en fondant des chapelles, 
des sanctuaires, des autels; car S. M. avait les sentiments 
d'un dieu bienfaisant envers les dieux, mettant toutes ses 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 391 

préoccupations à régler toutes les choses des temples en son 
temps, comme il est prescrit de le faire. 

En récompense de ce qu'il a fait, les dieux Lui ont donné 
la victoire et lii puissance, la vie, la santé et la force et 
toutes choses comme en quantité; sa dignité étant établie 
pour Lui et ses enfants à jamais. 



iiccordées pour leur culte particulier, 
y compris les sacrifices, panégyries 
et autres cérémonies prescrites) 

ofl*— " Que les privilèges des tem- 
plesetile l'Egypte, il lésa maintenus 
sur le même pied, conformément 

27* — Oft'il a embelli l'Apiéum de 
magnifiques ouvrages, ayant dépensa 
pour ce temple, d'or, [d'argent] " el 
de pierres précieuses une quantité 
non petite; qit'ila fonde des temples, 
des naos, des aulels; qu'il a restauré 

besoin de réparations, ayant pour 
tout ce qui concerne la divinité. " le 
zëte d'un dieu bienfaisant; çu'aprës 
nouvelle information, il a réparé les 
plus honorés des temples, sous son 



en faisant sacriUces auparavant et le 
reste des choses qu'il est d'obligation 

Que les honneurs dus aux temples 
et les autres honneurs de l'Egypte, 
il les maintint en leur forme, selon 
les lois; 

On'il donna or, argent, blé en 
quantité el autres biens, pour la 
place d'Apis; qu'il lit achever la bâ- 
tisse à neuf, en b&ti^se belle extrâ- 
qu'il Ht achever à neuf les 
)s, autels des dieux, 
étant de cceur bienfaisant envers les 
dieux et s'enquérant des honneurs 
des dieux pour les rétablir sous son 
règne. 



En récompense, les dieux lui ont 
donné santé, victoire, force et [tous] 
les autres biens, * la couronne de- 
vant demeurer à lui et à ses enfants, 
dans toute la durée du temps. 



Que les dieux lui donnent, t"i 
échange de ces choses, la victoire, le 
triomphe, la force, le salut, la vigueur 
et tous les autres biens; q"« '" 
gnitô royale soit affermie po«r 
pour ses enfants à jamais - 



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392 LE DÉCRET DE IwfEMPHIS 



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22. 



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IX, 




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A LA BONNE FORTUNE. 



Il est venu au cœur des nrôtr-oc .^ ^ . , 

totalité d'augmenter les honneursr^^^^i '*^^'''"' '*'' ''"' 

et de la Bas^e-Égypte, Ptolè^^"^ "^f "^^ ^."' ^^'^«""f 
Ptab, Épiphane, Euchari.sto, ç^t ' vivant toujours, uiméde 

' '^ ^^'''^ix des dieux Philopators 



■ 



LE DECRET DE WEMPHIS 



393 



fjui l'ont créé, des dieux Évergètes pèrea de ses pères, des 
dieux Philadelphes leurs pères, et des dieux Sôters ancêtres 
de leurs pères; 

l" — Qu'on élève une image du roi de la Haute et de la 
Basse- Egypte, Ptoléra<5e, toujours vivant, aimé de Ptah, 
Épipliane, Euchariste, nommée a Ptolémée ne; non Beki» 
(sauveur de l'Kgypte), c'e3t-,i-dire n Ptolémée ne/, 7*0- 
incrit n (protecteur de l'iilgypte); et que l'imiige du dieu 
local lui présente le glaive de victoire, ainsi que le prescrit 
le décret rendu par les prêtres des temples; 

II" — Que les prêtres des temples à son nom fassent le 
sciTice divin devimt ces images trois fois par jour, plaidant 
devant eux (le dieu et le roi figurés) le mobilier sacré et 



1[ a, [larii [convenable nux praires 
<1c tijus les tcinpl(^s du pays que lou i 
les honneurs rciiilus " au loujours 
ïivani rot PloléiniJe, chOrl do Pliihas, 
dieu Épiphane, Eudiarisii^, de nit''nic 
que ceux de ses parenls, ilieiix l'hi- 
lopators, et ceux de ses aleuï, dieux 
ÉverjfÈies, et ceux "des dieu\ AJol 
plies, et ceux des dieux Sôters, soient 
lie nouveau augmentés grandemenl 



!• 



■ Quoi 



, dtcu Ipiphtnc, 
Eucliariste, une image en cliiqiio 
temple, dans le lieu le plus .ipparent, 
" laquelle portera te nom de P(o- 
lâmi^e celni i]ul a \napé t'Égyplc ; 
qu'aiiprËs soU placé, debout, le dieu 
principal du lem]>lc tnî présentant 
une arme de victoire, le tout disposa 
n la manière égyptienne; 



II" — '" Que les prCtres fassent trois 
s pai' jour le service religieux au- 
isiles images; et, leur menant les 
( ■in'ikv pni-JTs, exécutent les au- 



11 est venu, dans le cu;ur des prê- 
tres do tous les temples d'Égypie, 
d'augnienler les honneurs rendus au 
roi PtolémiSe, vivant toujours, le dieu 
Épipliane. Eucliarisie, dans les tem- 
ples, et ceux des dieux Philopalors 
qui l'ont tait être, et ceux des dieux 
Evcrgëlcs qui les ont lait être, et ceux 
des dieux Adelphes qui ont fait être 
ceux qui les ont fait Otre, et ceux des 
dieux Sauveurs, pÈres de leurs pères: 

r — Qu'on fasse établir une iiiiani: 
du roi l'ioli^miJe, vivant toujours, le 
dieu Épipliane, Euchariste; qu'on 
l'appelle Ptolémée-Nez-Dek (sauveur 
du pays de Biiki), autrement dil 
Ptoléniée-Nekhlvemi l/-roti''-li;ur do 
1 ÉL'vpre), et une image dv> d\eu ^ea 
habi'taiits lui donnant le ll'«i-' ^\ 
victoire dans le temple. .It^"»^ ^^^ 
temple, au lieu apparent. *- V . ^ç, ic» 
le tout sculpté b. Va "^* 
Égyptiens; ^.i;*"'^'^'^'' 

IP — Que lus i.rÈtTeS '^^ ^ 
images dans le tom\i\e. , »V*^^J 
temple, trois fois par jon'^ '^-*> — 
blissent les ustunaili^a a(*' 



394 



LE DÉCRET DE MENIÏ>mS 

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accomplissant les rites presorî-t- 

comme cela se fait pour les di^v.^'l. ^^""^ """^ personnes, 
gyries des temples, les jours <i J^* . ^^ ''°™®^ ^^"^^ ^^^ P^"^" 
éponymes; *^tes à exodes et les jours 

IIP — Qu'on sculpte en r 11 o tin 
la Basse-Egypte, Ptolémée, tovi^^'' ^^ '^^^ *^® ^* Haute et de 
Épiphane, Euchariste, fils do j:^ J^^rs vivant, aimé de Ptah, 
Philopators, une image et xa.n *^*<5>inéeet d'Arsinoé, dieux 

*^<ios dorés, ornés de toutes 



;a,iT i 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 395 

sortes de gemmes vraies, dans les temples à son nom, dans 
le sanctuaire, avec les naos des dieux des nomea; 

IV" — Et, s'il arrive un jour de grandes panégyries dans 
lesquelles le dieu sort de sa chapelle auguste à son jour, 
qu'on fasse sortir le naos auguste du dieu Épiphane, Eucha- 
riste (avec lui) ; 

V" — Afin de faire reconnaître ce naos de ce jour jusqu'à 
la fin des temps, qu'on y place dix couronnes royales de 
S. M., ornées d'unpus, selon l'usage; 

VI" — Qu'on fasse disposer la couronne royale (pskheni) 
en haut de ce naos au lieu des urasus qui sont sur les naos. 



très cérémonies preacrites, comme 
pour les autres dieux, dans [les lëtes 
et pajoégyries; 



IIP — " Qu'ils élèvent au roi Pto- 
tëinéc, dieu Épiphane, Eucliarîsle, né 
du roi Ptolémée et de la reine Arsi- 
noé, dieux Philo pn lors, une statue do 
bois et un édicute dorés dans chacun 
des " temples; qu'ils les placent dans 
les sanctuaires, avec les autres édi- 

IV*— Et que, lors des grandes pa- 
négyries, où se Tait la sortie des édi- 
cules, celui du dieu Épiphane, Eu- 
chariste, "aorte en raftrae temps; 

V" — Afin que son édicule se dis- 
tingue des autres, maintenant et dans 
la suite des temps, qu'il ^oit surmonté 
des dix coifluros d'or du roi, devant 
iesiiuelles sera placé un aspic, comme 
à toutes "les coîRuresaspidoidea pla- 
cées sur les autres édicules; 



elles; qu'ils leur fassent te reste des 
choses qu'on doit faire, comme ils te 
font au\ autres dieux dans les pané- 
gyries, les ffites à exodes et les jours 
éponymes ; 

III*— Qu'ils tassent paraître la sta- 
tue divine du roi Ptolémée, le dieu 
Épiphane, Eucharisle, (ils de Ptolé- 
mée et de la reine Arsinoé, les dieux 
Philopators. ainsi que le naos d'or 
dans le temple, chaque temple; qu'ils 
te fassent reposer dans le sanctuaire, 

IV° — Lorsque se feront les gran- 
des panégyries dans lesquelles on lait 
apparaître les dieux, qu'on fasse ap- 
paraître le naos du dieu Épiphane, 
Euchariste, avec eux ; 

V- — Afin qu'on reconnaiaao le 
naos aujourd'hui et le reste du Icn'ps- 
qu'on fasse dix basiltea '^?^^^™è, 
étant une urïuus sur '^^^'^*^j,û, \Ea \>^ 
comme on doit ie 1»*^*^X^ f«>*>'^' 



Ve- 



uille 



d'elles 



niHure appelée pskhent, dont le 
s'était couvert lorsqu'il est entré 



edes 






VI' — Que \e fislf^ , 
lieu des basilies, V'^'"^^ 
le roi /.a/- lui. dans ^ 



LE DÉCRET DE MEMFHIS 



.ia. ...20 \.iC: 



=^](|Gmnn,-^^ 

© I 1 D O JIM i= -k 



et lu couronne royale au milieu d'elles, parce que, par die, 
brillait S. M. au temple de Ptah, lorsqu'elle accompUl Vi 
cérémonie de l'entrée du roi au temple, quand elle prit sa 
dignité suprême ; 

vu» - Qu'on établisse à la pai-tio supérieure du ra"* 
qui est derrière ces ornements, a» droit do ce nskliml »" 
o,..- et un «m; .lu'on place un vautour sur une corbeille àv« 
un lotus au-dessous, à son côté droit au-dessus de ce naos ', 



LE DÉCRET DE MEMPHIS 397 

et de même une urœus sur une corbeille avec un papyrus 
au-dessous, à son côté gîiuclic; cela veut dire : « le Seigneur 
des couronnes, illuminant le sud et le nord » ; 

VHP — Et puisque le dernier jour de mésori, jour de nais- 
sance du dieu bon vivant toujours, a été établi antérieure- 
ment en panégyrie et fête à exode dans les temples; que de 
même le 17 mékhir il accomplit les rites de l'exode royale, 
quand il reçoit la royauté de la main de son père; attendu 
que ce fut pour tous l'origine de toute chose prospère; le 
jour de la naissance du dieu Kpiphane, Euchariste, vivant 
éternellement, et de même le jour qu'il prit son autorité 
bienfaisante, que soient célébrés ces jours 17 et 30 de cliaque 



dans le temple de Meuiphis, pour y 
" accomplir les cérémonies pres- 
crites dans la prise de possession du 

VII'— Qu'on melte, de plus, sur 
le teiragonc des coîHurcs, au susdit 
ornement royal.dix phylactères dor, 
où Ton écrira " que c'est celui du roi 
qui a rendu illustre le pays haut et 
le pays bas; 



Memphis, lorsqu'on accomplit pour 
lui tout ce qu'on doit taire pour la 
prise de la dignité suprême ; 

VII° — Qu'on établisse à la partie 
supérieure ilu farrè qui est en dehors 
des basilies d'or, au droit milieu de 
ir mentionnée ci-des- 



VIU' — Et, puisque le ôO de i 
dans lequel on célèbre la 
du roi, ainsi que [le 17 de mékhir,] 
" dans lequel il a pris la 
son père, les prétfes les i 
comme éponymes dans les lemples, 
lesquels jours sont, en eBel, pour 
tous, cause de beaucoup de biens; 
qu'ils les célËbrent par une [ëte en 
son honneur, [et une panégyrie dans] 
" les temples d'Egypte, chaque mois; 



à l'orient. De rcci l'explication est : 
v roi qui a illuminé l'Egypte du sud 
et l'Éftypte inférieure « ; 

Vin- — Puisque fln de mésori, où 
l'on célèbre le jour de naissanco du 
roi, lurent élablies panégyrie el t6ie 
à eiode dans les lemplea ptimUive- 
nienl; que, de même le 1'^»°'* °^ . 
pour lui les rites àe la Pj-^,,,.. 
dignité suprême : ce (lUi > ^^>^l* ^^ 
cipe de la prospérilô " t.o\ ■'^■^*^^ 
hommes; la naissance "i** ^ViS^'''*''' 
toujours et la prise de l* ^^ ''"^^ 
préme, il fit fairo feir> '^i^»' \^ 



398 LE DÉCRET DE MEMPHIS 



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mois comme fêtes dans tous les temples de TÉgypte ; qu'on 
pose des autels, qu'on répande des libations et qu'on exé- 
cute toutes choses qu'on doit exécuter dans les panégyries, 
en cette fête, chaque mois; que toutes les offrandes faites 
en ces fêtes soient attribuées aux hommes qui auront fait le 
service dans les temples ; 

IX^ — Qu'il fasse une panégyrie à exode dans tous les 
temples de l'Egypte au roi de la Haute et de la Basse- 



LE DÉCRET DE MBMPHIS 



399 



Egypte, dieu Épiphane, Euchariste, chaque année, depuis 
le premier tliot jusqu'au cinquième jour, des couronnes sur 
la tête; qu'ils mettent en fête les autels, répandent des 
libations et fassent tout ce qui est prescrit de faire ; 

X" — Que les prêtres des sanctuaires dans tous les 
temples h son nom soient appelés « prêtres du dieu Épi- 
phane, Euchariste », outre les titres sacerdotaux qu'ils ont 
déjà; 

XI" — Et que ce titre soit écrit dans toutes les formules, 
comme il est prescrit de le faire ; 

' XII° — Que soit écrit le titre de prêtre du dieu Épiphane, 
Euchariste, sur les anneaux qu'ils ont à la main; 



qu'ils accomplissent des aacriSce 
des libations et toutes les autr 
choses â'usage, comme dans tes a 
très, et que lea ojyrandenfaitet [soie 
attribuccK aux pr/ilres] " qui auro, 
officié dana les temples; 



IX* — Quila 
une panégjrie pour le toujours vi- 
vant et cliôri de Phllias.roi Ploléraée. 
dieu Épiphane, Euchariste, chaque 
[année, dans tous les temples du] 
" pays, depuis le premier *de thol, 
pendant cinii jours, dans lesquels ils 
porte ron t aussi des couronnes,acconi- 
plissanl les sacrifices et les libations 
et tout ce qui convient; 

X" — Que [les prêtres de tous les 
templff] " reçoivent le nom de prê- 
tres du dieu Épiphane, Euchariste. 
outre les autres noms des dieux dont 
ils sont prêtres ; 

XI* — Qu'ils consignent dana loua 
les formulaires et sur les [anneaux 
qu'ils /lorlenl] " le sacerdoce du roi; 

XII* — Qu'il.aoit permia à tout par- 
ticulier do célébrer la (ête, d'élever 



qu'on fasse sacriAce, libations et le 
reste des choses que les règlements 
prescrivent de Taire dans les autres 
panégyries, dans les deux panégyriea 
par mois; que tout ce qu'on lait en 
offrandes, on l'assigne pour les hora- 
mea qui aervent leurs temples ; 

IX* — Qu'on fasse panégy rie, tête à 
exode dans les templea et l'Egypte 
enliôre au roi Ptolémée. vivant tou- 
jours, dieu Épiphane. Euchariste, 
par anntïe, le 1" de Ihot, jusqu'à cinq 
jours, prenant couronne, taisant aa- 
criâce, libation et le reste des choses 
qu'on doit [aire; 



X- — Que les prêtres q»i sont dans 
les templea de l'Egypte, en "^^^^^ 
temple, soient appe\é3 " ^^ ' oowb 
dieu ÉpiphaJic, Eucliatis»'® "'j!^ 
de leurs autres noms d© ï*_ 

XI-— Qu'ils l'écrivea* 
muUiire ; 

XIl- - Qu'ils écrWen* ^ ^^^ 
prËtredu dieu Épîpliati^' 



» P'^'^nI» 



64 DIALBCT] 

memphitique et lQQ*^=* 

Êuimt st'gnam 
hâtmi malus 
■cpui einis,fui 
■u{i vagitta 
X^vj lairina n 

et autres mots où le tfaébaù 
Dans le rontrat mempbiti 

iiutres mots eo ujl, qui o'oi 

l'acte tbébain : 
* ûû lieu de repos', 

maison, p. 116, 117; 

Daus le coutrat tbébain, i 
mot en M, si ce n'est ^(1 
est commoD aux deux texte 

m. Différence dans l'em 
THËBAiN. — Il n'est pas i 
contrats certains caractères 
bain. Ils ne sont pas encor 
traces. 

L'un des caractères les p 
est l'adoucissement en ^ du 
mempbitique. 

mniur, être itenda (Pierret. Vot 
qoi ainsi peut signiQer nne chan 






■•-If i:'r;fl2.; ft: 









400 LE DÉCRET DE MEMPHIS 



J\ ècitOiON I J\ h h è -S-a ^ïïï^ n Mil 



I x;;:X3;i^rrf^o I © i 1 i ^^ ^ H^^Tni 



.28.] .29. XVII 

[.29. 






_ _ _ _ . . . , /WWSA 

...30 



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30... 






•..31 9g 1 



XIII» — Qu'il soit permis aux habitants qui le désireront 
d'ériger de même ce naos du dieu Épiphane, Euchariste, 
pour le placer dans leur maison ; 

XIV» — Qu'ils célèbrent ces panégyries et ces exodes 
chaque mois, chaque année, afin qu'on connaisse que les 
habitants de l'Egypte honorent le dieu Épipliane, Eucha- 
riste, comme il est prescrit do le fa.ire • 

XV» - Qu'on grave ce décret sur une stèle de pierre 
dure en écriture de paroles sacrées, en écriture de livres et 
en écriture des Grecs, et qu on l'érigé dans les sanctuaires, 
dans les temples à son nom de premier, de second et de 
troisième ordre, auprès de la statue du roi de la Haute et 



LE DÉCRET DE MEMPMIS 401 

de la Basse-Egypte, Ptolémée, toujours vivant, aimé de 
Ptah, dieu Ëpiphane, Eucbariste. 



l'ôdicule susdit et de l'avoir chez soi, 
pourvu qu'ils accomplissent [li-a/ète^ 
et /lanétjijriea susdites tant men- 
suel les] "qu'annuelles, aQn qu'il soil 
connu que les Égyptiens élèvent (?) 
el honorent le dieu Épipliane, Eu- 
chariste, roi, comme il est légal de 
le [aire. 



XIII* — [Enfin, que ce décret soit 
gravé sur une stèle de] " pierre dure, 
en caractères sacrés, dânioliquea el 
grecs, et placé dans chaque temple 
de premier, de second el de troisième 
ordre, près de l'image Ju roi toujours 
vivant. 



qii ils portent sur 

XIIP — Qu'il soit permis à tous les 
hommes du t)euple qui désirent aussi 
(aire resplendir de même le naos d'or 
du dieu Épipliane, Euchariste. de 
I installer chez eux. 

XIV* — Qu'ils lassent les pané- 
gyriea et fêles à exode, écrites ci- 
dessus, chaque mois, cliaque année, 
alin qu'il soit manilesle que les ha- 
bitants de l'Egypte honorent le dieu 
Ëpiphane, EucliarJste, comme on 
doit le taire. 

XV- — Qu'on écrive ce décret sur 
une stèle de pierre duce en écriture 
de paroles divines, en écriture de 
livre el en écriture grecque. 

XVI' — Qu'on la place dans les 
temples de premier ordre, les temples 
de deuxième ordre, les temples de 
troisième ordre, auprès de la statue 
du roi, doué de vie à jamais. 



LES 

OBÊLISQUKS DE BÉNÊVENT 

ÉRIGÉS PAR LABIÉNUS' 



Dans Bon étude sur les obélisques de Bénévent', M. Erman 
a rejeté avec raison, selon moi, la lecture Rufus (qui pour- 
rait (>tre aussi Lupus). La lecture Mpupus (?) était un pro- 
grès; mais il faut remarquer qu'elle ne tient aucun compte 
de ûû ou '^ que donne le nom orthographié ; 

5?7VO\\^"]ci£ia^ (A 3). 



Je proposerai donc une nouvelle lecture. 

Au lion debout ^ je donne la même valeur qu'au Uwi 
couché .aa dans Lucilius; transcrit bien \e b \a^w', ^ 
est régulièrement employé pour c; ^=) égale n, ^ ** 

1. Eitrût de la Zeitschrift (îtr âr/uptixche SpracAf-^lOO*' 
p. 147-148. 
?. Zeitschrift, 1896. t. XXXIV, p. 149-158. 



404 ^^^ OBÉLISQUES DE BÉNÉVENT 

® ?. nom de la déesse Nout, ou mieux il n'est que la 
transcription fautive de — » hiératique; de sorte que cela 
donne Lbiens. 

Le magistrat qui a érigé les obélisques de Bénévent serait 
donc un Lucilitia Labienus. 



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TABLE DES MATIÈRES 



Piges 

Note biographique, par J. Baillet i-xxxii 

I. — PhUologlfl 

Examen du système de déchiffrement des hiéroglyphes 

égyptiens de M. Seyffarth (Rec. d'Éthnogr., 1861). . . 3-22 

De la transcription des hiéroglyphes (Zeitsch., 1867].. 23-43 

La particule copte «m, *«i {Reo. égypt., 1882) 45-56 

Dialectes égyptiens : 1. Deux contrats ptolémaiques 

(Rec. de Trac., 1882) 57-77 

— II. Décrets de Canope et de Mem- 

phis (Rec. de Trac, 1883). . 77-91 

Les mots ounam ff et semeh W, droite et gauche (1863). . 93-94 

II. — Histoire 

Monuments des VIIIa-X« dynasties (Rec. de Trao-, 

1892) «'-^ 

De l'élection et de la durée des fonctions du gta»*^' xçe-vs 

prêtre d'Ammon à Thèbes (Reo. arch. , 1863) - " 

Note sur un manuscrit portant le prénom deThoutmfes i *■ ViS- 

(Méi. d'arck., 1877) • ' ^'^ 

Les fonctionnaires du règne de Khounaton (.Rec. ^ , ^ 

Trac, 1901) • ' 



406 fABLB DES MATIÈRES 

Pages 

Divisions et administration d'une ville égyptienne (Rec. 

de Trav., 1899^ 135-144 

Une famille sacerdotale contemporaine des XXII®- 

XXVI® dynasties [Rec. de Trav., 1896) 145-161 

Études ptolémaTques : 

L'Egypte pendant les premières années du roi Ëpiphane 

{Mém. de la Soc. d'Orléans, 1882) 163-167 

Le roi Horemhou (Mém. de la Soc, d'Orléans, 1879).. . 169-201 

Horemhou et Ankhtou (1882) 203-205 

Hippalos, fonctionnaire égyptien de Tépoque ptolé- 

maîque (Mém. de la Soc. d'Orléans, 1879) 207-220 

Cléopâtre, fille de Ptolémée Ëpiphane et fenitne de 
Philométor et d'Évergète II (Mém. de la Soc. d'Or- 
léans, 1882) 221-243 

Le décret de Memphis et les inscriptions de Rosette et 
de Damanhour (Mém. de la Soc. d'Orléans, 1888). . . 245-401 

Les obélisques de Bénévent érigés par Labiénus (Zeiisch, , 
1903) 403-404 



IMPRIMBRIB FRANÇAISE ET ORIENTALE DE E. BERTRAND 



ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, KUE BONAPARTE, 28 



BIBLIOTHÈQUE ÉGYPTOLOGIQIE 

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Tome XII - F ChabaB. ŒUVIiES o^^ ERsÊs.Ton;;Vv: - , K" 
cours de pahncafton.) 

Tomes Xlll, XIV. - ŒUVRES DE OHA.BA.S - (En prénaraf'onJ 

TOM. XV. - Aug. BaiUet. ŒUVRAS X^l VERSES. Tome I. In-*", 
avec une planche ^ j-^i^voi^o ^^ ^^ 

Tome XVI. — Tome II. In-8'. - rSoi^^ j& A» J " ^ \ 

Tome XVïL — ŒUVRES DE HOFtlEt. ^W- xl^ ^^ .ni 

L. KV,n. _ A. «,H«U.P.C^,^^J^^ àrl DIVÊ/S- 
In-8% figures et planches ^ ^ '^ ^ «.fc.S DlVEKbL.:>. lu^^ ^^ 

Tome XIX. — A. Mariette. ŒU V FtÈW \^ w\\ ^ ii in S» 

figures et planches, - (En prèpctr^^tl^ ^^ AVERSES. Tome U. ln-î>. 



nHALON-SUR-SAÔNK, IMH. l'RANÇ^i^^ 



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^I^IUNTALE DE K. BEHTRANU